COURS 3

 

                        16 octobre 1990

 

 

Exposé de Mireille Lafortune

 

 

 

     Au moment de relire ce que j'ai cavalièrement appelé une vieil­le relique, j'ai cherché dans ma bibliothèque: coup d'an­goisse; mon Moi et mes mécanismes de défense n'y étaient plus. C'est que nous sommes reportés à la fin des années '50: Fenichel et A. Freud.

 

     Je vais donc présenter un résumé du contenu, comme cela, tout bêtement, mais je ferai quelques brefs commentaires après.

 

     Le titre est très parlant; les 2 éléments sont étroitement liés:  c'est un "package deal".  On verra, car elle l'indique dès la première page, pourqoi une telle insistance pour mettre de l'avant ce concept conjugué du moi/mécanismes de défense.

 

     On sait qu'Anna Freud a été en analyse pendant trois ans et demi chez son père et qu'elle le retrouvait ensuite quotidiennement dans la maison, je peux comprendre qu'il lui ait paru fort impor­tant de travailler les mécanismes de défense et de comprendre le moi comme lieu d'équilibre entre les forces pulsionnelles et les forces externes.  Peut-être est-ce de la spéculation, mais je n'en suis pas sûre.  Anna Freud a été perçue comme gardienne de l'ortho­doxie, et elle devint le porte-parole de son père; elle y a laissé sa vie.  Jones lui a dédié la biographie de Sigmund:  "A Anna Freud, digne fille d'un immortel génie."

 

     Anna donc, poursuivait l'oeuvre de son père qui, dans sa vieillesse, l'appelait avec reconnaissance son Antigone; ce n'est pas mince:  Antigone, fille d'Oedipe et de Jocaste; Antigone qui pour avoir méprisé les ordres du roi Créon, fut condamnée par ce dernier à être enterrée vivante, ce qui fut fait: et elle se pendit dans son tombeau.

 

     Alors le moi, qu'en est-il?  Certes pas "le moi maladie menta­le de l'homme", mais le moi en tant qu'instance qui synthétise "les pulsions, le surmoi et les forces du monde extérieur".  Le moi a un sens univoque contrairement à la mobilité du sens dans l'oeuvre de son père, Mais une ambiguïté subsiste:  le mot moi est une traduc­tion du Ich allemand qui veut tout aussi bien dire `je' que `moi'.  Laplanche et Pontalis montrent que Freud jouait avec cette ambiguï­té; et qu`il n'excluait "aucune des significations attachées aux termes de moi ou je".

 

     Donc Anna Freud va donner au moi un sens univoque: il n'est jamais question de sujet dans son livre, ni de je.  En anglais, c'est le mot latin `ego' qui prévaut; et ego veut dire `je' et non `moi'.

 

     Dernière remarque avant que je ne vous présente - ou vous rappelle pour ceux qui le connaissaient - ce travail:  son discours est très anthropomorphique (exemples: pp. 52, 56, 59, etc.).

 

 

 

                       PLAN DE L'OEUVRE

 

4 parties (12 chapitres):

 

1-   Théorie des mécanismes de défense.

2-   Exemples d'évitement de déplaisir et de dangers réels.

3-   Exemples de deux types de défense.

4-   Mécanismes de défense déclenchés par la peur des pulsions trop puissantes (la puberté).

 

I.   Première partie THEORIE DES MECANISMES DE DEFENSE

 

 

I. A. Chapitre I - Le moi: objet de l'observation

 

     Impopularité de l'étude du moi; la valeur scientifique et  thérapeutique tenant à la profondeur des couches psychiques où la psychanalyse pénétrait.  Qui s'intéressait au moi etait apostat.  "Le nom de psychanayse devait, pensait-on, être réservé à la partie des découvertes nouvelles qui concernait la vie psychique incons­ciente, i.e. l'étude des émois instinctuels refoulés, des affects des fantasmes.  Certains problèmes tels que l'adaptation de l'en­fance ou de l'adulte au monde exérieur, certains concepts de valeur comme ceux de la santé et de la maladie, de la vertu ou du vice, ne devaient nullement intéresser la psychanalyse:  il ne lui fallait se préoccuper uniquement que des fantasmes infantiles attardés jusque dans l'âge adulte, des plaisirs imaginaires et des punitions redoutées qui sanctionnaient ces derniers."  Anna Freud dit ne pas s'en étonner puisque au départ, la psychanalyse est une psychana­lyse de l'inconscient (du ça).  En fait il s'agit là d'une erreur:  "Le traitement analytique a de tout temps eu pour objet le moi et ses troubles, l'étude du ça et de ses modes d'action ne constituant qu'un moyen d'atteindre le but thérapeutique... supprimer les trou­bles et rétablir l'intégrité du moi".

 

     Toute cett étude est donc centrée sur le moi, ses fonctions, ses contenus, son expansion et sa dépendance vis-à-vis du monde extérieur, du ça et du surmoi. Le ça qui prend la place de l'in­cons­cient dans la théorie, ne peut être étudié que dans la tnesion d'un émoi insticuelf qui cherche son plaisir.  Quant aux contenus du surmoi, ils sont en majeure partie conscients et repérables seulement quand le surmoi est en désaccord avec le moi.

 

     Donc "... le moi est vraiment le domaine auquel doit toujours s'appliquer notre attention, il constitue... le milieu au travers duquel nous tentons de nous faire une image des deux autres instances."

 

     "C'est le combat entre les pulsions du ça et les mesures de protection adoptées par le moi qui permet d'observer (sic) une pulsion modifiée de ce fait". On remarquera l'accent mis dans ce texte sur l'observation : "juger objectivement une analyse", "les observateurs anaystes".

 

     L'observation de l'émoi instinctuel n'et donc possible qu'à travers sa lutte avec les défenses du moi.  Quand le moi est victorieux, le ça n'est plus observable de par la quiétude psychique qui s'installe.

 

 

I. B. Chapitre II - Application de la technique psychanalytique à l'étude des instances psyhiques

 

     A l'hypnose comme modalité d'accès à l'inconscient fut substi­tuée la technique des associations libres: le moi est affaibli et les poussées du ça surmontent le refoulement.  Observation de la résistance: du côté du moi.  Reconnaissance du genre de mécanismes de défense auquel le moi a affaire.  Retrouver ce qui est dissimu­lé; faire le lien.  Retour à l'observation du ça, c'est cela la psychanalyse.

 

     Il en va de même pour les rêves que pour les associations en séance:  le moi est affaibli; les activités de défense sont obser­va­bles.  Mais déformation du moi dans le contenu onirique.

 

     Importance des symboles oniriques qui sont constants et uni­ver­sellement valables; ils permettent un raccourci entre le latent et le manifeste:  entre "la couche supérieure du conscient et la couche la plus profonde de l'inconscient". N.B.: connaissance du ça, mais non meilleure compréhension de la psychanalyse du sujet analysé.

 

     Actes manqués, peu d'importance; préfère prendre en compte les irruptions du ça dans l'analyse, que ces "incidents fortuits".

 

     Le transfert. Elle en énonce la valeur incomparable pour la connaissance des expérience affectives d'un patient.  Elle dis­tingue:

 

     a)   le transfert d'émois libidinaux, irruption du ça, émanant d'anciennes constellations d'affects (complexes d'Oedipe, de castration).  Cela comble une lacune de mémoire (mais pas question d'historicisation ici).

 

     b)   le transfert de défense, l'automatisme de répétition, joue aussi du côté des mesures de défenses qui étaient déjà celles du patient dans son enfance.  Parfois, seule la défense apparaît:  donc étudier le mécanisme de défen­se plutôt que l'instinct lui-même, i.e. plutôt le moi que le ça; donc, dans l'interprétation du transfert, il est possible de combler les lacunes de mémoire du patient, et aussi de parachever l'histoire de la transformation des pulsions.

 

     c)   L'"agir dans le transfert; en décomposant les éléments d'un agir, on découvre "la quantité réelle d'énergie fournie par chacune des instances, à un moment donné", mais le trvail analytique exra-cadre est plus difficile à manier; "interdictions extra-analytiques".

 

Une précision importante : Relation entre l'analyse du ça et l'analyse du moi.  Rappel que le concept du moi ne se confond plus avec le registre perception-conscient, des fractions du moi demeurent inconscientes; et il faut analyser le moi aussi bien que le ça, malgré la résistance, opposée par le moi.

 

Soit dit en passant : Inconvénients d'une technique unilatérale. Rappel des limites d'une technique qui n'utiliserait qu'une seule des composantes de la technique ici décrite. La psychanalyse des enfants est problématique:  pas d'associations libres comme chez les adultes; usage modéré de l'interprétation des symboles; trans­fert interprété tardivement:  difficulté de repérer les activités du moi et les contenus du ça.  Comment parer à ces difficultés?

 

 

I. C. Chapitre III - Etude analytique des procédés de défense du moi

 

     - Rapport du moi avec la méthodologie analytique : Le moi est dérangé par le travail analytique qui observe tout ce qui peut émerger.  Il est objet de l'analyse dans sa dimension défensive contre ce qui émerge de l'inconscient.

 

     - Défense contre l'instinct et résistance : "Tout le matériel utile à la connaissance du moi surgit, au cours du traitement, sous la forme de résistance à l'analyse du ça".  En découlent forcément:  l'hostilité à l'égard de l'analyste et le renforcement des défen­ses.  Toute résistance ne résulte pas nécessairement d'un acte défensif du moi, mais tout acte de défense du moi contre le ça, dans l'analyse, est une résistance aux effets de l'analyste.  C'est ainsi que l'activité défensive inconsciente du moi peut être observée et être rendue consciente.

 

     - Défense contre les affects : Le moi se défend aussi contre les affects liés aux pulsions instinctuelles.  Ces affects subis­sent des transformations opérées par le moi.  Les modes d'action du moi sont observables; pour un patient, ce sont les mécanismes de défense qui seront utilisés contre les émois instinctuels et les associations libres.

 

     - Manifestation permanente de défense : Traits de caractère définitifs (attitudes, comportements stéréotypés); à quoi les relier? - "malaisé" en psychanalyse.  S'y attacher seulement s'il n'y a que ça.

 

     - Formation des symptômes : Les symptômes sont des méthodes défensives à "l'état figé".  Quel est le rôle du moi dans les formations?  Certaines névroses sont associées à des modes déter­minés de défense (hystérie, refoulement; névrose obsession­nelle, isolation et annulation rétroactive).  Les modes de défense d'un patient en analyse permettent à priori de prévoir la nature de ses symptômes; l'étude de la fonction de ces derniers nous orientent vers la structure de ses résistances et de ses défenses contre les pulsions et les affects.

 

     - Techniques analytiques et de défense contre les pulsions et les affects : Donne l'exemple du cas d'une jeune fille fort angois­sée; le contenu de son angoisse n'a pu devenir conscient qu'après avoir fait remonter jusqu'au conscient le mode de défense contre les affects.  Ce n'est qu'après qu'elle a pu reconstituer l'histoi­re de sa relation avec sonpère, et avoir une compréhension du ça.

 

 

I. D. Chapitre IV - Les mécanismes de défense

 

     - Théorie psychanalytique des mécanismes de défense : 1894, in: Freud, S.,  Les psychonévroses de défense.  

     Plus tard, in: Freud, S., Etiologie de l'hystérie.

                   Freud, S., Autres observations vers les psychonévroses de défense.

 

     Le mot défense désigne la révolte du moi contre des représen­ta­tions et des affects pénibles ou insupportables.

 

     Ce mot est remplacé plus tard par celui de refoulement, mais la relation entre défense et refoulement es vague.

 

     1926, Inhibition, symptômes et angoisse; distinction: est défense tout procédé utilisé par le moi dans les conflits pouvant aboutir à une névrose.  Le Refoulement est un mode spécifique de défense.

 

     Suite: Anna Freud compare les autres procédés spécifiques de défense et les regrouper.  Donc lien entre certaines défenses et certaines affections (refoulement et hystérie).  Ensuite, elle en fait une liste à partir d'autres travaux de Freud.  Par exemple:  à partir de "A propos de quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et l'homosexualité" (traduit par J. Lacan dans la Revue Francçaise de Psychanalyse, Tome V, vol. 3).         L'in­tro­jection, ou l'identification et la projection sont impor­tantes dans ce genre de maladie.

 

     Reconnaissance de neuf méthodes de défense "bien connues en pratique comme en théorie psychanalytique":  le refoulement, la régression, la formation réactionnaire, l'isolation, l'annulation rétroactive, la projection, l'introjection, le retournement contre soi, la transformation en son contraire.  Elle en ajoute une dixiè­me, "qui appartiendrait plutôt au domaine de la normalité qu'à celui de la névrose:  la sublimation ou déplacement du but instinc­tuel".

 

     - Comparaison entre les divers effets de ces mécanismes dans les cas particuliers et essai de chronologie : Exemple clinique montrant une succession de mécanismes de défense, visant à caliner l'angoisse et la culpabilité.  Quant à la chronologie, A. Freud y renonce car le développement du moi de l'enfance est au centre d'une telle visée:  différentiation du moi du monde extérieur ver­sus introjection-projection.  Préfère examiner différentes situa­tions capables de mobiliser les mécanismes de défenses.

 

 

I. E. Chapitre V - Orientation des processus de défense suivant l'angoisse et le danger

 

     - Motifs de la défense contre les pulsions : c'est l'angoisse ressentie par le moi qui provoque la formation des défenses.

 

     a)   Peur du surmoi dans la névrose des adultes; les pulsions sont redoutées. Peur du surmoi qui interdit au moi d'ouvrir le chemin aux pulsions, aux désirs sexuels et agressifs.

 

     b)   Défense par crainte réelle dans la névrose infantile; peur de menaces et punitions réelles; peur de la castration.

 

     Insiste sur le rôle des éducateurs: travailler à l'améliorer per­mettrait de "découvrir une efficace prophylaxie des névroses".

 

     c)   Défense contre les pulsions par crainte de leur puis­sance.  C'est la dimension énergétique quantitative qui est ici mise de l'avant.  Danger d'une désorganisation; destruction de l'équilibre entre les différentes intances psychiques.  Observation plus facile chez les enfants, les adolescents:  poussées instinctuelles quantitati­vement plus fortes.  (Besoin de synthèse du moi, harmonie entre les émois).

 

     - Motifs de défense contre les affects : Malgré le surmoi ou les interdictions parentales, affects agréables tolérés un peu plus longtemps; se défend contre les excitations venues de l'extérieur.

 

     Les différents facteurs sont très repérables quand dans la pratique, l'analyste "fait rétrograder" (sic) les mécanismes de défense.

 

     - Perspectives offertes à la thérapeutique analytique : Tou­jours en préservant le moi, sinon le travail analytique devient inopérant (très difficile dans les poussées psychanalytiques).

 

 

 

II.  Deuxième partie :Exemples d'évitements, de déplaisir et de dangers réels (stades préliminaires de la défense

 

     Anna Freud donne des exemples de sa clinique avec les enfants, qui montrent comment, une fois que les mécanismes de défense ont été décortiqués et ont permis de voir contre quoi l'enfant se dé­fend, le moi de ces enfants se protège de l'angoisse par l'élabora­tion de scénarios fantasmatiques où l'effet de la peur est maîtrisé en même temps que l'amour (en général du père) est conservé.  Cela relève à ce stade, de la psychanalyse normale chez l'enfant; elle aussi remarque que chez l'adulte, cela peut aller jusqu'au délire, mais sans pouvoir expliquer le pourquoi de ce phénomène.  L'enfant fait bien la différence entre réalité et fantasme; "les rêveries diurnes en tant que moyens de défense contre une angoisse réelle semblent perdre leur importance initiale dès après la prime enfan­ce".  Le lien entre le moi et la réalité s'est renforcé; "la satis­faction due au fantasme perd chez l'adulte, son caractère anodin".

 

 

II. A. Chapitre VII - La négation par actes et paroles

 

     Idem que pour les fantasmes, mais plus de limites comme moyens de contrer l'angoisse, car actes et paroles rencontrent les limites de la réalité.  Risquent d'être moins efficaces.

 

 

II. B. Chapitre VIII - La rétraction du moi

 

     Autre mécanisme employé par le moi pour éviter toute souffran­ce. Anna Freud décrit quelques situations où des enfants se reti­rent, ne pouvant supporter aucune comparaison avec d'autres:  "con­currence désespérée avec le rival de la phase oedipienne ou rappel de la différence des sexes".  Donne des exemples cliniques.  Fuite du moi due à un intense déplaisir causé par un échec.  Le retrait:  le moi se dresse contre les excitations extérieures.  Différence de l'inhibition:  le moi se dresse contre les processus internes.

 

 

 

 

III. Troisième partie : Exemples de deux types de défense

 

III. A. Chapitre IX - Identification avec l'agresseur

 

     L'identification contribue à la formation du surmoi, mais c'est aussi un moyen très puissant pour lutter contre les objets générateurs d'angoisse.  Exemples cliniques:  enfant qui mime les expressions d'une autorité pour maîtriser son angoisse; une autre enfant joue le fantôme pour ne plus avoir peur.  (Qui n'a pas joué à avoir et faire peur?)  De menacé, l'enfant devient menaçant.  Devant la punition redoutée, il anticipe et devient agressif.  Même chose que l'agresseur; il est l'agresseur.

 

 

III. B. Chapitre X - Une fonction d'altruisme

 

     Les désirs sont détachés du moi et attribués aux autres.  La personne satisfait les désirs d'autrui.  Mais rien n'est innocent (Cyrano, le Barbier de Séville pour le compte Almaviva, etc.).

 

 

 

IV.  Mécanismes déclenchés par la peur des pulsions trop puissantes (étude des phénomènes de la puberté)

 

Iv. A. Chapitre XI - Le moi et le ça à l'époque de la puberté

 

     Un ça relativement puissant.  Un moi faible.  Etude entre la prime enfance et puberté éclairée par la fonction du moi dont le rôle est d'établir l'équilibre entre la poussée pulsionnelle et la pression du monde extérieur.

 

 

IV. B. Chapitre XII - Angoisse pulsionnelle à la liberté

 

     A l'aide de deux mécanismes de défense, Anna Freud montre comment le moi entre en action, parfois si violemment, si intensé­ment, qu'il peut en résulter une déformation morbide du caractère.  Il s'agit de l'ascétisme et de l'actualisme.

 

     - Ascétisme de la puberté : Hostilité vis-à-vis des pulsions; devient ascétisme fanatique de certains religieux.  Et cela concer­ne tous les aspects de la vie de l'adolescent:  plaisirs et besoins (par exemple:  ne plus se prémunir contre le froid.  Ce n'est pas un refoulement ordinaire:  il n'y a pas de satisfaction substitu­tive, pas de compromis.  C'est une hostilité primaire, indifféren­ciée du moi, envers les pulsions.  Donc, modification du moi.

 

     - Intellectualisation à la puberté : Mécanisme tout à fait identifiable, fort en discours, mais cela est à peu près sans effet sur son comportement. Toutes ces ruminations ont pour objet ses préoccupations pulsionnelles; mais il leur montre un intérêt abs­trait.  Bien sûr, c'est une tentative de maîtrise des pulsions qui est encore en cause; une maîtrise par la seule pensée.

 

 

     - Amour objectal et identification à la puberté : Le moi menacé craint surtout la quantité pulsionnelle.  La peur naît dès le moment où le moi est en train de se détacher progressivement d'un ça indifférencié.  Les objets d'amour sont très changeants:  ce n'est pas des relations objectales, mais des identifications.

 

 

 

Conclusion

 

     Qu'est-ce qui incite le moi à choisir tel type de défense en particulier?  "Le moi est vainqueur quand ses mesures de défense sont efficaces, i.e. quand il arrive par elles, à limiter la pro­duc­tion d'angoisse et de déplaisir, à assurer au sujet (!), mais dans des circonstances difficiles, grâce à une modification des pulsions, une certaine dose de jouissance personnelle.  Ainsi s'établissent dans la mesure du possible, d'harmonieuses relations entre le ça, le surmoi et les puissances du monde extérieur".

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