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Tiddukla Tadelsant Tamazight di Ottawa - Hull
Association Culturelle Amazighe � Ottawa-Hull
 Amazigh Cultural Association in Ottawa - Hull
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LE CHANTEUR IDIR � L�EXPRESSION
�Je serai en tourn�e nationale en avril 2007�
14 d�cembre 2006 - Page : 21

http://www.lexpressiondz.com/T20061214/ZA5-1.htm

Apr�s 30 ans d�attente, les fans de la vedette auront l�occasion de vivre des moments pleins d��motion avec une musique bien raffin�e.

 

Profitant de sa visite en compagnie de Zinedine Zidane, la star mondiale du football, Idir, l�auteur de la chanson l�gendaire Vava Inouva, a bien voulu se confier � L�Expression. Avec un large sourire, il a accept� de r�pondre � toutes nos questions, concernant la musique, la Kabylie, l�Alg�rie, et notamment son nouvel album et sa tourn�e en Alg�rie, pr�vue en avril prochain.

L�Expression: Idir accompagn� de Zidane en Alg�rie. Pouvez-vous nous dire un mot en cette circonstance?
Idir: Aujourd�hui, je suis en Alg�rie, suite � l�invitation de Zidane. Donc, je ne suis, en r�alit�, qu�un invit� de l�invit�. Il m�a demand� de l�accompagner lors de cette visite et c�est avec un grand plaisir que j�ai accept�. Cela fait longtemps que je ne suis pas venu. Zizou, depuis son enfance, n�est plus retourn� dans son pays d�origine. C�est avec un grand plaisir que je me retrouve ici. Ce qui m�a touch� le plus, c�est la qualit� �motionnelle de l�accueil, m�me Zidane a �t� touch�. Certes, il s�attendait � ce que l�accueil soit chaleureux, mais pas � ce degr�-l�.

Revenons � Idir, quelles sont vos nouvelles dans le domaine de la musique?
Je suis en train de pr�parer un nouvel album intitul� La France des couleurs, avec ma maison de disques en France. L�album va sortir en France au mois d�avril prochain. C�est un disque que je ferai avec des jeunes de diff�rentes nationalit�s et qui vivent en France. Ils sont de jeunes rappeurs et des gens du hip-hop, du sc�nique et d�autres styles. Chacun s�exprime dans sa langue, moi, bien �videmment, en kabyle, la langue dans laquelle je m�exprime tr�s bien. C�est une opportunit� pour moi, qui suis loin de ce m�tier, d�apprendre d�autres choses avec ces jeunes.

Votre public en Alg�rie esp�re toujours vous voir sur sc�ne...
Cette question, il faudrait la poser � d�autres gens. Que mon public sache qu�il ne d�pend pas de moi. Je ne refuse jamais de chanter en Alg�rie. Moi aussi, je veux retrouver mon public. Il me manque, bien �videmment. A l�occasion, je lui dis, � travers les colonnes de votre journal, que je serai en tourn�e nationale au printemps, plus pr�cis�ment en avril prochain. Berb�re TV est en train de pr�parer cette tourn�e. Les responsables de cette cha�ne ont pris quelques contacts ici, je pense qu�on va faire quelque chose de bien pour mon public dans les grandes villes d�Alg�rie telles que Constantine, Oran, Tizi Ouzou, B�ja�a, Alger, Annaba et d�autres villes.

Avez-vous contact� les responsables de la culture en Alg�rie pour parrainer cette tourn�e?
Ce n�est pas de mes habitudes de leur demander cela. Je ne leur ai jamais demand� quelque chose et ce n�est pas aujourd�hui que je le ferai. Puis, ce n�est pas sp�cialement avec eux qu�on doit organiser la tourn�e. Mais je signale que s�ils me proposent quelque chose, pourquoi pas. Car c�est l�argent du contribuable. C�est l�argent de tous les Alg�riens. Nous sommes des Alg�riens et cet argent nous appartient � tous. Le plus important qu�on ne me demande pas de faire des choses contre ma nature. Moi, je suis toujours mon itin�raire, avec mes id�es et comme je veux. Je pr�f�re garder ma libert�. Mais ce n�est pas pour autant qu�il faut insulter ou dire des m�chancet�s sur les autres.

La chanson kabyle vit des hauts et des bas. A quoi est due, � votre avis, cette situation?
La chanson kabyle vit plus de bas que de hauts. Les chanteurs se suivent et les chansons se ressemblent. Il n�y a pas d�innovation ni de cr�ation. On manque d�audace et d�aventure. On n�essaye pas d�apporter de nouvelles choses. On ne s�aventure pas et dire peut �tre que �a va marcher. Les gens font ce qu�on leur demande de faire. Si le non-stop se vend bien, on leur demande de faire que du non-stop. Sans penser � la substance et la profondeur de ce qu�on veut exprimer. Parfois, c�est amusant d��couter pour cinq minutes ces chansons de f�te, mais pas pour longtemps. Car, on ne peut pas avancer de cette mani�re. Parfois, il y a des reprises qui sont bien faites. Mais, en g�n�ral, le public pr�f�re l�original que la photocopie. Car, comme je viens de le dire, le public a besoin de la cr�ation. Il faut bien savoir choisir la qualit� de la m�lodie. Il faut penser � la psychologie de la chanson. Moi, si je chante en Allemagne ou en Su�de en langue kabyle, je sais que je vais percevoir le public, parce que, peut �tre j�ai un petit savoir-faire pour pouvoir le leur pr�senter. Je pourrais cr�er un univers pour lequel ils viennent. Peut-�tre que je fais des m�lodies simples � �couter. Mais pas � composer. Je vous garantis que je me casse la t�te. Il ne faut pas croire que les notes qu�on �coute viennent par hasard, mais je me casse la t�te.

Alors pourquoi on ne transmet pas le savoir-faire de votre g�n�ration � cette nouvelle g�n�ration?
Justement c�est la question que je me pose. Franchement, je ne comprends rien du tout. Je n�en sais absolument rien. On peut transmettre beaucoup de choses � cette nouvelle vague, � travers ce qu�on chante et ce qu�on fait. Certes, moi je suis en France et la plupart des chanteurs vivent ici en Alg�rie, mais on peut toujours travailler ensemble. Ils ne nous sollicitent pas. Je pense qu�ils se sentent bien dans ce qu�ils font, �a marche bien peut-�tre, ils sont satisfaits et tant mieux pour eux.

Quels sont les chanteurs que vous sentez capables d�assurer la rel�ve?
C�est difficile de parler de la rel�ve. Mais dans cette nouvelle vague des chanteurs modernes, j�aime bien quelqu�un qui s�appelle Ali Amrane. Je suis, avec beaucoup d�int�r�t, Alillou. Il a une voix avec plusieurs registres, il a d�montr� qu�il peut chanter ce qu�il veut. Il a les moyens d�apporter quelque chose � la chanson kabyle. Il y a aussi Si Moh qui fait de tr�s bonnes choses, et ce, sur le plan du texte et de la m�lodie, c�est tr�s joli ce qu�il fait. Si Moh est un bon exemple � suivre. Dans le traditionnel, j�aime beaucoup Amour Abdenour, Lani Rabah.

La Kabylie recherche toujours son identit�. Ne pensez-vous pas qu�on doit d�passer cette lutte?
Mammeri dit �Une identit� ne se revendique pas, elle se vit�. Moi je vis mon identit�. Je la proclame et je la chante, je n�ai pas besoin de dire � quelqu�un de me la donner. On doit, seulement, lui donner les moyens de son existence, de la construire � travers la litt�rature, la musique, la peinture etc. Malheureusement, on est loin de cette v�rit�.
Prenons l�exemple de l��criture. Nous sommes dans une transmission essentiellement orale. �a va de la bouche � l�oreille dans deux secondes. Actuellement, on n�a pas encore un r�flexe de culture de lire et d��crire. On �crit d�une mani�re militante et on lit d�une mani�re militante en kabyle. Par contre, en fran�ais et en arabe on a �t� � l��cole et on a �t� forg� au fil des ann�es � lire et � �crire. Donc, il est imp�ratif d�enseigner Tamazigh pour la planter dans les esprits de tous les Alg�riens.

Justement, vous vous �tes engag� pour que l�Alg�rie multiple assume pleinement sa culture amazighe. Pensez-vous qu�on est d�j� arriv� l�?
Il faut d�abord penser alg�rien. Je suis kabyle d�Alger et de Tamanrasset, je ne c�de aucun point du territoire national. L� o� je vais en Alg�rie je dis que je suis Alg�rien et Kabyle. Comment ne veut-on pas accepter cette langue et sa culture, alors qu�on porte le m�me passeport? Ce n�est pas normal! Aujourd�hui, un Qu�b�cois parle bien le fran�ais, mais il n�est pas Fran�ais pour autant. En Alg�rie l�histoire a fait, pour notre plus grand bonheur, qu�il y ait eu plusieurs influences, dont celles des Arabes et de l�islam. C�est l� toute la richesse de l�Alg�rie et de l�Afrique du Nord. Ceci �tant, aujourd�hui, c�est la culture berb�re qui est opprim�e et c�est uniquement pour cela que je la d�fends.

La langue amazighe n�est pas reconnue comme langue officielle. Une culture opprim�e et une identit� �ignor�e�. Quelles cons�quences sur l�Alg�rie?
En Alg�rie, on a fait un g�nocide culturel. Apr�s l�ind�pendance, nous avons tout simplement r�cup�r� une int�grit� territoriale. D�s qu�il a �t� question de l�identit� alg�rienne, on a cru bon de la rattacher � un monde arabe aussi abstrait que mythique. Si on avait ax� nos efforts sur l��ducation et la culture, l�Alg�rie ne serait pas dans cette situation. Avec l��ducation on �chappe � l�int�grisme et au totalitarisme. C�est le combat contre soi. Il faut poser les probl�mes en termes de justice sociale. Le probl�me de l�Alg�rie c�est un probl�me de culture. Ce n�est pas un probl�me de dictature, d�islamisme ni de d�mocratie. La d�mocratie est un faux probl�me dans la mesure o� l�on n�a pas de vrais d�mocrates en Alg�rie. On n�accepte pas les principes de la d�mocratie � l�occidentale.

Pourquoi la Kabylie s�est retrouv�e, aujourd�hui, comme le premier terrain de tous les fl�aux sociaux?
La r�gion s�est singularis�e avec une culture � part. Elle a une raison suppl�mentaire de vivre dans la mesure o� elle a une identit� forte au point qu�elle n�a pas besoin de se chercher des valeurs dans l�islamisme ou dans l�arabisme ou dans une id�ologie ailleurs. Etant une r�gion rebelle, elle paie cher ce qu�elle vit. Il faut avouer, �galement, que c�est une r�gion qu�on d�laisse. Les pouvoirs publics disent toujours que c�est une r�gion qui a beaucoup d�immigr�s. Comment voulez-vous qu�on r�agisse quand on vit dans la mis�re et dans le ch�mage? Soit on se rapproche de Dieu, soit on vole et on fait des exactions. Il y a aussi, le plus important, une certaine politique voulue. Aujourd�hui, si la Kabylie est le premier terrain de suicide en Alg�rie, ce n�est pas au hasard, si elle est le terrain de l�alcoolisme ce n�est pas au hasard. Ce sont des fl�aux qui n�am�nent pas vers le bonheur. Depuis quand, on a construit de nouvelles usines en Kabylie? Il faut voir ce qui se fait dans d�autres r�gions du pays et de faire un parall�le. Rien ne se fait au hasard, voil�. T. F.



Interview r�alis�e par Tahar FATTANI

 

 

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