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| dimanche 7 janvier 2001, 12h45 |
"Ici, on se sent en relation avec Dieu"JERUSALEM, 4 jan (AFP) - Mordehaï se tient au centre de l'immense place qui fait face au Mur des lamentations: "Ca fait 3.000 ans qu'on est là, les musulmans quelques siècles. Ca fait une différence, non?". Pour Imar, les Juifs ont "falsifié" l'ancien testament et n'ont rien à voir avec Jérusalem. Ils sont une vingtaine d'hommes et autant de femmes en cet après-midi ensoleillé de janvier, à prier devant ce qui reste du mur de soutènement de l'antique Temple juif qui s'élevait au-dessus, sur l'Esplanade, jusqu'à ce que les Romains en détruisent la seconde version en l'an 70 de l'ère chrétienne. Maintenant s'y élèvent la somptueuse coupole du dôme du Rocher, d'où Mahomet se serait envolé aux cieux, et la mosquée al-Aqsa, construites au VII et VIIIème siècle sur une esplanade considérée comme le troisième lieu saint de l'islam. Le rabbinat interdit aux Juifs d'y monter pour ne pas fouler l'endroit où se trouvait le Saint des Saints. Ce lieu doublement sanctifié est une des questions les plus épineuses des négociations israélo-palestiniennes. Musulmans et juifs expriment le même sentiment d'être "plus proche de Dieu", quand ils y prient, les uns devant le Mur, les autres sur l'Esplanade. "Je ressens une relation particulière à Dieu. Sans ce mur, les juifs seraient perdus, ils ne trouveraient plus Dieu", explique Rachel, jeune juive de Brooklyn qui vient y prier tous les jours depuis son arrivée en Israël il y deux mois. Mordehaï, 67 ans, n'y venait jamais. Mais, "en raison d'une maladie", il s'y recueille aujourd'hui. "Cette croyance, ce lieu nous renforcent quand nous sommes dans la détresse", dit-il. Pour Imar Sadar, un employé de la municipalité de Jérusalem de 47 ans, "prier à al-Aqsa, c'est fabuleux. On se sent plus proche d'Allah". "Dans une mosquée normale, on monte 25 marches (vers Dieu), à la Mecque, 1. 000, et ici 500", poursuit-il. Pour le reste, tout semble les séparer, sauf peut-être les approximations historiques. "Il est hors de question de leur laisser la souveraineté sur l'Esplanade. C'est à nous, pour toujours", lance Boaz Cohen, 19 ans, venu se recueillir avec deux copains. "C'est une grande synagogue, ce n'est pas musulman. Et puis, leur lien à ce lieu est différent. Ils croient en Jésus, croient que c'est leur prophète...", explique Yossi Jamil, interrompu par Boaz qui le reprend: "...Mais non, Jésus c'est les Chrétiens...". "Quoiqu'il en soit, leur texte sacré (le Coran) est une distorsion du notre (la Torah)", poursuit Yossi, avec la même conviction. Comme en écho, Imar explique que le Temple est "une pure invention (...) D'ailleurs, des experts étrangers n'ont pas pu prouver sa présence sur l'Esplanade". Khaled, 21 ans, qui sert des cafés aux policiers israéliens surveillant les entrées de l'Esplanade des mosquées, raconte que "Mahomet est venu prier à la Mosquée al-Aqsa". Mais il convient volontiers qu'il n'y avait pas de mosquée à cette époque à cet endroit... Sourire gêné. Sacré, ce lieu n'en est pas moins important pour les laïcs. Mordehaï se souvient avec émotion de l'époque où il a découvert le Mur. C'était en juin 1967, après la conquête de la partie orientale de la ville par les troupes israéliennes lorsque le général Mota Gur avait lancé "le Mont du temple est entre nos mains". "Nos fils sont morts pour cela, et donner le Mont du Temple aux Arabes, cela reviendrait à leur abandonner les tombes de nos soldats", dit-il. Dans son petit restaurant, Ziad Shahin, 50 ans, est sûr que les Israéliens utilisent l'argument de la religion pour "justifier l'occupation". "Le Temple, c'est un prétexte. Nous sommes prêts à leur donner le Mur, mais ils veulent plus, ils veulent tout", se désole-t-il. cls-rhe/chw/vr
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