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Randonn�e � travers l�Histoire
La Kabylie visit�e de ses lointaines origines
http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=32343&ed=MTM4Mg==
Partir en vill�giature
pour une randonn�e au pays de l�Homme libre, est l�une des excursions
les plus compl�tes qui soient. Ce n�est pas seulement la montagne qui
attire, c�est aussi les collines verdoyantes, ayant un aspect de fra�cheur
rustique, qui repose la vue et l�esprit. Les jeunes bois ondoyant leurs
tendres cimes sous le vent, comme des panaches verts ; les for�ts s�culaires,
dont les hautes branches menacent les nues ; la rivi�re capricieuse,
bordant de ses arabesques gris argent, le tapis �maill� des prairies.
A
tout instant, le terrain s�emplit d�accident et se d�chire,
accentuant � chaque pas la sc�ne des contrastes. C�est aussi une
succession de vall�es fleuries, de campagnes parfum�es, de pics escarp�s,
de grottes nombreuses, de cavernes inaccessibles. Dans cet environnement
fantastique, d�un paysage myst�rieux et profond, le regard se pose dans
un mouvement contemplateur, sur les hauts pitons ou plaqu�s sur les cr�tes
anguleuses, accroch�s au rocs abrupts ou blottis dans les t�n�brosit�s
des �chancrures. Les Kabyles �montagnards� ne sont pas moins curieux
� observer : Ceux �d�en bas� n�ont ni les m�mes m�urs, ni les m�mes
coutumes, ni le m�me temp�rament que ceux �d�en haut�. Le Kabyle
est issu d�une race tr�s belliqueuse, formant un monde qui pr�sente ce
spectacle singulier d�un ordre social tr�s r�el, maintenu dans le
respect des traditions, sans une ombre de gouvernement distinct du peuple
lui-m�me. Cependant,
la Kabylie
c�est aussi des gisements miniers, tels que : les mines de fer, de plomb,
de calamine, de cuivre, de carri�res bonne qualit�. Les figues qui
viennent de l�, ont une saveur appr�ci�e. Au centre de ce territoire
montagneux soumis � la rigueur d�un climat rude en hiver, et celui
intens�ment caniculaire en �t�, la ville de Tizi Ouzou tr�ne avec une
silhouette d�une grandeur imposante, investie d�une strat�gie
importante sur la r�gulation du flux routier, et le contr�le des voies
principales qui m�nent aux grandes p�riph�ries urbaines de sa r�gion.
Elle est b�tie au pied du mont Belloua qui culmine �
710 m�tres
d�altitude et c�toie un fort, dont l�emplacement reprend les assises
d�un ancien bordj turc, situ� sur le versant sud d�un mamelon de
200 m�tres
de haut. A l�Ouest, une vue compl�te s�offre sur la vall�e du S�baou,
au Nord, sur le mont Belloua, au Sud, sur le versant septentrional du
Djurdjura : � L�Est sur le mont bois� du Tamgout et les contreforts de
Larba� Nath Irathen dont le chef-lieu domine un vaste territoire qui
aligne une vue pittoresque magnifique. Situ�e �
950 m�tres
d�altitude, elle relie les diff�rentes cr�tes de leurs montagnes,
comme un carrefour celle des routes divergentes. Les pics du Djurdjura
sont distants de cinq � six lieues � vol d�oiseau. Son centre urbain
date de juin 1857 dont le b�ti occupe un plateau dominant de trois c�t�s
la Kabylie
, constitu� � l�emplacement du village �Icharioua�.Le fort au nom
duquel fut baptis�e la ville � l��poque coloniale �Fort
National�, occupe quant � lui le flanc Nord-Est sur une cr�te de
965 m�tres
d�altitude. Sa situation, particuli�rement favorable, pr�sente de
chaque c�t� un panorama diff�rent : la vue s��tend du Nord-Est de la
vall�e du S�baou, aux montagnes d�A�t Djennad que domine le Tamgout
� la cr�te chauve, entour� d�un boisement de plusieurs centaines
d�arbres s�culaires. Au premier plan appara�t la ville de Mekla, situ�e
non loin de Djema� Saharidj, qui est une ancienne colonie romaine, dont
les vestiges sont un pan de mur, des colonnes, un bassin en pierres et sur
un monticule, les ruines d�une muraille. Au-del�, on aper�oit la ville
de Fr�ha, qui est � proximit� de celle d�Azazga.Vers l�Ouest, la
vue est toute autre : on devine nettement au fond du ravin, le cours de
Oued A�ssi, au-del�, la cr�te d�A�t Douala et celle d�A�t Mahmoud;
plus loin, la cha�ne de Timzrit et les montagnes des Flissa. Plus �
l�Ouest, celles d�A�t Khalfoun et du Bouzegza, puis les monts de
Blida, et ceux de M�d�a. Par temps clair, la mer s�entrevoit par une
indentation au voisinage de l�embouchure de l�Isser.
Pittoresque
et grandiose
Cependant,
le pittoresque et le grandiose sont dans le panorama du Djurdjura : on a
devant soi cette muraille gigantesque de
40 kilom�tres
de long, aux altitudes qui varient entre 1 900 et
2 300 m�tres
.Le versant Ouest pr�sente la partie la plus compacte et la plus massive,
dont le point �lev�, est Tamgout-Ha�zer qui culmine �
2 115 m�tres
d�altitude, d�veloppant par endroits, des pentes raides qui finissent
leurs descentes dans la plaine de Boghni. Au centre, le massif d�A�t
Irgu�en, qui forme le maillon le plus abordable de la cha�ne, montre des
d�pressions qui sont les passages fr�quent�s des Kabyles, parmi eux
figure le col de Tirourda qui est le plus emprunt�, lorsque le temps est
cl�ment. En avant de celle-ci se d�veloppent les contreforts du massif
profond�ment entaill� par les ravins : les villages se pressent tout
autour sur les cr�tes et semblent autant de forteresses. Sous les yeux la
r�gion d�A�t Yenni, plus loin au bas de la cha�ne, celle d�A�t
Ouacifs, celle d�A�t Akkach, d�A�t Boudrar, puis d�autres, encore
d�autres�tels que ces villages que l�on croit hors du temps,
grouillant d�une population tr�s active, volontaire � la t�che. Plus
loin, � six ou sept kilom�tres en direction de l�Est, une route
secondaire s�ouvre � droite, d�valant une pente douce qui finit
rapidement � Oued Djema�, qu�une travers�e oblige pour se rendre aux
monts d�A�t Yenni. Venant de ce c�t�-l� on passe par le village
Taourirt-Mokrane, o� il s�y fabrique une poterie de formes ph�niciennes.
Approchant par endroits
des pr�cipices qui donnent le frisson. Ayant pass� l�oued qui gronde
au fond du ravin, on atteint enfin les hauteurs o� est assis le village
d�A�t-Lahcen par une sorte de raidillon rocheux, coup� en maints
endroits par des crevasses profondes et longeant des parois de montagnes
aussi raides qu�une muraille. Cette ascension m�ne au sommet d�un pic
bois�, sur lequel s��tage le nid d�aigle dudit village, qui d�tient
le r�le principal dans la contingence d�A�t-Yenni. Tout pr�s, � deux
ou trois cent m�tres de l�, apparaissent deux autres villages, perch�s
sur des pitons escarp�s, entour�s de creux profonds et de pentes
abruptes : ce sont A�t-Larba� et Taourirt-Mimoun; plus loin, presque �
�gale distance, se voit un troisi�me qui est Taourirt-Hadjadj. Ces
quatre grands villages forment l�essentiel de la tribu en question,
abritant une communaut� laborieuse, qui a de tout temps fourni un bras
fort industrieux, et sont notamment : joailliers, orf�vres, armuriers,
forgerons; on rencontre chez eux de v�ritables artistes
aux fins m�tiers. Autrefois, ils ma�trisaient de mani�re
artisanale le fa�onnement de l�ivoire, du corail, imitent et r�parent
minutieusement ces grands fusils arabes de collection, aux crosses nacr�es,
incrust�es d�argent ou d��maux. Les bijoux qui sortent de leurs
mains, ont le fini d�un travail original et portent ce cachet
fantastique qui caract�rise les �uvres du vieil Orient.
Chacun de ces quatre grands villages exerce une activit� distincte,
l�gu�s � ses habitants par une
sorte de privil�ge traditionnel : A. A�t-Lahcen se fabrique les bijoux,
autrefois les armes de luxes ; Taourirt-Mimoun
ma�trisait � l�origine, les instruments aratoires; Taourirt-Hadjadj,
les fabriquants d�outils et les tisserands; enfin, � A�t-Larba� se
faisait la coutellerie d�art et, se disait bastion de la fausse monnaie.
Cette industrie, n��tant plus de nos jours, rentabilisait un commerce
qui faisait ench�re sous cape, florissant la place des march�s,
jusqu�au 19e si�cle. La route qui s��loigne de la r�gion d�A�t-Yenni
et celle de Larba�-Nat-Irrathen, longe le versant d�un contrefort qui
est le plus important du massif kabyle : elle est faite de telle sorte
qu�on observe presque constamment le Sud, et par suite, les aper�us sur
le Djurdjura deviennent plus int�ressants dans leurs d�tails, � mesure
qu�on s�en approche. Elle couvre un parcours qui serpente un paysage h�riss�
de roches �normes, stri� de vall�es profondes sur lesquelles flotte au
vent le tapis iris� des bruy�res. A l�est de Larba�-Nat-Irrathen, �
six ou sept lieues, se trouve la ville de A�n-El-Hammam, baptis�e �
l��poque coloniale du nom de Michelet. Elle �tait chef-lieu de la
commune mixte du Djurdjura, administrant plusieurs tribus et douars, et g�rait
dix-huit �tablissements scolaires, r�partis par la colonisation, �
travers son territoire, et sont destin�s d�assurer une scolarit�
primaire et moyenne � une population paysanne encore m�fiante, peu
encline � reconna�tre les faveurs de cette intention. Parmi cette
infrastructure potentielle destin�e � r�pandre le savoir, deux coll�ges
techniques figurent en haut de l�affiche : l�un sp�cialis� dans
l�enseignement de la forge, l��b�nisterie et la menuiserie g�n�rale;
pour l�autre, implant� dans le village d�A�t-Hichem, un enseignement
g�n�ral destin� � la gente f�minine, dot� d�un volet technique sur
la ma�trise des m�thodes de conception, de la grande f�minine, dot�
d�un volet technique sur la ma�trise des m�thodes de conception, de la
grande tapisserie artistique. A�n-El-Hammam est une ville moyenne,
construite sur le versant sud d�une montagne de
1220 m�tres
d�altitude, favoris�e d�une situation remarquable, comme dominant
toutes les tribus qui s��chelonnent au pied du Djurdjura, offrant un
rapprochement qui permet de distinguer nettement dans tous leurs d�tails,
les masses rocheuses qui jalonnent cette paroi gigantesque et
impressionnante. A son extr�mit� orientale se voient Azzrou-Tidjert, la
pyramide aigu� d�Azzrou-N�thor qui pointe �
1823 m�tres
d�altitude et le pic majestueux de Lalla-Khedidja, dont la masse
imposante de
2308 m�tres
forme le sommet le plus �lev� de la cha�ne. Son altitude domine un vide
extr�mement effrayant ; cependant, offrant une vue fantastique sur le
panorama immense du paysage kabyle. A cet effet, la vall�e du S�baou qui
appara�t dans toute la splendeur de son �tendue; les Hauts-Plateaux les
monts de B�ni-Abbes et ceux du Chabet-El-Akra;
la M�diterran�e
enfin, etc. A l�est de A�n-El-Hammam,
� trois lieues environ, se trouve le village antique de Koukou, �difi�
sur le versant sud d�une cr�te de
1145 m�tres
d�altitude, � l�emplacement d�une ancienne colonie romaine, �tablie
au centre du territoire d�A�t-Yahia.
Un
territoire inviolable
Au
XVe si�cle, il �tait le palais d�un royaume prosp�re et r�gnait au
loin. Koukou d�veloppe une situation qui le rend pratiquement imprenable
et contr�le de chaque c�t�, une vaste �tendue de plaines mamelonn�es,
entour�es de montagnes escarp�es, dont l�altitude varie entre 800 et
1000 m�tres
, au sommet desquelles perchent de nombreux villages qui donnent
l�impression d��tre des forteresses, fig�es dans une position
constante de d�fense. A l�est, tout au bout, � dix ou douze lieues �
vol d�oiseau, se distingue le pic du mont Tamgout qui est d�une
altitude de
1276 m�tres
, ayant la cr�te en plateau, comportant les ruines d�une tour romaine,
sur laquelle est grav�e une inscription donnant des renseignements sur le
monument. De cet endroit s�offre une vue magnifique sur un horizon
constitu� de massifs bois�s et de plaines verdoyantes, et s��tend au
plus loin, limit�e aux derniers plans par le Djurdjura et les contreforts
sur lesquels repose Larba�-Nath-Irrathen, Tizi-Ouzou paraissant � ses
pieds; puis, la mer et une �chapp�e � des montagnes qui disparaissent
dans la brume. Non loin de l�, se trouve Akfadou, r�put� pour son
pittoresque plant� d�une for�t compacte, ayant servi bien avant l��poque
coloniale, de lieu protecteur � des g�n�rations de r�fractaires aux
lois qui versent dans l�ill�galit� et l�arbitraire. Ses contours
servent �galement de d�limitation aux territoires d�A�t Djennad, de
Bou-hini et celui d�A�t Ghobri, dont est issue la tribu qui pourvoyait
le Royaume de Koukou en hommes de combats aguerris, fid�les � leur
engagement pour la s�curit� du roi. Bou-hini est un village d�une
centaine de maisons, �tag�es en entonnoir autour d�un monticule
mamelonn�, d�une hauteur moyenne. Parmi cet ensemble d�habitations,
faites d�une architecture typique � la r�gion, figurait tout en haut
une grande b�tisse qu�on disait la plus propre et la plus coquette de
toutes : c��tait celle du bandit d�honneur Arezki El-Bachir, c�l�bre
dans les ann�es �
1850�
par ses exploits contre la colonne militaire command�e par le Mar�chal
Bugeaud, contre lequel il mena campagne pendant plus de cinq ans � la t�te
de cent cinquante insurg�s et son fid�le compagnon Mohamed Abdoun.
Parall�lement � cette r�gion, vers le littoral, se situe la charmante
ville c�ti�re de Tigzirt dans laquelle Pierre Gavault, un �minent
architecte alg�rien, natif de cette localit�, mit � jour en 1894, les
assises d�une grande basilique du Ve si�cle, de trente-huit m�tres de
long sur vingt et un m�tres de large et retira des d�combres de
nombreuses st�les, presque intactes pour la plupart ; il y d�couvrit de
jolies mosa�ques, un rampart romain, une enceinte byzantine, des thermes,
une conduite ramenant l�eau dans la ville, une n�cropole, etc...
Malheureusement, la mort vint surprendre la jeunesse de celui-ci, en plein
�tat de ses travaux, interrompant les fouilles qui n�ont jamais �t�
reprises depuis. Aussi, malgr� la vigilance des autorit�s de l��poque,
dont l�administration �tait install�e � Mizrana, les hommes ab�ment
ces pr�cieux t�moignages, pillent les richesses, prennent pour leur
propre compte pierres de taille, motifs d�architecture, etc. Tigzirt est
un centre urbain qui regroupe une agglom�ration moyenne, b�tie sur un
plateau dominant la mer. Elle est reli�e par l�Ouest � la ville de
Dellys (Rusucurrus des Romains) qui est �galement maritime, par une route
de vingt-cinq kilom�tres, dont le parcours long les approches d�un bord
de mer magnifique � observer et traverse en partie la for�t de Mizrana.
A l�Est, par la route de B�ja�a, elle partage la fronti�re avec la
ville d�Azzefoun, d�nomm�e autrefois �Port-Gueydon�. Le village
portant le nom ancestral �Azzefoun�, se situe � deux ou trois lieues
environ, � l�Est du port, occupant un plateau �lev�, dont la
construction qui forme habitat, repose en grande partie sur des vo�tes
romaines qui servaient de magasins � grain. De nombreuses ruines se
trouvent autour : des puits romains, une conduite d�eau taill�e en
tuyaux dans de gros blocs de pierres s�embo�tant les uns les autres,
passant l�eau en siphon par un syst�me ing�nieux, install� au col
d�Iamziou�n. Parmi les villages r�partis � l�int�rieur des terres,
distant d�une vingtaine de kilom�tres du port, figure celui d�nomm�e
Ibiskri�ne dont la pr�sence sur une cr�te, ayant vue partout, remonte
� la p�riode de l�islamisation de la r�gion. Cependant, Azzefoun a de
tout temps �t� le parent pauvre de
la Kabylie
, malgr� l�existence d�un port sur son territoire, depuis l��poque
romaine. Vers l�Est, elle est distante de soixante kilom�tres de la
ville de B�ja�a, avec laquelle elle communique par une route sinueuse,
excellemment entretenue, longeant le littoral sur toute l��tendue de
cet �loignement. L�ensemble agglom�r� qui constitue B�ja�a pr�sente
un type d�architecture colonial qui aligne confus�ment celle qui caract�rise
les grandes villes c�ti�res alg�riennes. Sa conception est faite en
amphith��tre, accol�e au flanc est d�une montagne dominant la mer.
Son histoire remonte � la plus haute antiquit� et pr�sente des
armoiries form�es d�un �cu frapp� d�un croissant, d�une com�te
de 1858, d�une ruche rappelant la domination musulmane et l�embl�me
des Kabyles ; la cire servant en m�me temps � la fabrication des bougies
qui auraient tir� leur nom de celui de la ville. Le singe supportant l��cu
prouve la pr�sence nombreuse et famili�re de ces animaux dans la r�gion.
L�antique
Saldae, berceau des cultures
Les
Ph�niciens de Carthage avaient fond� B�ja�a en y installant un
�Emporium� (d�p�t de marchandises) par Hamon-Le-Grand, qui hissa en
ma�tre le pavillon punique dans le bassin m�diterran�en. A la chute de
Carthage, en 146 avant J.-C., elle devient une ville soumise � la
domination romaine et prit le nom de Sald�. De cette p�riode subsistent
quelques vestiges, tels que : routes pav�es escaladant les hauteurs, les
fortifications, palais, bains, mosa�ques, une conduite d�eau longue de
vingt-huit kilom�tres, taill�e � flanc de montagne, avec un tunnel de
trois cents m�tres environ, qui a �t� utilis�e, etc.. Ev�ch�e, au Ve
si�cle par les Vandales qui firent tomber Carthage en 439, elle prit
alors le nom de Gouraya, signifiant �montagne� dans leur idiome. A
cette domination succ�da celle des Byzantins. En 775, les Arabes s�en
empar�rent et y fond�rent de nombreuses mosqu�es et m�dersa. Au Xe si�cle,
elle devient la propri�t� des Berb�res, qui la conqui�rent sous la
conduite de Nacer El Hammadit et s�appela alors B�ja�a. Elle devient
le berceau des arts hispano-mauresques, et c�est l� que fut fabriqu�e
cette belle poterie � reflet m�tallique qui eut tant de renomm�e, et
dont les sp�cimens sont aujourd�hui presque inexistants. Elle comptait
alors plus de cent mille habitants, pr�s de huit mille maisons, de
nombreux lieux de culte et de lecture s��tagent depuis le rivage sur
les flancs de Gouraya, parsem�s de fouillis de verdure, de bouquets
d�oliviers, d�orangers, de citronniers, de grenadiers, etc. En 1510,
elle tombe aux mains des Espagnols qui s�y maintinrent pendant 45 ans.
De cette conqu�te t�moignent encore les �difices en ruines de deux
citadelles : le Fort Barral (actuel Bordj Moussa) et
la Casbah. La
ville �tait entour� d�une enceinte de protection fortifi�e, d�une
hauteur imposante, perc�e de cinq portes parmi lesquelles figure celle
dite �porte-sarrasine�, qui est la plus visit�e. Elle est faite en
arceau tr�s haut, ayant la forme d�une ogive et pourvue d�une plaque
sur laquelle est grav�e l�inscription suivante : �Ferdinand V,
illustre roi d�Espagne, a enlev� par la force des armes, cette ville
aux perfides enfants d�Alger en l�an 1509. Cette ville a �t� pourvue
de murailles et forteresses par l�empereur Charles-Quint, petit fils et
successeur de Ferdinand. A Dieu seul honneur et gloire�. Les Turcs qui
vinrent apr�s, occup�rent B�ja�a en 1555, pour se cr�er des
ressources et se procurer dans la for�t des B�ni-Foughal les bois n�cessaires
� la construction de leurs vaisseaux. De 1555 � 1833, B�ja�a fut d�truite,
mise � feu et � sang par des guerres incessantes ; aussi, quand les
troupes coloniales fran�aises s�en empar�rent le 29 septembre 1833,
l�antique Saldae des Romains, Gouraya des Vandales, B�ja�a des Berb�res,
Bugia des Espagnols, ne formait plus qu�un amassement de ruines. C�est
vers 1860, que des travaux sagement entrepris, notamment le percement des
routes vers S�tif, Jijel, Tizi Ouzou, le creusement du fort donnant plus
de s�curit� que la rade aux navires de gros tonnage, qu�un nouvel
essor �conomique releva le commerce bougiote. Les monuments et vestiges
qui comblent ses terres en t�moignage de ces �poques lointaines, sont :
Le Fort Barral,
la Casbah
, les fortifications qui d�fendaient la ville, la �Forte-Sarrasie�
qui donnait en son temps sur le bassin portuaire, le fort Abdelkader qui
pr�sente une vieille construction qui forme un �difice sombre, ayant un
ext�rieur parcouru de stries profondes � maints endroits. L�unique
fait historique qui justifie sa raison d��tre, est d�avoir servi �
l��poque espagnole de garnison, de poudri�re et de poste avanc�,
ayant une position de contr�le sur la mer et dominant le Port. Dessous
passe un tunnel qui d�veloppe une route large, assez longue pour
permettre d�appr�cier une promenade faisant ressentir le plaisir
d�une �vasion morale r�confortante. Elle est bord�e d�un c�t�
d�une rang�e de balustres qui forment une sorte de balcon sur un bord
de mer tr�s rapproch�.
Son
parcours s�estompe l� o� figurait autrefois la plage Sidi-Yahia.
Cependant, malgr� la remont�e de son histoire � l�antiquit� romaine,
B�ja�a n�a d'originalit� que par son ensemble, son site pittoresque,
et se distingue surtout par sa situation admirable entre la mer et la
montagne. Son sol tr�s fertile, comporte un nombre �lev� d�antiquit�s,
pierres de taille et autres �l�ments qui sont : les grandes citernes pr�s
du Fort Barral; le Cirque-Amphith��tre pr�s de la porte du grand ravin
; la muraille de
la Forte-Fouka
;
la Fontaine
; une tr�s belle mosa�que �gayant le hall du grand escalier de
l�ancienne APC, repr�sentant le Fleuve-Oc�an.
La Casbah
, qui est un ouvrage de forme rectangulaire, b�ti au XVIe si�cle par
Pierre de Navarre. Les Forts et Casernements rel�vent de la m�me �poque.
les randonn�es alentours sont nombreuses et vari�es : Peu de villes du
littoral alg�rien offrent de plus belles promenades, sur les plus beaux
sites. Les excursions p�destres ou v�hicul�es sont favoris�es par la d�couverte
d�endroits magnifiques, telles que la route des oliviers qui m�ne vers
la Corniche
, le Cap-Bouak, les trois Caps, le Belv�d�re des roches Noires,
la Grotte
du Cap-Noir, le Pic des singes ; le S�maphore ;
la Roche
perc�e ; le Plateau des ruines ; Le Pic de Gouraya qui culmine �
706 m�tres
d�altitude, sur lequel se dresse un fort d�o� l�on aper�oit le
littoral bougiote, au plus loin de son �tendue ; vers l�int�rieur des
terres, la vue porte sur les montagnes de
la Kabylie
; � ses pieds, les flots bleut�s de
la M�diterran�e
taquinant son rivage. L�environnement territorial bougiote pr�sente �galement
la d�couverte de sites appr�ciables, � plus d�un titre, notamment les
gorges de Cha�bet El Akkra, ou le �d�fil� de l�Agonie�, consid�r�s
comme les plus grandioses de l�Alg�rie. Situ�es sur la route de S�tif,
dans la r�gion de Kherrata, elles pr�sentent le spectacle d�un lieu
sublime, irr�el, presque fig� � une r�alit� encore primitive. Aussi,
pour faire passer une route dans d�fil�, impresionnant, il aurait fallu
une pers�v�rence indiscriptible, et l�on ne sait de ce fait, � qui on
doit le plus d�admiration : La terrible beaut� sauvage et saisissante
de l�endroit, ou la hardiesse du g�nie humain qui a pu vaincre les �normes
blocs de rochers qui d�fendent les lieux ? Au fond du ravin, le torrent
gronde sa furie en produisant une sorte de ronflement incessant, emport�
dans la rapidit� de sa descente au gr� des m�andres du Oued Aggrioun,
faisant na�tre par endroits de mini-cascades au rythme de son eau agit�e
qui glisse imp�tueusement entre les grandes roches qui en obstruent le
cours. Rien n�est aussi fascinant et �trangement compos� que ce
paysage fantastique, constitu� de parois gigantesques et abruptes, qui
s��l�vent jusqu�� deux mille m�tres d�altitude, faisant na�tre
cet �trange sentiment de vuln�rabilit� et d�infiniment petit.
Cependant, quoique cela fasse impression, c�est un endroit qui restera
marqu� par les �v�nements tragiques du 8 Mai 1945. De B�ja�a � Cap-Aokas,
la route avoisine un bord de mer plaisant � voir. Elle trace un parcours
qui longe la localit� de Oued-Aokas et passe � proximit� de
la Kouba
d�un marabout v�n�r�, ayant le lieu plant� d�un bouquet
d�oliviers, d�une dimension �norme. la l�gende en fait remonter la
plantation aux Romains. L�un d�eux, le �Mercurien� pr�sente un
pourtour �valu� au-del� de vingt-cinq m�tres. Entre le Cap-Aokas et la
ville de Jijel, s��tend une route creus�e en encoche dans la roche qui
descend � pic, partant de hauteur vertigineuse au-dessus de la mer. Elle
est perc�e de plusieurs tunnels et d�veloppe un trac� qui s�accroche
aux escarpements des falaises en offrant un itin�raire d�agr�ment de
toute beaut�. Apr�s Ziama qui est une charmante ville baln�aire tr�s
accueillante, �lev�e � l�emplacement d�une ancienne colonie
romaine, la route reprend son parcours en lacets vers la ville de
Mansouria aux rives escarp�es, pleine d�attrait n�anmoins, rendue c�l�bre
par la grotte qu�elle poss�de sur son sol, baptis�e en son nom aux
premi�res ann�es de sa d�couverte. Sa mise � jour s�est faite
fortuitement lors du creusement du tron�on routier reliant B�ja�a �
Jijel. Portant le nom actuel de �Grotte-Merveilleuse�, elle compte
plusieurs chambres, dont l�une est immense, et va sur un diam�tre au-del�
de cent m�tres. Elle est garnie enti�rement de stalactites d�une
blancheur cristaline, formant par endroits un groupe de colonnes d�un
beau mod�le. Leur nombre est parfois si grand qu�elles rendent l�acc�s
difficile vers d�autres chambres ou se faufiler entre les stalagmites.
Sept salles de dimensions diff�rentes, d�une hauteur comprise entre six
� huit m�tres, ont �t� d�couvertes lors de la premi�re exploration.
L�air ext�rieur lui parvient par une br�che naturelle, ouvrant quelque
peu la fa�ade de la falaise, � quelque trente m�tres au-dessus de la
mer. La route prolonge son parcours en lacets, au gr� de la complexit�
du relief de la corniche jij�lienne, contournant au regret du plaisir, la
jolie baie de Taza, dans laquelle d�bouche un oued portant le m�me nom.
Plus loin appara�t Laouana, autrefois d�nomm�e �Cap-Cavallo� qui
forme � cet endroit le dernier plan du Golfe de B�ja�a. Au bout de
quelques tunnels et une dizaine de lieues � vol d�oiseau, appara�t
enfin la ville antique et baln�aire de Jijel, dont les assises occupent
une presqu��le, ayant l�isthme �merg� faiblement de la mer, domin�
par des hauteurs rapproch�es. Fond�e probablement par les Carthaginois
� la m�me �poque que B�ja�a pour servir d�Emporium, au p�riple de
Hamon-Le-Grand dans le bassin m�diterran�en. Les Romains qui vinrent apr�s,
lui donn�rent le nom de �Igilgelli�. Pline l�Ancien, l�investit
du qualificatif de colonie d�Auguste, en raison de son importance,
puisque reli�e � Saldae (B�ja�a) et � Cirta (Constantine) par des
voies de communications tr�s larges, dont quelquesunes m�nent vers
l�int�rieur du pays. D�pendant de
la Mauritanie
c�sarienne sous Claude, elle devient celle de
la Mauritanie
s�tifienne sous Diocl�tien. Au Ve si�cle, elle fut conquise par les
Vandales et devint un �v�ch� ; elle comptait alors pr�s de 7 000
habitants. En 772, les Arabes
s�en empar�rent et y fond�rent plusieurs mosqu�es et zaouias,
incluant tant bien que mal les concepts de l�islam, � une population
berb�re tr�s belliqueuse, insuffisamment pr�par�e pour recevoir dans
la qui�tude, sans pr�juger, cette nouvelle forme de ralliement.
Rachid
Medjeber
A
suivre
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