Au bonheur du jour




Le mois de juillet

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samedi le 5 juillet

Ouf, encore une fois, opération technique réussie. Comme à chaque mois, j'avais la frousse en faisant la transition de mes fichiers et en ouvrant une nouvelle page. Je crains toujours l'irréparable à cet égard. Je vogue donc confortablement dans juillet.

Je suis de retour chez moi. Mes plantes ont soif, la mignonne tornade me suit partout et se fait particulièrement affectueuse. J'ai le goût de quelque chose d'à la fois romantique, grandiose avec un côté de tendresse, qui fait musique de chaude et belle journée d'été, qu'on voudrait entendre comme venant d'une fenêtre. Quoi de mieux que le Concerto pour Piano no 2 de Rachmaninoff. Depuis le matin, il joue en rafale. En ce moment, je l'écoute jumelé avec le no 1 dans la version qu'en fait Zoltan Kocsis. Il y a aussi Vladimir Ashkenazy, Christina Ortiz et François-René Duchable. Chacun l'interprète à sa manière, chacun a choisi une oeuvre différente pour compléter le cd. Mais tous ces cd sont très beaux, et j'aime ainsi les écouter successivement. Chacun me dit les choses de manière différente, mais chacun me parle au coeur.

Je me sens emportée par la musique, elle ralentit mon rythme d'écriture. Je vais essayer de contrer cet effet, je veux ressaisir cette impression de fluidité des idées que j'avais au début de la semaine quand j'écrivais les dernières entrées de mon journal. Il y a quelques jours, j'ai fait ce que je ne pensais pourtant pas faire, j'ai parlé de ce journal à ma fille. Ces belles journées passées ensemble, le niveau des confidences échangées, tout y a contribué. Voulant parler d'un sujet ou d'un autre, je me suis quelques fois retrouvée dans l'obligation de dire "Comme je le disais" plutôt que "Comme je l'écrivais et je n'aimais pas l'impression que cela me laissait. Depuis environ quatre ans, ma fille a rencontré quelques personnes qui font maintenant partie de ma vie réelle mais que j'avais d'abord croisées sur le net, elle sait aussi que certaines de ces personnes sont diaristes. À un moment de la conversation, alors que nous parlions des liens sur le net, un peu à la manière dont j'avais traité cette question dans une entrée précédente, et que je baffouillais un peu en essayant de situer quelque chose sans trop me dévoiler, elle m'a lancé en riant "Dis donc, maman, aurais-tu une double vie?" ce à quoi j'ai aussi répondu bien spontanément et aussi en riant"Oui". Ce qui l'a le plus surprise, ce n'est pas le fait de mon journal, mais bien que j'aie réussi à le lui cacher depuis plus d'un an, moi qui ai toujours eu toute la misère du monde à ne pas lui dévoiler trop tôt ses cadeaux de Noël et d'anniversaire. Je suis très heureuse de lui avoir dit, cela rend plus faciles certains sujets que je voulais traiter avec elle, dont mon grand intérêt pour certains liens ainsi créés par le net, et le temps que j'y passe. Je lui ai dit que je préférais qu'elle ne lise pas mon journal en ligne, pas plus que je n'avais jamais ouvert son journal qui était là sur sa table de chevet durant toutes ces années et qu'elle remplissait bien régulièrement cahiers après cahiers. Je lui ai dit que je ne lui en voudrais cependant pas si elle le lisait, que ce ne serait pas un drame. Je sais cependant qu'elle ne le cherchera pas, qu'elle ne le lira pas. On est quelques jours plus tard, je ne regrette pas de lui avoir dit, c'est une nouvelle complicité entre nous. Elle a aimé l'idée de mon journal en ligne et les effets connexes. Ce soir, elle quitte pour quelques semaines de vacances en Europe, elle va y rejoindre son conjoint déjà sur place depuis un petit moment pour raisons d'affaires. Elle est heureuse et cela me ravit complètement.

Mes cheveux sont presque secs. Un peu plus tard je rejoins cette amie de Toronto encore dans ma ville, nous passerons quelques heures ensemble. Je n'ai donc pas le temps de parler de quelques sujets que j'aurais voulu aborder et j'ai le goût d'écrire encore. Peut-être déciderai-je de revenir plus tard en soirée, peut-être attendrai-je à demain.

dimanche le 6 juillet

Soulagement en dedans de moi. Je n'ose jamais vraiment le dire, mais quand je sais ma fille quelque part au dessus de l'Atlantique, je suis toujours un peu inquiète. Voilà, elle s'est rendue en toute sécurité. Il y a bien assez qu'elle ne soit pas sur le même continent que moi, s'il avait fallu...

Ce matin, nouvelle preuve que je ne puis que rarement reprendre le fil de mes idées quand il est interrompu. Hier, en terminant, j'aurais dû écrire sur un bout de papier les sujets qui alors me semblaient brûlants. Trop tard, le temps les a emportés. J'ai enlevé de la liste des pianistes cités dans mon entrée d'hier les noms d'Alfred Brendel, de Daniel Barenboïm et de Wilhem Kempff que j'avais incorrectement inclus là et qui, eux, doivent être associés au Concerto de Piano op. 54 de Robert Schumann. J'avais aussi pris avec moi ces trois versions de ce concerto pour les écouter en écrivant à mon ordinateur. C'est ma précipitation d'hier qui m'a fait faire cette erreur. Tout cela pour dire que c'est maintenant cette musique de Schumann qui remplit la maison.

Je suis partagée par mon goût d'écriture ici, celui de répondre à quelques mails qui attendent, d'enfin mettre certains papiers personnels à jour, d'avancer dans ma lecture. Ce soir, je mangerai avec le grand copain qui s'était absenté pour quelque temps. J'ai hâte de le revoir.

Ma fille au loin, dans sa propre vie, loin aussi de mon quotidien. L'an dernier, à l'époque de ses vacances, c'est ma mère (et sa maladie) qui me retenait dans mes responsabilités. Depuis, ma mère est décédée. Elle qui aimait tant l'été qu'elle passait, jusqu'à il y a une dizaine d'années, à la maison de campagne. Elle aussi aimait beaucoup Schumann. Je sais qu'elle est bien maintenant. Il fait soleil, je suis calme, moi aussi je suis bien.

J'ai mangé très légèrement. Je me sens libre. Et cette liberté m'attache encore plus ici, je n'ai pas le goût de m'envoler ailleurs. Les objets qui m'entourent sont comme des personnages. Certains me parlent de temps passés, quelques-uns de moments pourtant moins heureux. J'ai choisi de ne pas m'en séparer, je les prends pour ce qu'ils sont et ils ne me rendent même plus nostalgique. Je ne veux pas les éviter, comme je ne puis m'éviter. Je suis le produit de ma vie, je me prends ou je me laisse, dans le sens de "C'est à prendre ou à laisser". Et moi, je prends. Complètement, pleinement.

Déchirant ce passage du Carnaval de Schumann, il ne dure que quelques secondes, mais sa mélodie est si belle. Elle va me chercher, dans mon enfance. J'aimais beaucoup la personne qui le jouait parfois. C'était une titulaire de classe. Elle était comme un rempart dans mes petites tempêtes du temps d'alors. Bien avant que ce ne fut de bon ton, elle savait la valeur des femmes et la place qu'elles devaient occuper dans la société. Elle fut notre responsable durant quelques années et elle nous a formées à son école. Mes amies d'enfance en portent aussi fièrement la marque. Je lui suis encore reconnaissante. Je réalise comme elle nous avait alors bien armées pour les grandes tempêtes de la vie.

Le bouquet de roses là, tout près de mon ordinateur, se fane tranquillement. C'est pourtant maintenant qu'elles offrent leur meilleur parfum, le plus rond, le plus ample. Demain, j'en couperai de nouvelles et j'en apporterai à la maison de campagne, où j'irai rejoindre quelques membres de ma famille. De belles heures en perspective. Que le temps est doux, que la musique est belle.

Merci...

mardi le 8 juillet

Réapprivoiser l'espace. C'était, hier, la première fois cette année que nous allions, mes proches et moi, passer quelques heures de loisir à la maison de campagne. La première fois depuis les funérailles de ma mère, car nous y avions alors tous ensemble terminé la journée. Quand quelques semaines plus tard nous avions fermé son logement, nous étions allés y porter quelques meubles et objets. J'y étais bien passée, quelques minutes aussi, avec ces cousins de l'ouest canadien alors qu'il y avait encore un peu de neige sur le terrain. Mais, hier, c'était comme le retour dans notre vie régulière.

Les premières minutes passées, les premières hésitations passées, j'ai repris pied dans notre réalité. Ce fut agréable. J'ai laissé le groupe pour ma plus que traditionnelle promenade en solitaire. Le soleil descendait lentement à l'horizon, je me suis avancée dans le grand champ derrière. J'ai marché suffisamment loin pour m'éloigner des bruits de la route et je me suis assise au pied d'un pin. Bien sûr, il n'est pas comme le grand arbre qui a si longtemps accompagné ma vie, mais j'y ai aussi trouvé l'accueil que je cherchais. Je suis restée là, m'intégrant le plus possible à la création, à cet univers dont je ne percevais qu'une si infime partie. J'ai fermé les yeux, j'ai laissé le chant des oiseaux m'imprégner, j'ai entendu un chien japper au loin, j'ai senti le parfum de la terre se combiner à celui du pin. Le vent très léger n'était que murmure. Ma pensée est allée à tous ces gens que j'aimais, qui avaient dans mon coeur eu un lien avec ce magnifique endroit, et qui ont quitté cette vie. Je les ai laissés venir à moi, un à un. J'aurais voulu prier, mais c'est moi qui ai écouté l'immense et grandiose silence. Puis, alors que le soleil avait presque disparu, j'ai lentement repris le chemin du retour et j'ai retrouvé les miens

Ce fut un repas joyeux et chaleureux. Nous avons ensuite comme d'habitude allumé un grand feu de camp. J'ai pensé à ce qu'avait été le dernier feu, le soir des funérailles. Seuls ma fille et un de mes frères savaient ce que j'allais y faire. À un moment donné, très discrètement, à l'insu des autres, j'y avais glissé un petit paquet. C'était les lettres d'amour que mon père et ma mère s'étaient échangées durant leurs fréquentations. Il y a plusieurs années, elle m'avait fait promettre d'en disposer de la meilleure manière que je choisisse. J'ai réalisé hier soir que j'avais fait le très bon choix. Ces flammes qui montaient étaient les suivantes de ce feu d'amour et semblaient y retrouver leur source. Les cendres de ces lettres étaient toujours là, mêlées aux autres, gardant pour toujours leurs chers secrets. J'ai senti leur présence à tous les deux, j'ai senti que la vie suivait son cours et que tout était très bien ainsi.

mercredi le 9 juillet

Je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner, surtout mon café. Bien sûr, ma mignonne tornade, elle, a déjà mangé... ;-) Je ne puis résister à sa frénésie du matin et à ses grands yeux confiants, dans l'expectative de la bouffe. Elle est si affamée le matin. Le soleil est magnifique, sa lumière me semble un peu couleur jaune d'oeuf, la journée sera encore une fois torride. J'ai déjà arrosé mes plantes, de peur de ne l'oublier plus tard.

Je viens de consulter mes statistiques, surtout les mots-clés de référencement. Dans les derniers jours, il y avait bien sûr les habituels bonheur, Julien Green, oiseaux, liqueur aux framboises, etc. Mais là, mon coeur s'est serré. Cette nuit même, à 3:10:47, alors qu'il était 9:10:47 en France, quelqu'un y a écrit "expliquer au petit le décès de la mère". Je pense à cette personne qui tôt le matin avait cette énorme et triste tâche en vue et était déjà à la recherche de la meilleure façon d'expliquer l'inexplicable à un enfant. Fort problablement que cette personne est elle-même très proche de la défunte et cruellement affectée par ce deuil puisqu'il semble lui revenir à elle de trouver les mots. Il y a aussi ce pauvre petit qui devra poursuivre sa vie privé de la chaleur maternelle, en ayant déjà subi un si grand coup. J'ai froid pour lui.

Hier soir, excellents moments passés avec cet ami et ancien patron, dans notre restaurant habituel. C'est presque toujours avec lui que je mange un couscous. Hier, dans la canicule, nous n'avons pas dérogé à cette tradition. Il a plu durant quelques minutes, mais nous sommes tout de même demeurés à la terrasse du restaurant, protégés par un auvent. Belles et simples complicité et amitié. Il est doux, il est sensible et il est quelqu'un qui regarde droit dans les yeux. J'ai déjà parlé de lui ici. Il y a quelques années, il avait eu à surmonter de très grandes difficultés. Nous sommes passés quelques minutes chez lui, il voulait me prêter un petit livre qu'il aime beaucoup, que, délaissant Julien Green pour quelques heures, j'ai déjà commencé à lire. Il s'agit de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d'Eric-Emmanuel Schmitt. C'est charmant, savoureux, je sens que je vais l'adorer.

Un peu plus tard ce matin, un de mes neveux de l'extérieur arrivera chez moi. Il était depuis quelques jours chez mon autre frère. Il veut profiter du festival qui a actuellement cours dans ma ville. Je suis contente de le recevoir, il est vraiment très gentil et je l'aime beaucoup. Une chose m'inquiète cependant. Il est féru de l'ordinateur et je suis certaine qu'il voudra se servir du mien pour communiquer avec ses amis. Je crains qu'il ne découvre ce journal. Je vais faire tout mon possible pour le cacher, mais je ne serai pas tranquille. Je réalise encore plus combien je tiens à mon journal et j'ai de la difficulté à penser que je devrais le cesser pour une telle raison.

Cet après-midi, j'irai rejoindre deux amis à un chalet sur le bord d'un beau lac. Plus tard, en début de soirée, nous irons ensemble chez une vieille dame très habile, qui connait le secret de fabrication d'un très joli et très fragile objet qui a longtemps fait partie de notre tradition culturelle. Je possède un tel objet, d'ailleurs fabriqué par elle, qui m'avait été offert en cadeau il y a plusieurs années et qui m'est précieux. Elle a tout l'équipement et les moules nécessaires et elle a accepté de nous transmettre ses secrets. J'y vais plutôt par curiosité, n'ayant pas particulièrement le goût d'en fabriquer moi-même, sinon celui que je ferai ce soir. La semaine dernière, avec ma fille, ces mêmes amis nous avaient enseigné comment enfiler les perles, selon les règles de l'art. J'ai beaucoup aimé ces gestes lents, minutieux et précis qui laissent l'âme et l'esprit libres. Aujourd'hui, j'emporte avec moi un beau collier et un bracelet à trois rangs de perles, qui ont bien besoin de cette cure de rajeunissement.

Je savoure Le petit livre d'Anna Magdalena Bach que je n'avais pas écouté depuis un bon moment. Avec tout ce que j'ai à faire ce matin, je suis déjà en retard dans mon programme. Je vais donc mettre mon entrée en ligne car, avec mon neveu dans les parages, je ne sais pas trop quand je pourrai revenir écrire ici. Je me sens d'avance privée de cette liberté de mouvements qui m'est si chère. Ah, la châtelaine dans son petit château... Je ne pense pas que ce soit de l'égoïsme, plutôt une forme de pudeur par rapport à mon intimité. Je me sens pire que jamais à cet égard, j'ai besoin de me protéger. Vous croyez que c'est grave, docteur?

samedi le 12 juillet

Hier, brusque revirement de la température. Après la canicule, voilà qu'en quelques heures l'automne est revenu. Temps gris, pluie intermittente, et froid. Et cela se poursuit aujourd'hui. Heureusement, ça sent bon dans la maison avec ce poulet qui est au four et la ratatouille sur le feu. À côté de moi, un grand verre d'eau fraîche et des cerises toutes juteuses que je mange une à une. J'écoute la compilation de belles musiques, que je me suis faite. Durant quelques secondes encore, ce sera Partita no 2, allemande de Bach, que suivra bientôt L'art poétique de Verlaine-Ferré. C'est la fin de l'après-midi et je m'offre ces quelques moments de plaisirs. Depuis plus de 2 heures que je fais des corvées, enfin, toutes sortes de petites tâches qu'en raison de ma procrastination je balayais toujours devant moi. Bon, j'ai à peine entamé ma liste, il en reste tant à faire encore. J'ai de la misère à me comprendre parfois : Qui sera contente et soulagée quand toute la liste sera épuisée? C'est moi, rien que moi. Et puis, qui a dressé cette liste? C'est moi, rien que moi. Ai-je des comptes à rendre à quiconque autre qu'à moi? Non, absolument pas. Alors, il est où le problème? Pourquoi est-ce que je bloque devant ces tâches comme si elles m'étaient imposées par d'autres? Surtout qu'en soi elles n'ont rien de bien terrible, il faut tout simplement les faire et, dans certains cas, rattraper le retard accumulé. Voilà qui me ramène à ma fameuse résolution organisation et méthode sans oublier le dosage que j'ai récemment ajouté à cette résolution.

Où est-ce que je m'en vais avec cette entrée? Je ne sais pas encore, mais je poursuis. Tout à l'heure, je sortirai avec le grand copain. Il quitte demain pour quelques semaines de vacances en France. En fait, tout le monde autour de moi est en vacances, surtout la plupart de mes amis. Et pour moi, qu'est-ce que ce sera ? C'est mon dentiste qui, cet été, se paiera de bien jolies vacances grâce à moi. Bon, de petits séjours à la maison de campagne et dans la très grande ville feront tout à fait mon bonheur. Les grandes virées, ce sera pour une autre fois.

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J'avais tout laissé en plan, m'étant bien volontiers laissée distraire de mon entrée par d'autres interventions sur le net et le temps s'étant écoulé trop vite. Il est passé minuit. Je suis arrivée il y a un petit moment de cette très agréable soirée avec le grand copain. Comment se fait-il qu'après toutes ces années, nous ayons encore tant de choses à nous dire? Il aura été un des êtres humains les plus importants dans ma vie, et j'ai l'impression qu'il en est de même quant à mon rôle dans la sienne. Ce soir, la ville était merveilleusement belle, avec les pavés encore mouillés qui reflétaient toutes ces lumières. La musique fusait de partout. Nous avons cependant choisi un restaurant très calme et très classique au coeur de la vieille ville et avons pris tout notre temps.

Je ne devrais peut-être pas terminer cette entrée étant donné qu'elle est bien peu consistante. Mais telle fut ma simple petite journée et je l'ai aimée. Et puis, je ne puis pas aller dormir tout de suite. Dans la cuisine mijote tranquillement le bouillon que j'ai préparé dès mon retour à partir de la carcasse du poulet et d'herbes de toutes sortes et il en a encore pour un petit moment. Son arôme vient me rejoindre dans mon bureau. On dirait une vraie fin de soirée d'automme. :-) De plus, la musique est si belle. C'est toujours la compilation qui joue. Et il y a tout ce café que j'ai bu. Mais surtout, j'ai décidé de ne pas laisser passer trop de temps entre les entrées et la dernière date déjà de quelques jours. Alors, allez hop, je mets en ligne et on n'en parle plus, puisque c'est déjà demain. :-)

lundi le 14 juillet

Aujourd'hui aurait été l'anniversaire de naissance de ma mère. Durant la journée, je n'ai pas osé trop y penser et ai essayé de repousser cette idée quand elle me venait à l'esprit. En ce moment, je ne puis l'éviter. Bizarrement, ce n'est pas de ne pas la voir qui me peine le plus, c'est de ne plus l'entendre. Ce silence est lourd à porter. J'ai encore en mémoire les traits de son visage et je puis les revoir en regardant des photos. Mais j'ai perdu pour toujours le son de sa voix. Dans un mois, jour pour jour, cela fera un an qu'elle est décédée. J'ai encore très mal. Je m'ennuie d'elle, de certaines choses, et je regrette celles qui n'ont pas pu être. Relation imparfaite, relation incomplète. Mais en est-il jamais autrement?

Cet après-midi, je suis allée voir, très en retard sur la plupart des gens, un film que j'ai beaucoup aimé, "Les invasions barbares". Par ce temps superbe, puisque les beaux jours sont revenus, nous n'étions que cinq dans cette grande salle. J'apprécie beaucoup ces représentations presqu'en privé, comme quoi la procrastination a parfois du bon. Je ne me précipite que bien rarement pour voir un film à sa sortie, parce que je n'aime pas les salles bondées, les gens qui passent leur commentaires ou qui font du bruit en bouffant du pop corn et autres friandises. Je suis alors facilement déconcentrée. Et puis, il y a une question de respect des autres spectateurs et aussi respect de l'oeuvre. J'ai bien aimé ce film qui traite, entre autres sujets, de la fin de la vie, et qui porte un regard mordant sur la vie en société, sur certaines institutions, sur les valeurs communes et personnelles, sur les relations entre les humains. Un film qui fait sourire, qui émeut et qui porte à réfléchir.

Ce matin j'ai conversé longuement au téléphone avec cette amie de Toronto qui était dans ma ville la semaine dernière. Même si son séjour lui a fait du bien, elle passe encore un très mauvais moment et elle a beaucoup de difficulté à s'en sortir. Je la sens tellement fragile dans sa douleur, mais je sais que je n'y puis pas grand chose, sinon être disponible à l'entendre, à lui laisser dire sa peine. Et aussi la rassurer, essayer de lui montrer qu'il y a une lumière au bout du tunnel. Lui dire que oui, la vie continue, et que oui la douleur finit par nous quitter et que la joie revient un jour. Je me souviens tellement combien l'espoir me faisait alors défaut.

En ce moment, j'écoute Pinchas Zukerman et Midori interpréter le Concerto en ré BWV 1043 pour deux violons de Jean-Sébastien Bach. Plus tard, ce sera le Concerto en la , opus3 no 8 d'Antonio Vivaldi. À côté de moi, trois livres que j'ai aujourd'hui reçus d'Allemagne et qui sont les derniers qui me manquaient dans la série des livres autobiographiques et des tomes du Journal de Julien Green. Grâce entre autres aux possibilités qu'offre Internet de bouquiner dans le monde entier et de dénicher des livres rares, j'ai finalement atteint mon but. J'en suis très heureuse. C'est sûrement mon petit bonheur du jour. Je me sens riche d'avoir ainsi à ma disposition les pensées intimes de cet homme formidable. C'est un énorme cadeau qu'il a fait de se livrer ainsi, d'offrir ses réflexions suite à ses propres lectures, à ses expériences diverses, à ses difficultés personnelles. Tel un livre sacré, je sais que j'irai y puiser jusqu'à la fin de ma vie.

mercredi le 16 juillet

Et le temps passe, et la vie change. Il y a longtemps, en ce même jour, une jeune femme très amoureuse se mariait. Puis un jour, de guerre lasse, l'amoureuse dû, bien malgré elle, faire place à la femme lucide, capable de décision difficile. Quand elle regarde en arrière, sa constation est encore la même : elle a toujours regretté d'avoir eu à prendre cette décision, mais n'a jamais regretté de l'avoir prise. Elle l'avait mûrement réfléchie : c'était et c'est encore la bonne. Mais elle ne peut s'empêcher de penser au jeune couple qu'ils formaient ce 16 juillet-là. Que de rêves brisés.

Il fut un autre 16 juillet, de douceur, de plénitude, d'incroyable tendresse, faisant rêver à une nouvelle aurore. Lui et elle dans un moment de fragile équilibre, le miracle du rayon de soleil et de la goutte de rosée. Puis, la lumière devint trop vive.

Et là, encore un autre 16 juillet. Pluie chaude, gazon verdoyant, roses gorgées d'eau. Rencontre très agréable et repas vietnamien partagés avec cet ami si naturel et si chaleureux, qui parle simplement de son bonheur, de l'amour qu'il a pour sa femme et son fils, sans même jamais prononcer les mots bonheur et amour. Tout est dans sa voix, son sourire et ses yeux. Elle se dit que oui, elle avait et elle a encore raison d'y croire.

Puis, passage prévu chez le coiffeur, qui enlève autant d'années que de centimètres de cheveux. C'est la tête, le coeur et le porte-monnaie allégés qu'elle quitte cet endroit magique. Elle se précipite ensuite retrouver ces autres amis avec qui elle visite cette vieille dame qui transmet son savoir, ses secrets si précieux. La pluie a cessé et le vent est léger. Il sont longuement penchés sur ces fragiles objets que, chacun, avec des gestes lents et délicats, ils essaient de modeler. Soudain dans le silence et par la porte entrouverte, avec le parfum de l'herbe mouillée, le chant d'un merle très près de la maison. C'est un moment magnifique.

De retour chez elle, elle découvre, sur le répondeur, un message de la personne qu'elle aime le plus au monde, qui appelle sa mère depuis ses lointaines plages ensoleillées. Oh oui, pense-t-elle en souriant, combien était justifié ce 16 juillet lointain. Et si elle devait le revivre, c'est avec joie qu'elle le revivrait.

Enfin, devant son ordinateur, dans la pénombre, elle retrouve cette habitude qui lui est devenue chère. Des notes de musique, des lettres sur un clavier. Et le temps passe, et la vie continue.

mardi le 22 juillet

Aujourd'hui, il a plu à plein ciel une bonne partie de la journée et il faisait plutôt froid pour la saison. Alors, je n'ai pas mis le nez dehors et cela m'a fait plaisir. J'avais comme un goût de coocooning, l'envie de me sentir bien, dans mes choses. Ce fut évidemment une journée musicale. Et j'ai plus tourné en rond que fait de choses productives, je n'ai même pas autant lu que je l'aurais pensé.

Il faut dire que j'ai consacré un bon moment de la journée à la chasse aux souris dans la maison, chasse tout à fait infructueuse. Je parle des petites souris, jouets en fourrure, que je passe mon temps à acheter et que ma mignonne tornade s'évertue à perdre dans la maison. Ce qu'il y a de comique c'est que, récemment, j'avais réussi à trouver un petite cachette, sous un meuble du sous-sol ne lui laissant pas suffisamment d'espace pour se faufiler dessous et devant lequel elle se tenait immobile, comme en attente. En le déplaçant, j'ai aperçu cinq de ces minuscules bestioles sous ce meuble. C'était déjà un début de solution. Elle était toute excitée de pouvoir les récupérer. Pendant une journée ou deux, ce fut facile puisque son plaisir consistait à y apporter, de nouveau, chacune des petites souris après un grand jeu qui lui faisait parcourir la maison entière. Puis, à un moment donné, elle a changé de stratégie, elle a changé de cachette. Depuis, impossible de savoir où se trouvent ces cinq petites souris et toutes les autres qui me semblent avoir disparu pour toujours. Je pense n'avoir jamais aussi souvent fait le ménage sous les meubles de la maison et dans les recoins de la cave. Mais le mystère demeure entier, je n'ai aucune idée où se trouvent maintenant les souris. Demain je reprendrai donc le chemin de la clinique vétérinaire en quête de ces jouets. Je suis certaine que les gens vont éclater de rire en me voyant arriver, c'est maintenant une véritable comédie. On m'a dit que j'étais la plus importante consommatrice de souris de la clinique, j'ai vidé leur stock, ils ont dû en recommander. Heureusement, il faut aussi que j'achète des boîtes de nourriture, ce sera un peu moins pire et ma visite un peu moins ridicule... *rires*

Cet après-midi, le grand copain m'a téléphoné de France. Ses vacances se déroulent à merveille. Il en passe une partie avec nos amis qui étaient ici à la fin de l'hiver. Il m'a dit préférer de beaucoup téléphoner que d'envoyer une carte postale et ça m'a fait grand plaisir de l'entendre. Quelques minutes ont suffit pour s'échanger des nouvelles, bien évidemment ponctuées d'éclats de rire. Lui aussi il est une tornade dans son genre.

Hier, j'ai mangé avec un ami dont j'ai déjà parlé ici. Il m'a proposé de faire du bénévolat en étant membre d'un comité en rapport avec son domaine de travail. Cela semble lui tenir bien à coeur. Je veux quand même réfléchir. Il s'agirait d'un engagement à assez long terme, impliquant une bonne charge de travail. Cette implication serait de la même nature que celle que j'ai eue au sein d'un conseil d'administration d'une institution, sur lequel j'avais aussi siégé bénévolement durant plusieurs années. Oui, je veux faire du bénévolat, mais je pense que je veux maintenant le faire auprès de personnes et non pour une structure, bien que cette structure soit justement consacrée au mieux-être d'une certaine catégorie de personnes. Bon, où serais-je le plus utile, où trouverais-je un meilleur épanouissement? Oui, il faut que je réfléchisse encore à cette question.

Hier, avant d'aller dormir, en fait je devrais dire assez tard dans la nuit, j'avais mis quelques phrases par écrit. Et ce matin, d'autres phrases chargées de sens venaient, à leur tour, me dire la puissance des mots quand ils savent refléter l'essentiel d'un lien. Je ne veux pas oublier.

J'ai écrit cette entrée en écoutant une des deux compilations que j'ai gravées il y a un petit moment. Celle de quatre-vingts minutes de musique choisie parmi mes cd pour refléter le calme et la sérénité. Je l'aime beaucoup. Je trouve que ma maison baigne dans une atmosphère bien spéciale quand je l'écoute dans la pénombre. Je vais essayer de revenir écrire quelques fois d'ici la fin de semaine. D'abord parce que j'avais un peu négligé mon journal ces jours derniers et puis parce qu'à ce moment-là je partirai pour quelques jour vers la très grande ville retrouver ma fille qui sera alors de retour de ses vacances. Nous irons ensemble au mariage du filleul dont j'ai quelques fois parlé ici. Je suis extrêmement heureuse pour lui et pour sa conjointe. J'ai aussi très hâte à cette belle journée.

mercredi le 23 juillet

Allez hop, on remet ça : petit blog maison, chapitre 2. Aujourd'hui, toujours la pluie, toujours le froid. Douche très chaude et shampoing. Et cette crème que j'aime tant et qui sent si bon. Plusieurs petites tâches de front jusqu'ici. La lessive, changer les draps. Arroser les plantes. Et mon jeu préféré : Où sont passées les souris??? :-) Non, je refuse absolument de démarrer le système de chauffage pour tuer l'humidité de la maison, c'est contre mes principes en juillet. Pour qui donc se prend la Météo? Je vais me plaindre à qui de droit, moi! Pffff

Des nouvelles de ma fille. Elle est à Paris jusqu'à vendredi, jour de son retour. En pensée je m'y revois avec elle. Quels merveilleux souvenirs. Et la mignonne tornade toute blanche qui dort, en rond, le petit museau dans son immense queue de plume d'autruche. Tiens, cette valse de Chopin. Je mangerais bien une petite salade, moi. Et hop à la cuisine

|Sylvia | (13:59) |(On ne commente pas, y a vraiment pas de quoi...)| :-) :-)

Comment donc vais-je m'habiller? Il fait si froid. Revirement de dernière minute. Ça devait être un pique-nique... On avait prévu passer l'après-midi au soleil... oh yeah! On est si naïf parfois. Ce sera plutôt on s'entasse à quinze dans le minuscule chalet de cet ami pour célébrer l'anniversaire de cette amie que la cinquantaine rejoint. On reporte le tout à 18h00 et je dois apporter un réchaud pour la béchamelle, on mangera des bouchées à la reine. Je vais passer à cet endroit magique pour le superbe pain au noix et aux raisins. Ne pas oublier le vin. Tiens, j'y vais tout de suite. J'achèterai ce joli cadeau pour lequel j'hésitais lundi après-midi. Je le trouvais un peu cher. Mais on n'a pas tous les jours cinquante ans et cela lui fera plaisir. D'autant que cela complétera sa collection. Oui, c'est une bonne idée. J'en profiterai pour aller saluer la vétérinaire... (bon, en fait, tout le monde sait déjà que c'est pour acheter ces $/"#/$%?#!"$!! de petites souris en fourrure. Ouf, je suis sauvée, c'est vrai, j'ai aussi besoin de bouffe pour la minette.) Un peu de maquillage, un soupçon de parfum, je suis déjà en route pour mes mini-courses.

|Sylvia | (15:08) |(On se la ferme!! Défense absolue de commenter au sujet des souris...)| :-) :-)

Bon, Je suis encore pressée. Il n'y avait pas de souris chez la vétérinaire, la commande n'est pas encore arrivée. Je chercherai ailleurs demain. Je suis bien contente du cadeau choisi et j'aime bien le joli emballage. Le pain est encore chaud, il embaumait mon automobile. Et voilà pour toi de quoi manger durant 24 jours, Mignonne tornade.

Quelques brefs mails échangés coup sur coup. Zut, j'ai oublié d'acheter du sterno pour le réchaud, où avais-je la tête? Heureusement que j'y pense maintenant. Allez, j'y retourne!

|Sylvia | (16:35) |(Inutile de commenter, je sais, je sais, j'aurais dû faire une liste...)| ;-)

Ça y est, j'ai tout ce qu'il faut. Je suis enfin prête. Mignonne tornade est en train de manger. Un dernier mail rapide et je suis en route. Il pleut à boire debout. Bon, j'enlève le cd et je laisse la radio pour ma petite chatte qui aime aussi la musique. Je suis pas mal fière d'elle, elle est en train de devenir une autre melocat. Ça y est je pars.

|Sylvia | (17:43) |(Encore une fois, inutile de commenter, je sais que je pars en retard...)| ;-)

Heureusement la circulation était très fluide, je suis donc arrivée beaucoup plus rapidement que je ne le pensais. Et au fur et à mesure que je m'éloignais de la ville, je m'éloignais aussi du très mauvais temps. Puis la pluie a complètement cessé. Mais impossible tout de même de manger dehors. Nous étions un peu beaucoup tassés, mais l'ambiance était du tonnerre et très amusante. En fin de soirée, un premier groupe est parti. Nous sommes restés cinq à boire un dernier porto. La conversation s'est faite calme et sérieuse. Par les fenêtres grandes ouvertes, les merveilleux cris des huards venaient nous interrompre puisque nous faisions silence pour les écouter. Depuis des années et des années ils fréquentent ce beau lac. Leurs cris ainsi que ceux des geais bleux sont parmi ceux qui me bouleversent le plus. Mais la citadine que je suis n'a pas souvent la chance d'entendre dans la nuit les riches vocalises du huard. À chaque fois, je suis émerveillée et un peu émue. Je suis très contente que la pièce de un dollar canadien porte son nom et soit frappée à son effigie. Oh, il est très très tard, je ferais beaucoup mieux d'aller dormir. Je ferme tout.

|Sylvia | (3:03) |(Ouf! C'est déjà demain, ce n'est plus le temps de commenter...)|:-) :-)

vendredi le 25 juillet

Ce matin, un mail m'attendait dans ma boîte. Ma fille me l'avait envoyé au moment de prendre son avion à Paris, pour le retour. Elle ne pouvait attendre pour me signaler la belle surprise qu'elle a eue. Hier soir, pour son dernier repas à Paris, son conjoint l'a amenée à La Coupole. À quelques tables d'eux, le grand copain et nos amis français. Le monde est terriblement petit ou le hasard fait très bien les choses ou, encore, le restaurant La Coupole est très populaire auprès des touristes. :) À l'heure qu'il est, elle devrait être sur le point d'atterrir dans sa très grande ville... J'ai hâte qu'elle puisse me donner un coup de fil. Je me sentirai bien (ah les avions au dessus de l'Atlantique...) et j'irai ensuite faire quelques courses.

Hier midi, j'ai mangé avec un ancien compagnon de travail que j'ai bien aimé retrouver. Nous avons eu un bel échange. C'est un homme très calme, bouillant d'une calme passion pour la vie. Dans son cas, ce n'est pas paradoxal. Et puis, ne dit-on pas que sous les eaux dormantes... ;) Il a le regard bien direct, ce que j'apprécie toujours beaucoup. À un moment, la conversation a pris une tournure qui m'a surprise. Ses inquiétudes peut-être justifiées au sujet d'un fils. J'avais déjà rencontré les inquiétudes et les peines maternelles chez des amies, parce que, c'est connu, les femmes s'expriment plus facilement sur ces sujets. J'ai trouvé particulièrement touchantes la pudeur avec laquelle ce père se confiait, l'émotion qui passait et sa façon de solliciter mon avis. Je suis certaine que le fait que nous ne nous cotoyions plus régulièrement lui a facilité sa démarche. Je ne pense pas qu'il m'aurait parlé de ces choses si nous nous étions régulièrement vus au travail, même si nous avions de très bonnes relations à l'époque.

Après l'avoir laissé, quoi de plus naturel en plein mois de juillet que d'aller négocier un contrat pour l'approvisionnement en mazout pour affronter les froids de l'hiver qui viendra ? :-) (Aujourd'hui, c'est une très belle journée ensoleillée, je lis 27 sur le thermomètre et, par la fenêtre, j'entends une cigale... Mais l'hiver reviendra...) Je veux un contrat avec un prix maximum fermé, pour me garantir contre les mouvements de yoyo qu'ont connus les prix l'hiver dernier. Je pense que mon fournisseur et moi pourrons en venir à une entente satisfaisante aux deux parties. On verra bien, j'attends son offre en août. D'ici là, je vais consulter ses joyeux concurrents et il le sait... ;)

En fin d'après-midi, j'ai rejoint ces amis avec qui j'apprends cet artisanat ancien. Nous avons travaillé durant plusieurs heures. Bien que je ne maîtrise pas encore grand chose, je commence à me sentir plus à l'aise en manipulant les instruments nécessaires. Mais c'est très délicat et ça demande beaucoup d'attention et de précaution.

Je suis en train d'écouter le "Concerto no 3" de Rachmaninov interprété par Vladimir Feltsman. Dans ce concerto, c'est vraiment le premier mouvement que je préfère. Le thème principal en est à la fois nostalgique et énergique. Dans son ensemble, ce concerto est ample et riche, il me semble très difficile d'exécution. C'est une musique qui prend beaucoup de place, qui retient l'attention, qui n'est en rien appaisante et propice à l'écriture de mon journal. Non plus le fait que j'écrive cette entrée en fin d'après-midi, ce qui m'arrive bien rarement, sinon quand je blogue ... :) Difficile d'écrire sur soi quand on devrait être en pleine activité et que, de surcroît, on a hâte de recevoir un appel téléphonique.

Voilà qui est fait. Je viens d'avoir une belle conversation avec ma fille qui a la voix pleine de soleil. Sa joie me fait chaud au coeur. Bon, elle a tout de même trouvé le tour de se moquer un peu de moi mais, ça, j'en ai l'habitude... (et, de plus, j'adore ça... ;)) Alors, je mets ma mise à jour en ligne et je quitte pour mes petites courses.

samedi le 26 juillet

Eh bien oui, je suis encore là. Mon départ pour la très grande ville est remis à demain matin. Deux besoins qui se sont conjugués : celui de permettre à ma fille de récupérer un peu du décalage horaire et, surtout, la difficulté de dire non à une amie de ma ville, assez mal en point et qui me semblait avoir besoin d'un peu de présence.

Je viens de la laisser chez elle. Si c'est moi qui suis mal faite, si ma façon de concevoir la vie relève de la pure fantaisie, de la pure utopie, si elle est un délire sans fondement, que me soit préservée à jamais cette naiveté sans laquelle je ne saurais comment vivre. Tout comme je ne pourrais me mettre à respirer par les oreilles, il m'est tout aussi impossible d'imaginer que je puisse un jour penser autrement. Si ce que j'écris peut, à la lecture, ressembler à un jugement sur une autre façon de concevoir la vie, ou encore une fierté d'avoir moi réussi quelque chose, il n'en est absolument rien. C'est tout simplement la reconnaissance du fait et l'immence gratitude d'avoir été épargnée, jusqu'à ce jour, de ténèbres intérieurs, de ce poids qui m'apparaît tellement lourd, et que dans ma faiblesse je ne saurais jamais, mais jamais porter. J'ignore tout à fait comment je pourrais faire pour vivre sans mes balises, sans mes certitudes. C'est elles qui m'ont portée durant les moments les plus difficiles de ma vie (oh que des choses bien humaines, (je ne revendique aucun record de malheurs ou d'endurance dans tout cela,) mais qui m'ont quand même fait souffrir (tiens, comme Idéaliste, je vais bénéficier du petit cours de parenthèses de Ultraorange...;-) sauf que moi j'y ajoute la complication d'un smiley... et des (...))) c'est elles qui sont le solide fondement sur lequel est érigé l'édifice de ma vie.

Ce soir, je regardais les yeux remplis de larmes qui ne coulaient pas de mon amie. Ce sont de vieilles douleurs bien réelles qui la torturent toujours. Cette femme plus qu'aisée en biens matériels est si pauvre en joie. Elle m'a semblé n'avoir aucune espérance. J'aurais tellement voulu pouvoir faire quelque chose pour elle. J'écrivais aujourd'hui à quelqu'un que je suis allergique à la souffrance, surtout à celle des autres, parce que les miennes je finis toujours par les comprendre. J'avais écrit cela du fond du coeur et ce soir encore j'ai pu vérifier. J'aurais dû ajouter que je sais aussi que les miennes finissent toujours par cicatriser. J'ai vécu suffisamment longtemps pour savoir cela. Ce soir j'ai vu des plaies béantes que je suis si désolée de n'avoir pu soulager.

 

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Blason vairé d'or et d'Azur au créquier de sinople et à la plaine d'Azur. Le créquier symbolise la paix, la quiétude et la justice. La plaine d'Azur symbolise un cours d'eau et donc le calme.
Conception de ce blason par Arlequin

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