Au bonheur du jour




Le mois de septembre

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Aujourd'hui

lundi le 27 septembre

Quatre autres dimanches depuis celui du début et une deuxième série d'antibiotiques qui se terminera mercredi, il me semble que j'émerge enfin. Cette bronchite, la plus grosse à date, s'est terminée comme elle avait commencé, par de la visite venue de loin. Alors, hier soir, dans une température plus que clémente, avec les reflets de la lune sur l'eau, nous avons fait un aller-retour sur le traversier qui relie les deux rives du grand fleuve, afin d'admirer la vue exceptionnelle sur cette ville à deux paliers : les édifices illuminés de la partie dressée sur le cap, et une portion du quartier historique à ses pieds. J'appréciais être là, j'avais conscience de ce mois perdu dans la toux, la fièvre et autres malaises divers. Oh, rien de très grave, j'ai tout simplement vécu en marge de ma propre vie. Heureusement, je me sens beaucoup mieux et j'ai maintenant le goût de retrouver toutes mes activités délaissées durant ce temps.

Aujourd'hui, j'ai pris plaisir à laver ma précieuse couverture de laine et à la mettre à sécher dehors. Je la regardais, suspendue sur la corde à linge, onduler dans le vent tiède pendant que des mésanges voletaient autour en piaillant. C'est vrai qu'elle n'était pas très loin de celles parmi les mangeoire qui sont leurs préférées. Les mésanges ont heureusement été très gentilles, et je n'ai pas eu besoin de relaver la couverture... ;) Il y a quelque temps, j'ai assisté à un spectacle émouvant et inusité. J'avais été attirée à la fenêtre par des chants spéciaux et j'ai vu le couple de cardinaux rouges dans les branches du bouleau, qui semblaient indiquer à leur petit le chemin des mangeoires. Depuis, j'ai quelques fois revu le petit mais non plus ses parents. J'espère qu'ils n'ont pas définitivement déserté le territoire et que, de toute façon, le petit continuera à venir s'alimenter dans mon jardin durant l'hiver qui approche plus vite que je ne le souhaiterais.

Je suis là à écouter "L'Art de la Fugue" de Jean-Sébastien Bach, dans cette version orchestrale que j'aime beaucoup par les Violons du Roy sous la direction de Bernard Labadie. Tout est calme et ma mignonne tornade est étendue tout près de moi. En voilà une qui semble avoir pris l'habitude de ma présence constante à la maison. Hier soir, quand je suis revenue chez moi, elle m'attendait nerveusement à la fenêtre. Madame devra pourtant s'y faire puisque je retrouve enfin ma liberté de mouvements. Pour terminer cette brève entrée, une terrible phrase de Green, qui se prête si bien encore à l'actualité mondiale que j'ai passée sous silence mais qui continue à me bouleverser :

"On aura beau essayer d'effacer les traces de notre cruauté dans l'Histoire, sur la page couverte de mensonges reparaîtra toujours le visage angoissé de l'homme traqué par l'homme. Et c'est cette somme de souffrances qui paiera le salut des bourreaux." (Julien Green)








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