Taslima Nasreen : Contre l'Islam et pour la laïcité
PARIS (AFP) - L'écrivain bangladaise Taslima Nasreen, menacée de mort par des fondamentalistes de son pays, affirme qu'il "faut critiquer l'Islam, surtout dans les pays islamiques", dans une interview au Nouvel Observateur à paraître cette semaine."C'est un acte utile pour ceux qui vivent dans ces pays. Sous l'Islam, ni la démocratie ni les droits de l'homme ni les droits des femmes, ni la liberté d'expression ne peuvent survivre. Ce dont les pays islamistes ont le plus besoin, c'est d'introduire la laïcité", déclare l'écrivain. Après avoir dénoncé ces Occidentaux qui "soutiennent même l'oppression islamique contre les femmes au nom du multiculturalisme", Taslima Nasreen estime qu'"en réalité, il n'y a aucune différence entre l'Islam et le fondamentalisme islamique. Les fondamentalistes appliquent le véritable islam". Niant l'existence d'un conflit entre l'Occident et l'Islam, elle considère en revanche qu'"il y a un conflit entre laïcité et fondamentalisme, entre innovation et tradition". Son dernier livre ("Utal Hawa", "Rafale de vent") vient d'être interdit au Bangladesh sous prétexte qu'il contient, explique-t-elle, "des sentiments anti-islamiques susceptibles de troubler l'harmonie sociopolitique". Mais, assure-t-elle, "il n'existe aucune harmonie sociopolitique dans mon pays. Les terroristes politiques et religieux l'ont détruite". Taslima Nasreen était devenue célèbre après la publication en 1993 de sa première nouvelle, "Lajja" ("La Honte"), que les autorités avaient jugée blasphématoire à l'encontre de l'Islam. Devant les menaces de mort de groupes fondamentalistes et plusieurs mandats d'arrêt, l'écrivain avait dû s'exiler en Suède. Elle vit aujourd'hui entre la Suède, la France et l'Inde.
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