Enqu�te (Dimanche 08 Janvier
2006)
Agressions, vols, racket, kidnappings � la faveur de l�ins�curit� � Tizi Ouzou Quand le banditisme dicte sa loi http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=50578 �Je n�aurais jamais imagin� qu�un jour une chose pareille pouvait arriver chez nous�, l�che Da Achour en soupirant. Ce vieillard de 80 ans, rencontr� sur la route d�A�t Arif, a du mal � croire � l�histoire du kidnapping d�Iflissen dont a �t� victime le propri�taire d�une auberge pour qui une ran�on de 725 millions de centimes a �t� exig�e en plus de 250 millions que les ravisseurs avaient d�rob�s de la caisse de l��tablissement. Stup�fait, le vieux fixe son regard sur une petite for�t situ�e � quelques encablures : �Depuis quelques ann�es d�j�, mes petits-enfants ne s�aventurent plus dans ce bois ni m�me aux alentours. Les gendarmes qui faisaient des rondes ne les font plus pour des raisons que vous n�ignorez pas. Par contre, les bandits et autres voyous ont investi tous les lieux. Vous savez, la nature a horreur du vide. Nous ne pouvons que d�plorer cette situation.� Da Achour n�est pas seul � tenir ce langage. Beaucoup d�autres comme lui, plus jeunes et moins jeunes, pensent que la Kabylie est en proie aujourd�hui � un grave probl�me s�curitaire aussi meurtrier que le terrorisme m�me si ce dernier s�est quelque peu affaibli comparativement � un pass� r�cent. La wilaya a subi en quelques ann�es une v�ritable mue dans ses m�urs et ses traditions conservatrices. Le banditisme, qui reste quand m�me un ph�nom�ne nouveau, dans une r�gion o� le respect du voisin a toujours �t� chose sacr�e, gagne du terrain � la faveur du manque de s�curit�. Aussi, tout le monde (soci�t� civile, partis politiques, associations) s�accorde � dire que toute la Kabylie (Tizi Ouzou, Bouira et B�ja�a) vit actuellement dans l�ins�curit� totale et qu�il appartient, par cons�quent, � l��tat de prendre en charge en urgence ce volet. Les chiffres enregistr�s au niveau du groupement de gendarmerie de la wilaya de Tizi Ouzou sont en tout cas assez �loquents pour exprimer des inqui�tudes. En 2005, pas moins de 67 v�hicules, toutes marques confondues, ont �t� vol�s. S�agissant des agressions contre les personnes, ces m�mes sources d�clarent que 68 affaires trait�es ont conduit � l�arrestation de 97 personnes dont 53 plac�es sous mandat de d�p�t. Parall�lement, 20 affaires d�atteinte aux biens publics ont �t� �lucid�es et 16 �tablissements scolaires ont fait l�objet de vol et destruction de biens et mat�riels. Tizi Ouzou est �galement en passe de d�tenir un triste record en mati�re de suicide o� 34 cas, dont 5 femmes, ont �t� enregistr�s. Il y a lieu de savoir que les chiffres avanc�s ne repr�sentent pas la r�alit� du terrain dans la mesure o� seulement 20 brigades de gendarmerie restent actives sur les 67 communes de la wilaya. Un nombre tr�s insuffisant, notamment dans le Nord qui s��tale sur 70 km. �Nous sommes oblig�s de d�garnir une brigade pour placer des �l�ments sur certains axes importants afin d�assurer un minimum de s�curit� � la population�, dira le commandant du groupement de la wilaya, le colonel Hocine Guehfas. Il raconte � l�occasion l�affaire du couple agress� sur une plage de Ouaguenoun. �La jeune fille a d� son salut en courant chercher de l�aide alors que son compagnon a �t� sauvagement agress� � l�arme blanche par deux inconnus. Ces derniers ont �t� arr�t�s gr�ce � la c�l�rit� de nos �l�ments suite au signalement donn� par la jeune fille. Malheureusement, son compagnon est d�c�d� des suites de ses blessures.�
�Nous avons peur dans nos propres villages�
Les bars ambulants de Tirmitine
Qu�en pensent les partis politiques ? A. F Ins�curit� en Kabylie A qui la faute ? http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=17983&ed=MTE0Ng== On ne le dira peut-�tre jamais assez, la r�gion de Kabylie s�est dangereusement enfonc�e dans l�ins�curit� et l�inqui�tude. Cet �tat de fait, g�n�r� par un contexte politique et social connu par tous, m�rite aujourd�hui une approche encore plus rationnelle pour le d�cortiquer et pouvoir le g�rer. Beaucoup de constats ont �t� �tablis, beaucoup de
commentaires ont �t� faits, mais le mal demeure intact. Parfois croissant.
De fait, il serait peut-�tre temps, pour nous, de regarder les choses bien
en face et de nous poser les vraies questions. Ahmed Benabi
KABYLIE http://www.lexpressiondz.com/T20060112/ZA9-8.htm Les vols sont pratiquement devenus monnaie courante en Kabylie. Il ne se passe pas, en
effet, de journ�e sans que l�on soit inform� d�un vol et souvent
d�importance en Kabylie. Les march�s, les transports de voyageurs et les
endroits publics tels les gares et autres lieux sont les plus cibl�s par
les voleurs � la tire. Dans les villages, ce sont les habitations
individuelles, et notamment celles des �migr�s ou des gens ayant une
quelconque rente, qui sont vis�es. A.SA�D Edition du
16 janvier 2006
Les services de
s�curit� d�pass�s
Ces derni�res ann�es sont marqu�es
par la d�t�rioration du climat s�curitaire en Kabylie. La criminalit�, sous
toutes ses formes, enregistre des pics de plus en plus inqui�tants. Les actes de
vol, les agressions, le trafic de v�hicules et de drogue entre autres foisonnent
� travers les diff�rentes localit�s et font ainsi perdre � la r�gion son aspect
paisible d�antan. A l�ombre de la mont�e du banditisme, la Kabylie est devenue, en l�espace de quelques ann�es, une plaque tournante pour les trafiquants de v�hicules. Dans certaines r�gions de Tizi Ouzou, ce ph�nom�ne est plus que jamais fr�quent et plusieurs axes routiers sont devenus de v�ritables � coupe-gorges � pour les automobilistes, comme la RN 25 et CW 128 reliant respectivement les da�ras de Dra� El Mizan et Boghni � Tizi Ouzou, o� d�innombrables chauffeurs ont �t� la cible des groupes criminels. Les constats des services de s�curit� font ressortir que les malfaiteurs agressent souvent le chauffeur pour s�emparer de son v�hicule avant de le c�der aux garages de la casse automobile qui proc�dent, � leur tour, � sa revente, soit en pi�ces d�tach�es, soit � la falsification de son identit� pour l��couler ill�galement sur le march�. Pour cette deuxi�me option, les trafiquants travestissent compl�tement le v�hicule vol� sous un num�ro de ch�ssis et une carte grise d�un v�hicule r�form�. Ce constat a �t� confirm�, il y a quelques semaines, par le chef de la s�ret� de da�ra de Dra� El Mizan, lors du d�mant�lement d�un r�seau de trafic de v�hicules dans la r�gion. � Les op�rations d�investigation que m�nent nos services font souvent �tablir que les v�hicules vol�s sont modifi�s et vendus facilement sur le march� sous l�identit� d�un v�hicule d�j� incendi� ou accident�. � Plaque tournanteLes v�hicules ayant fait objet de vol sont souvent vendus en dehors de la wilaya et ceux qui sont vendus ici proviennent d�ailleurs. Ceci fait que les groupes de voleurs se tissent souvent des r�seaux � travers plusieurs wilayas pour faciliter l�interconnexion. Le r�seau ayant �t� d�mantel� r�cemment � Dra� El Mizan illustre bien la situation, car sa port�e a atteint les wilayas de Bordj Bou Arr�ridj et Mostaganem. Durant l�ann�e 2005 seulement, on estime � pr�s d�une centaine de v�hicules vol�s dans la wilaya de Tizi Ouzou. L�activit� florissante de la casse automobile dans la r�gion est ainsi per�ue comme le principal facteur qui encourage le trafic dans la wilaya. Dans la commune de Tirmitine, sur la RN 25 des dizaines d�escrocs ont ouvert des ateliers � ciel ouvert o� ils pratiquent le d�sossement de v�hicules, dans une totale impunit� de surcro�t. La plupart d�entre eux travaillent ill�galement et ne poss�dent m�me pas de registre du commerce, affirment certaines sources. Ces garagistes ont des connexions dans de nombreuses wilayas � l�est et l�ouest du pays o� ils �coulent facilement le produit vol� par le biais de relais locaux. Les habitants de Tirmitine, les riverains de la casse notamment ne cachent pas leur m�contentement, en endossant aux exploitants de ces garages la responsabilit� de la d�gradation du climat s�curitaire dans cette r�gion. � Depuis que la casse automobile s�est d�velopp�e dans notre r�gion, le banditisme s�est g�n�ralis� �, se r�volte un sexag�naire de Ta�chacht, � une centaine de m�tres de � la casse �. Son compagnon encha�nera : � Parfois, nous assistons durant la nuit � des sc�nes typiquement hollywoodiennes. Les brigands dressent des faux barrages en se faisant passer pour des terroristes. Quand arrive une voiture de luxe, le chauffeur est ligot� et jet� dans le ravin avant qu�ils ne s�emparent de la voiture. Les chauffeurs qui tentent de r�sister sont froidement assassin�s. � Les r�seaux de soutien au terrorisme constituent, eux aussi, cette autre cat�gorie des groupes criminels qui se livrent au pillage, au racket et au vol � main arm�e. Ces derniers sont arm�s et agissent sous les ordres de ce qui reste des hordes int�gristes.En d�cembre 2005, neuf individus ont �t� interpell�s � Oued A�ssi impliqu�s dans le soutien et le blanchiment de capitaux au profit des islamistes. A travers les diff�rents villages et villes, l�opinion publique est unanime � remettre en cause l�efficacit� de la lutte contre ces fl�aux, men�e par les services de s�curit�, tous corps confondus. Une source s�curitaire de la wilaya de Tizi Ouzou a reconnu la v�racit� de ce constat. � Le traitement des affaires relevant du banditisme est soumis � des lenteurs �normes, que ce soit au niveau de la police ou de la justice �, a avou� un agent de la police judiciaire. D�clarations minimesUn citoyen relatera le r�cit cauchemardesque d�un proche qui a �t� victime d�une agression chez lui. � Mon oncle, �g� de 70 ans, raconte-t-il, a �t� attaqu� chez lui en pleine nuit par quatre voyous du village pour lui subtiliser une somme d�argent qu�il a retir�e de la banque le jour m�me. Heureusement pour lui, il a �t� averti par son chien avant que les voleurs n�entrent dans sa chambre. Il a cri� et attir� l�attention des voisins qui ont accouru et reconnu les quatre brigands qui ont pris la fuite. Mon oncle s�est pr�sent� � la s�ret� de da�ra et a d�pos� plainte en fournissant les noms et pr�noms de ses agresseurs, mais h�las l�affaire tra�ne depuis six mois sur les bureaux de la police sans que les accus�s ne soient interpell�s sous pr�texte qu�il n�ont pas �t� retrouv�s. � Des sources s�curitaires affirment que les statistiques obtenues dans la r�gion font �tablir que les actes d�agression qui ne sont pas d�clar�es aux services de s�curit� par crainte de repr�sailles sont nombreuses. Les victimes, notamment dans les villages isol�s, subissent sans d�noncer leurs agresseurs qui sont de leurs connaissances, dans la plupart des cas, car elles ne sont pas prot�g�es. Au niveau de la justice, le calvaire des victimes innocentes n�est pas moindre. Un avocat �tabli � Dra� Ben Khedda tire la sonnette d�alarme quant � la recrudescence de la criminalit� en Kabylie en faisant savoir que les affaires relatives au banditisme (agression, vol et trafic en tous genres) repr�sentent 50% des dossiers trait�s par la justice. LA KABYLIE SOMBRE DANS LE GRAND BANDITISME http://www.lecourrierdalgerie.com/Papier%20du%20mercredi%201%20fev/kabylie.htm C�est la loi de la jungle ! Jamais, peut-�tre, de m�moire, la Kabylie, r�gion jadis r�put�e pour son calme et sa s�r�nit�, n�a atteint une situation d�ins�curit� telle que celle dans laquelle elle s�est graduellement engouffr�e ces deux ou trois derni�res ann�es. Les �v�nements de Kabylie ne sont pas �trangers � la pr�sente situation, en plus du marasme �conomique et social qui l�a s�rieusement gangren�e, avec en sus des fl�aux qui ont pris des proportions alarmantes, � telle enseigne qu�aujourd�hui son quotidien est marqu� par des actes qui, souvent, rel�vent du cin�ma hollywoodien. Une simple r�trospective nous permet, en effet, de mesurer le degr� d�ins�curit� qui la caract�rise, faisant de cette r�gion un v�ritable lieu o� r�gnent le crime et ses corollaires. Il ne se passe pas une semaine sans que l�on signale des actes de violence, des vols, des agressions parfois en plein jour, des enl�vements, d�incursions terroristes et des crimes aussi abominables les uns que les autres. La situation est propice � la mont�e de la criminalit� et du grand banditisme. De tels actes se suivent et se ressemblent. A Larba� Nath Irathen (lire l�article de M.A.) trois gar�ons ont �t� enlev�s par des inconnus en l�espace de quelques jours seulement. Les ravisseurs n�ayant pas demand� de ran�on, comme il s�est d�j� pass� des cas par le pass�, font dire � la vox populi, l�existence d�un r�seau de trafic d�organes. A A�t Oumalou, c�est le corps d�une jeune femme mutil� et amput� d�un sein qui a �t� retrouv� jet� dans un ravin le mois dernier. Les groupes arm�s qui infectent encore les maquis ne sont pas en reste. Dans leurs diff�rentes descentes, il a �t� enregistr� des enl�vements et des kidnappings, notamment de patrons de bars. Trois cas au moins sont � cataloguer en Kabylie maritime depuis l��t� dernier. Le dernier en date s�est produit � Iflissen, commune situ�e � un jet de pierre de la ville c�ti�re de Tigzirt, durant la nuit du 31 d�cembre dernier. Le groupe arm� qui se r�clamait du GSPC avait enlev� le patron du bar Azrou qui a �t� lib�r� trois jours plus tard apr�s le versement d�une importante ran�on. Quant � la deuxi�me personne enlev�e le m�me jour, en l�occurrence Morsli Med Sa�d, exer�ant comme gardien de prison, il n�a pas donn� signe de vie jusqu�� aujourd�hui. Ceci en plus des autres descentes que commettent ces groupes pour se ravitailler ou renflouer leur caisse. Ce n�est l� qu�un aspect de ce climat d�ins�curit�. Une autre forme de grand banditisme terrorise la population en g�n�ral et les automobilistes en particulier. Il s�agit, � ne pas en douter, des agissements des innombrables r�seaux de trafic de voitures. Plusieurs gangs op�rent en Kabylie et des vols sont continuellement enregistr�s aussi bien en Kabylie maritime qu�en Haute Kabylie ou encore en Kabylie du sud. S�il est impossible de d�cortiquer l�organigramme de ces groupuscules, il n�y a aucun doute, comme le corroborent de nombreux indices, � confirmer l�existence d�une v�ritable toile d�araign�e qui a des ramifications au niveau national. En t�moigne le groupe d�mantel�, il y a quelques semaines seulement, dans la r�gion de A�n Zaouia par les services de s�curit�. Sur les voitures r�cup�r�es, certaines sont immatricul�es � l�ouest du pays. Il s�agirait, selon des informations recueillies,
d�une sorte d��change entre les groupes qui s�vissent � l�Est et ceux du
Centre. Ces v�hicules sont destin�s � la pi�ce de rechange, commerce qui
fait flor�s en Kabylie notamment. Ajoutez � cela les viols et agressions.
M�me la ville de Tizi Ouzou, o� pourtant il y a une forte pr�sence des
services de s�curit�, est en proie aux agressions. Des vols � la tire sont
signal�s tous les jours au niveau m�me des boulevards les plus fr�quent�s. La lutte contre la criminalit� reste insuffisante En d�pit des coups de boutoir que leur ass�nent les services de s�curit� dans le cadre de la lutte contre ces fl�aux, il demeure qu�elle reste insuffisante puisque m�me si un certain recul est enregistr�, la situation n�a pas beaucoup �volu�. Lors d�un point de presse anim� par le chef de S�ret� de wilaya de Tizi Ouzou, nous avons appris que les services de la police judiciaire ont r�ussi � traiter pas moins de 5 746 affaires li�es au banditisme, arr�ter 26 personnes sur un total de onze affaires li�es au vol de voitures. Les homicides volontaires tiennent �galement une
bonne place avec 13 cas dont 11 sont r�solus. Quant � la brigade des
stup�fiants, elle a eu, pour sa part, � traiter 86 affaires � l�issue
desquelles 110 personnes, dont un mineur, ont �t� arr�t�es. Trois S�ret�s de da�ra seront cr��es prochainement La police et les services de s�curit� en g�n�ral comptent se red�ployer dans certaines localit�s livr�es � elles-m�mes depuis la d�localisation des brigades de la gendarmerie en 2002. L�urgence de la situation et la mont�e en fl�che de l�ins�curit� a fait que la S�ret� de wilaya eut d�cid� de cr�er trois S�ret�s de da�ra d�ici la fin du mois de mai prochain dans les localit�s de Ma�tkas, Ouacifs et Ouaguenoun. Deux autres sont pr�vues pour l�ann�e 2007 � Makouda et B�ni Yenni. Il s�agit de reprendre en main la situation comme le souhaitent les populations de ces r�gions qui n�ont pas cess� d�interpeller les hautes autorit�s sur cette question. Brahim Boubchir
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