”François Peraldiœ•

Alors, je vous avais annoncé que ce soir nous avions un invité qui est Sergio Contardi de l'Institut de Clinique freudienne à Milan, membre et fondateur, et qui est également membre de la Convention psychanalytique à Paris, psychanalyste praticien à Milan. Alors, ce soir Sergio Contardi va nous tenir des propos autour de l'idée de guérison en psychanalyse qui va trancher un peu dans ce que nous étions en train de faire dans le cadre de ce séminaire puisque nous étions en train sur ”L'Homme aux rats• et la lecture qu'en avait Lacan dans ”Le Mythe individuel du névrosé•. Mais je trouve que ces questions sur la guérison tomberons certainement tout à fait à pic parce qu'on pourra ensuite, à la lumière de ce qui nous aura été dit ce soir, nous interroger si dans le cas de l'analyse de ”L'Homme aux rats• justement, il y a eu quelque chose comme une guérison et surtout de quelle nature elle a été si elle a eu lieu une telle guérison. Ce n'est pas le propos que va aborder. Il va nous parler de l'idée de guérison psychanaly­tique.

”Sergio Contardiœ•

Je vais commencer avec un énoncé de Bion. Alors Bion disait dans un de ses séminaires italiens: "Personne ne devrait se mettre à faire le psychana¬lyste ou le médecin s'il n'est pas prêt à en payer le prix." En d'autres termes, pour suivre Bion, si tu ne réussis pas à supporter la chaleur, ressors de la cuisine. Qu'elle est donc cette affaire infernale dont Freud parle également dans une lettre à son ami fils et qui semble produire tant de chaleur dans la métaphore de Bion. Sans doute il y a plus qu'une affaire infernale dans une expérience analytique, mais je crois que la questions qui concerne la fin d'une analyse, soit une des plus brá–álantes questions à laquelle l'analyste se trouve confronté dans sa pratique. Freud même nous le témoigne dans un de ses écrits plus problématiques, analyse terminable et interminable. Je n'aime pas beaucoup ces termes terminable et interminable, c'est la traduction italienne. Je préfère dire analyse finie étant finie dans le sens mathématique du terme. Je commen­cerai à introduire la question dans une modalité un peu plus `soft' et précisément avec une petite fable.

Il y avait une fois en Italie un projet de loi qui se proposait, parmi d'autres questions, la tâche de réglementer la profession de psychanalyste. S'appuyant essentiellement sur cette équivalence: la psychanalyse est une psychothérapie, et cela sans chercher à définir du tout ce qu'ils enten­daient par psychothérapie et moins encore par psychanalyse. A l'état et en particulier à l'université était ainsi délégué de former et donc d'autori­ser le psychanalyse. J'ai commencé en disant `il y avait une fois' parce que cette histoire aussi, comme chaque fable qu'on respecte, semble avoir eu un dénouement heureux. Après quinze ans d'adversité, ce projet de loi semble avoir été définitivement modifié au moins dans un trait essentiel. La psychanalyse a été supprimée du texte. Il en résulte que la pratique psychanalytique resterait, en fait, exclue de cette réglementation. Abandonnée, ou du moins nous l'espérons, la petite fable, on pose finale­ment la question. Un des rapporteurs de la loi ainsi modifiée, interrogé par un journaliste, qui s'est demandé, un peu égaré: Je ne vois pas comment on puisse nier que la psychanalyse soit une psychothérapie; éventuellement, il disait, la psychanalyse c'est de la psychothérapie parÜnÜexcellence. Il a répondu: en réalité, aux Etas-Unis et en GrandeªBretagne, il existe deux registres, celui de psychothérapeute et celui de psychanalyste. Le comité américain qui examine et crédite le psychanalyste soutient que l'analyse doit être distinguée de toute autre approche thérapeutique. Puisque son but n'est pas seulement de soulager le symptôme mais d'assister le patient afin qu'il puisse développer et réaliser des changements fondamentaux de caractère.

Je n'ai aucune raison de douter que la référence à la psychanalyse américaine, en plus en général anglo-saxonne, soit précise. Ce fait toutefois nous renvoit à une problématique aussi ancienne que l'invention de la psychanalyse. Nous savons que Ferenczi, parmi les premiers au moins officiellement, a abordé la question du bout, et donc à son avis, de la fin d'une analyse. Par exemple, dans son écrit, la question du terme de l'analyse __________ (066), Ferenczi a fait la remarque que l'analyse peut être conduite dans le seul champ naturel, et n'est donc pas un procès interminable, mais à une condition, écrit Ferenczi: "Il n'y a pas d'analyse de symptômes qu'on puisse considérer terminée si elle n'est pas aussi, en même temps ou par la suite, une complète analyse du caractère." Selon Ferenczi, donc, et à ce qu'il paraît cela est encore valable aujourd'hui pour les normes de la Société psychanalytique américaine, le cours analytique a un but précis: celui d'arriver à provoquer des changements profonds dans le caractère qui est ainsi conçu selon Ferenczi. C'est une des définitions de Ferenczi. Alors, le caractère est un traumatisme de défense qui se forme au cours du refoulement des instincts, et plus tard, Ferenczi parle de l'analyse comme une seconde éducation de l'être humain. On affirme ainsi, à mon avis, que la guérison a comme but fondamental celui de chaque pédagogie. Enfin, le but du médecin, aussi bien que celui de l'éducateur, est en dernier ressort celui de rendre inutile sa fonction. Et c'est peut-être là que le psychanalyste hongrois est préférable à Freud. Vous le savez, Freud en parle dans l'article ”Analyse terminable et interminable•.

On va se rendre compte que la terminaison de l'analyse n'efface pas de l'analyste mais seulement sa présence. Au point qu'on va affirmer que la fin d'une analyse concerne les raports de l'analysant, non de par son analyste, mais à l'analyse elle-même. En d'autres termes, l'analyse n'est pas une pédagogie justement parce que la fonction et la présence de l'analyse ne se superposent pas comme il est démontré par la dite ____(090) du transfert. On dit ______(091) de transfert, c'est un terme que je n'aime pas beaucoup. Lacan spécifiera destitution subjective, et en le définissant comme l'aboutisse¬ment naturel dans cette fonction qui s'appelle identification pourvu qu'on ne confonde cette identification avec l'iden­tification imaginaire spécu¬laire avec le moi de l'analyste qui ne semble seulement une hypothèse complémentaire que par rapport à l'analyse du caractère, c'est-à-dire une sorte de variante de la _____(096). Nous connaissons la réponse que Freud adresse à Ferenczi et qui arrive jusqu'à bouleverser la question. Freud écrit: "Il ne me semble du tout que dans ce domaine l'entrée du psychanalyste soit correctement orientée. Au lieu de concentrer l'enquête sur la façon à travers laquelle l'analyse aboutit à la guérison, sujet que je crois déjà suffisamment éclairé, il serait mieux de se demander quels obstacles s'interposent à la guérison analaytique." Même si Freud a précisé, dans ses écrits, qu'il faut s'abstenir de forcer la guérison et si Lacan l'a confirmé en affirmant que dans une analyse la guérison n'est tout au plus qu'un bénéfice de surcroît, ils n'ont certaine¬ment pas exclu le concept de guérison du champ analytique. Ün[1]ÜAvec cette importante variante, au contraire du discours médical, en psychanalyse l'atteinte de la guérison ne détermine pas la fin d'une analyse (la guérison du symptôme, j'entends) mais elle est plutôt le terme de nature à constituer dans son après-coup, le sens de l'expérience. Il a déterminé quelle aura été la guérison pour le sujet. ____(110), termes freudiens fidèles à la logique du signifiant. C'est là qu'on se rend aussi compte du fait que très souvent les effets d'une analyse se précisent juste après que l'atteinte de sa terminaison. Autrement dit, au contraire de ceux qui reconnaissent la nature d'une super-thérapie, Freud semble souligner qu'on ne peut pas parler de guérison en psychanalyse si on n'arrive pas à la fin de la cure. Mieux vaut alors parler d'analyse interrompue, ce qui n'exclut certainement pas qu'on ait produit des effets mêmes importants de thérapie. J'ai distingué, comme vous le voyez, entre effet de thérapie et guérison.

N'y-t-il donc pas un but de l'analyse. On pourrait hasarder avec Lacan que le but d'une analyse est de conduire le sujet à savoir y faire avec son symptôme, quitte à convenir immédiatement qu'il s'agit d'une affirmation un peut trop expéditive. Limitons-nous, pour l'instant, à considérer le but d'une expérience analytique la guérison comme ______(122) à la terminaison d'une analyse. Cela, à mon avis, provoque des conséquen­ces importantes qui concernent évidemment la question d'une direction de la cure. Avant tout, on peut mettre en discussion la ____ (125) division qu'on continue à faire entre analyse thérapeutique et analyse didactique. L'analyse didactique est devenue une sorte, comme j'ai déjà dit, de superªthérapie, tandis qu'en thérapie on se contente d'obtenir l'élimination des symptômes, en laissant le sujet ____(128).

On pourrait dire à chacun son cirque. Donc, à la médecine la thérapie - et dans ce cas la psychanalyse serait de nouveau assimilée à la médecine - à la psychanalyse la formation, non seulement de l'analyste que de son caractère. Nous aurons ainsi l'analyste caractéristique ou caractérielle. Pour cette raison, Lacan insiste à dire que chaque analyse est dans son essence didactique, pour le savoir non su qu'elle met au jour, et que dans le même temps il n'existe pas une analyse didactique. C'est une apparente paradoxe qui se résume dans la théorie lacanienne elle-même. Il faut entendre que ce qu'on produit comme effet de l'expérience analytique, didactique ou non, c'est une nouvelle formation de l'inconscient. Lacan disait à peu près: Il faut savoir remarquer les choses dont je ne parle pas. Je n'ai jamais parlé de formation analytique. J'ai parlé de formation de l'inconscient. Il n'y a pas de formation analytique. De l'analyse se déroule une expérience qu'on définit à tort didactique. L'expérience n'est pas didactique. Pourquoi donc, poursuit Lacan, croyezªvous que j'ai cherché à effacer le terme didactique et que j'ai parlé de psychanalyse pure. La formation de l'inconscient est différente et se rapporte à celle insérée dans la théorie freudienne: le symptôme, le rêve, ___(143) et le lapsus; une formation qui concerne le sujet, au mieux est le sujet même de l'inconscient, une autre modalité d'interpréter la dissolu­tion du sujet supposé savoir au terme d'une analyse, là où il se révèle être le sujet même de l'inconscient.

Puisqu'on a posé la fin de la cure comme antécédant logique à la guérison et donc ce dernier comme son effet, il faut évidemment revenir au problème du terme d'une analyse comme en parle justement Freud. Tout en connaissant la constation théorique de Freud, après avoir souligné qu'on peut parler de guérison seulement si on atteint la fin d'une analyse, ilÜn[1]Ünous démontre que cette fin risque chaque fois d'être posée en échec. Le roc sur lequel se brise le déroulement de la cure est constitué, comme on sait, par le complexe de castration, réaction thérapeutique négative déterminée chez les femmes par l'envie du pénis, chez l'homme par l'énorme assujettissement au père. Position qu'on peut traduire pour tous les deux comme le refus de la féminité. Enfin, l'analyse s'interrompt dans le désaccord du sexe dans l'inexistence du rapport. En ce sens, je crois, comme j'ai déjà montré auparavant, que des solutions telles que celle de faire ____(158) ou d'autres qui visent à éviter de reprendre la question posée par Freud à l'égard de la fin de l'analyse, en tant que la solution de la frustration, risquent seulement d'être un escomatage à l'inexistence angoissante du rapport sexuel. Peut-être peut-on lire ainsi l'impasse constituée par ce qu'on désigne par ____(161) dans laquelle est tombée un maître de la psychanalyse comme Ferenczi.

Nous savons, en ce sens, seulement Lacan est arrivé à donner une théorie de la terminaison de l'analyse. Je la rappellerai rapidement en disant que de toutes les concessions émises sur ce point, celles de Ferenczi, de ____(165), de Melanie Klein et ____(165), elle est la seule qui arrive vers la même conclusion que celle de Freud, à ceci près que loin d'émerger comme le roc où se brise l'analyse, le complexe de castration se résume, selon Lacan, dans le moment même de son interprétation. Mais évidemment autour du concept de castration, se joue l'éventualité d'at­teindre la fin d'une analyse, la guérison, comme j'ai affirmé auparavant. Alors maintenant je peux définir la guérison comme la résolution de la castration dans son interprétation.

Mais comment peut-on donc entendre ce passage essentiel d'une analyse? Retournons à Freud. Peu de temps après avoir écrit ”Analyse terminable et interminable•, Freud écrit un autre essai, qui est ”Construction dans l'analyse•, qui en constitue une ultérieure articulation théorique. Il s'agit d'un article assez négligé dans la littérature analytique mais qui, au contraire, à mon avis, peut nous fournir les éléments pour commencer à traiter la question que j'ai posé auparavant.

Je commencerai à parler de cela en prenant le départ d'un écrit apparu il y a quelques années en Italie et qui provoqua un débat très vif. Il s'agit d'un écrit ”Claustro¬philie•. C'était un essai de Elvir Fachinelli. C'est un analyste qui travaille à Milan et très connu en Italie. Je me bornerai ici à poser la problématique de la façon dans laquelle l'expose Fachinelli. Le problème que l'auteur pose à notre intention concerne justement le risque qu'une analyse devienne interminable. Les données d'une analyse, déclare tout d'abord Fachinelli, deviennent de plus en plus indéfinies. Il semble, au contraire, qu'une analyse entre souvent dans une sorte d'impasse insoluble. Victime, écrit Fachinelli, on pourrait dire, de son inconscient même. Fachinelli détermine ainsi ce qu'il appelle `ère claustrophilique', dans laquelle se produisent, il dit, entre analyste et analysant, des phénomènes liés au double et à la coïncidence qui semble évoquer le phénomème cher à la parapsychologie. Par exemple, une certaine correspondance télépathique entre analyste et analysant que l'auteur explique comme l'élément secret, mystère qui fait partie intégrante de la communication avec la mère.

Je n'avance pas dans la thèse proposée par l'auteur. Ce qui m'inté­resse maintenant c'est seulement de reprendre la problématique exposée par Fachinelli parce qu'il faut au moins dire que les impasses qui se constiÜn[1]Ü®tuent dans la pratique d'une analyse non résolue sont habituellement un thème soigneusement négligé par la littérature analyti¬que. Fachinelli a eu l'avantage d'en parler. Mais juste un rapide commentaire à l'intepréta­tion parapsycholoque de phénomènes hallucinatoires. Cà c'est pour un motif précis parce que Freud parle également de çà dans la construction d'une analyse. A mon avis, une imposante sous cette lumière, Fachinelli crée une sorte de premier qui finit par invalider sa quand même intéressante dissertation théorique. A la base, il y a une thèse déjà formulée par Fachinelli dans une intervention pendant une conférence que Lacan a tenue à Milan. Dans cette intervention, Fachinelli parlait d'une sorte de language du corps et des gestes, quelque chose de très difficile et de toute façon articulé hors du language. Fachinelli disait qu'il s'agit des éléments symboliques qui, d'une certaine façon, précèdent la relation. La réponse amusée de Lacan fut: "Difficile que n'importe quel geste ait une signi­fication dans la relation. Je m'étonnerais de savoir qu'un bébé à Naples fasse ce geste avant de faire la relation." Comme on dit, l'effet de supposer un language du corps dégagé vers la parole et ses significations, constitue déjà, à mon avis, la prémice de ce qui sera théorisé par Fachinelli comme faisant partie de l'ère claustrophilique. On peut justement dériver l'origine l'hypothèse de phénomènes telles que la télépathie et la transmission de pensées, c'est-à-dire la transmission d'un conscient à un conscient, sujet du reste pas nouveau pour la psychanalyse. On le retrouve, par exemple, dans la théorie jungienne.

Certainement, les difficultés qui se posent à la terminaison d'une analyse sont nombreuses, mais justement pour cela elle ne peut pas être abordée par une position théorique qui condescend. Au contraire, Freud déjà dans l'écrit ”Rêve et télépathie•, abordait la question et soulignait que le rêve, dans sa structure engagée et dans ses mécanismes primaires, la conversation et le déplacement n'avaient rien à voir avec le concept de télépathie, concept qui naît justement dans la supposition d'une transmis­sion pure, intégrale, sans modification au père. Cà c'est le rêve, vous le voyez, du language sans son conscient. Justement à l'égard e la pensée et sa transmission, il serait peut-être suffisant de rappeler le plus connu, ____(217). Il a écrit: "Qui n'a pas de pensée pense, connaît un passé seulement ___(218) et puis on le revête de paroles. Il ne comprend pas qu'en vérité qui pense et seulement qui a la parole dans laquelle croit la pensée neuve." Après cette préface on ne peut toutefois nier qu'un des moments critiques de l'analyse se produisent des phénomènes comme l'hal­lucination, le passage à l'acte, les lésions psychosomatiques, qui difficilement peuvent être ignorés en les considérant, par exemple comme on fait souvent, des manifestations de noyaux psychotiques plus ou moins latents. Mais ils ne peuvent non plus être considérés à la manière de formation de l'inconscient, comme le rêve, le lapsus, etc.

Retournons, pour reprendre aussi ce que je disais auparavant, à l'égard de la guérison et de la terminaison de l'analyse, à la liaison entre les hallucinations qui peuvent naître au cours d'une analyse et les constructions qui s'y produisent. Freud nous en parle justement dans ”Construction dans l'analyse•. Il écrit: "En quelque analyse, j'étais frappé, touché que la communication d'une construction manifestement pertinente provoquait chez les analysés un phénomène surprenant et d'abord incompréhensible. Il semble qu'émergent des souvenirs vifs définis par eux-mêmes plus que jamais intenses." Mais ce qu'il s'est rappelé n'était pas l'avènement qui constituait le contenu de la construction mais quelques détails liés à ses contenus. Il rappelait, par exemple, avec une extraorÜnÜ®dinaire netteté le visage de personnes nommées dans la construction. Dans cet écrit, Freud souligne que les constructions mêmes sont approchables structurellement au délire.

Qu'elle est donc la relation qui existe entre les constructions dans l'analyse et ses formations? Pour tenter de trouver une réponse, il faut, en suivant le texte freudien se poser avant tout la question de la différence entre interprétation et construction. Et la différence entre interprétation et construction c'est quelque chose qu'on trouve difficile­ment dans la littérature analytique. Je tenterai d'en dire quelque chose. Ryde précise que même si dans l'exposition de la clinique analytique, on a privilégié l'interprétation, il ne faut pas pour cela négliger cet autre moment fondamental de la direction de la cure, les constructions. Et il continue en disant que l'interprétation se rapporte à ce qu'on entreprend avec chaque élément du matériel, une idée soudaine, ____(242) et ainsi de suite. On pourrait dire un simple signifiant. Une construction est donnée, au contraire, quand on présente à l'analysant un morceau de son histoire passée et oubliée. Il me semble ainsi souligner une première importante différence.

L'interprétation analytique n'est pas, comme nous le savons, seulement explicative ou sémantique. Mais il y a interprétation aussi en agissant seulement sur un simple élément. Il peut être le simple soulignement de la part de l'analyste d'un signifiant prononcé par l'analysant. Ce n'est pas la même chose pour les constructions. Avant tout les constructions concernent la remémoration de quelque chose de l'histoire passée du patient que celui-ci a oublié. Les points d'oublis, donc, sont à mon avis significatifs, parce que dans deux différents passages de ses écrits, Freud souligne ces différences entre interprétation et construc¬tion. A propos de l'interprétation, il écrit: "Chaque analyste a, dans son inconscient, les éléments pour interpréter l'inconscient du patient." Et en se référant à la construction, il dit: "L'analyste ne sait rien et n'a rien à refouler de ce que concerne l'histoire de l'analy¬sant." En d'autres termes, par l'interprétation on intervient dans le synchronisme de la chaîne signi­fiante. Celui-ci est maintenant de la science analytique sur l'élément singulier. Par la construction, au contraire, on intervient dans la diachronie, dans le récit de l'analysant, sur son histoire effectuelle. Ou bien par l'interprétation on rend au patient un signifiant refoulé même s'il est effectivement articulé dans un lapsus. Pour la construction on ajoute des faits à l'histoire du patient, dans le sens, si vous voulez, dont Lacan souligne qu'il n'y a pas de fait que de discours.

Pour ce motif, paradoxalement, je crois que le ____(261) plus accompli d'une construction dans l'analyse est celui que Freud ____(262) dans les seules rencontres ____(262) au petit enfant. Freud a dit au petit enfant: "Beaucoup de temps peuvent ____(263). Je savais déjà qu'un petit enfant serait né qui aurait tellement aimé sa maman et avoir pour cela peur du papa." Dans cet ____(264), tel que Freud l'a défini, on souligne, à mon avis, avec beaucoup de précision, un autre aspect important de construction dans l'analyse, voire l'invention du mythe, ou bien la tentative de donner un ____(266) à ce qu'on opère selon la structure.

En résumant brièvement, on peut affirmer que l'interprétation déçue provoque un symptôme,rêve ou lapsus, etc. La construction est en relation à l'hallucination et à la même structure du délire. L'inteprétation intervient sur un simple élément, synchronisation de la chaîne du signiÜn[1]Ü®fiant comme je disais. La construction intervient sur l'histoire, la diachronie, les ensembles des éléments. L'interprétation concerne la relation analytique et ____(273) au transfert. La construction concerne quelque chose dans la relation du mythe, le roman familial ou les mythes individuels du névrosé. J'ajouterai encore que l'interprétation est fonction en relation du savoir. La construction est en relation à la vérité. En effet, la construction dans l'analyse Freud parle de la vérité historique contenue dans la construction et aussi dans le délire. Il écrit: "Les formations délirantes du malade me semblent l'équivalent des constructions que nous érigeons pendant le traitement analytique, tenta­tives de clarification et de guérison."

Il est évident avant tout à partir de la pratique de chaque analyste, que de même qu'on peut affirmer qu'un inteprétation ne vise pas au sens mais plutôt à l'équivoque et si on peut énoncer qu'une construction ne vise pas à rendre au patient le vrai morceau oublié de son histoire passée - comme on dit souvent, ce n'est pas le vrai morceau oublié - on peut dire qu'au lieu de nous concentrer sur le contenu de l'interprétation et les effets chez le patient, nous devons poser l'accent sur le surgissement de l'interprétation chez l'analyste et le contexte signifiant de son appari­tion. Les mêmes changements respectifs peuvent être opérés, à mon avis, en ce qui concerne les constructions, en arrivant à affirmer que la construc­tion dans l'analyse se déroule essen¬tiellement autour du silence de l'analyste.

Lacan nous apprit que la vérité et le savoir n'appartiennent au même registre, mais au contraire sont en rapport d'une manière qu'on peut définir positive. Donc, ainsi que le savoir a agi dans l'ignorance, un analyste n'interprète pas à travers son savoir pré-établi, mais justement dans la suspension de son savoir. De même, la vérité s'annonce, se produit dans une structure de fiction. Et nous savons, avec Freud, qu'une construction n'est pas évaluable dans la logique du vrai ou du faux. Un savoir non su, un savoir effectuel est justement ce qui entre en jeu dans l'interprétation. Dans ce sens, je conçois l'interprétation comme la mise en acte du transfert et étant le transfert - du moins dans le sens symbolique, pas imaginaire - la relation avec le savoir, au mieux avec le sujet qu'on se pose au savoir. Exactement dans ce sens, Freud peut affirmer avec transquilité que dans sa pratique il n'y a jamais eu un abus de suggestions, justement parce que s'il veut cela en particulier pour les constructions, il le veut aussi pour les interprétations. Il ne s'agit pour un analyste de mettre en jeu un savoir pré-digéré. Dans les construc­tions il s'agit surtout de faire agir la vérité du sujet dans son rapport avec l'objet qui l'a causée. Les liens du sujet avec la vérité est la castration symbolique. Et la castration est ce lien même.

Comme vous le voyez, nous retournons ainsi à la question que j'ai posé auparavant à propos de la terminaison d'une analyse, voire la résolution de la castration. En d'autres termes, si au commencement de l'analyse, le névrosé se trouve dans son fantasme, à établir un rapport avec l'autre, l'analyste, donc le grand autre si vous voulez, qui en occupe la position, au mieux si ____(302) assume pour lui la fonction d'objet, il faut pour atteindre la terminaison de la cure, moment logique dans lequel l'analyste occupe la position de l'objet équitable et en fait le semblant, il faut que l'analysant acquiert une vue sur l'objet qui jusqu'à ce moment lui interdisait de se rendre compte de n'avoir jamais donné ____(306). L'effet du fantasme, disait Lacan, traversée qui nous délivre d'une construction,Ün[1]Üdes discours différents, construction qui permet au sujet de ne chercher plus dans l'autre le complément de son manque à être. Je veux dire que l'inconscient résiste même au dehors du transfert analytique. Il y a quelqu'un qui a douté de çà. Sans doute, on fait des rêves et des lapsus même sans être en analyse. Mais il est certain au contraire, que seulement dans une analyse l'inconscient s'organise comme un discours. Si vous voulez derrière le discours de l'autre, comme le disait Lacan.

Un exemple tiré de la lecture analytique peut m'aider à faire mieux entendre ce que j'ai soutenu un peu rapidement dans cette dernière partie de mon travail. Il était mon intention pas autant d'opposer l'interpréta­tion à la construction que d'affirmer que l'interprétation n'est qu'un aspect, un moment logique de la construction. Enfin, l'interprétation n'épuise pas la construction. Je me souviens d'un exemple construction d'un discours qui implique une sous-version assujettie. Alors l'exemple que je veux mentionner est tiré d'un article de Darlington. C'est un article de 1962 qui a pour titre ”Etude d'une intervention analytique non verbale•, dans lequel l'auteur posera une question ____(317) par lui-même réalisé dans la direction d'une cure. Dans cet article, il s'agit d'un analysant qui, dès le début de la cure, avait eu de la peine à accepter les règles analytiques, s'étendre sur le divan et dire ce qui lui passait par la tête. Elle disait que c'était trop contraignant pour elle. Elle ressentait tout cela comme quelque chose d'injustifié qui lui était imposé et qu'elle devait combattre désespérément jusqu'au moment Darlington intervention en proposant un accord dont les termes étaient à peu près ceux-ci: "Les règles devraient être observées, mais seulement dans la mesure du possible." En d'autres termes, il n'y avait pas pour elle l'obligation absolue de s'y conformer tout le temps. Ce compromis permit de poursuivre le travail plus ou moins sans accroc.

C'est dans cette atmosphère relativement craintive qu'a eu lieu la question que Darlington propose à notre intention: L'analysant apprend que son analyste vient de publier un livre et cela devient le centre de toute son attention. Darlington devait lui donner le livre. Elle ne pouvrait tout simplement pas imaginer de continuer son analyse avec lui ou même de vivre s'il ne le faisait pas. Malgré les tentatives de l'analyste de faire interpréter ou de faire associer l'analysant pour lui faire comprendre ce que ce désir signifiait pour elle. L'angoisse que l'analyste pouvait ne pas se conformer à sa demande et la laisser sans le livre devint si grande qu'elle ne pouvait tout simplement rien apporter d'autre que de répéter son voeu encore et encore. A la fin d'une séance, après que l'analyste avait formulé encore une fois toute l'interprétation possible sans aucun résultat et que l'analysant continuer à l'implorer afin qu'il ne la laisse pas exposée à l'énorme souffrance que lui causait le manque du livre, Darlington décide de lui donner une copie de son écrit. Darlington justifie ainsi son acte: "Je vis", il écrit, "correctement, je pense, que rester dans la passivité analytique ne ferait que complémenter l'angoisse, qui était déjà au niveau quasi-psychotique." "Aussi", écrit encore Darlington, "j'allais à ma bibliothèque, sortit un exemplaire et le lui donnai. Elle fut immédiatement soulagée, plaçà tout à fait immédiatement le livre dans son sac et s'en fut." L'analysant retourna à la séance suivante pas plus angoissée même si profondément déprimée et désespérée. Mais à ce moment-là, l'analyse pouvait quand même poursuivre avec les inter¬prétations et les constructions. Darlington ajoute que malgré les critiques qu'on lui adressera, il pense que dans certains moments d'impasseÜl


Üd'une analyse cette conduite de l'analyste peut être justifiée et que, en outre, sans cet acting, l'analyse même n'aurait pas pu poursuivre.

Alors, je crois qu'on ne peut pas être complètement d'accord avec Darlington alors qu'il réduit l'acting de l'analyste à un problème non mieux spécifié d'atmosphère de la situation analytique, et donc la réduction de la conduite au dit acte de l'analyste. Mais, selon moi, on ne peut pas ne pas covenir avec lui que dans l'analyse il existe des moments critiques qui ne peuvent pas être reçus par l'inteprétation. Il suffit de ne pas entendre l'acting simplement comme appartenant à l'analyste ou à l'analysant ou alors inconscient, mais comme une formation psychique particulière qui fait et autorise le transfert. Même si d'une façon très différente de la mise en acte signifiante, le faire est à ce moment-là l'expression clinique de sa formation et c'est dans un faire que le transfert, à ce moment-là, se résume. En d'autres termes, il faut entendre, avec Lacan, que l'acting-out est ce qui fait passer le semblant sur la scène analytique. On appelle cela encore la passion, écrivait Lacan. En d'autres termes, l'acting-out se produit là où s'effectue l'identification avec l'objet de la demande à mort, donc conserve l'iden­tification régressive à l'objet, donc comme Freud. Cà c'est le transfert analysé. Mais on y joint seulement que l'analyste ne conçoit pas son propre acte interprétatif comme en réponse à la demande de l'analysant. L'exemple fourni, de Darlington, démontre, à mon avis, que dans une analyse quelque chose du désir inconscient se présente dans cette demande qui se réalise dans l'analyse même comme acting-out. C'est çà le début de l'analyse du transfert négatif - de ce que l'on appelle transfert négatif ªau pouvoir de la résistance du transfert.

Cette résolution, c'est peut-être ce que Freud appelle sublimation et que Lacan définit comme objet ____(358). En d'autres termes, le moment dans la cause du désir ne se confond plus avec ce qui manque à l'autre. L'acting-out se produit quand, dans le transfert, l'autre supposé savoir laisse, à travers ses failles de son discours, dans le silence constructif de son acte on pourrait dire, surgir quelque chose du réel. L'acting-out serait donc un effet de tentative de ____(361) sous forme de l'agir - c'est l'agir freudien que je veux dire - à un défaut de l'articulation symbolique dans le lieu de l'autre. La différence est au contraire ce qui advient dans le passage à l'acte. Dans le passage à l'acte, le sujet ne peut pas se maintenir sur le fait dans un statut du sujet historique. Donc, il laisse la scène. Il n'y a plus à s'adresser au grand autre. Mais le sujet se trouve assimilé à l'objet.

On pourrait, à mon avis, poser une question intéressante sur ce qui fait dans une analyse ces rencontres, ces moments cruciaux, le moment de l'acting-out. Je crois qu'on pourrait individuali¬ser certains de ces moments. J'aurai essayé de faire une quelconque hypothèse des trois moments spécifiques, trois citations qui marquent un glissement dans la position d'analyste. Par exemple, quand l'analyste se trouve en position de maître, s'il prononce son interprétation sauvage, et dans le dire de l'analyste, il y a le dévoilement de symptômes. Ou encore on dit de l'analyste qu'il constitue une réponse à la demande de l'analysant. En d'autres termes, tous ces moment dont l'analyste ____(371), il se trouve confronté au réel, ces moments qui, dans l'articulation d'une analyse, peuvent provoquer l'acting de l'analysant comme dans l'exemple de l'article de Darlington. Alors, je me suis amusé à chercher d'isoler ces trois moments. Aussi je reste absolument certain que c'est la structure mêmeÜnÜd'une analyse conduite à travers _____(375), surtout à travers le silence même de l'analyste, qui a produit ces moments cruciaux.

Pour conclure, je vais dire quelques mots sur la question de l'an­goisse en relation à l'analyse. Ce que nous chante le discours courant - Lacan disait le discourrant - c'est que la psychanalyse est surtout une technique contre l'angoisse ou pour mieux la dominer. On souligne souvent que la meilleure façon pour obtenir la neutralisation de l'angoisse est celle d'amener l'angoisse même dans un discours et de la dominer en parlant d'elle. Et on dit que la pratique analytique c'est surtout çà. Vous comprenez que c'est çà entre autre qui a constitué la croyance qui concerne l'équivalence de psychanalyse en thérapie. ______(382), comme j'ai déjà dit, est loin d'être en décadence. En reprenant ce que j'ai dit aupara­vant, je confirme que la psychanalyse n'est pas une thérapie et encore moins se pose comme étant le remède à l'angoisse. J'ajouterai aussi que, au contraire, un psychanalyste peut rencontrer les limites de son interven­tion justement dans l'angoisse, comme le démontre l'article de Darlington. Mais je pense qu'à part l'article de Darlington, il s'agit d'expériences que chaque analyste peut retrouver dans sa pratique.

Enfin, loin de dominer l'angoisse, le psychanalyste doit admettre que chaque analyse provoque dans quelque moment critique un certain fantôme d'angoisse et que nous ne disposons d'aucun critère qui nous permette de mesurer au commencement ce que le sujet peut supporter comme angoisse qu'il rencontrera sur son chemin. J'arriverai plutôt à affirmer que c'est la névrose ____(389), naturellement non réussi, de dominer l'angoisse. Enfin, c'est justement la névrose qui se constitue comme une tentative de remédier à la castration. Une analyse, au contraire, soit qu'elle commence par une question initiale de didactique ou bien d'égalisant, ne constitue pas une opération de purification de l'angoisse, mais seulement une possibilité pour le sujet d'entendre et puis de se comparer avec ce qu'il y a au fond de son angoisse - au regard soulagé, j'avais dit. Et c'est là que se produisent évitablement aussi d'importants effets de thérapie. Enfin, la psychanalyse ne propose certainement pas d'éviter l'angoisse sans laquelle aucune analyse ne pourrait procéder, au contraire donc de ceux qui passent normalement dans la dite psychothérapie, même dans celles qui se définis­sent comme orientation psychanalytique. La psychothérapie demeure d'une nature médicale et procède effectivement à une cure de l'angoisse ou de ses symptômes.

Je finirai en rappelant que si la psychanalyse n'est pas une pratique médicale comme j'ai cherché à expliquer, elle n'est pas pour cela une philosophie. Comme vous le savez, sur ce point Freud insiste avec beaucoup de précision. De mon côté, je me bornerai à rappeler un énoncé de ____(399) qui se retrouve dans ses recherches philosophiques: "Les philosophes traitent une question comme une maladie." On pourrait le paraphraser en affirmant qu'au contraire du philosophe, le psychanalyste est celui qui traite une maladie comme une question.

ÜnÜŒÃ*%ÔDiscussionœ•ƒ

”Sergio Contardiœ•

Si j'ai bien entendu, vous me demandez: j'ai posé la question entre interprétation et construction parce que je pense que s'il y a le moment dans l'interprétation, ce moment regarde surtout, comme Freud le souligne, la question d'intervenir sur ce que l'analysant est en train de dire. On peut devenir simplement sur un signifiant. Mais dans la construction de l'analyse, Freud parle de quelque chose de complètement différent. Il dit que la construction peut ressembler à la structure du délire. Je me demandais ce que voulait dire Freud. Et alors, comme j'ai cherché à l'expliquer dans ma conférence, j'ai cherché à voir comment la structura­tion fait, comme le dit Freud, en quelque modalité un point d'oubli. Alors je pense qu'il y a quelque chose qui est voisin de la relation, si on veut, avec l'objet, comme en parle Lacan, la relation qu'il y a dans les fantasmes entre le sujet en jeu, nous savons qu'il y a un point de jouissance. Et la jouissance c'est l'oubli. En quelque modalité c'est l'oubli même pour le sujet. Pour ce motif, je pense qu'il est peut-être une direction pour tenter d'explorer la question de constructions en relation à cette modalité qui peut surgir dans une analyse, qui est l'illusion de l'analysant psychosomatique, mais aussi du délire, d'hal­lucinations dans des névroses. Ce n'est pas nécessairement des psychoses parce qu'il y a des moments d'hallucinations dans une analyse.

Et la question de la guérison, vous l'avez dit, en termes d'iden­tification du caractère qui finalement reviendrait à tout simplement transporter la guérison sans trouver de réponse...

”Sergion Contardiœ•

J'ai commencé à dire qu'en effet Ferenczi parle - et c'est déjà une chose très importante à mon avis - de la question de la guérison. Il dit que ce n'est pas seulement soulager les symptômes du patient, c'est quelque chose de plus. Ferenczi parle de la modification du caractère, mais c'est la définition du caractère qui est définissable à mon avis. Je pense qu'on ne peut arriver à la fin d'une analyse que si on tient compte de quelque chose que Lacan souligne en modalités très précises. Quand on dit que les symptômes sont en rapport à l'autre, on ne peut pas changer quelque chose du rapport à l'autre si on change quelque chose de la part du signifiant. C'est-à-dire que soulager des symptômes, guérir un symptôme veut dire modifier la relation du sujet avec le signifiant même. Et à la fin c'est la question même de la castration. J'ai posé la question de la castration mais c'est une modalité de poser la question. Je l'ai posé en relation à la vérité, ce lien avec le sujet. Lacan dit que la vérité, on ne peut pas la dire. Quand on dit la vérité médit, parce qu'il y a ce lien entre le sujet et la vérité. La vérité parle. C'est autour question de la castration, de la résolution qui est déjà une question que même Freud a posé dans ses écrits. Je pense que la question du caractère ou la définition caractère peut être liée à cette modalité. Je vous disais qu'enÜn[1]Üadmettant la relation à la castration, en l'associant à la castration, c'est ce qui peut modifier la relation du sujet au signifiant même.

”François Peraldiœ•

Dans ce que vous venez de répondre concernant la modification de la relation du sujet au signifiant, j'ai une chose sur laquelle j'aimerais vous entendre un peu plus. Je vais poser ma question de façon apparemment très naïve. Cà concerne l'angoisse. ____(441). En même temps j'aurais aimé vous demander si on peut parler d'une différence de statut de l'angoisse avant, pendant et après l'analyse? Est-ce qu'on peut poser cette question-là? Et j'entends bien que pendant l'analyse l'angoisse est toujours présente ____(444). Est-ce qu'on peut dire quelque chose d'un changement, d'une modification du statut de l'angoisse?

”Sergio Contardiœ•

Je crois avant tout à une chose qui me semble importante à propos de la structure de l'angoisse dans une analyse. Je crois que l'analyse même arrive à produire de l'angoisse. Et je crois qu'il y a pour çà un motif. Dans la mesure où le symptôme serait su, et on sait que le symptôme sont su au début d'une analyse quelques fois, il y a quelque chose qui a avoir avec l'angoisse. Elle était la relation du fantasme. Je veux dire que dans la mesure où le symptôme est proposés c'est une tentative de remédier, de faire un barrage à l'angoisse même. Il comporte de l'an¬goisse. Le symptôme comporte aussi une jouissance, mais c'est en révision de la jouissance comparée à la jouissance absolue. Le symptôme est, comme dit Freud, un compromis de jouissance.

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