Le
mont Tshabirimu ou Kyavirimu en dialecte Nande ou Yira (00º
05’ - 00º 11’S et
29º24’ -
29º31’E)
se trouve sur les rives Nord-occidentales du lac Edouard (912 m, 2150
km²). C’est
une portion du Parc National des Virunga située sur les
flancs occidentaux de
la crête Congo-Nil en Province du Nord Kivu, Est de la R.D.
du Congo, dans une
aire extensive connue actuellement sous le nom de Rift Albertin.
Le
mont Tshabirimu a été incorporé dans
le PNVi en 1938 à cause de la présence en
son sein d’une
race des gorilles qui lui donne sa renommée.
Le
mont Tshabirimu ou mont des esprits selon la croyance des tribus
locales, s’élève
à une altitude qui va du lac Edouard au sommet du Mont Pince
avec des cotes
altitudinales comprises entre 912 et 3117 m. Sa superficie varie entre
60 et 79
km².
Le
secteur est caractérisé par le climat tropical
humide influencé par l’altitude
et la rencontre des vents dont le plus important est
l’alizé égyptien.
Les
températures varient entre 8º et 17ºC
alors que les pluies se rangent entre
1800 et 2200 mm/an avec 2 saisons distinctes : une saison
sèche entre juillet
et septembre et une pluvieuse s’étendant sur le
reste de l’année avec des
baisses notables des pluies entre janvier et février. Les
pluies sont abondantes
et orageuses.
Le
relief abrupt est drainé par des cours d’eau
torrentiels qui débordent pendant
les crues inondant périodiquement le marais de Kalibina
situé vers 2774 m d’altitude.
Les sols sont matures tels qu’ils sont décrits par
certains auteurs. Sur ces
sols pousse uneforêt dont la structure et la composition sont
liées à l’altitude
déterminant ainsi une forêt typique de montagne.
Cette
forêt renferme une grande diversité animale
comprenant des mammifères, des
oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des arthropodes, etc.
C’est
un bassin versant qui procure les sources à plusieurs
rivières. En effet, les
rivières telles
que
Katumo, Tumbwe, Muko, Museya et Kasungu coulent sur les flancs
orientaux pour
se jeter dans le Lac Edouard, tandis que les autres rivières
comme Kalibina,
Kilya, Kisalala et Maziwa se jettent dans la Talia qui à son
tour alimente en
grande quantité d’eau la rivière
Semliki tributaire du Fleuve Nil.
Le
corridor appelé Mulango-wa-nyama relie les habitats de
hautes terres à ceux de
basses altitudes et joue donc un rôle écologique
important pour la survie de
toute la diversité biologique.
L’état
actuel de toute cette forêt de montagne se réduit
en un îlot forestier à cause
des activités humaines
qui ont transformés la forêt en terre de culture
et d’élevage de manière que
maintenant la forêt de montagne reste confinée
entre 2400 et 3000 m et la forêt
de transition entre 2000 et 2400 m d’altitude.
La
déforestation tout autour du mont Tshabirimu a
été faite par une population
humaine de haute densité estimée à
plus de 203 hab. /km². On compte plus de
8000 âmes réparties dans 11 villages
situés à proximité et sur les flancs
du
mont Tshabirimu.
Grâce
aux travaux de reconnaissance de vraies limites du Parc
financés par WWF et
DFGF-E, l’empiètement
a été stoppé depuis 2002. Les
cultivateurs ont été expulsés du Parc
et toute la
superficie
ainsi empiétée avait été
récupérée, soit 7 - 11% de la surface
du mont
Tshabirimu.
L’action
anthropique a fortement influencé les zones
méridionales et occidentales où
s’étaient
installés
des champs de culture de manioc, maïs et pomme de terre.
Le
mont Tshabirimu est régi par 2 entités
socio-culturelles, l’une appartient au
Territoire de Lubero
(Clan des Baswagha) et l’autre au territoire de Beni (Clans
Bashu et Bakira).
La situation économique y est lamentable car les
études antérieures montrent
que la population humaine est très pauvre avec un revenu
très bas, moins de 20
$/an. Cette pauvreté est l’une des
causes qui poussent la population
à s’attaquer à la forêt pour
y exploiter les ressources naturelles
pour son
autosubsistance.