Au bonheur du jour




Le mois de juin 2005

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mercredi le 15 juin

Bon, où en suis-je? Éparpillée un peu partout dans ma vie réelle, avec la sensation que le temps me glisse entre les doigts. Un peu de fouillis aussi dans ma tête, manque de rigueur dans l'ordonnancement de mes heures. Si au moins cela me faisait plaisir, me donnait un sentiment de légèreté, de liberté. Mais ce n'est justement pas le cas. Plutôt celui de ne pas retenir des moments, de gaspiller quelque chose de précieux. Donc, nouvelle tentative de... ;)

Il y a quelques jours, c'était l'anniversaire de ma fille. Elle est passée presqu'en coup de vent pour retourner ensuite retrouver chez elle, dans sa très grande ville, son conjoint qui revenait spécifiquement d'un assez long séjour à l'étranger pour célébrer avec elle. C'est son anniversaire qui m'est la plus grande référence de ces années qui fuient. À cet égard, mon âge ne m'impressionne guère, du moins pas trop encore, il est un nombre comme un autre qui ne veut pas dire grand chose. Mais le sien me bouleverse. Comme il y a déjà tant d'années, samedi encore, il faisait beau et il faisait chaud. Tôt le matin, le grand copain nous attendait chez lui et il avait joliment dressé la table sur la véranda. Curieux et adorable petit déjeuner de champagne, fraises, griottes et framboisier. Quelques photos pour mieux fixer dans le temps la lumière dans les yeux et les sourires. Puis nous avons filé retrouver d'autres amis avec qui nous avons passé quelques heures, assemblés autour d'une table, à l'ombre de grands arbres. Quelques jolies photos là aussi. Je voyais ma fille ravie, mais en même temps émue et un peu intimidée de tous ces témoignages d'affection, entourée de gens qu'elle aime, qui l'aiment et depuis longtemps. Je réalise que peu de choses me rendent aussi heureuse que son bonheur à elle.

Ce soir, j'ai assisté à une conférence sur un sujet actuel, concret et sérieux se rapportant aux droits et libertés dans un contexte spécifique. J'ai été très impressionnée par la conférencière, une femme brillante, courageuse et très pondérée. J'avais été chargée de la prendre en charge, de la véhiculer et j'ai beaucoup apprécié discuter avec elle. Nous avons convenu de nous revoir dans un avenir rapproché. Détail hors propos, mais qui permet d'introduire la suite : j'avais revêtu une jupe sombre et chaude et aussi un lourd gilet de laine. Pourquoi? Parce qu'aujourd'hui encore, comme depuis plusieurs jours, il pleut, il vente et il fait très froid. On pourrait ironiser et dire que l'été fut bien court cette année... Impossible donc de poursuivre les travaux de peinture extérieurs débutés chez moi la semaine dernière. Et cela ne donne pas non plus le goût de travailler dans les plates-bandes et de planter des fleurs annuelles. Pourtant, cet après-midi, j'ai coupé la toute première rose de la haie de Thérèse Bugnet qui borde mon terrain à l'est. J'aime beaucoup le rose tendre de sa robe. Je lui ai joint quelques minuscules myosotis bleus et blancs. Ces fleurs sont là, près de l'écran, dans le soliflore qui me vient de ma grand-mère. Tout à côté, le coffret qui contenait le cd des Valses de Chopin, interprétées par Vladimir Ashkenazy qui joue actuellement. Mais à force de les entendre, on dirait que ces valses deviennent de plus en plus mélancoliques. Je pense que je ferais mieux d'aller dormir... ;)

dimanche le 19 juin

Le beau temps et la chaleur sont revenus, après plusieurs jours de froid et de pluie. Pourtant, chez moi, depuis hier cela sent Noël. Des parfums d'herbes et d'épices diverses, avec une note accentuée de cannelle et de clou de girofle, flottent dans l'air. Je suis dans la préparation de quelques mets traditionnels qui étaient courants chez nos ancêtres mais que, pour ma part, je ne fais normalement que pour la période des Fêtes, à la demande et pour le plaisir des membres de ma famille qui me renieraient peut-être si une année je faisais grève. Mais, cette fois-ci, ces mets sont pour presque maintenant, c'est-à-dire pour les quelques semaines qui viennent... Encore quelque heures de travail et le ragoût de pattes et de boulettes, les pâtés à la viande, les cretons seront prêts à être congelés en prévision de diverses visites, de gens d'ailleurs que j'attends avec tellement de plaisir, certains chez moi et d'autres chez le grand copain. J'ai commencé à cuisiner alors qu'il faisait froid, mais c'est dans la chaleur que maintenant le four fonctionne à fond. Peu importe, je suis très contente. Et, pour une fois, je suis aussi satisfaite de ma performance au niveau de l'organisation de mon temps. Le bon ordonnancement dans la séquence des gestes et des étapes a produit un maximum de résultats dans un minimum d'efforts. J'ai encore plein de mets à préparer et des idées parmi lesquelles je devrai évidemment choisir puisque ce n'est pas une armée que je me prépare à accueillir. Et puis, en faire un peu chaque jour c'est un véritable loisir.

Il est probable que nous pourrons reprendre demain les travaux de peinture extérieurs que nous avions dû suspendre la semaine dernière. Entre temps, j'en ai profité pour faire faire toute une série de petites réparations et ajustements divers qui ne dépendent pas de la température et dont j'avais dressé la liste au cours des derniers mois. Ça aussi ça fait plaisir. Organisation et méthode!!! Wow, je me surprends moi-même. :-) Bon, il est bien évident que je baigne dans le très concret et dans le très matériel depuis un certain temps. J'ai cependant hâte d'en avoir terminé parce que mon quotidien ne me permet pas de souffler beaucoup, ne laisse que peu de place pour autre chose. J'en néglige même une partie de ma vie sociale, celle qui se passe sur l'heure du lunch, car il m'est difficile de laisser la maison. Jeudi, cependant, j'ai pris quelques heures pour retourner dans un bistro que je fréquentais assez régulièrement il y a quelques années. J'allais cette fois y retrouver le grand copain et un autre ami, pour des discussions à haute saveur politique et aussi concernant un domaine dans lequel j'ai œuvré durant de nombreuses années. Repas très agréable et très bien arrosé. Un brin de nostalgie aussi pour un temps révolu et je n'étais pas la seule à l'éprouver, mes amis semblant y avoir aussi un peu succombé. Pour en revenir aux travaux concrets, je n'ai pas encoreo trouvé le temps de préparer les boîtes à fleurs. Je le ferai d'ici quelques jours, au plus tard, pour pouvoir les suspendre dès que la peinture du fer forgé du balcon le permettra. J'ai vraiment l'intention de profiter au maximum de la belle saison dans un décor agréable.

Je ne mettrai pas ce court texte en ligne dès ce soir. Je vais plutôt essayer d'écrire un tout petit peu tous les jours, pour m'aider à retrouver un certain rythme qui me fait défaut depuis plusieurs mois déjà et dont le manque se fait sentir dans ma vie. Si tout fonctionne comme je le souhaite, dans quelques jours, je posterai quelques entrées dont je ne suis pas encore en mesure de conclure ni du nombre, ni de la longueur. Je commence à me lasser de toujours recommencer ce journal. Puis, je me souviens du bénéfice que je ressentais quand je venais ici, d'une certaine harmonie intérieure que ce rite me procurait. Je ne suis pas dans une période particulièrement troublée de ma vie, mais il me semble qu'il y a une partie de moi que je suis en train de perdre de vue. Pour le moment, il est tard et je me sens plutôt bien. J'aime beaucoup les douces et très paisibles "Sérénades pour flûte et guitare op. 109" de Ferdinando Carulli interprétées par Peter-Lukas Graf à la flûte et Konrad Ragossnig à la guitare qui jouent en ce moment. Décidément, je suis très satisfaite des enceintes de mon nouvel ordinateur.

dimanche le 26 juin

Bon, on repassera en ce qui concerne mon intention d'écrire un peu tous les jours. Je change de sujet... Je pense que mes rosiers en sont à leur plus belle période, celle enthousiaste et orgiaque de la première floraison, puis ils se calmeront et fleuriront avec une certaine retenue et discrétion durant le reste de la saison. Je n'ai pas encore acheté les rosiers grimpants pour remplacer les défunts de chaque côté de la tonnelle qui est elle-même en train de se faire réparer. Les années passent si vite, il me semble que je ne viens que de la faire installer. La peinture extérieure va bon train et devrait considérablement avancer dans les jours qui viennent, même si on prévoit quelques jours de pluie vers la fin de semaine. Peu importe leur état d'avancement, les travaux seront ensuite suspendus pour plusieurs jours, la châtelaine étant occupée au plaisir de recevoir chez elle son cher ami cadeau. (Bon, mon rythme d'écriture n'est pas le même que d'habitude, puisque je suis en train d'écouter du jazz, un disque d'Oscar Peterson, ce grand pianiste né à Montréal.. En ce moment précis, c'est lui qui interprète à sa manière la si belle chanson "Over the Rainbow" telle qu'enregistrée en 1959.)

Hier, j'ai eu une très longue conversation avec mon filleul adoptif. Je ne pense pas l'avoir connu aussi heureux et serein. Tout va bien pour eux, sa femme est enceinte, ses affaires progressent rapidement, et ils emménagent en fin de semaine dans un nouvel endroit plus propice pour élever des enfants. Il y avait longtemps que nous n'avions pas eu une conversation sur ses difficultés passées, sur cette époque où rien ne fonctionnait dans sa vie, où son horizon semblait complètement bouchée. Cette conversation était cependant très sereine, c'est comme s'il voulait tout simplement faire un bilan. C'est un homme très courageux, mais il ne le réalise pas et a de la difficulté à me croire quand je le lui dis. En tous les cas, il constitue un modèle pour moi à cet égard, je l'admire beaucoup et je lui suis très attachée.









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