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mardi 4 septembre 2001, 9h09
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Les flagellations publiques renforcent la polémique en IranTEHERAN, 4 sept (AFP) - Le retour en force des flagellations et des exécutions publiques en Iran suscite un regain de polémique entre les partisans des réformes du régime islamique et les conservateurs qui contrôlent la justice. Ces exécutions, en application de la charia (loi islamique), se sont multipliées depuis quelques mois. Elles étaient fréquentes dans les premières années de la République islamique (fondée en 1979) mais s'étaient ensuite raréfiées. "La vague de flagellations publiques en Iran, dont le nombre s'élève déjà à 200 (depuis le début de l'année), a créé un nouveau débat parmi les responsables politiques et religieux du pays", relève lundi l'agence officielle IRNA. Deux nouveaux cas ont été signalés, dans la ville sainte de Qom (au sud de Téhéran), où deux hommes accusés de vol ont été fouettés en public dimanche soir. Pour la première fois, la justice, souhaitant semble-t-il anticiper des réactions négatives, a justifié ces sanctions. "Le chef de la Justice (l'ayatollah Mahmoud Hachémi-Chahroudi) avait appelé à une punition publique des accusés de ce type de délit" et les condamnés "ont été fouettés en conformité avec la loi islamique", a expliqué la justice de la province de Qom dans communiqué, cité par IRNA. La plupart des personnes fouettées, parfois sur de grandes places publiques de Téhéran, sont accusées de consommation d'alcool, de drogue, ou de relations sexuelles hors mariage. Le président Mohammad Khatami, triomphalement réélu en juin, n'a aucune prise sur les décisions judiciaires, ni sur leurs applications. Interrogé samedi lors d'une conférence de presse, il s'est montré très prudent sur cette question sensible qui touche à l'autorité du Guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. Le président s'est néanmoins prononcé contre la "politisation" de ce problème et a assuré, sans autre précision, qu'il fallait tenir compte des "intérêts publics" et faire preuve d'un "certain discernement". Il a réitéré son rejet "de la version de l'islam des taliban", au pouvoir en Afghanistan, après une déclaration d'un religieux conservateur, Ghorbanali Dorri-Najafabadi, pour qui les taliban ont réussi à établir une certaine sécurité. M. Najafabadi s'est toutefois vigoureusement défendu lundi de prendre le parti de la politique des taliban, décriée tant par les conservateurs que les réformateurs. "Je voulais dire qu'eux (les taliban), avec toute leur violence et leurs actions ignobles qui remontent à l'âge de pierre, ont établi une sécurité minimale", a-t-il expliqué. Quelques jours auparavant, M. Khatami avait critiqué, mais d'une manière générale, la "répression" et les "sanctions" contre les jeunes, soulignant qu'on ne pouvait leur demander d'être "parfaits". Un ayatollah de Qom, Mohammad-Taghi Mesbah Yazdi, a quant à lui défendu l'application publique de la peine de mort et des flagellations, affirmant que cette pratique était "un principe de base de l'islam". Le chef de la Cour suprême iranienne, l'ayatollah Mohammadi Gilani, a mis en garde les députés, réformateurs à une écrasante majorité, de ne pas s'ingérer dans les décisions concernant les sanctions publiques. "Les députés de devraient pas dépasser certaines limites dans leurs débats (sur les sanctions publiques) et ne devraient pas entrer dans le domaine de la jurisprudence islamique", a-t-il dit jeudi, dans les colonnes du journal Kayhan. Ces déclarations intervenaient après une réunion d'urgence à huis clos d'une commission parlementaire. Cette réunion était intervenue après une mise en garde du chef de la diplomatie Kamal Kharazi, qui a fait état des "impacts négatifs" des flagellations publiques sur "l'image" de l'Iran.
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Monde
Sujets d'actualité > La situation en Iran
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