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mardi 26 juin 2001, 19h13
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Le pape appelle au pardon des crimes de l'athéisme --par Andrzej Stylinski--LVOV, Ukraine (AP) -- A Lvov, la plus polonaise des villes d'Ukraine, la plus catholique aussi, Jean Paul II a appelé mardi au pardon pour les mauvaises actions commises contre la foi pendant la période communiste lorsque l'athéisme était, si l'on ose dire, religion d'Etat.Selon les organisateurs, ce sont 600.000 fidèles qui étaient présents à une messe sur un de cette ville de l'Ukraine occidentale, parmi lesquels un grand nombre de ses compatriotes, dont le primat de Pologne Mgr Josef Glemp. Le pape a dit qu'il était ''temps de laisser derrière soi le triste passé''. Dans une homélie dite essentiellement dans sa langue maternelle polonaise, il a souligné la nécessité de ''reconnaître les infidélités faites à l'Evangile par un nombre non négligeable de chrétiens d'origine polonaise et ukrainienne vivant dans ces régions.'' ''Puisse le pardon, donné et reçu, se répandre comme un baume apaisant dans chaque coeur'', a-t-il ajouté. ''Puisse la purification des souvenirs de l'histoire conduire chacun à oeuvrer pour le triomphe de ce qui unit sur ce qui divise, afin de bâtir un avenir fait de respect mutuel, de coopération fraternelle et de solidarité véritable.'' Contrairement à la Pologne et à d'autre pays d'Europe centrale, ni l'Ukraine, ni la Russie, ni d'ailleurs aucun Etat issu de l'URSS, en dehors des pays baltes, n'a traduit en justice d'anciens responsables communistes. Les anciens informateurs du KGB n'ont pas été poursuivis non plus, alors que l'on sait que, dans les églises notamment, les indicateurs étaient nombreux, y compris au sein même du clergé. L'intégration forcée par Staline des uniates, les catholiques de rite grec orthodoxe, a laissé de profonds stigmates dans la région et le plaies ne se sont pas refermées depuis l'éclatement de l'Union soviétique, bien au contraire. Les uniates ont repris possession de leurs églises et les relations sont excécrables entre ces frères ennemis de la chrétienté. Lvov, devenue Lviv depuis l'indépendance de l'Ukraine il y a dix ans, qui s'appelait Lwow quand la région était polonaise avant la guerre (Lemberg sous l'empire austro-hongrois), a été soviétisée tardivement -après 1945- et est demeurée tournée vers l'Occident bien que la frontière avec la Pologne, distante de 70 petits kilomètres, soit demeurée quasiment fermée aux simples citoyens pendant plusieurs décennies. On y parle massivement ukrainien, alors que le russe s'est imposé dans l'est du pays, on y est majoritairement catholique et on a accueilli l'indépendance dans l'enthousiasme, ce qui n'a pas été nécessairement le cas ailleurs. Jean Paul II a ainsi été reçu dans une ferveur que l'on n'avait pas encore vue depuis son arrivée en Ukraine samedi. Cette bienvenue joyeuse contrastait singulièrement avec l'accueil plutôt froid et les foules clairsemées qui avaient reçu le souverain pontife dans la capitale Kiev, majoritairement orthodoxe. L'humeur de Jean Paul II semble également avoir été embellie par l'accueil de Lvov. En arrivant lundi soir, il avait été accueilli par des dizaines de milliers de personnes sur la route de l'aéroport. ''C'est un si grand événement, il nous rend si heureux; c'est quelque chose qui n'arrive qu'une fois par siècle, non, une fois en mille ans!'', lançait Julia Hlovatska, une jeune fille de 19 ans, enthousiaste, arrivée à l'hippodrome à 2h00 du matin après avoir pris le train depuis Khmelnytski, dans l'ouest du pays. ''Il vient soutenir la foi du peuple ukrainien.'' Jean Paul II a béatifié deux prêtres catholiques de rite latin. Il doit en béatifier près d'une trentaine d'autres de rite gréco-catholique mercredi, la plupart étant considérés comme des martyrs du communisme. |
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