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vendredi 15 juin 2001, 13h07
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Manille accentue la pression militaire sur les rebelles musulmansISABELA (Philippines), 15 juin (AFP) - Les autorités philippines ont annoncé vendredi qu'elles accentuaient la pression militaire sur les rebelles musulmans détenant plusieurs otages dans le sud de l'archipel, où un de leurs chefs serait prêt à se rendre. Des troupes d'élite, dont des marines qui avaient réussi à libérer un otage américain, Jeffrey Schilling, sur l'île de Jolo (sud) il y a deux mois, ont été dépêchées sur l'île de Basilan où 29 otages, dont trois Américains, sont aux mains des rebelles du groupe Abu Sayyaf. Jeffrey Schilling, captif des rebelles à Jolo pendant sept mois, avait été libéré après une bataille rangée d'environ une demi-heure entre ces marines et les rebelles. "C'est peut-être pour cela qu'on est envoyé ici", a déclaré un de ces marines, en débarquant à Isabela sur la côte de Basilan, île voisine de celle de Jolo. Selon ce soldat, son unité est une "force de frappe" qui ne stationnera pas dans une caserne, mais sera déployée dans la jungle tropicale de l'île. Un commando d'environ 100 rebelles du groupe Abu Sayyaf détient 29 otages à Basilan, la plupart depuis le 27 mai. Ces rebelles ont assuré en début de semaine avoir décapité un des trois otages américains, le Californien Guillermo Sobero, mais son corps n'a jamais été retrouvé et le doute subsiste sur la réalité de cette exécution. Les rebelles du groupe Abu Sayyaf, qui affirment lutter pour l'instauration d'un Etat islamique dans le sud des Philippines, mais qui se sont fait une spécialité de la prise d'otages contre rançon, ont déjà exécuté des otages, mais jamais de nationalité étrangère. La présidente philippine Gloria Arroyo a juré d'en finir avec ces rebelles, mais malgré le déploiement de quelque 4.000 soldats sur le terrain, les résultats restent très limités. Seul motif de consolation pour le pouvoir, le "commandant Robot", un chef rebelle d'une faction de l'Abu Sayyaf active sur l'île voisine de Jolo aurait l'intention de se rendre, selon les autorités. Ce rebelle s'est illustré l'an dernier par la prise de 20 personnes en otages, dont dix touristes occidentaux, sur l'île malaisienne de Sipadan. Ces otages, à l'exception d'un Philippin, ont tous été relâchés depuis, la plupart en échange d'une rançon. Cette reddition, si elle était confirmée, ne prouverait nullement un quelconque fléchissement des rebelles à Basilan. Le groupe Abu Sayyaf est composé de différentes factions très autonomes les unes des autres et celles de Jolo ont peu de relations avec celles actives à Basilan. Par ailleurs, les autorités militaires philippines ont démenti vendredi la libération de deux otages par les rebelles en échange d'une rançon de dix millions de pesos (196.000 dollars), comme l'affirmait la presse philippine. "La libération annoncée (par la presse) n'a pas eu lieu", a assuré un porte-parole militaire, le général Edilberto Adan. Le paiement d'une rançon est le moyen le plus efficace d'obtenir la libération de otages et un commerçant sino-philippin, Benito Chua, a décidé de vendre son affaire afin de réunir l'argent nécessaire pour récupérer sa fille Lalaine, âgée de 12 ans, selon le quotidien Malaya. Selon un autre journal, le Philippine Inquirer, Lalaine Chua serait précisément l'un des deux otages libérés jeudi par les rebelles sur l'île de Basilan, dont la libération a été démentie par l'armée. Les autorités de Manille avaient déjà affirmé plus tôt dans la journée n'avoir aucune confirmation de la libération d'otages. La présidente philippine a exclu toute négociation sur le versement d'une rançon, mais les familles négocient souvent clandestinement la libération de leurs proches.
mm/cf/lh/ob/bds eaf
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Monde
Sujets d'actualité > Philippines
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