Au bonheur du jour




Le mois de juin

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jeudi le 19 juin

Me revoici. La bronchite m'a frappée plus durement que je ne le pensais et j'ai eu beaucoup de difficulté à m'en ressortir. Puis j'ai rapidement été emportée dans le tourbillon des préparatifs d'un anniversaire marquant pour ma fille. Anniversaire célébré en deux temps. D'abord dans sa ville le jour réel, puis chez moi samedi dernier. J'étais aux deux endroits. Ainsi qu'un bon groupe de gens qu'elle aime et qui l'aiment. Aux deux endroits, sa surprise. Des moment émus, tendres et précieux, aussi remplis de rires. J'ai eu beaucoup de plaisir à recevoir chez moi certains de ses amis que je connais depuis très longtemps et que je n'avais pas vus depuis plusieurs années. Je me souviens d'eux à l'adolescence et au début de la vingtaine. Quelques uns visiblement se cherchaient alors. Les années qui ont passé ont assis leur personnalité. C'était plaisant de les voir mûris, en pleine vie active, dans des orientations et des professions différentes. J'ai même remarqué quelques calvities naissantes. :-) Je constate que presque sans que cela n'y paraisse, nous en sommes à passer le flambeau à cette génération, et qu'elle est en définitive pas tellement différente de ce que nous étions nous aussi à ce moment-là de notre vie. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Qu'ils feront comme nous avons fait, c'est-à-dire le mieux possible avec les moyens dont ils disposeront. C'est à la fois rassurant et épeurant... Les situations sont tellement complexes. Ainsi, ces jours-ci, ailleurs, des gens s'immolent par le feu.

Reprendre ce journal me pèse un peu puisque, encore une fois, j'ai laissé trop de temps s'écouler. Peut-être le mieux est-il de faire comme s'il n'y avait pas eu cette césure et laisser les mots s'enligner bien spontanément les uns après les autres pour traiter les idées au fur et à mesure qu'elles se présenteront à moi. Durant l'intermède j'ai fait d'intéressantes lectures chez mes collègues diaristes. Certaines que j'aurais aimé commenter. Cela me semblerait hors propos maintenant, mais je pense que ces sujets reviendront sous une forme ou sous une autre, alors j'attendrai le moment et l'inspiration.

En ce moment, j'écoute une compilation que j'ai gravée à partir de certains passages de disques que j'aime. J'avais alors en tête de regrouper des musiques de sérénité et j'aime le résultat final. Bon, c'est un peu facile toute cette variété d'extraits, mais je me sens bien et mes doigts ont retrouvé aisément les touches du clavier. Quelques images et quelques sons du temps présent qui me plaisent aussi ? Le lilas et le muguet qui achèvent leur floraison, le bruissement du vent dans les feuilles des grands arbres, les boutons des pivoines et des roses qui n'ont pas encore éclos, les nouvelles pousses vert tendre de la grande épinette sur le coin ouest du terrain, la vigne sur le mur est de ma maison qui a un peu de mal à reprendre cette année, le craquement particulier que fait le bois du plancher quand on marche à certains endroits de ma maison, qui est un des sons les plus réconfortants que je connaisse, et le ronron vigoureux et joyeux de ma mignonne tornade. De vrais petits bonheurs.

Même si elle ne me plaît pas tellement, il faut que je mette cette entrée en ligne sans plus tergiverser. C'est le seul moyen de reprendre le fil. Demain, ce me sera plus facile et satisfaisant.

mardi le 24 juin

Aujourd'hui, merveilleuse journée de soleil pour la St-Jean, la fête nationale du Québec. J'ai reçu, ce midi, la visite de mon cher filleul et de sa conjointe. Nous avons mangé dehors, dans la chaleur, et nous avons bien pris notre temps. J'aime beaucoup les entendre parler de leurs projets. Ils sont en amour et ils sont beaux. Je ne pense pas l'avoir déjà vu, lui, aussi heureux. Leur bonheur fait plaisir à voir. Nous avons fait le tour du petit jardin. Les pivoines et les roses sont merveilleusement belles et les iris aussi. Elle a glissé une rose dans ses beaux cheveux noirs. J'ai moins aimé les chenilles... Bon, elles finiront bien par devenir papillons.

Hier soir, c'était chez le grand copain. Nous avons mangé tard, quand la chaleur fut un peu tombée. J'avais apporté des salades et nous avons bu du champagne. Le soleil couchant était une immense boule rouge rosé qui tranchait dans une brume d'humidité. Je ne l'avais jamais vu ainsi. C'était magnifique et très impressionnant.

Belle conversation téléphonique avec ma fille. Parfois elle me donne des conseils comme si j'étais sa propre fille... :-) Elle viendra quelques jours la semaine prochaine et je pense retourner avec elle. J'ai lu aujourd'hui chez Julien Green :

"C'est quelquefois vaillance que vivre, dit Montaigne. Je crois, en effet, qu'il y a un poids dans la journée, un poids ajouté à celui de l'âge qu'on peut avoir, mais malgré mes difficultés, combien je suis heureux de me trouver sur cette terre, à respirer, à vivre!"

Ainsi que cette autre citation :

"J'ai grand tort de ne pas tenir ce journal plus régulièrement, car la vie me donne toutes sortes de choses qui me paraissent d'abord assez insignifiantes, mais qui, avec le recul du temps, se transforment et deviennent intéressantes. La banalité d'aujourd'hui s'enrichit d'une façon que je ne puis expliquer."

Il est bien tard, mais il fait si chaud que je n'ai pas le goût d'aller dormir. Puis, je pense à ce message que j'ai écrit tout à l'heure. Je bois un grand verre de limonade et j'écoute de la musique. Ce sont les partitas de Bach qui me portent dans la nuit. Green dit de lui : "Il suffit à Bach d'une voix et d'une flûte pour nous ouvrir le ciel." Mais dans le cas présent, c'est formidable ce qu'il arrive aussi à faire avec un piano. :-) Demain, j'ai un long et désagréable rendez-vous chez le dentiste. C'est ma troisième visite en quelques semaines. Il m'aura coûté cher cette année celui-là. Heureusement qu'il est habile et plein d'humour, cela compense un peu. Bon, on dirait vraiment que j'ai bu des litres de café. Pourtant pas un seul depuis ce matin. Je n'ai vraiment pas sommeil. Et puis, je n'arrive pas à trouver une fin à cette entrée. Ok, on débranche alors! :-)

jeudi le 26 juin

Par cette belle fin de soirée chaude et paisible, j'écoute les douces Chansons sans paroles de Mendelssohn, interprétées au piano par Livia Rev. Il s'agit d'un coffret de deux cd que je possède depuis plusieurs années. Comme beaucoup d'autres de mes disques, je les néglige parfois et j'ai tort. Certaines de ces petites pièces pourraient avec avantage être choisies pour donner de l'atmosphère dans un film, tout comme les adagios du "Trio pour piano" de Beethoven ou du "Quintette pour piano de Schubert qui sont si souvent retenus à cette fin.

Hier après-midi, chez le dentiste, j'ai eu une curieuse impression. Elle portait sur le lieu précis où se situe la vie au dedans de moi. J'en souris encore... Il m'arrive de penser que ce lieu capital se trouve quelque part au creux du ventre ou au centre de la poitrine, surtout quand les sentiments sont interpellés. Or hier, chez le dentiste, je me suis, à un moment donné, retrouvée dans une position pas tellement confortable et inhabituelle. J'étais allongée dans le fauteuil, les deux bras le long des accoudoirs, les pieds plus élevés que la tête qui elle était retenue dans une espèce de coussin. J'avais mille et un instruments dans la bouche, y compris, par moments, à la fois les doigts du dentiste et ceux de son assistante. J'ai eu, pendant quelques secondes, l'impression que mes membres étaient inertes, que la vie avait quitté l'ensemble de mon corps pour se concentrer sur elle-même et aller se réfugier quelque part dans ma tête, dans un petit endroit pas plus gros qu'un petit pruneau, qui aurait été situé tout juste derrière les yeux. C'était bizarre, mais cette sensation n'avait en elle-même rien de désagréable. Je me suis dit "Et si ce n'était que ça..." Curieusement, j'aurais accepté que cette petite partie laisse mon corps, je ne me serais pas débattue. J'avais conscience que je serais alors partie pour toujours... Mon réflexe a été de rire, tant tout cela me semblait simple. Je ne veux pas oublier cette sensation.

La lecture de l'entrée de Valclair qui parle de l'absence de mise à jour depuis un moment de ma part, ainsi que de la fermeture brusque d'un journal qu'il aimait lire m'amène à réfléchir à cette situation.

À partir du moment où le diariste décide de ne pas confier aux aléas du net le soin de lui diriger quelques lecteurs, et qu'il intègre son journal en ligne à un regroupement où le lecteur sait qu'il trouvera un échantillonnage plus ou moins nombreux de journaux divers, il existe comme une entente tacite entre le diariste et le lecteur, chacun jouant son rôle. Et, comme moi et bien d'autres, la même personne peut être à la fois diariste et lecteur des autres journaux. L'intérêt se développe pour les journaux des autres diaristes, et aussi pour certains diaristes eux-mêmes, avec qui un contact peut être établi. Parfois, par petits groupes, des diaristes se retrouvent pour converser ensemble sur le net. Cela peut être très agréable et aussi très amusant et procurer des moments de franche rigolade. Il m'est arrivé et il m'arrive encore souvent de rire aux éclats devant mon écran.

Pour ma part, au cours des dernières années, même avant de tenir mon journal, j'ai en plus établi quelques liens de véritable amitié avec certains avec qui j'ai une plus grande affinité, certaines amitiés s'étant ensuite concrétisées dans la vie réelle. Avec d'autres, cela fut impossible compte tenu de la distance physique contre laquelle Bill Gates n'a quand même pas encore trouvé de solution. Et à ce jour, je considère toujours ces contacts très enrichissants. Ce qu'il y a de plus surprenant, et peut-être aussi de plus fantastique, c'est que ce genre de liens s'établit parfois entre des personnes que normalement tout séparerait dans la vie réelle, des amitiés plus qu'improbables sont créées, parce que pays différents, de milieux de vie trop différents, de générations différentes ou de convictions différentes aussi. Moi qui suis si choyée dans la vie réelle au niveau des amitiés, je me sens aussi très privilégiée par le type de liens que j'ai pu aussi créer sur le net. Style d'amitié différent, mais amitié tout de même. Alors, je comprends la réaction de Valclair pour cette relation que lui considérait amicale avec cette diariste avec laquelle il n'avait pourtant jamais communiqué, mais qui le touchait beaucoup.

Alors, j'ai fait mon petit examen de conscience. C'est vrai que, pour ma part, je n'ai pas été très régulière dans la tenue de mon journal ces derniers temps. Je me déçois moi-même à cet égard, puisque ce journal je le fais d'abord pour mon évolution personnelle et pour la prise en compte de tous ces petits bonheurs qui parsèment ma vie. Mais je le mets en ligne et je veux aussi qu'il soit lu, que, si possible, il puisse aussi apporter quelque chose de positif à d'autres personnes qui pourraient s'y aventurer. Je vais faire de mon mieux pour être un peu plus régulière, pour ne pas avoir peur de laisser couler mes mots le plus spontanément possible (comme ils le font d'ailleurs en ce moment alors que mes doigts ont toute la misère du monde à suivre la vitesse de leur rythme). Et je m'engage aussi, envers moi et aussi envers mes lecteurs, peu importe leur nombre, à préparer la fermeture de ce journal, quand elle viendra. Elle se fera en temps et lieu avec toute la douceur requise, un peu comme cette impression chez le dentiste... ;-) Je ne veux pas oublier cet engagement.

Et pour une première fois, je te demanderai directement à toi, (le Toikimeli que j'emprunte pour la circonstance à ce cher Cegosum) de me permettre de prolonger encore un peu cette interminable entrée pour parler de ces formidables moments passés aujourd'hui avec mon amie d'enfance, celle qui demeure dans ma ville. Nous devions être ensemble le temps d'un lunch. Puis nous avons fui la canicule et avons prolongé jusqu'à assez tard ce soir ce moment de confidences et de magie. J'ai appris certaines de ses peurs datant de notre jeunesse, je l'ai entendu parler avec tellement de sentiments de sa famille, et elle si forte s'est montrée toute vulnérable. À elle qui sait presque tout de ma vie, j'ai aussi ouvert des pages dont je ne lui avais jamais parlé, parmi les plus difficiles. Je lui ai raconté aussi combien la vie peut faire des merveilles et lui ai affirmé que le hasard n'existe pas. J'ai justement parlé avec elle si rationnelle, pour qui l'ordinateur est strictement un instrument de travail, de ces liens improbables et si particuliers qu'on peut créer sur le net, et elle a compris. J'ai bien passé proche de lui parler de ce journal, mais ne l'ai pas fait. Mais je sais qu'un jour je le ferai. Je ne veux pas oublier cette rencontre.

Mes petits bonheurs des derniers jours? Tout cela, tout cela, tout cela.

dimanche le 29 juin

Il est très tôt dimanche matin. Je me suis levée avec l'intention de venir écrire mon journal. Je commence sans vraiment savoir vers quoi je m'enligne. Ma mignonne tornade est quelque part dans la maison, avec une ou l'autre de ses petites souris de fourrure, je l'entends courir. Depuis quelques jours, elle a l'allure d'une petite délinquante. Elle a découvert que, malgré l'absence de ses griffes, elle pouvait grimper partout par la seule puissance de ses pattes et de ses bonds. Et elle ne s'en prive pas. J'espère que ce surcroît d'énergie lui passera, elle en est étourdissante. Ce qu'il y a de plus comique, c'est qu'entre deux bonds, quand elle vient se réfugier sur mes genoux pour obtenir rapidement une caresse avant de s'élancer ailleurs, on dirait que ses ronrons sortent d'un amplificateur. On s'entend bien toutes les deux. Non, non, je ne suis pas encore la vieille dame et son chat... *rires*

Je sens un vent léger dans mon dos. Il est accompagné par ce merveilleux bruissement des feuilles dans les grands arbres en face. C'est un jeu d'ombres et de lumière, de soleil tamisé par les feuilles, qui balaie le mur à ma gauche, donnant vie à l'aquarelle qui m'est si chère. Une odeur de roses parvient jusqu'à moi. J'irai tout à l'heure en faire un bouquet. La haie qui borde mon terrain, que j'ai plantée il y a près de quinze ans, en regorge ces jours-ci. C'est maintenant la période d'abondance, dans les semaines qui viendront, leur floraison sera encore belle, mais plus modeste. Ce ne sont pas des roses à longues tiges, ce sont des Thérèse Bugnet, elles ont une allure rustique et un parfum magnifique.

L'horloge de la salle à dîner vient de sonner la demie de l'heure. J'ai déjà mangé et bu mon café. Je n'ai pas vraiment de plan arrêté pour ma journée, sinon de faire quelques courses puisque ma fille arrive demain. Elle sera ici pour la Fête du Canada, puis je partirai avec elle passer quelques jours dans la grande ville. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles je voulais faire cette entrée ce matin, quand elle est là je ne touche presque pas à mon ordinateur et, surtout, jamais à mon journal. :-) Elle qui sait tant de choses sur moi, je ne sais pas pourquoi j'éprouverais comme une gêne de lui dire l'existence de mon journal. Pendant des années, au vu et au su de tous, ma mère avait pourtant tenu un agenda, avec trois ou quatre lignes bloquées d'avance pour chaque journée. Elle y inscrivait les petits événements, les appels téléphoniques, les visites et parfois la météo du jour. Mais jamais n'y mettait-elle de sentiments, d'impressions personnelles. C'était tout simplement factuel, il traînait là, sur la table, à la disposition de tous. Savait-elle ensuite relire entre ses propres lignes? Y retrouvait-elle ses peines et ses joies? Elle avait cessé il y a environ une vingtaine d'années je pense, quand elle avait commencé à de plus en plus lâcher prise. Nous avons regroupé ses agendas au chalet, mais je ne pense pas être capable encore de les relire.

Au loin, j'entends la cloche de l'église, puisque c'est dimanche. Le son en est porté par le vent. Que de souvenirs remontent en moi. Très petite fille, nous étions voisins d'une église et le carillon sonnait trois fois par jour, à l'Angelus de 6h00, de midi, puis de 18h00. Je me souviens que ma mère pestait contre celui de 6h00. *rires* C'est curieux, une odeur de repas, de potage, remonte de ma mémoire, puisque nous mangions à midi et à 18h00. Tiens je devrais dire que, de ce temps-ci, j'ai un peu de difficulté avec ma lecture de Julien Green. C'est toujours aussi bien écrit, mais, lorsqu'il a cinquante-six ans, je le trouve pessimiste et d'un jansénisme incroyable. Ces traits sont assez présents tout au long de sa vie, mais est-ce moi en ce moment précis, ou est-ce la lecture que j'en fais, mais il me semble que tout cela est accentué. Même si j'admire cet homme, fondamentalement bon, même si, pour le moment, il m'aide à l'approfondissement de ma vie intérieure, je ne partage pas son état d'esprit, l'inquiétude qui est sienne à cette période spécifique de sa vie, et sa misère face à son humanité. La joie intérieure ne l'habite pas. Pourtant je crois au même Dieu que lui et moi aussi je suis humaine. Je serais horriblement malheureuse de ne plus faire complètement confiance. La douleur morale est peut-être effectivement la plus douloureuse qui soit. Tiens, en son honneur, je vais écouter le très beau Nocturne no 4, Bal Fantôme que Francis Poulenc lui a dédié. Il est , si toi aussi tu veux l'entendre. Voici ce qu'il en dit, le 5 avril 1935, alors qu'il n'a pas encore 35 ans, et que j'ai déjà cité le 8 septembre de l'année dernière :

"R... et moi allons voir Elie-Anne vers six heures. Elle nous a joué le nocturne que Poulenc m'a dédié. Nous étions dans la pièce qu'elle appelle son dépotoir, où il y a un peu de tout, en effet : livres, tableaux, bibelots dans un charmant désordre. Elle s'est assise à son piano. Le jour tombe et la lumière devient incertaine. Les hautes fenêtres étroites d'où la vue plonge dans la cour de l'hôtel Matignon. R... assis devant moi, son beau profil se détachant en silhouette sur le fond clair des rideaux de mousseline, j'espère que je n'oublierai jamais cela. Je me suis senti heureux."

lundi le 30 juin

Pourquoi ce petit défi que je me lance ainsi? Mettre en ligne une dernière entrée pour le mois de juin, moi qui n'écris pas rapidement... :-) Ma fille vient tout juste de me téléphoner. Elle n'a pas encore quitté la grande ville. Je sais à peu près quand elle sera ici. J'ai quelques courses à faire avant son arrivée. Les baggels qu'elle aime pour demain matin, son fromage préféré, quelques douceurs. J'ai le vin qu'il faut. Ce soir, ce sera du saumon frais, quelques légumes que je choisirai d'ici là. Je n'ose ajouter que je lui servirai ensuite ma fameuse liqueur aux framboises. Incroyable le nombre de gens qui arrivent sur ce site en ayant tapé : recette de liqueur aux framboises. C'est possible que ce soit cet indice qui finalement me démasque auprès des gens que je connais, ça et puis Julien Green, et puis Bach, et puis le bonheur et puis les oiseaux... *rires* Je n'ose même pas révéler le nom particulier de ma mignonne tornade parce qu'il serait lui aussi gobé par ce moteur de recherche infernal. Parlant de ma mignonne tornade, c'est la seule petite chatte blanche que je connaisse qui a une queue en plumes d'autruche. Fin prête pour danser au Lido la demoiselle! Bon, est-ce que cela veut dire que quelqu'un qui sera à la recherche de sites sur le Lido va aussi finir par aboutir chez moi???? On n'en sort tout simplement pas. ;-)

Je réalise que depuis mon entrée sur le lien entre les diaristes et les lecteurs, je m'adresse plus directement au lecteur. Bon, peut-être que cela finira par me passer. Mais pour le moment jouons le jeu. Alors, pour ce lecteur qui aurait pu avoir de la difficulté à entendre le magnifique Nocturne de Poulenc de mon entrée précédente, j'ai procédé à une nouvelle compression qui, je l'espère, corrigera la situation. Et puis, il fallait bien que j'en parle pour que dans les pages qui suivent les choses changent un peu... La poursuite de ma lecture du journal de Green laisse maintenant entrevoir un Green un peu apaisé, un peu moins obsédé par des idées noires. J'ai reçu aujourd'hui, par la poste, le deuxième de quatre livres de Green, dont deux tomes de son Journal, que je ne parvenais pas à obtenir ici. Deux me viennent de bouquinistes de France et les deux autres, non encore arrivés ont été commandés en Allemagne. Une autre des merveilles du net que cet accès à des documents introuvables. Et les prix en sont plus que raisonnables. Il ne m'en manque plus qu'un, que je pourrais avoir dès vendredi par les bons offices d'une amie.

Hier soir quelque chose que je n'attendais pas. Longue conversation téléphonique avec quelqu'un qui me fut important. La première surprise passée, ce fut apaisant. Il quitte pour un moment. Nous nous reverrons à son retour. Je me suis sentie soulagée, je n'aime pas les situations laissées en suspens. Je ne pense pas reprendre cette relation dans selon les mêmes terme, le recul me faisant évaluer les choses autrement. Mais peut-on jamais prévoir au chapitre des sentiments...

Ce midi, j'ai lunché avec une amie qui vit à Toronto depuis une vingtaine d'années. Il y avait plus d'un an que nous ne nous étions vues. Beaucoup de choses se sont passées dans sa vie dernièrement, dont un divorce dont elle a peine à se sortir. Elle est courageuse et fonceuse. Chaque histoire de divorce est différente, mais avec en commun la peine, la désorganisation de la vie et la difficulté à réapprendre à nager. Le temps, le temps, le temps qui répare tout.

Oh, le temps qui file aussi ! C'est si facile d'en perdre la notion entre un ordinateur, des idées qui se bousculent, une musique qu'on aime et le plaisir d'écrire. Bon, j'étais mieux partie dans une constance d'écriture, dire que je ne pourrai m'y remettre avant vendredi... Tout sera donc à recommencer. ;-)

 

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Blason vairé d'or et d'Azur au créquier de sinople et à la plaine d'Azur. Le créquier symbolise la paix, la quiétude et la justice. La plaine d'Azur symbolise un cours d'eau et donc le calme.
Conception de ce blason par Arlequin

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