IL ETAIT UNE FOIS DANS L ‘OUEST….de la France !

 

Assise dans la salle d’attente du médecin je feuilletais hier l’un de ces magazines féminins qui malgré leur « trop-plein » de vide réussissent parfois à séduire le lecteur de passage. Un de ses articles titrait « l’importance de l’amie » et développait ensuite les différents stades de l’amitié au féminin, notamment en fonction des tranches d’âge. C’était, oui, du déjà-vu et du déjà-lu, mais il est vrai que la chance d’avoir une amie qui parfois te connais mieux que toi même n’est pas donnée à tout le monde : moi j’ai cette chance.

Ce n’est certes pas pour cela que je t’écris mais comme souvent tu es mon support, tu m’aides à m’interroger, à trouver l’expression verbale de mes sentiments, à organiser mes pensées sans les conditionner mais au contraire en me permettant d’observer avec du recul et objectivité le théâtre de ma vie, je t’écris pour que ta présence, même si elle n’est ce soir que virtuelle, facilite mon intention et ouvre ma conscience : parce que chacun de nous ne peut vivre pleinement que s’il est conscient de l’acteur qui est en lui sur le théâtre de la vie.   Mais rassure-toi je ne te livrerai donc pas la version revue et corrigée d’un célèbre western car le titre de ce message n’est là que pour rappeler le lieu géographique de mes vacances estivales, passées avec Anacreonte. J’ai déjà eu l’occasion de te les raconter succinctement….  c’est aussi à lui que j’ai promis d’écrire pour lui confier mes réflexions, à travers un récit, sur ce que pour l’instant je n’appellerai qu’expérience…et qui sans doute au cours de l’écriture se chargera de signification et de valeurs.

 Ce soir là, la plage déserte, le bruit des vagues dans la nuit, le vent frais qui caressait nos peaux, rien ne laissait imaginer le déroulement de la soirée…et même si nous nous dirigions d’un pas hâtif vers le local nocturne qui ouvrait ses portes à 22 heures aux couples libertins, n’ayant à l’esprit aucun élément me permettant d’imaginer véritablement l’organisation de ce genre de soirées et tout ce que j’allais y découvrir, mon idée était simplement d’être acceptée à l’entrée : essuyer un deuxième échec après celui de l’an dernier m’aurait fait mettre un point final à toute tentative. Mais quelle ne fût pas ma surprise quand personne ne trouva rien à redire sur ma tenue vestimentaire ! Il avait suffi de remplacer le paréo par une jupe et de réhausser les chaussures ! le tour était joué ! les « videurs » durent même insister, et presque me pousser. Moralité : les années se suivent et ne se ressemblent pas. Et pour cause ! J’étais sur le point de le découvrir plus explicitement…

Mais je ne veux pas me perdre en préambules.

Allez, entrons dans la boîte. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Je ne les ai jamais trop fréquentées…allais-je me sentir comme une sardine ?

 Au moment où mes doigts tracent sur mon clavier les premiers souvenirs de la soirée je suis bien consciente de mes hésitations qui sans doute traduisent mes premières difficultés. Je ne fais que renvoyer à des lignes ultérieures mes confessions et déjà ce mot semble conférer à ce qui suit un goût de péché. Mais ne crains rien ! même si je suis consciente de quelques pudeurs liées sans doute à mon éducation qui sans avoir voulu être forcément puritaine a de toute façon influencé dans ma jeunesse et au-delà encore, certains de mes comportements tout en formant et même déformant aussi mon esprit, si j’évoque en jouant le péché c’est dans son sens « gourmand », le seul que je connaisse, celui qui fait du bien au corps et à l’esprit.

Pourtant voilà que ma lettre se transforme en composition. C’est comme si je devais suivre un plan précis bien que je ne sache pas encore comment mes sensations se traduirons en texte. Tout ce que je sais, tout ce que je sens, c’est la profonde envie de « savourer »  toujours mieux le goût nos vies, la joie de vivre, sans heurter qui que ce soit mais surtout sans renoncer à la découverte.

Pourtant, le pas vers l’inconnu trouble souvent. Et ce soir là en marchant vers l’inconnu, au bras de Anacreonte, je ne sais plus vraiment qui je suis. Après avoir franchis le vestibule, j’ai quinze ans, je retrouve mes craintes lointaines. Heureusement les lumières tamisées me permettent de ne pas dévoiler mon inquiétude soudaine.

En entrant dans le club je serre fort sa main ou son bras, je ne sais plus, pendant que mon regard balise tout le local. Les pistes de danse sont encore vides, et de larges divans recouverts de velours s’offrent à nous. Ils sont sans doute très confortables. Plusieurs couples sont attablés autour de petits guéridons. Il échangent des regards et des mots et parfois une liqueur ou un cocktail mouille leurs lèvres. Nous ne sommes pas nombreux. J’imagine alors que la soirée se terminera rapidement mais je ne sais plus maintenant si je l’ai souhaité ou simplement déduit. Mais la soirée ne fait que commencer, nous étions parmi les premiers couples à entrer et rapidement le local se remplira. Je ne quitte pas sa main, et ensemble nous cherchons un coin pour nous asseoir…et attendre. Mais attendre quoi ? Je n’ai pas une idée précise de ce qui peut se passer.

 Nous sommes dans le club depuis déjà quelques minutes et d’autre couples commencent à arriver. L’originalité et l’extravagance de certains personnages promet quelques sympathiques moments d’observation des autres, sans pour autant qu’il ne s’agisse de voyeurisme. A moins que l’on considère « voyeurisme » le fait de regarder la transgression vestimentaire des autres ! Je commence à oublier qui je suis mais je me sens tout de même gauche. Nous trouvons un petit angle sympa juste pour nous. Une fois assise je me sens presque à l’abris du regard des autres : mais au fond, pourquoi se cacher lorsque l’on observe soi-même les autres ? Je prends conscience de mes limites et j’essaie de me laisser aller : c’est alors que mon regard devient une véritable caméra qui semble pénétrer dans tous les recoins du local. Il s’arrête un instant sur un couple qui vient d’arriver : assis non loin de nous, monsieur et madame sont vautrés sur un divan et je n’ai besoin que de quelques instants pour réaliser que madame ne fait pas sa gymnastique quotidienne ! non ! elle est bel et bien allongée, jambes en l’air, jupe aussi, et sans lâcher son cocktail qu’elle serre dans la main gauche, elle saisit la main de monsieur pour la glisser entre ses jambes. Il la masturbe et elle se tortille comme une poupée mécanique bien programmée qui après quelques brefs instants sursaute, s’assied pour basculer dans l’autre sens vers le sexe de monsieur. C’est rapide, il ne faut pas longtemps. Rapidement, le membre de son compagnon est hors de sa cage textile. Elle l’engouffre dans son gosier et de loin nous ne distinguons plus que son chignon crêpé qui va et vient au dessus du monsieur. Mais la position n’est sans doute pas très commode et la voilà qui s’installe plus confortablement : appuyée sur ses genoux elle reprend dans sa bouche le membre de l’homme qui lui aussi ne lâche pas son verre, de l’autre côté de la banquette nous sommes plusieurs à observer, pour certains avec une légère stupeur sans doute, le slip blanc et les jarretelles de madame …le couple est sans doute excité mais Monsieur n’a pas vraiment l’air de profiter pleinement de cet instant coquin et il jette un regard par dessus les épaules de madame pendant que cette dernière continue à titiller son pénis ; son verre représente peut-être l’obstacle d’un éveil complet de leurs sens : boire ou jouir il faut choisir ? Evidemment, pour la néophyte que je suis tout cela ’est surprenant mais je n’y trouve rien d’érotique. Autour de nous, plusieurs couples les observent. A notre gauche, un homme bedonnant, frisant la soixantaine, assis aux côtés d’une petite brunette, semble à la fois excité et blasé : on comprend qu’il connaît bien l’atmosphère et son regard vers les deux exhibitionnistes est furtif. Il préférerait sans doute obtenir les faveurs de la jeune femme vêtue de cuir rouge qui ne semble pas vraiment intéressée à la chose. Il faut dire que lorsque sa main glisse sur sa cuisse, il a plutôt l’air de lui passer un couche de crème d’arnica. C’est curieux comme certaines personnes ne se rendent pas compte de la différence entre un massage thérapeutique et un massage érotique. La jeune femme n’est d’ailleurs pas vraiment enthousiasmée et son visage laisse transparaître une certaine rigidité. Pourtant le bedonnant arrive à lui glisser une main sous sa petite culotte qu’elle a d’ailleurs laissée chez elle (je m’en rends compte lorsqu’elle se soulève pour arranger la jupe) et elle de son côté, sans doute pour lui rendre la monnaie de sa pièce, bien que sans entrain, fait glisser sa main sur sa braguette : elle se garde bien de la défaire, et après un bref massage, pour libérer sa main d’une action routinière, lui confie son cocktail. Peu après, ce semblant de couple, sans doute improvisé pour la soirée, nous quitte : nous les voyons disparaître dans la partie privée du club, au sous-sol.

Heureusement, depuis quelques minutes un autre couple est venu s’asseoir à notre droite. Confortablement assis sur le divan, ils profitent l’un de l’autre à travers leurs regards complices et leurs observations partagées. Ils sont tous les deux très grands et quand Elle allonge ses jambes sur le canapé, on entrevoit facilement le galbe de ses cuisses et de son postérieur. Elle semble parfaite. Vêtue de noir, une grande cape noire d’organza transparent recouvre son corps. Elle ne cache rien mais n’expose rien. Aucune vulgarité ne transparaît et je trouve même cette femme plutôt intriguante. Qui est-elle ? que fait-elle ? qui sont-ils ? que cherchent-ils ? Est-ce la première fois qu’ils fréquentent ce local ou s’agit-il d’habitués. Quand cette belle femme brune dont la coupe  XXXXX pourrait laisser penser qu’elle sort d’un catalogue de mode des années 70 se rapproche de son compagnon qui l’enlace avec tendresse afin qu’elle puisse de son côté glisser sa main sur son sexe. Et là oui ! quiconque pouvant les observer pourrait saisir la complicité et la sensualité qui émanent de leurs gestes.

Bedonnant et la petite brunette s’étant échappés, Anacreonte propose aussi une petite incursion au sous-sol. Certes, non pas pour les suivre, mais parce qu’il comprend sans doute qu’un petit mouvement s’est créé au niveau inférieur. Je suis d’abord surprise et je crois tout d’abord qu’au sous-sol il n’y a que des toilettes ! ! ! !

 Effectivement, les gens font la queue pour aller au toilettes. J’en profite ! Je ne sais pas ce qui se passe chez les hommes mais chez les femmes, ça se pomponne, ça se parfume, on attend un peu, on se coiffe, on s’enduit de crème après une bonne douche tiède. Mais l’espace est restreint. Quand je ressors, Anacreonte m’entraîne de l’autre côté du couloir : le spectacle ne fait que commencer. Tiens ! il faut choisir par lequel. Des rideaux de velours barrent l’entrée de trois zones privées différentes. Deux pour les couples. Une pour les trios.

 Main dans la main, nous franchissons la première zone réservée aux couples et dans laquelle les hommes seuls ne sont pas admis. D’étroits couloirs faiblement éclairés par des tubes qui diffusent une lumière  bleu et blanche nous conduisent vers les petits salons de « relaxation » jalonnés de matelas de Skaï de différentes dimensions. Mais les lieux sont vides. Nous ne croisons que quelques couples qui comment nous semblent visiter le musée de madame Tusseau à Londres….mais les mannequins de cire ont disparu semble-t-il ! Tout cela me donne à réfléchir et je me dis que finalement toute cette mise en scène n’intéresse guère le grand public de la discothèque qui  au contraire se déchaîne au son de musiques discos pendant nous errons de privé en privé. Tiens ! même monsieur ventripotent et demoiselle de cuir sont là, ils font sans doute semblant de ne pas nous reconnaître. J’entends leurs propos. Lui semble se présenter en patron des lieux. Le ton de la jeune femmes est ironique et interrogateur : elle semble étonnée de l’agencement des salons sans doute. ! ! !

Perplexe, je suis tout de même contente de rejoindre la discothèque. Nous voilà entraînés par des musiques sur lesquelles, à l’instar du reste des participants, nous nous déchaînons comme des adolescents du samedi soir. Je suis presque étourdie et je me sens bien. En dansant, je pense au merveilleux moyen d’expression que représente la danse, je regrette de ne pas avoir quelques kilos en moins, non parce que je suis fatiguée mais pour me sentir plus libre…plus mince je serais moins inhibée, c’est certain. Je crois même que sous l’effet de l’alcool je serais capable d’enlacer un des tubes argentés qui scintillent aux quatre coins de la piste et de l’utiliser comme support à certaines évolutions improvisées…bref je rêve. Tout cela pendant que Anacreonte, lui, se déchaîne aussi…et l’ambiance se réchauffe. Tout en dansant je ne peux m’empêcher de noter une jeune femme différente en ce sens qu’elle est vêtue d’une simplicité qui se remarque par rapport aux extravagances des autres participants : une minijupe à poids et un tee-shirt décolleté sous lequel se dessinent de petits seins fermes. Mais c’est surtout son regard et le sourire sur ses lèvres qui exaltent sa sensualité. Elle danse face à son partenaire. Parfois il lui tend la main et la fait presque virevolter. 

Sur cette piste, les danseurs sont de plus en plus nombreux et nous notons que les va-et-vient vers les sous-sols se sont intensifiés. Nous voilà repartis dans l’antre de la discothèque.

 Surprise ! les locaux ne sont plus vides.

Ce n’est pas la cohue mais voilà qu’au bout d’un des couloirs nous découvrons un espace relax plus vaste que les autres autour duquel grouillent plusieurs personnes. Que se passe-t-il ? Un jeune homme dénudé et bien membré est en train « baiser » deux femmes d’une quarantaine d’années. Un peu une, un peu l’autre. J’ai l’impression d’être entrée dans un film porno en trois dimensions. Les trois ont tellement l’air à l’aise dans leur ébats que j’imagine qu’ils sont payés par le local pour « mettre de l’ambiance ». C’est drôle, mon côté voyeur n’est pas du tout sollicité comme je l’aurais imaginé. Non, pas de frisson, pas de chair de poule, aucune sensation de bien être. Je les observe car ma curiosité est grande mais je ne sais que penser. Je scrute les visages, j’écoute les mots échangés…et je trouve la situation presque grotesque. Pourtant, près de moi plusieurs hommes sont excités, quelques uns se masturbent en les observant…des couples se rapprochent et sans doute s’identifient dans leurs ébats. Anacreonte tient ma main et sa présence me rassure. Je crois qu’il comprend ce que je ressens, je ne sais pas s’il sait que mon âme est un peu amère. Je ne perçois en tout cela rien de négatif mais tout me semble neutre et sans couleur. J’ai l’impression que les gens s’ennuient mais qu’ils ont un besoin profond de démontrer aux autres que l’orgasme, qu’il soit provoqué, déclenché ou développé, est leur objectif principal. Le sexe de ce simil-acteur porno est raide comme un bâton de golf et il l’utilise comme un marteau piqueur dans les orifices de ces dames dont les gémissements cachent mal les plaies de leurs âmes. Je pense un instant que je me trompe peut-être. Et pourtant quand le jeune homme pense avoir terminé sa mission il retire son préservatif, l’exhibe devant le public avant de le nouer et de le lancer dans la corbeille à papier ;  après avoir enfilé ses jeans il échange deux mots avec les dames qu’il vient, croit-il, de satisfaire au mieux, et lance « ce dont j’ai besoin ce soir c’est faire l’amour avec une belle fille de mon âge » . Les quadragénaires n’hésitent pas à le sermonner et à lui faire remarquer qu’il est un peu blessant. Mais mesdames ? comment pouvait-il en être autrement ? n’aviez-vous pas noté que le jeune athlète qui vous pénétrait quelques minutes auparavant avait oublié de retirer ses chaussettes ? pensez-vous réellement qu’une telle inattention puisse être le fruit d’un amant attentif (même s’il n’est que passager) et pleinement heureux ? Moi non.

 Après cette halte-spectacle nous reprenons nos déambulations dans les différents secteurs. Maintenant les gens se pressent. Les couples et les trios en action se multiplient autour de nous. Les espaces libres réservés aux ébats intimes se font plus rares ; c’est comme si une douce folie collective s’était déclenchée à l’improviste. Le paradoxe est qu’alors que « la baise » bat son plein dans tous les « privés », les personnes qui se croisent dans les couloirs évitent tout contact entre elles. C’est comme si une barrière était dressée entre le couloir de passage et les divans de rencontres. Et pourtant, toutes ces têtes curieuses ne se lassent pas de « zieuter » de toutes parts à la recherche d’un émoi, d’un frisson, d’une fièvre soudaine…les voyeurs sont en chasse. Nous en faisons partie. Dans le secteur trios, une femme accrochée à un semblant de lit en fer se fait masturber par une demi-douzaine d’hommes qui s’alternent au chevet de son sexe pour la lécher pendant que les autres la pénètrent dans la bouche. Elle, parle fort, sans doute pour que tout le public l’entende, et leur promet que lorsqu’elle sera libre elle leur « fera payer »…quoi donc ? Leur jeu durera toute la soirée et lorsque nous redescendront plusieurs fois nous les retrouverons toujours ainsi vautrés dans un incessant et malheureusement monotone échange de caresses qui ne semblent pas vraiment des caresses…

 Je continue à faire la curieuse, Anacreonte me suit ou me précède, toujours près de moi…certaines scènes le réjouissent…je peux le comprendre…

Au moment où je m’y attends le moins, voilà qu’une scène érotique attire mon attention : elle, je la reconnais, c’est la jeune femme en mini-jupe à pois, est assise sur les genoux de son compagnon qui a soulevé la jupe et glissé sa main sous sa culotte. La jeune femme a envoyé son corps en arrière pour appuyer sa tête et les yeux fermés elle balance son corps doucement bercé par son compagnon. Elle a dû oublier ce qui l’entoure et derrière ses paupières closes ses yeux brillent sans doute de plaisir. Les traits de son visage sont détendus, sans le savoir elle esquisse un léger sourire qui traduit les agréables sensations qui parcourent son corps. On comprend facilement qu’elle n’est pas pressée d’atteindre le point de non retour, elle préfère profiter de ces moments de plaisir et de caresses que son partenaire ne se lasse pas de lui prodiguer. Il est lui aussi, son visage parle, excité par l’effet que ses massages lui procurent. Il la connaît bien. Lui assis au bord d’un divan et elle sur ses genoux, il continuent leur mouvement qui les berce simultanément. Il est sans doute excité aussi, son sexe doit appuyer contre les reins de la compagne et je me demande où vogue son esprit sollicité par les tendres gémissements de la jeune femme qui sent le plaisir monter en elle. Pendant que la main droite continue de masser le sexe humide de sa partenaire, il glisse la gauche dans son décolleté pour caresser la pointe ferme de ses seins : ils sont petits mais beaux et surtout ils aiment les mains de cet homme.

 Lorsque nous remontons vers la piste de danse, nous retrouvons nos places sur les divans. Un peu plus tard, quelle surprise, le couple que j’avais observé regagne aussi la partie supérieure de la discothèque et prend place à côté de nous. Je ne peux pas m’empêcher de les écouter. De leur dialogue ressort qu’ils sont un peu déçus de l’atmosphère de la discothèque et à plusieurs reprisent mentionnent le nom d’un local qu’ils préfèrent : « le hamman des sens ». Nous en avions entendu parler mais notre choix s’était porté sur la discothèque. Qu’à cela ne tienne ! il nous suffit d’un regard pour comprendre que notre curiosité devra être satisfaite.

 Ainsi, le lendemain, après une agréable matinée passée à lire à l’ombre du parasol sur la plage, sans malheureusement pouvoir goûter aux joies de la baignade le vent ayant rafraîchi l’eau, nous décidons de nous offrir une petite heure de hamman…la curiosité n’est pas toujours un vilain défaut.

 Au seuil de l’établissement, une petite affiche communique les règles à respecter et laisse présager d’un agréable moment de relaxation.

A l’accueil, une jeune hôtesse nous remet à chacun un peignoir et une serviette dans des tons de couleurs différentes mais de la même texture : une éponge souple et caressante parfumée de douces essences. Qu’il est agréable de savoir que l’on va prendre soin de soi…notre revanche sur la plage aura le goût du hamman, du jacuzzi.

Il est toujours difficile d’imaginer un lieu que tu ne connais pas, et en effet, au-delà du rideau de velours pourpre, tout un univers nouveau allait s’ouvrir à nous.

La jeune hôtesse nous invite à passer dans un vaste salon et indique le chemin à suivre pour rejoindre le centre de bien-être. Ce salon est très accueillant :de toutes parts, les murs sont recouverts d’un doux matériau de satin pourpre. Il y a également de longs divans. Au sol, des tapis orientaux sont finement brodés de fils bariolés qui tracent des pistes de soies conduisant vers d’autres salons. Autour des tables basses, de grands fauteuils semblent crier « rejoins moi », et sur les tables des plateaux de cristal remplis de boules de guimauve et de petits chocolats à la menthe attendent les gourmands. A côté de chaque table, sur un petit meuble bas qui pourrait abriter des cassettes vidéos, sont disposés plusieurs flacons transparents dont on peut essayer de deviner le contenu à l’œil nu. On y trouve aussi plusieurs accessoires et éléments de bijouterie, chaînes-bijoux, bracelets et bagues pour les pieds…et justement, c’est dans ce salon que de jeunes filles aux pieds nus et ornées de bijoux circulent et demandent aux clients ce qu’ils souhaitent boire. Nous ne sommes pas nombreux, seulement quelques couples, mais tous avec une grande envie de s’immerger dans un des jacuzzi qui nous attendent dans la zone « bien-être ».

Nous voilà donc enveloppés dans la chaleur du sauna en attendant que quelques places se libèrent dans le jacuzzi qui est plus prisé. Le sauna est très agréable, c’est l’occasion d’échanger quelques mots avec d’autres couples eux aussi ravis de l’atmosphère qui est en train de se créer. Dès qu’un des 3 jacuzzi se libère, nous nous immergeons dans le bain bouillonnant que nous partageons avec un couple de jeunes parisiens avec qui nous plaisantons et nous discutons volontiers. Ils sont chaleureux et sympa et ce moment partagé avec eux est très agréable …elle, est très typée : cheveux blonds et courts, une peau divine et bronzée. Lui, tout aussi sympathique, sans doute musclé mais je ne sais plus. Ce qui me plaît le plus ce sont nos éclats de rire lorsqu’ils nous nous rendons compte que pour maximiser le bien-être procuré par le Jacuzzi nous avons tous eu le réflexe de nous masser les pieds deux à deux. Nos orteils pointent de l’eau pendant que nos partenaires massent nos pieds. C’est divin ! Nous qui pensions rester une petite heure dans le hamman ! Nous avons déjà passé presque deux heures à jouir du hamman, des douches tièdes, du sauna et surtout d’une longue étape dans le Jacuzzi.   Lorsque la jeune femme quitte le Jacuzzi, nue, j’ai l’impression de voir Cathalin Alisch qui sort de son bain. Et même si je n’ai jamais eu l’occasion de voir la musicienne dénudée, le souvenir des formes de son corps sous une longue robe de lin blanc qui laissait entrevoir la sérénité et la perfection de ses formes opèrent sur moi un rapide flash-back étonnant et alors que la jeune femme est sortie nue de son bain, mon regard aidé de ma mémoire l’a vêtue de cette même robe que Cathalin portait l’été dernier. Leurs peaux sont semblables, la forme de leurs jambes aussi. Un bronzage uniformément doré exalte encore plus leurs physiques de charme. Si j’étais un homme je préférerais sans doute les brunes, méditerranéennes, mais même si cette femme est blonde, il émane d’elle un parfum méditerranéen : c’est comme s’il s’agissait d’une fausse véritable blonde. Je crois comprendre que ce n’est pas vraiment la couleur des cheveux qui détermine le fait qu’une femme soit blonde ou brune mais peut-être la profondeur des son regard et son sourire aussi, sans oublier le magique et invisible rayon que dégagent les pores de la peau.

Une bonne heure bercés et caressés par les bulles de l’hydromassage nous a requinqués et la fatigue accumulée au soleil sans pouvoir profiter des joies de la mer a disparu. Nous continuons alors notre visite des locaux et nous nous dirigeons vers les portes à battant qui ressemblent à celles d’un saloon. C’est une mélodie familière qui nous attire et nous guide : la bande sonore du film « buena vista social club ». Au centre de la salle, une piste de danse sur laquelle jonchent des pétales de fleurs multicolores. Personne ne danse mais plusieurs clients sont assis autour de la piste. Certains sur des tapis de jute, d’autre sur des poufs de velours brodés de fils multicolores, d’autres encore sont confortablement installés dans de cossus sofas de cuir brun.

Au sol, de grand paniers d’osier permettent de mettre à disposition des clients un grand choix de fruits de saison : pêches, abricots, grappes de raisin en abondance n’attendent qu’à être dégustés.

Et comment résister à la musique de Compay Segundo ? aussi, rapidement, deux jeunes femmes viennent prendre place sur la piste. Elles marchent main dans la main pour rejoindre le centre. Leurs pieds nus sont ornés de bracelets dorés décorés de minuscules clochettes. Elles entrent dans la danse en se regardant dans les yeux en se tenant par la main pour trouver le rythme juste. Par les jeux de leurs pieds qui évoluent en demi-pointe, elles soulèvent le tapis de pétales et l’effet visuel est encore plus agréable. On dirait même qu’elles volent à quelques centimètres au-dessus de la piste. Les deux jeunes femmes sont minces et élancées et se ressemblent. Dans le mouvement de leur danse c’est simplement par la couleur de leurs cheveux et à leur paréo de soie transparente que l’on peut les différencier l’une de l’autre. La jeune femme aux cheveux châtain clair l’a enroulé sur ses hanches au-dessous de sa taille. Il recouvre ses parties intimes que l’ont peut voir par transparence. Les maillons de sa ceinture dorée s’alternent avec de petites perles en forme de gouttes d’eau aux reflets vermeils assortis au paréo. A même la peau, la ceinture n’est là que pour exalter les formes de son corps puisque sous le paréo elle est complètement nue. La jeune femme aux longs cheveux bruns a préféré poser son paréo argenté sur ses épaules et le nouer élégamment au creux de ses seins. Ainsi, l’une cache son sexe et ses seins dansent doucement soulevés par les mouvements de son corps pendant que l’autre les enveloppe autour d’un tissu précieux mais nous dévoile la forme et la couleur de son sexe partiellement épilé. Lentement, la musique les rapproche et parfois la pointe de leurs seins se touchent. Elles dansent au dessus du sol, dans un nuage de tendresse qui nous hypnotise car il est difficile de détacher le regard de cette scène voluptueuse qui s’offre à nous. Je  les croyais amies, elles sont aussi amantes. Et quand celle au cheveux bruns effleure tendrement les lèvres de sa compagne on devine rapidement que la danse n’est que le prélude à des ébats plus sensuels. Elles ont maintenant leurs bras gauches enlacés autour des hanches de l’autre et se caressent mutuellement le visage avec la main droite. L’harmonie de leurs mouvements laissent penser qu’elles ont trouvé le mouvement perpétuel et que jamais elles ne s’arrêteront de danser jusqu’à la fin des temps. Leurs caresses cadencées par la musique cubaine semblent les gestes les plus tendres pouvant exister entre deux êtres humains. Les lumières tamisées du salon créent des jeux de d’ombres et leur reflet au sol raconte aussi l’histoire de cette union divine. Les mains qui caressaient leur visage ont glissé vers leurs seins et quand pour la seconde fois leurs lèvres se rencontrent, irrésistiblement leurs langues se cherchent, d’abord dans un baiser léger puis dans une bataille excitée à travers les extrémités qui se lèchent avec passion. La jeune brune plonge ensuite son visage dans le cou de sa compagne pour embrasser et mordiller son cou. Les deux femmes sont ancrées l’une à l’autre. Un fièvre sensuelle les gouverne.

 La musique a changé, Compay Segundo a cédé la place à une douce mélodie new age qui rappelle le son des cascades et le chant des oiseaux dans la montagne.

Cette musique d’ambiance propice à la relaxation à un effet immédiat sur toutes les personnes présentes. Les corps nus s’allongent sur les tapis, sur les divans ou sur les matelas et les couples qui à peine dégustaient fruits et boissons s’enlacent et se retrouvent dans l’intimité commune. Les deux jeunes femmes ont aussi quitté la piste pour retrouver leur angle d’intimité. Leurs premiers ébats ont sans doute réveillé les sens de tous les autres car une pluie de douces caresses s’abat sur tous les corps. Les effleurements se transforment rapidement en caresses plus intimes.

 De loin, j’ai reconnu le jeune couple de parisiens. Lui est appuyé contre le mur. Il a replié ses jambes en tailleur pour offrir à son amie un siège confortable tandis que ses pectoraux font office de dossier. Complices, les deux amants observent d’abord les évolutions des autres personnes mais peu à peu leurs yeux se ferment et leurs mains aussi entament une sublime ballet de caresses. C’est lui surtout qui prend soin d’elle. Il masse d’abord sa nuque puis ses mains caressent ses cheveux pour reglisser ensuite vers le cou qu’il ne peut résister de mordiller. Elle caresse ses genoux. Parfois aussi, ses mains passent derrière elle et l’on comprend qu’elle sollicite le sexe de son partenaire par les attouchements qu’il aime. Lors de ces moments là il hausse légèrement les épaules et donne l’impression de reprendre son souffle. Ils restent ainsi pendant de longues minutes. Puis ils se mettent à genoux. Lui est toujours derrière elle. Il la plaque contre lui pour mieux masser son ventre plat et ferme. Ses caresses sont sensuelles mais énergiques et souvent les mains, de façon alternée, glissent vers le pubis de sa jeune compagne. Parfois la main ne fait que frôler les grandes lèvres, parfois c’est un seul doigt qu’il fait glisser plus profondément avant de le tourner délicatement et mieux sentir l’excitation naissante. Elle se touche aussi pour récupérer son liquide vaginal qu’elle lui offre dans la bouche du bout des doigts. Il suce goulûment tous les doigts imprégnés de son suc et d son odeur puis continue à baiser sa main.

A l’improviste, il pousse sa compagne et plaque sa tête au sol. On peut imaginer qu’elle n’est pas vraiment surprise. Au contraire, son visage parle. Ses yeux brillent. Ses bras la soutiennent pendant qu’elle réhausse son postérieur afin que son compagnon puisse en disposer comme il l’entend : une main sur ses hanches et sans plus attendre, il s’introduit dans son vagin en position de levrette. L’enclenchement est parfait. Anacreonte note aussi la perfection de l’union de leurs corps. Ainsi, ils entament un seul et unique mouvement qui fait tanguer leur corps pendant de longues minutes…c’est une pénétration sans fin…Ils rappellent le rythme cadencé et équilibré des jeunes femmes sur la piste. Et il est vrai que pendant ces moments de plaisir complice ton corps semble transmettre à ton âme des notions d’éternité : le plaisir procuré va au-delà de tous les plaisir que nos cinq sens peuvent procurer. Pendant ces instants de profonde intimité, paradoxalement, les êtres rejoignent un bien-être éternel.

 Nos yeux et nos esprits sont décidément agréablement bouleversés par toutes ces sensations. Pour l’instant j’essaie de traduire les impressions du spectateur. Mais tu peux imaginer que dans une telle ambiance, le spectateur devient facilement acteur …

C’est ce qui est arrive à un autre couple qui après avoir observé l’évolution de leurs corps, manifestement eux aussi très excités, rejoignent le salon central pour se livrer à leurs ébats. Nous les suivons. Leurs baisers sont voluptueux, leurs mains agiles, leurs élans impétueux. Leur excitation est grande et ils ont besoin l’un de l’autre pour retrouver le calme apparent et profiter  pleinement de leur rencontre avec que leurs orgasmes ne devienne incontrôlable. Sans doute pour ne pas le déclencher immédiatement les amants détachent légèrement leurs corps et respirent haletants, allongés main dans la main. Peu à peu ils se retrouvent et leurs baisers les rends à nouveau intimement complices sur le chemin qui conduit lentement aux plaisir. Ils ont choisi de choyer tous leurs sens le plus longtemps possible : l’homme prend l’un des petits flacons et verse sur le corps de sa compagne une huile dont l’essence fleurie parvient jusqu’à nous. Il l’étale au bas de ses reins et la masse avec fougue et sensualité. Il enduit également ses pectoraux de la même substance. La femme se positionne alors à genoux devant lui. Tout en léchant son cou, elle masse sa poitrine et son ventre musclés. Elle choisit ensuite deux des petites pinces à cheveux, un masque pour les yeux et un cordon de velours. Sa main glisse sur les parties intimes de l’homme pour solliciter son sexe et pendant qu’elle l’appuie contre son ventre à hauteur de son nombril, elle bande les yeux de son compagnon et noue ses mains derrière son dos. Il est à genoux. Elle aussi, face à lui. Elle lui ordonne de ne pas bouger. Il reste ainsi, ses genoux sont légèrement entrouvert. La femme s’allonge alors complètement et positionne sa tête entre les jambes de son compagnon avant d’introduire dans sa bouche son sexe surexcité. Lui gémit de plaisir. Dans chacune des mains de l’homme elle dépose une pince à cheveux, puis, une fois ses mains libérées, elle les fais glisser sur les côtés jusqu’à ce qu’elles atteignent le postérieur de son compagnon. Elle le caresse donc pendant que ses lèvres sensuelles sucent la verge extrêmement tendue de son amant. Lui semble être au septième ciel. Toujours appuyé sur ses genoux, il applique les pinces sur la pointe de ses mamelons. Il a l’air de connaître et d’apprécier le plaisir douloureux qu’il se procure. Parfois il sursaute aussi. Au bout de quelques minutes, contrevenant aux indications de sa maîtresse, il plonge lui aussi vers le sol. Sa tête rejoint les pieds de sa compagne. Il les caresse, les mordille, les lèche pendant que son bassin effectue des mouvements circulaires pour que son sexe explore au mieux la bouche de la femme. Petit à petit l’homme couvre de baisers toutes ses jambes et quand sa bouche arrive au niveau de son pubis, il utilise la pointe de sa langue pour titiller son clitoris. De leur union s’échappent des gémissements de joie à n’en plus finir. Elle le suce et il la lèche pendant encore un long moment….il est facile d’imaginer la suite car leurs corps sont à nouveaux hors de contrôle, l’homme se laisse glisser une seconde fois vers les  pieds de sa compagne, il s’agrippe à eux de la main droite pendant que la gauche à rejoint le sexe humide et gonfle de la femme pour remplacer le mouvement de la langue. Encore un instant…leur position détendue ne peux plus les empêcher de se perdre en même dans un orgasme profond qui a un agréable arrière-goût de libertinage.

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