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Tiddukla Tadelsant Tamazight di Ottawa - Hull
Association Culturelle Amazighe � Ottawa-Hull
 Amazigh Cultural Association in Ottawa - Hull
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             Le mouvement citoyen ou l'histoire de la dignit� rebelle
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� Le plus fort n'est jamais assez fort, pour �tre toujours le ma�tre, s'il ne transforme sa force en droit et l'ob�issance en devoir. � (Rousseau)


             Des mois apr�s sa naissance dans le feu des �v�nements tragiques du Printemps noir, la protestation citoyenne a d�sar�onn� le pouvoir et assi�g� le syst�me politique alg�rien. Malgr� la violence d'une r�pression sauvage qui a fait 125 martyrs, des milliers de bless�s et une s�rie d'arrestations et d'intimidations, cette r�volte ne semble s'apaiser. Cette contestation port�e de haute lutte et jalousement prot�g�e par la population et la frange juv�nile en particulier confirme encore une fois le refus d'abdiquer devant le pouvoir.
            Ce dernier n'a pu h�las cr�er qu'un Etat injuste et les institutions les plus impopulaires o� se c�toient l'impunit� et l'indiff�rence � l'�gard de la souffrance du peuple. La r�volte citoyenne a commenc� le 18 avril 2001, apr�s l'assassinat par la gendarmerie � B�ni Douala de Guermah Massinissa. La mort tragique de ce jeune lyc�en, au pr�nom � combien symbolique, a allum� la m�che de la protestation.
          Ainsi il n'est pas �tonnant que cette r�volte d�marre de la Kabylie, r�gion culturellement distincte et poss�dant des traditions de lutte, h�rit�es de longs combats d�mocratiques, men�s depuis l'ind�pendance. Pour rappel, cette r�gion frondeuse a �t� toujours en �bullition et a �t� le bastion du Mouvement national alg�rien. Vouloir expliquer le mouvement du Printemps noir en n'�voquant que la revendication identitaire, c'est diluer d'abord et �vacuer ensuite la question r�elle pos�e par une soci�t� meurtrie et r�duire la complexit� de la crise alg�rienne puis passer sous silence la r�alit� des rapports sociaux en uvre par l'�vacuation de ce qui constitue le nud central de l'Alg�rie d'aujourd'hui, � savoir une jeunesse en p�ril marginalis�e et mise en � quarantaine sociale � et sans rapport � l'Etat.
          La revendication culturelle a servi de d�tonateur l�gitime. Toute tentative de pousser le mouvement vers de fausses pistes id�ologiques sur des bases identitaires et r�gionalistes n'est qu'une diversion choisie par le pouvoir et ses sous-traitants politiques pour sauver leur syst�me agonisant. Il y a lieu de rappeler que les manifestations ont �t� conduites autour des mots d'ordre nationaux et ce mouvement citoyen a su exposer par le biais de la plate-forme d'El Kseur la probl�matique de la politique g�n�rale qui touche la soci�t� et par la m�me exprim� une revendication identitaire qu'il est impossible d'�carter tant elle exprime le refus d'ali�nation culturel impos�e au peuple alg�rien. Cette plate-forme a mat�rialis� le rejet du syst�me honni qui m�le terreur et corruption, r�gression et islamisme politique.
            Depuis le d�but des �v�nements, rien n'est comme avant. Les certitudes confortables se sont effondr�es, le pouvoir est mis � nu. D�sormais, le mouvement citoyen est sorti des entrailles du peuple alg�rien et non de la t�te du pouvoir.
           Des milliers de jeunes se jettent dans la rue au cri � Ulac smah ulac �. Ce slogan demeure original et comporte, d'une part, une symbolique r�v�latrice d'un engagement et d'un d�fi qui nous assignent d�sormais � ne plus c�der devant l'amn�sie et l'oubli, d'autre part, il r�clame une vengeance sociale qui bannira l'impunit�. En effet, cette jeunesse a pos� un probl�me national. C'est � coups de pierres que ces jeunes ont fracass� le miroir d�formant que le pouvoir a toujours impos� � la soci�t�.
            Ceci a permis de voir ce qui a �t� jusque-l� mal per�u. H�las le pouvoir fait preuve d'un autisme persistant. Le mouvement citoyen a d�voil� les antagonismes majeurs qui l�zardent le pouvoir et a donn� � voir les questions r�elles pos�es par la soci�t�. Cette derni�re n'est pas un troupeau � mener par des r�formes mais un ensemble d'acteurs sociaux aptes � penser leur �mancipation. Ainsi la soci�t� civile est le seul instrument efficace pour un changement qualitatif eu �gard � l'�loignement radical de la classe politique de son interlocuteur central qu'est la soci�t�. La majorit� de l'opposition n'est qu'un continuum de la d�rive du pouvoir et ne peut pr�tendre r�pondre aux aspirations du peuple. Cela peut para�tre g�nant et d�sagr�able � certaines oreilles ! L'action politique en Alg�rie se r�sume � une ribambelle d'ambitions et de rivalit�s de personnes et se manifeste � chaque �ch�ance �lectorale, il est clair que la d�mocratie perd son sens et sa cr�dibilit� dans de pareil cas. Le sort des citoyens ne d�pend pas de ces �lus mais d'enjeux de clans opaques. L'espoir plac� dans les vertus de multipartisme se fane syst�matiquement, ce multipartisme de pacotille manipul� et manipulable est devenu la seule image de la d�mocratie.
              On tend h�las vers une d�mocratie sans intensit� o� ceux qui se posent comme alternative sont sans alternative. Nous n'avons qu'� voir la campagne �lectorale pour se rendre � l'�vidence que les candidats ont soigneusement �lud� de pr�senter des programmes �conomiques pr�cis et clairement circonscrits, pour l'unique raison qu'il n'y avait pas de diversit� des programmes �conomiques mais unanimit� variablement formul�e autour de l'orientation lib�rale engag�e par le pouvoir m�me si tel ou tel candidat se r�clame de gauche, d'une d�mocratie centriste ou de droite. Y a-t-il eu un seul candidat qui a abord� la question �conomique en pr�sentant un programme s�rieusement �labor� et franchement explicit� ? Ce qui nous aurait permis de le reconna�tre et de l'identifier � la matrice id�ologique qui l'a couv�. Pourquoi nous parler s�rieusement de pluralisme politique sans antagonismes id�ologiques ax�s sur l'�conomie.
             C'est pour cela qu'il n'est point permis de parler, en l'�tat actuel des formations politiques, de pluralisme politique mais de pluralit� de configurations d'un m�me syst�me. Il est tout � fait inconcevable que les partis reprennent les slogans populistes du pouvoir sans verser dans l'amalgame qui m�ne � l'impasse
              � Dans un pays comme le n�tre, disait le professeur Benoune, la politique doit �tre une passion qui exige d'abord la lib�ration de soi pour servir son peuple, elle devient art de bien gouverner lorsqu'elle aura �t� longtemps mise au service des humbles, des exploit�s, des opprim�s, des laiss�s-pour-compte et des bienfaiteurs de l'humanit� �1.
              Devant une position effrit�e et incapable de se poser comme alternative dans sa majorit�, le mouvement citoyen fait appara�tre des conditions pour la production d'un projet politique salutaire et la volont� de le faire aboutir. Toutefois, la r�ussite de ce projet d�pend de la capacit� � r�unir les partis progressistes, les syndicats, les universitaires et le mouvement social � l'�chelle nationale et de r�ussir l'int�gration de ces composantes. En quelques mois seulement, ce mouvement a fait exister des objectifs politiques que des partis avaient abandonn�s ou refoul�s. Il a apport� des m�thodes d'action qui recourent � l'efficacit� symbolique, qui d�pend de l'engagement de ceux qui manifestent, il fait na�tre de nouveaux contenus, des buts et des moyens.
               Il est n�cessaire que les intellectuels se mettent � l'�cole des gens simples et s'associent au mouvement social, car nous sommes devant un pouvoir d�shumanis� qui repr�sente une menace constante � toute libert� et dignit�.
               Il faut renoncer � ces mani�res d'autoriser des d�missions, � commencer par ceux qui se confinent dans des tours d'ivoire. Cette fuite dans la puret� pour le motif de r�serve scientifique et d'objectivit� a des cons�quences sociales graves, au lieu de produire des connaissances critiques sur les m�canismes de domination. L'�lite alg�rienne fonctionnalise la pens�e et sombre dans les renoncements et les reniements. � Il �tait plus all�chant pour ces �lites de penser bien que de penser juste, sans jamais montrer leur dissidence qu'il y a une autre mani�re de penser et d'agir, au service de l'Etat ; elles �taient les conseill�res du prince. �2 Il est n�cessaire que les intellectuels se donnent comme t�che de r�sister contre l'effet symbolique qu'exercent les experts et les intellectuels organiques engag�s par le pouvoir � lui servir de paravents pseudo-scientifiques. La servilit� envers le pouvoir et l'indiff�rence devant le d�sespoir des d�munis ont toujours justifi� les dominations. L'implication civique attendue de l'�lite ne prend son sens qu'une fois affranchie de l'emprise de la volont� des d�cideurs et ind�pendante � l'�gard de tous les syst�mes de domination en laissant la place � la pens�e critique et autonome et r�solue � aller � l'encontre des id�es dominantes. La t�che premi�re de l'intellectuel devant les crises qui secouent la soci�t� est de d�coder le langage de la r�volte, d�crypter ses significations sociales et culturelles et aider les acteurs sociaux � penser leur �mancipation. Les mouvements sociaux sont devenus les nouvelles locomotives auxquelles s'attellent les acteurs sociaux (individus) porteurs de capacit�s plus efficaces de changement.
                  Changement qui ne surviendra jamais en mettant un bulletin dans l'urne, les exp�riences pass�es nous ont d�montr� que la passivit� � laisser le champ libre aux �lus, ceux-ci ont laiss� � leur tour le champ libre au pouvoir. Ce dernier nous livre au fatalisme et au d�faitisme. Tous les d�bats d�terminants pour l'avenir du pays sont totalement occult�s par nos �lites politiques int�gr�es au pouvoir ou bien opposantes obs�d�es par le pouvoir mais aveugles, sourdes et muettes envers la soci�t�. Ainsi la majorit� des citoyens ne se reconna�t ni dans le pouvoir ni dans son opposition, il ne lui reste, comme forme de protestation, que l'�meute et laisse entrevoir l'�cart irr�ductible entre la soci�t� � laquelle elle aspire et celle quelle rejette. Ceux qui ont pris la parole dans la rue sont d'abord les exclus du syst�me, ceux qui forment la soci�t� oubli�e, les victimes du d�ni identitaire et les opprim�s en g�n�ral. Ils descendent dans la rue pour se battre contre le monde d'en haut, contre les puissants et les riches ind�ment promus.

                L'Alg�rie est �branl�e par un changement radical de l'�conomie. En dix ans, le r�le de l'Etat a radicalement chang� sous la pression des institutions mon�taires internationales. Une lib�ralisation aussi brusque que d�brid�e, subie plut�t que n�goci�e, � eu pour cons�quences la faillite des entreprises et la panne de l'�conomie nationale. Au moment o� le taux de ch�mage augmente, le licenciement redouble de vitesse. Le transfert de la rente du monopole d'Etat vers le monopole priv� s'effectue dans l'opacit� totale.
                 En effet, entre les diff�rentes structures du pouvoir, un nouveau deal qui exclut et met hors histoire la majorit� du peuple est conclu. Continuer � focaliser les d�bats sur les luttes de clans au sommet de l'Etat et faire croire aux Alg�riens l'existence d'un clan au sein du s�rail favorable � la d�mocratie et � la justice sociale revient � s'illusionner et � s'interdire de comprendre ce qui se passe en r�alit�. Les nouveaux riches appuy�s par les barons du syst�me tentent de soumettre toutes les institutions � leur bonne volont�. Une caste de privil�gi�s dilapide les richesses du pays et enfonce l'Alg�rie dans une v�ritable impasse. L'Alg�rie a abord� un processus de fragmentation et de dislocation du lien social. La violence et la gabegie s'inscrivent dans une longue histoire, ce malaise ne peut passer sans bruit, la rue a repris la parole car la crise multiforme est aggrav�e par la politique de caporalisation des syndicats, des parties et du mouvement associatif, l'absence de ces mouvements autonomes susceptible de donner un sens aux luttes populaires.
                       La fermeture des voies de luttes pacifiques ne laissant possible que l'�meute. C'est � coup de cailloux que l'Alg�rie pauvre, marginalis�e et humili�e clame un changement radical et un nouveau contrat social. H�las, l'�meute a inscrit son nom sur le registre de l'acte politique en Alg�rie. Ces quelques actes de violence dus � une � sociose � qui est caract�ris�e par une s�rie de fractures profondes, ne sont qu'un rappel � l'ordre.
                      La contestation populaire, jadis enferm�e dans les usines et les universit�s, s'�lance dans la rue pour v�hiculer d'autres revendications et exprimer en plein air le marasme social. Son chef et son �tat-major, le ras-le-bol a pour pendant le rejet total du syst�me. Le peuple mis hors histoire et astreint � une vie fond�e sur une � culture de la survivance �3 ne peut plus accepter la pr�sence d'un Etat absent qui ne r�pond plus � la demande sociale. Par l'�meute, il se r�v�le � un monde qui semblait l'avoir perdu de vue et � un Etat qui l'a reni�. Ne perdant pas seulement les rep�res priv�s de leur culture et de leur dignit�, les masses juv�niles sont d�pec�es et saucissonn�es. La pauvret� ambiante et le manque d'assurance d'une vie ma�tris�e rendent le quotidien insupportable.
                        L'�meute est devenue le message et le moyen s�r de communiquer dans cette soci�t� du vide o� la base ne parvient plus � comprendre les d�cisions, ni � savoir o� elles se prennent. � Le vide social est d'abord l'apparition de cette distance presque infranchissable entre la base et le sommet, le local et le global. Distance cr��e par la disparition et l'usure de nombreux canaux m�diatiques, code de communication, la base ne sait pas o� est le pouvoir, comment le chercher et comment s'adresser � lui pour se faire entendre et l'influencer �4. Le pouvoir par sa r�pression et ses appareils id�ologiques tente d'annihiler tout projet de soci�t� qui diff�re de sa vision r�duite. Cette camisole mentale risque d'�radiquer toute distance critique par rapport � l'ordre �tabli, aussi ce pouvoir absorbe, accapare mais ne pr�pare pas le citoyen � prendre sa place dans la soci�t�. Le mouvement de protestation est un acte fondateur de la citoyennet� par excellence qui nous impose en priorit� d'�tre en contact avec les gens. Les propositions les plus justes, les plus d�mocratiques, les plus rationnelles et les plus dignes finiront par vaincre. Le devoir de chacun est d'aller � l'encontre des nouveaux dogmes et du silence. Seule la mutation de la pens�e assurera un saut qualitatif du mouvement. Il ne s'agit plus d'interdire les id�es des autres, mais plut�t d'�largir le d�bat, de permettre l'expression libre et la soci�t� tranchera en derni�re instance. Le discours critique p�rennise le mouvement sain de la soci�t�, p�nalise et ghetto�se le pouvoir et l'Etat hybride fait de bourgeoisie renti�re et de conservatisme de forme.
                        Pour pr�server cette dynamique porteuse d'espoir d�mocratique, il y a lieu de mettre fin aux tentatives visant � remettre en cause la structure horizontale du mouvement. La sagesse sugg�re d'�largir la conception du mouvement et impliquer les citoyens pour g�rer cette contestation. Le pouvoir a tout fait pour lui greffer une structure verticale, seul moyen pour lui de le d�sint�grer. L'autocritique rationnelle est imp�rative. Elle corrige les erreurs n�es de l'urgence du combat et permet le d�passement des obstacles et lib�re la voie vers l'aboutissement des luttes. Les animateurs doivent imp�rativement d�velopper leur propre r�flexion sur le sens du mouvement, la signification de la lutte et liquider toute subordination � un courant politique ou � un clan du pouvoir. Faute de quoi, ce dernier trouvera une large marge de manuvre et se servira du r�gionalisme ou de l'autonomie pour survivre. Toute tentative de proposer � l'heure actuelle la r�gionalisation comme solution de sortie de crise n'est autre qu'une mani�re r�fl�chie et une ruse pour sauver le pouvoir de sa propre chute. Les clans qui se sont partag�s le pouvoir depuis 1962, ont vu leur force us�e, en panne d'id�es, avec des appareils d�liquescents, sans ambitions et sans projets, ils ne peuvent se r�g�n�rer. S'ils arrivent � se partager les territoires apr�s s'�tre partag� la rente, les clans du pouvoir feront rena�tre le syst�me de ses cendres. L'histoire atteste que devant les grandes contestations populaires les pouvoirs despotiques, qui par nature sont craintifs, voient dans la parcellisation des luttes, la ghetto�sation des protestations et l'isolement des hommes le gage le plus certain de leur propre dur�e, ainsi ils mettent tous les moyens n�cessaires � isoler les �nergies du changement pour mieux assainir pour ensuite servir et fossiliser le mouvement historique.
                          Ainsi la seule voie portante de changement r�el et authentique loin du repl�trage et du r�formisme n'est que le d�part du syst�me et son d�passement historique. Cette voie r�volutionnaire et pacifique doit canaliser les contestations � l'�chelle nationale et aboutir enfin � un front d'alternative d�mocratique, il a lieu de retenir que chaque fois qu'un mouvement se remet en marche, gr�ce � l'intervention du peuple et � des militants sinc�res, des opportunistes tentent soit de le ralentir, de le d�tourner de son objectif, ou bien de le d�vier. Les �lections en Alg�rie ne sont qu'un moyen de contourner la v�ritable voie de sortie de crise et maintenir la pens�e unique qui d�veloppe avec elle la notion d'irr�ductibilit�. Un syst�me qui est, doit �tre parce qu'il est. Ainsi on se trouve pi�g� par la fatalisme. Pourtant un regard � l'histoire d�montre que l'id�e d'irr�versibilit� est caduque. Il y a lieu de signaler que l'absent�isme �lectoral a �t� durant des ann�es un ph�nom�ne sociologique qui a caract�ris� la soci�t� alg�rienne et renseign� sur la disponibilit�, l'attente de la soci�t� au changement et sa facult� de dire non. L'�mergence du mouvement citoyen a r�ussi � canaliser les luttes et transform� l'absent�isme en rejet �lectoral. Ce saut qualitatif a donn� un contenu politique et laisse entrevoir un projet de changement radical et une volont� de d�mocratiser la vie politique publique. La crise alg�rienne ne pourra se r�gler qu'en favorisant l'�mergence d'une r�publique de citoyens, qui, � son tour, ouvrira des perspectives r�elles dans les diff�rents domaines qui touchent la dignit� du citoyen. Cette entreprise du salut signifierait la rupture avec le pouvoir de la rente, la manipulation de la religion, l'extension de la rapine, l'exclusion et l'autoritarisme. Pour s'atteler � une telle t�che, une r�volution des murs politiques s'impose. Ainsi toute strat�gie sinc�re visant � mettre fin � la trag�die actuelle doit se baser sur la satisfaction de la plate-forme d'El Kseur et surtout consacrer la primaut� du pouvoir civil sur le militaire. Ce saut qualitatif permettra d'une part d'enterrer une p�riode historique noire et d'autre part achever l'uvre de Abane et de nos valeureux martyrs. Par ailleurs, il y a urgence de combattre la corruption, s�parer la religion du politique, r�former l'�cole et l'ouvrir � la science et � l'universalit� et arr�ter le bradage �conomique et surtout la destruction des secteurs de souverainet� et combattre les id�ologie de domination et de tyrannie mondiale qui se pr�sentent sous le masque de l'universalit�, enfin n�gocier la mondialisation en pr�servant les int�r�ts du peuple alg�rien et se soustraire aux injonctions du FMI. Il faut rappeler que les accords conclus avec les instances mon�taires internationales ne sont pas une coop�ration fructueuse mais une suite d'oppressions.
                            A chaque fois que les contradictions sociales atteignent leur maturit� et s'expriment par un mouvement social porteur d'espoir d�mocratique, on a tendance � chercher son origine non dans la dynamique historique mais � l'expliquer par la main invisible des clans, ainsi on finit par l�gitimer l'action par le haut et la rendre la seule alternative possible de changement.
                            Le mouvement citoyen n'est pas une conspiration mais refl�te un ras-le-bol g�n�ral, cette r�bellion d�mocratique deviendra � coup s�r un grand mouvement qui va clore un cycle historique et r�pudier le syst�me actuel. A travers cette protestation pacifique, il est clair que seul les mouvements sociaux �manant des profondeurs de la soci�t� civile peuvent �tre les garants de la d�mocratie et susceptibles de transformer les luttes populaires en projet positif. Le mouvement citoyen est un nouveau d�fi � un pouvoir d�shumanis� et ent�t�, et le seul moyen pour sortir l'homme de la foule et le citoyen du despotisme.


Sili Kamel, syndicaliste

(1) Mahfoudh Benoune, Esquisse d'une anthropologie de l'Alg�rie politique.
(2) L'exclu, l'intellectuel et l'Etat, Sa�d Chikhi revue Naqd n� 2 (1992).
3) Samir Nair, Tiers Monde et syst�me diadoque.
(4) Ive Borrel, La soci�t� du vide, collection Empreint. Seuil p.84
Sili Kamel, syndicaliste

19/20-04-2004 journal Le Matin - Algerie

     

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