|

|
| vendredi 3 novembre 2000, 12h16 |
Les combats du Vatican contre la pilule du lendemainROME, 3 nov (AFP) - L'appel du Vatican à "l'objection de conscience" des personnels de santé pour empêcher la prescription et la vente de la "pilule du lendemain" en Italie intervient après beaucoup d'autres anathèmes contre ce moyen contraceptif que l'Eglise considère comme un "avortement chimique". L'Eglise a commencé son offensive en Italie mardi au lendemain de la mise sur le marché de cette pilule disponible seulement sur ordonnance. L'Académie pontificale pour la vie a appelé "les médecins, pharmaciens et personnels de santé à l'objection de conscience morale" pour refuser de prescrire ou de vendre cette pilule. Le cardinal Camillo Ruini, un des proches collaborateurs du pape Jean Paul II, a réitéré cet appel mercredi. Les présidents des deux principales régions italiennes, le Latium (Rome) et la Lombardie (Milan), ont apporté leur soutien à l'initiative du Vatican et réclamé eux aussi le droit à "l'objection de conscience" contre la "pilule du lendemain". Au printemps 1999 déjà, le Vatican avait bataillé pour empêcher la distribution par des agences de l'ONU de la "pilule du lendemain" aux femmes et aux jeunes filles violées au Kosovo. Le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), qui fournissait ces pilules aux réfugiées du Kosovo victimes de viols, avait alors critiqué "l'insensibilité" du Saint-Siège. La question de la légitimité de la "pilule du lendemain" pour les femmes violées pendant un conflit avait été soulevée par certains théologiens catholiques à l'occasion du "nettoyage ethnique" en Bosnie, en 1992. Le Vatican s'était prononcé contre l'utilisation de cette pilule en adressant un appel à la communauté internationale afin qu'elle aide les femmes violées en Bosnie à ne pas avorter. Le Saint-Siège avait bloqué à l'époque sa contribution symbolique à l'UNICEF qui avait adopté un programme de distribution de cette pilule dans les camps de réfugiés. Cette agence de l'ONU chargée d'assister les enfants avait pourtant rappelé que "des centaines de jeunes filles étaient systématiquement violés dans les camps de réfugiés et que la distribution de la 'pilule du lendemain' était la seule solution pour faire face au drame de petites filles, parfois âgées d'à peine 10-12 ans, qui risquent des grossesses traumatisantes". La "pilule du lendemain" est une pilule contragestive, c'est à dire qui empêche l'implantation de l'oeuf fécondé dans l'utérus. Dans les 11 pays européens où elle est déjà commercialisée le nombre d'avortements a diminué. La confection de la pilule se présente sous la forme de deux comprimés: le premier est à prendre dans un délai maximum de 72 heures après le rapport et le second entre 12 et 24 heures plus tard. La pilule du lendemain est d'autant plus efficace qu'elle est prise rapidement. Interrogé vendredi par le quotidien La Repubblica pour savoir si, selon lui, "un ovule fécondé était déjà un embryon", l'archevêque italien Elio Sgreccia, vice-président de l'Académie pontificale pour la vie, a répondu qu'"il s'agit de la vie naissante". La pilule abortive RU-486 demeure interdite en Italie. L'avortement est autorisé en Italie depuis 1978. Grâce à la pression du Vatican, la loi permet aux médecins d'user de leur droit à "l'objection de conscience" pour refuser un avortement. Selon des chiffres fournis par le ministère de la Santé, plus de 50% des anesthésistes et plus de 60% des gynécologues ont fait valoir ce droit en 1997. Selon des statistiques officielles, il y a en Italie 10.000 grossesses non désirées chaque année chez les mineures dont 6.700 aboutissent à une IVG (interruption volontaire de grossesse). aje/gk/bm eaf
|
|
Catégorie >
Monde
|
|
|
|
Suggestions ou critiques sur ce service
Copyright © 2000 Yahoo! France. Tous droits réservés. Yahoo! et votre vie privée - Conditions d'utilisation Copyright © 2000 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. |