L’islam chinois

 

 

L’islam chinois est d’implantation très ancienne : les modes d’insertion et d’organisation au sein de la civilisation chinoise, à l’époque impériale, puis avec la fondation de la République, ont été l’objet d’un processus continuel dont l’enjeu était le maintien de sa présence.

La révolution culturelle de 1966 à 1976 a engendré des bouleversements radicaux comme les fermetures des lieux de culte dès 1958 avec le mouvement d’éducation socialiste ; cette période correspond aux «dix années noires». Toutes les religions en Chine ont subi pendant cette période le silence forcé, les destructions des lieux de culte et la répression de la liberté individuelle.

Les neuf millions de Hui, qui représentent l’islam de langue chinoise, sont dispersés sur l’ensemble du territoire chinois, avec une plus forte concentration dans la Région autonome Hui du Ningxia, où ils sont près de deux millions, et dans la province du Gansu, où ils dépassent le million. Les musulmans de Chine sont sunnites, de rite hanafite, à l’exception de ceux de la minorité tajik ismaélienne au Xinjiang. L’islam est arrivé dès le VIIe siècle, mais son implantation n'est effective qu'avec la domination mongole au XIIIe siècle. Un islam traditionnel (Laojiao, [Vieil enseignement], ou Gedimu de l’arabe qadim, [ancien]) majoritaire, les courants soufis de la Qadiriyya, Naqshbandiyya, et Kubrawiyya, avec une multitude de branches dérivées, arrivés dès le XVIe, un islam réformiste fondamentaliste (Xinjiao, Nouvel enseignement) ou Yihewani (de l'arabe, Ikhwan, [frères]) implanté à partir de la fin du XIXe, composent le monde musulman chinois.

À l’instauration de la République populaire de Chine en 1949, quelques révoltes se produisent dans les provinces du Nord-Ouest. On peut distinguer deux périodes entre 1949 et 1978. La première (1949 à 1960) couvre les débuts du régime ; on passe d’une certaine ouverture, de l’affirmation de la liberté religieuse inscrite dans la constitution de 1954, sous contrôle des organismes adéquats, à l’arrêt d’une grande partie des activités religieuses en 1958 avec le mouvement d’éducation socialiste et le début du Grand Bond en avant qui se termine en 1961. La seconde période, de 1961 à 1978, est caractérisée par l’inactivité religieuse et par la situation générale qui prévaut en Chine durant les dix années de la Révolution culturelle.

Les exactions les plus importantes ont lieu pendant la Révolution culturelle. Les mosquées restées ouvertes après 1958, ferment à leur tour, beaucoup subiront des dommages ; comme de très nombreux individus en Chine, les responsables musulmans font aussi l’objet de séances régulières de critiques, sont insultés et frappés. Des musulmans sont contraints d’élever des porcs, d’autres seront même obligés d’en manger.

La décennie quatre-vingts s’ouvre sur une période de réforme et l’autorisation de mener à nouveau une vie religieuse normale pour les musulmans, comme pour tous les citoyens chinois. Elle se clôt, au printemps 1989, par des manifestations musulmanes d’ampleur nationale qui se déroulent parallèlement aux protestations étudiantes place Tian Anmen. La colère des musulmans était dirigée contre un ouvrage jugé infamant envers l’islam.

La liberté religieuse – croire, ne pas croire, pratiquer un culte – est réaffirmée dans la Constitution amendée en 1982. Cette liberté permet de réinvestir le terrain religieux, prudemment au tout début, puis vigoureusement. Les mosquées, fermées, détruites ou affectées à d’autres activités sont rouvertes, de nouveaux lieux de culte se construisent, l’enseignement religieux sous la responsabilité de l’imam reprend. Mieux encore, des écoles confessionnelles privées sont fondées. Là encore, il n’y a pas de réelle innovation puisque ces écoles reprennent le modèle de celles qui virent le jour dans la première moitié du siècle.

L’édification des mosquées a permis à celles-ci de retrouver un de leur rôle de transmission du savoir. L’enseignement religieux est sous la responsabilité de l’imam principal : l’Enseignement de la salle des Classiques, jingtang jiaoyu, vise à former des disciples. L’hébergement et la subsistance des disciples, d’après une tradition qui remonte au XVIe siècle, est à la charge de la communauté. Quand l’imam estime que les élèves qu’il a formés ont une maîtrise suffisante des ouvrages canoniques, ceux-ci endossent le manteau lors d’une cérémonie qui les consacre en tant qu’ahong.

Les éditions musulmanes privées se développent dans toute la Chine, mais Linxia au Gansu en a fait une véritable industrie, en monopolisant la réédition des grands ouvrages classiques arabes ou persans. Les volumes d’exégèse coranique, de droit, de théologie, de rhétorique, de philosophie, de littérature persane, importés du reste du monde musulman (Le Caire, Istanbul, l’Inde, le Liban, et plus tardivement l’Arabie Saoudite) sont entièrement copiés. Les œuvres en chinois de savants musulmans, qui avaient été rédigées entre le XVIIe et le XIXe siècles, sont copiées à partir des éditions de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. Elles reparaissent au fur et à mesure qu’elles sont exhumées, quand elles ont été épargnées par la Révolution culturelle, imprimées telles quelles, et vendues à un prix abordable dans les échoppes musulmanes.

Parallèlement, les chercheurs chinois collectent les manuscrits anciens, les transcrivent en chinois moderne, les annotent avant de les publier dans des éditions officielles mais plus onéreuses, plus lentes à voir le jour. L’Académie des Sciences sociales de Chine, l’Université des Minorités nationales à Pékin, l’Académie des Sciences sociales du Ningxia, l’Institut des sciences de Minorités du Nord-Ouest au Gansu et bien sûr l’Association Islamique de la Chine (AIC), sont les principales institutions, religieuses et scientifiques, qui réactualisent les ouvrages anciens.

La réflexion islamique chinoise s’exprime dans une multitude de revues privées, allant de la feuille de papier journal au magazine illustré. Ces revues, souvent très locales, sont en théorie gratuites, mais en fait offertes en échange d’un soutien à la parution.

Sans être directement un effet de la renaissance musulmane, mais plutôt son corollaire, les recherches académiques sur l’islam de Chine et accessoirement sur l’islam mondial, connaissent un épanouissement extraordinaire. Tout Hui s’intéressant à l’islam possède au moins quelques-uns de ces ouvrages scientifiques, tels ceux de Bai Shouyi sur l’histoire des Hui et de l’islam, de Lin Song auteur d’une traduction rimée du Coran et spécialiste de culture musulmane.

Le rétablissement de liens entre l’islam chinois et le monde musulman est l’aboutissement logique de la restitution de la liberté de culte. Les autorités cherchent à en tirer avantage tout en gardant le phénomène sous contrôle.

Outre l’utilisation de l’islam dans sa politique étrangère, la Chine s’est servie, non de l’islam en tant que tel, mais de personnalités musulmanes charismatiques extérieures au corps diplomatique, pour nouer des liens d’État à État avec les pays qui n’entretenaient pas de relations diplomatiques avec elle, comme l’Arabie Saoudite ou l’Indonésie. Le Pakistan, partenaire de toujours de la Chine, accueille des étudiants Hui à l’Université Islamique internationale d’Islamabad et dans d’autres institutions. Les responsables de cette Université ont effectué au moins deux visites en Chine. Toutefois, l’envoi d’étudiants à l’étranger reste contrôlé par le pouvoir dans les années quatre-vingt, et les étudiants ne partent qu’après avoir été sélectionnés par l’AIC. Dans la décennie suivante, le mouvement deviendra incontrôlé.

Si les années quatre-vingt ont été celles d’une remise en place de toutes les institutions islamiques en Chine, dans les domaines évoqués, l’assouplissement de la politique chinoise vis-à-vis des musulmans tient avant tout à des motifs de politique intérieure, bien plus qu’à des raisons de politique extérieure. Les pays musulmans, quoi qu’attentifs aux événements, n’ont jamais donné la priorité au traitement des minorités musulmanes dans l’élaboration de leur politique étrangère. Les relations entre l’Arabie Saoudite et la Chine n’ont guère souffert par exemple, de la répression accrue envers les Ouïgours du Xinjiang depuis 1990.

Les manifestations musulmanes du printemps 1989, au même moment que celles de Tian-Anmen, symbolisent l’achèvement de la reconquête. Pour la première fois depuis 1949, dans toute la Chine, des croyants, des représentants d’une religion, se groupent en cortèges impressionnants de la fin du mois d’avril au 19 mai 1989. Les Hui, imams et représentants de l’AIC en tête dans le Nord-Ouest, ont été les principaux protagonistes de ces manifestations. Ces manifestations symbolisent l’achèvement de la reconquête du terrain intérieur et l’irruption médiatisée des musulmans sur la scène sociale et politique. L’islam n’est plus l’instrument de propagande des autorités à l’égard des pays musulmans du Tiers-Monde, mais un élément constitutif de la société chinoise.

Les années quatre-vingt-dix prolongent et intensifient la reconquête interne, tout en rendant évident le caractère composite de cet islam. Cette reconquête intérieure permet aux Hui de retrouver l’équivalent de leur environnement religieux, et qui plus est consolidé, d’avant 1949. De manière générale, la construction de mosquées se poursuit. Les bâtiments, réparés rapidement au début des années quatre-vingts, sont embellis et agrandis. Mais c’est surtout dans le domaine de l’éducation que l’effort est le plus remarquable. Les Hui, intellectuels laïques et religieux confondus, déplorent un niveau d’éducation faible, qui les handicape.

Toutefois, les objectifs sont multiples au gré des différents groupes sociaux. Pour les Hui non-pratiquants, ils visent à une amélioration de leurs conditions de vie et à une plus grande intégration au processus de modernisation en cours en Chine. Les religieux activistes y voient un moyen d’obtenir plus de respect et de considération de la part de la société chinoise envers l’islam. L’approfondissement des connaissances religieuses fera reculer, disent-ils, les marques d’arriération, superstitions et croyances erronées. Il renforce leur sentiment d’appartenir à l’Umma des croyants, sans avoir à rougir d’une mauvaise prononciation de l’arabe ou d’une mauvaise compréhension des rituels.

Le nombre des écoles confessionnelles connaissent dans toutes les régions une véritable explosion, et ne se limite plus à quelques écoles pour adolescents. C’est toute une filière, de la crèche au cycle supérieur, qui se met en place. Les jardins d’enfants sont un phénomène spécifique de la dernière décennie du XXe siècle, et se sont développés très rapidement. L’enseignement supérieur est encore une rareté : une “université islamique privée” a ouvert à la fin des années quatre-vingts à Xi’an au Shaanxi ; un centre culturel musulman au Yunnan offre un enseignement supérieur.

La production intellectuelle est également le reflet de cette situation contrastée. Du point de vue des traductions, comme nous l’avons dit, c’est un islam militant qui est en vogue, avec la publication de plusieurs ouvrages de Frères musulmans égyptiens qui furent emprisonnés. Un islam légèrement plus quiétiste s’exprime au travers des œuvres de musulmans originaires du sous-continent indien, comme Mawdudi ou du dirigeant de la Nadwat al-Ulama indienne, Abu al-Hasan Ali Nadwi. Plus récemment, la littérature wahhabite saoudienne devient des plus présentes, avec la diffusion de manuels scolaires, de guides du pèlerinage, etc.

Dans les essais d’auteurs musulmans chinois, une large variété de sensibilités réformistes oscille entre l’apologie d’un islam adapté à la Chine du passé comme à la Chine du présent, et les théories qui prônent une imitation pure et simple des modes de vie et de pensée du reste de l’Umma. La première tendance met en avant une pensée propre à l’islam de Chine, exprimée en chinois classique, à partir du XVIIe siècle. Elle respecte l’existence des différents groupes religieux. Elle acquiesce aux innovations sociales réalisées par le régime communiste. Dans les années cinquante, elle soutenait la politique égalitaire entre hommes et femmes, la réforme de l’héritage, la redistribution des terres. De nos jours, elle n’est pas hostile à la politique de limitation des naissances et encourage les réformes économiques en cours.

À l’inverse, d’autres penseurs épousent les débats et les causes en vogue dans le reste du monde musulman, en discutant des réformismes de Jamal al-din Afghani et de Muhammad Abduh, des mérites de Khomeiny, de l’athéisme en Occident, de la situation au Cachemire, etc. Au nom de l’universalité de l’islam, ils récusent le fait que l’islam soit assimilé par les chercheurs aux us et coutumes d’une minorité, d’une shaoshu minzu ou nationalité minoritaire. En cela, leur discours prend le contre-pied de celui de nombreux chercheurs Hui laïcisés. Ceux-ci insistent sur les caractéristiques de la minorité Hui dont l’islam forme une part importante mais n’est pas l’unique spécificité ; ils cherchent à reconstruire une histoire, une culture, une psychologie et une littérature propres aux Hui.

Certaines mosquées sont dynamiques et permettent à des énergies extra-religieuses de s’exprimer. Telle offrira des cours d’arabe, d’un très bon niveau, données gratuitement par un professeur d’université, le vendredi après la prière, et le dimanche après-midi, jour de congé des écoles officielles. Telle autre recevra les malades, classés par type de maladies selon les jours, dans son dispensaire installé à l’entrée ; ici aussi, ce seront des bénévoles, à la retraite ou encore actifs, qui viendront selon leurs compétences soulager les maux de leurs coreligionnaires. Telle autre prêtera sa grande cour protégée et calme pour les cours d’arts martiaux, Hui bien sûr, ou une salle pour une bibliothèque ouverte à tous, qui deviendra un forum de discussion entre jeunes. Telle autre sera en relation avec l’hôpital de qigong Hui et ne manquera pas de s’enquérir de l’évolution de la guérison de ceux qu’elle y a envoyés. Par contre, il faut préciser que les quelques hôpitaux de qigong Hui qui se trouvent en ville, accueillent tous les patients, quelle que soit leur origine sociale ou religieuse. Les plus en pointe de ces mosquées sont celles qui peuvent abriter toutes ces activités à la fois, les permettent et les encouragent.

L’argent est le nerf de la guerre et la préoccupation constante de qui veut réparer une mosquée, monter une école, construire une entreprise. L’appel à l’aide extérieure s’adresse tout azimut et il est intéressant quelquefois d’essayer de deviner la provenance des fonds à la forme du minaret qui s’élève sur la mosquée flambant neuve. Mais l’État a mis des limites à la proportion d’argent extérieur autorisé. Les diverses représentations des États musulmans sont fréquemment sollicitées pour des dons de Qur’an, d’ouvrages d’étude, de supports matériels, de cassettes, de vidéos destinées à l’enseignement.

Dans un cadre plus discret, dont on ne parle pas, ou avec circonspection, on ne peut manquer d’évoquer le nombre croissant de prêcheurs venus d’Iran, du Pakistan, de la Malaisie, du Soudan, d’Arabie Saoudite, et même du Bangladesh, dans toutes les provinces chinoises.

Le renouveau religieux à l’imitation de l’islam extérieur se traduit par des querelles interprétatives de la vraie nature de l’islam. Les fondamentalistes Ikhwan prétendent détenir la clef des pratiques orthodoxes, en s’appuyant sur les musulmans étrangers. Ils prônent l’existence d’un islam universel et condamnent avec violence la perpétuation de querelles doctrinales qu’entretiendraient les autres groupes religieux. Pour eux, s’entêter à suivre un groupe particulier rompt avec l’orthodoxie et brise l’unité des musulmans, qui est un devoir religieux. Les querelles se présentent différemment selon les régions : le Nord et le Centre voient s’opposer traditionalistes Qadim et réformateurs fondamentalistes, voire fondamentalistes entre eux, c’est-à-dire les Ikhwans et les Salafis. Le Nord-Ouest voit s’opposer les Qadim, les différents groupes soufis, les Ikhwan et les Salafis. Les confréries se déchirent parfois, comme nous l’avons déjà évoqué, promptement condamnées par les Ikhwan. Dans le Sud-Est, la question principale est de réintroduire la pratique religieuse chez des musulmans qui l’ont oubliée. Au Sud-Ouest, au Yunnan, modernes et anciens se côtoient au sein du Qadim, tandis que les soufis minoritaires sont soigneusement évités.

À l’heure actuelle, des intellectuels Hui s’effraient de cette uniformisation, de l’intolérance croissante des fondamentalistes à l’égard de ceux qui ne respectent pas leurs devoirs religieux (l’obligation d’effectuer les cinq prières et le jeûne du Ramadan, le voile que doivent porter les femmes, etc.), et commencent à employer le mot “wahhabites” pour désigner ces activistes imbus de leur infaillibilité, les imams butés, alors qu’ils les dénommaient jusqu’alors “Salafis”.

Conclusion

L’effervescence religieuse n’est pas limitée au seul islam. Les autres religions connaissent le même essor. Si le nombre de catholique est officiellement de 4 millions, celui des protestants s’est multiplié par quinze depuis 1949 et atteindrait aujourd’hui 10 millions.

Depuis 1994, les autorités semblent avoir pris conscience, au niveau national, des ravages que pouvaient causer les prêches de toutes sortes. Les religions ou mouvements spirituels sont également visés, notamment les missions protestantes et les catholiques se réclamant de Rome. Une loi a été promulguée le 31 janvier 1994, qui vise à “protéger les croyants étrangers ” en Chine, en fait à réguler leurs activités, en ne leur permettant de prêcher auprès des Chinois qu’après autorisation au niveau national. Les “superstitions populaires”, aux pratiques parfois aberrantes, et les croyances traditionnelles, pourtant un temps encouragées, deviennent un fléau quand elles se transforment en mouvements de masse. C’est ainsi que le Falungong subit une forte répression depuis juillet 1999, et toutes les autres formes de gymnastiques traditionnelles sont tenues en suspicion. L’islam, et notamment les tournées enflammées du Jama‘at al-Tabligh, ont également suscité l’inquiétude. Des mesures réglementaires ont été prises à l’encontre de l’hébergement des étrangers ; les dons privés, qui ne passent pas par l’Association Islamique, ont été prohibés.

La dynamique de l’islam chinois accompagnée d’un retour aux textes est à l’unisson de ce qui passe dans le monde musulman mondial. On peut toutefois s’interroger sur les effets des moyens modernes de communication qui peuvent engendrer un comportement uniformisé, une idéologie stéréotypée, une “globalisation” du discours religieux et des pratiques.

Cependant, les Hui ont un solide ancrage historique et social dans la réalité chinoise. Ils ne sont pas un enjeu politique comme les musulmans du Xinjiang. Ils participent de la diversité géographique et culturelle du territoire chinois, de ses dialectes, de ses coutumes et de ses pratiques. Cela les rend pragmatiques et prudents quant aux nouvelles idéologies. Au niveau local comme au niveau national, l’Association islamique de Chine est le lieu où toutes les tendances doivent trouver des compromis au milieu des tensions et des conflits de pouvoir. Même si un courant fondamentaliste transnational réussit à s’implanter grâce à l’enseignement, il ne pourra se maintenir qu’en s’adaptant, à l’image de tous les courants de l’islam qui l’ont précédé, aux données locales.

Élisabeth ALLÈS, Centre d’Étude sur la Chine moderne et contemporaine

Leïla CHEBBI, I.E.P.de Paris

Constance-Hélène HALFON Chercheur indépendant

Archives de Sciences Sociales des Religions , vol. 115, (2001) : 15-48,

L’article intégral et annoté des auteures est disponible sur le net au :

http://www.ehess.fr/centres/ceifr/assr/N115/001.htm

 

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