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jeudi 12 juillet 2001, 22h01
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Une cérémonie religieuse à la mémoire des victimes de StrasbourgSTRASBOURG (Reuters) - Une cérémonie oecuménique a rassemblé un peu plus de 400 personnes à Strasbourg à la mémoire des 12 personnes tuées par la chute d'un arbre il y a moins d'une semaine dans le parc de Pourtalès, et en signe de solidarité avec les 83 blessés.
Trente personnes restaient hospitalisées jeudi soir, dont quatre en réanimation.
Parmi la foule des anonymes, des élus, dont le maire de Strasbourg, Fabienne Keller et l'ancien maire Catherine Trautmann, des notables et des journalistes, quelques minerves et visages effondrés de douleur signalaient un statut particulier de victime, de parent ou de rescapé.
Les membres du Conseil municipal, majorité et opposition confondues, ainsi que le préfet de région s'étaient auparavant recueillis silencieusement sur les lieux du drame où des roses blanches ont été déposées à l'orée du théâtre de plein air où 130 spectateurs avaient été surpris par un orage.
Dans le centre socio-culturel du quartier de la Robertsau, situé à quelques centaines du parc de Pourtalès, les représentants des églises protestante, catholique, juive et musulmane ont ensuite célébré une cérémonie.
La présence des ministres des quatre religions, côte à côte sur la scène convertie en autel, a témoigné de la solidarité de toute la communauté strasbourgeoise, sans considération de la confession des victimes, comme l'a précisé à Reuters un porte-parole de la municipalité.
"La catastrophe a créé un lien de solidarité qui nous met en position de dépasser nos limites respectives", a déclaré le pasteur Monika Garruchet.
Mais c'est la "fatalité" déjà évoquée par les autorités locales au lendemain de la chute d'un platane sur les spectateurs qui s'étaient réfugiés sous un abri bâché pour échapper à l'orage, qui est revenue le plus souvent dans les propos des célébrants.
"Bien sûr, aujourd'hui, nous accusons, nous demandons où est Dieu, où est son amour, pourquoi elle, pourquoi lui, pourquoi moi ?", a dit le pasteur Jean-Jacques Reutenauer.
Au nom des catholiques, monseigneur Christian Kratz, évêque auxiliaire de Strasbourg, a rappelé qu'avec la mort du Christ, "une brèche est ouverte dans la fatalité". "La mort n'ouvre plus sur le néant", a-t-il ajouté.
Le rabbin Alain Weil a pourtant fait entendre un son différent. Jugeant "trop facile" la recherche de responsabilités, il a dit refuser "le mot de fatalité".
"Il est trop facile de se cacher derrière l'arbre", a-t-il dit en évoquant l'arbre de la genèse qui est aussi celui du péché dans la tradition biblique, avant d'inviter les participants à rechercher Dieu.
Quant à la recherche des causes de l'accident, un enquêteur a confirmé à Reuters que le parquet devrait très prochainement ouvrir une information judiciaire. |
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