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Grande figure de la
r�volution
Ali Zamoum
tire sa r�v�rence
Par Yahia Arkat
http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=28126

�Je
suis n� le 29 octobre 1933 � Boghni, un village de colonisation situ� au
pied du massif du Djurdjura. Aujourd�hui, pour monter vers le complexe
touristique de Tala Guilef (la Fontaine du sanglier), on passe
obligatoirement par la route qui traverse Boghni, dans toute sa longueur
et juste devant l��cole o� je suis n�.�
Ali Zamoum est d�c�d�
hier , 28 aout 2004, des suites d�une longue maladie. Il s�est �teint � 3h du matin �
l�h�pital Paul-Brousse, Villejuif de Paris. Il �tait �g� de 71 ans. Avant
de tirer sa r�v�rence, Ali Zamoum, apr�s plusieurs s�jours dans des
h�pitaux alg�rois, a �t� transf�r� vers Porte-de-Pantin de Paris le 21
juillet dernier puis admis � l�h�pital Paul-Brousse o� il a rendu l��me
sur son lit d�h�pital. Parcours d�un maquisard.
N� le 29 octobre 1933 � Boghni, en Kabylie, Ali Zamoum, dont le p�re �tait
le premier instituteur � Boghni, plongera tr�s vite dans le combat
nationaliste. C�est ainsi qu�il rejoint le PPA-MTLD o� il a appris les
rudiments de la lutte pour le recouvrement de l�ind�pendance. �� 14 ans,
j�ai quitt� l��cole, et assez vite je me suis d�tach� des jeunes de ma
g�n�ration. Tout simplement, je fr�quentais plut�t les militants du parti�,
t�moigne-t-il dans son livre Tamurt Imazighen. Homme de confiance de Krim
Belkacem, Zamoum sera charg� par ce dernier de reproduire en des milliers
d�exemplaires la proclamation du 1er Novembre. Il �crivit dans son livre,
Tamurt Imazighen, m�moires d�un combattant alg�rien, 1940-1962 : �Quelques
jours avant la r�union de Betrouna, j�avais re�u de Krim Belkacem un texte
que je devais reproduire en milliers d�exemplaires. � Tizi Ouzou, je re�us
un journaliste, La�chaoui Mohamed, envoy� par l�organisation, qui �tait
charg� d�imprimer ce document � la ron�o. Je l�ai emmen� de nuit jusqu��
notre village en taxi (...). L�, je lui montrai le texte qu�il fallait
taper sur stencyl. Il se rendit compte alors du contenu des deux pages
qu�il �tait venu reproduire. C��tait la proclamation au peuple alg�rien,
aux militants de la cause nationale.
Une v�ritable d�claration de guerre et qui portait une date : 1er Novembre
1954�. Le texte historique sera tap� au domicile de Benramdani Omar alors
que le tirage � la ron�o s��tait fait dans la maison de Idir Rabah dans le
village Ighil Imoula. C�est � partir de ce m�me village que Ali Zamoum, �
la t�te d�un groupe de militants, perp�tra le premier attentat � Tizi
N�leta, wilaya de Tizi Ouzou.
Car monter au maquis au village du 1er Novembre �tait une �vidence. Zamoum
sera arr�t� dans un accrochage en f�vrier de l�ann�e 1955. Alors qu�un
groupe de maquisards devait traverser Ighil Boulkadi, dans les maquis de
Ma�tkas, Zamoum videra son chargeur sur les militaires fran�ais avant de
se faire arr�ter.
Lors de cet accrochage tout le groupe de combattants avait �chapp� au
traquenard des Fran�ais. Il y avait notamment des dirigeants de la
r�volution, Ouamrane, Krim Belkacem et Zamoum Mohamed du nom de guerre Si
Salah, responsable de la wilaya IV historique. �J�avais 21 ans et 4 mois
lorsque j�ai franchi les portes de la prison de Tizi Ouzou en mars 1955.
Quelques mois auparavant, du haut d�une colline de Ma�tkas, nous
regardions, Krim (Krim Belkacem) et moi, la ville de Tizi Ouzou � nos
pieds. Mon fusil pesait lourd sur mon �paule apr�s une longue marche, mais
cela me faisait du bien. Il me rappelait ce que j��tais devenu : un homme
libre, mon refus total de la colonisation me lib�rait d�elle. Et j��tais �
�galit� avec un chef prestigieux. J�avais atteint la stature de l�Amazigh
qu�il avait acquise depuis 1947 d�j���, note-t-il dans ses m�moires.
Condamn� � mort, Ali Zamoum sera transf�r� de prison en prison, en Alg�rie
puis dans la m�tropole. Il sera le compagnon de cellule du premier
Alg�rien guillotin�, Ahmed Zahana dit Zabana. Lors de son long s�jour
carc�ral (il avait fait une dizaine de prisons), l�enfant d�Ighil Imoula
rencontrera notamment Mohamed Boudiaf.
� l�ind�pendance du pays, il se retira des structures de l�ALN, Arm�e de
lib�ration nationale, probablement d�sillusionn� par la marche imprim�e au
pays par les nouvelles autorit�s nationales porteuses de contradictions
annonciatrices des crises politiques successives.
� l�ind�pendance, Ali Zamoum sera nomm� pr�fet de Tizi Ouzou mais ne fera
pas long feu puisqu�il d�missionna. Plus tard, il occupera plusieurs
postes de responsabilit� au sein de l�administration centrale. Au
minist�re du Travail, Zamoum apportera aide et assistance � son ami Kateb
Yacine, notamment dans le cadre de l�ACT, Action culturelle des
travailleurs.
� sa retraite, il fait une br�ve aventure dans le monde de la presse, en
dirigeant le journal r�gional Le Pays-Tamurt, avant de se consacrer corps
et �me � l�action humanitaire. C�est ainsi qu�il fonda, en 1996, Tagmatt (fraternit�),
une association socio-humanitaire, dont le si�ge se trouve dans la ville
de Boghni. Ce sont ses lectures de prison qui ont r�veill� l�humaniste qui
sommeillait en lui.
� la t�te de Tagmatt, Zamoum s�est consacr� � la prise en charge des
malades, des d�munis, des enfants, lui qui n�avait pas d�enfants. Le
pr�sident de l�association tenait au projet de r�alisation d�un centre de
sant� � Bounouh (Boghni) comme aux prunelles de ses yeux. Alors qu�il
�tait alit�, Zamoum avait demand� au wali de Tizi Ouzou de faire quelque
chose pour r�aliser ce centre de sant� au profit des malades.
Toujours distant vis-�-vis des officiels, Ali Zamoum a pr�f�r� rester avec
le petit peuple. Mais cela ne l�avait pas emp�ch� de prendre position sur
des �v�nements d�int�r�t national. Lors des �v�nements tragiques du
Printemps noir, Ali Zamoum, avec trois de ses amis, avait interpell� le
pr�sident de la R�publique, en date du 11 mai 2001 : �La tournure
gravissime des �v�nements v�cus dans la r�gion de Kabylie nous fait le
devoir d�informer l�opinion publique nationale sur les risques de d�rapage
si des actions ne sont pas mises en �uvre en urgence pour r�pondre
positivement aux revendications l�gitimes de la population, de la jeunesse
en particulier. Si des mesures �nergiques et hardies dans ce sens ne sont
pas prises et annonc�es rapidement, il est � redouter que d�autres
violences et d�autres pertes en vies humaines seraient � d�plorer � plus
ou moins long terme, en Kabylie comme ailleurs dans le pays�.
L�appel du compagnon de Yacine n�a pas �t� entendu. Mais Zamoum rejoint
dans le firmament des �toiles l�auteur de Le polygone �toil�. Pour la
post�rit�. Pour l��ternit�. Dda Ali a tir� sa r�v�rence...
ALI ZAMOUM /
La mort d�un brave
http://www.elwatan.com/journal/html/2004/08/29/sup_html.htm
Da Ali Zamoum est parti. Il est all�
rejoindre ses amis Kateb Yacine et M�hamed Issiakhem au ciel.
Il a rejoint ses compagnons de lutte, les martyrs qui se sont sacrifi�s
pour ce pays, avant et apr�s l�ind�pendance.
A deux mois de la c�l�bration du 50e
anniversaire du d�clenchement de la R�volution, le maquisard d�Ighil
Imoula vient de tirer sa r�v�rence. Ali Zamoum est d�c�d�, � l��ge de 71
ans, samedi 28
aout 2004 � 3 h � l�h�pital Paul Brousse de Villejuif, � Paris, apr�s
une tr�s longue et �prouvante maladie.
Ali Zamoum a �t� transf�r� le 21
juillet dernier � l�h�pital Porte de Pantin � Paris, apr�s avoir fait de
courts s�jours � l�h�pital A�t Idir, puis celui de Ba�nem et le CHU
Mustapha. Tous ceux qui l�ont connu, ceux qui l�ont rencontr�, t�moignent
toujours que Da Ali est rest� un homme humble, modeste, simple. Un homme
vivant aux c�t�s de ses semblables. Son nom est toujours associ� � l�appel
du 1er Novembre 1954. Il avait 21 ans lorsque l�appel a �t� tir� chez lui
au village d�Ighil Imoula. Pour la g�n�ration d�aujourd'hui, Ali Zamoum
restera un exemple. Au volant de son fourgon portant le nom de
l�association Tagmats (fraternit�) qu�il pr�sidait, Da Ali a parcouru de
nombreux villages de Kabylie, r�pondant � des sollicitations
d�associations de militants ou de simples citoyens, que ce soit pour
apporter son aide ou alors pour t�moigner sur la R�volution, sur
l�apr�s-ind�pendance, pour dire aussi ce qu�il pense
d�un syst�me qui ne lui a pas fait de cadeau. Il a �t� pour de nombreux
militants un rep�re, celui qui n�h�site pas � dire ce qu�il pense, que �a
plaise ou pas. Durant ces trois derni�res ann�es malgr� le poids des ans,
Ali Zamoum a toujours r�pondu pr�sent � chaque sollicitation. Ses
interventions publiques �taient appr�ci�es. Sur les colonnes des journaux
ou lorsqu�il �tait invit� par le mouvement des archs, Ali Zamoum ne
parlait pas pour plaire, mais il avait le langage d�un sage, de celui qui
ne cherche ni la gloire et encore moins les honneurs. Hier matin, la
nouvelle de sa mort s�est r�pandue comme une tra�n�e de poudre dans toute
la Kabylie. Le t�l�phone de l�association Tagmats � Boghni n�a pas cess�
de sonner toute la journ�e, tout comme celui de son domicile. De nombreux
citoyens ont tenu � v�rifier d�eux-m�me l�information. Au si�ge de
l�association o� ses membres ont improvis� une cellule de crise, c�est le
branle-bas de combat. En collaboration avec sa famille et ses amis, on
pr�pare le rapatriement du corps et l�enterrement qui aura lieu cette
semaine, normalement dans son village natal d�Ighil Imoula. Adieu Da Ali,
tu resteras toujours vivant pour ceux qui t�ont aim�.
Par
Mourad Hachid
ALI ZAMOUM S'EST �TEINT HIER
Un patriote s�en va http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2004/08/29/article.php?sid=13104&cid=2
Ali Zamoum n�a finalement pas surv�cu � sa longue
maladie qu�il tra�nait depuis longtemps. Terrass� par cette �faucheuse�
qui le tra�nait d�h�pital en h�pital, ici en Alg�rie ou en France, le
maquisard, celui qui a assist� au tirage de la d�claration du 1er Novembre,
chez lui � Ighil-Imoula, s�est �teint hier � l�aube � Paris.
Il �tait parmi ceux qui ont tir� en milliers d�exemplaires le premier
tract, une v�ritable d�claration de guerre qui portait une date : 1er
Novembre 1954 � � 21 ans � il est n� le 29 octobre 1933 � appelant � la
proclamation, au peuple alg�rien, du d�clenchement de la r�volution, dans
les maquis d�Ighil-Imoula, son village natal, en compagnie d�un autre
�lion des djebels�, Krim Belkacem, en l�occurrence. Un geste qui lui a
co�t�, quelques mois � peine, les affres de la prison, Ali Zamoum fut
arr�t�, effectivement en f�vrier 1955, lors d�un accrochage avec les
forces coloniales, au cours duquel un certain Ouamrane et Si Salah, son
fr�re, ont d� �chapper � cet accrochage. Le r�volutionnaire, le courageux,
comme aimaient � le qualifier ses compagnons, a �t� � maintes fois
condamn� � mort et a s�journ� dans plusieurs prisons d�Alg�rie et de
France. Apr�s ses sept longues ann�es pass�es en prison, o� il a d�couvert
la litt�rature, Ali Zamoum, � sa sortie de prison, a mis fin � sa carri�re
de militaire, en quittant les rangs de l�ALN, �ayant accompli sa mission�.
Il sera nomm� premier wali (pr�fet) de la Grande-Kabylie, pour une dur�e
n�exc�dant pas les deux ann�es, de 1963 � 1965. Plus tard, il occupera la
fonction de haut responsable au minist�re du Travail. Une belle occasion
et une opportunit� pour lui de soutenir une id�e lanc�e depuis longtemps
par un autre grand ami, Kateb Yacine, dans le lancement de son projet
consacr� � �l�action culturelle des travailleurs�. Apr�s de longs et
loyaux services rendus � la nation, Ali Zamoum d�cide de s�investir dans
la solidarit� et l�action sociale, dans sa r�gion natale, o� il cr�e une
association caritative, Tagmat. Auteur biographe, Ali Zamoum a �crit Le
pays des hommes libres, tamurt imazighen � M�moires d�un survivant 1940-
1962, paru aux �ditions Rahmaen 1993. Durant le Printemps noir de Kabylie,
Ali Zamoum, le maquisard, a accompagn� plusieurs fois les manifestations
du mouvement citoyen. De par ses contributions et ses prises de positions
publiques et dans des conclaves, il a plusieurs fois �clair� et aid� les
animateurs et les d�l�gu�s des arouch, � suivre le combat des a�n�s et
pr�server l�id�al r�publicain pour �uvrer � la construction d�une
r�publique d�mocratique et sociale. Dans une de ses d�clarations, le 11
mai 2001, � une lettre ouverte au pr�sident Bouteflika �, sur la crise de
Kabylie, sign�e en compagnie d�autres amis, Zamoum �crivait ceci : �La
tournure gravissime des �v�nements v�cus dans la r�gion de Kabylie nous
fait le devoir d�informer l�opinion publique nationale sur les risques de
d�rapage si des actions concr�tes ne sont pas mises en �uvre en urgence
pour r�pondre positivement aux revendications l�gitimes de la population,
de la jeunesse en particulier. Si des mesures �nergiques et hardies dans
ce sens ne sont pas prises et annonc�es rapidement, il est � redouter que
d�autres violences et d�autres pertes en vies humaines seraient � d�plorer
� plus ou moins long terme, en Kabylie comme ailleurs dans le pays.� Le
pouvoir n�a bien entendu pas pris en compte ces mots. On en conna�t la
suite...
J-L. Hassani
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