Le chanteur kabyle, Salah Sadaoui,
est d�c�d� avant-hier, � Paris � l��ge de 69 ans des suites d�une longue
maladie.
L�interpr�te de la fameuse " Icherqed y
itij ", est donc parti en silence, lui, qui a berc� des g�n�rations
enti�res d�immigr�s durant les ann�es 1960 et 1970.
N� � M�chedellah en 1936, Salah Sadaoui vivra l�essentiel de sa jeunesse �
Alger, � La Casbah exactement o� vivait son p�re qui revenait d�un exil en
France.
Tr�s jeune, Sadaoui int�gra la chorale de l�association �L�esp�rance
sportive" gr�ce � laquelle il fit la connaissance d�un autre monument de
la musique alg�roise, Amraoui Missoum, qui dirigeait un orchestre. Sa
passion pour la musique s�accentua avec la d�couverte de la musique
�gyptienne � travers, notamment, les com�dies musicales de l��poque.
En 1954, Salah Sadaoui quitte le pays pour �migrer en France � l�instar de
beaucoup de ses cong�n�res. A peine arriv�, le jeune chanteur commen�a �
animer des soir�es dans les caf�s nord-africains que fr�quentaient
notamment les immigr�s, avant que Amraoui Missoum ne l�int�gre dans son
orchestre comme batteur et choriste.
Il n�h�sitera pas � percer dans le domaine de la chanson, quelques ann�es
apr�s son arriv�e en France. Commen�a alors sa longue carri�re en solo
avec des chansons en arabe alg�rien mais surtout en kabyle. En plus de ses
propres interpr�tations, Salah Sadaoui composa des chansons pour d�autres
artistes � l�image de Meriem Abed et Samy Djazairi.
En plus de la chanson, Sadaoui s��tait �galement int�ress� au th��tre avec
ses fameux sketchs jou�s avec l�autre com�dien Kaci Tizi Ouzou.
Salah Sadaoui, � l�instar des autres chanteurs de sa g�n�ration, aborde
des th�mes li�s � la vie dans l�immigration et les al�as de la vie
quotidienne. C�est d�ailleurs le th�me-phare de sa c�l�bre chanson " itij
". " Yulid yitij yuli was, tedwa tafat af medden ilkelli � ", chante-t-il
entre autres. C��tait �galement le premier chanteur de sa g�n�ration �
rendre hommage au barde Si Muhend Umhend dans " Tsghennigh Si Muhend
Umhend Amokrane n chu�ara" dans laquelle il a repris plusieurs po�mes du
barde. Il a �galement rendu un autre hommage � Slimane Azem dans " A Ammi
Slimane ".
Parall�lement � la chanson, Sadaoui occupait une boutique de disques �
Paris, au boulevard Stalingrad, qui servait de carrefour pour beaucoup de
chanteurs kabyles. Il avait anim� des concerts, m�morables avec les
grandes figures de l��poque � l�image d�Akli Yahiat�ne, de Taleb Rabah
notamment, au profit des �migr�s maghr�bins.
C�est dire que c�est l�une des grandes figures de la chanson alg�rienne
qui nous a quitt�s. S�il est vrai que son corps a disparu, il n�en demeure
pas moins que son h�ritage artistique est inestimable. La preuve en est
qu�il est admir� m�me par la nouvelle g�n�ration de jeunes qui n�ont pas
eu la chance de le voir se produire sur sc�ne. M�me la t�l�vision
nationale ne parle pas de lui. Enfin� c�est devenu une habitude.
Ali B