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Tiddukla Tadelsant Tamazight di Ottawa - Hull
Association Culturelle Amazighe � Ottawa-Hull
 Amazigh Cultural Association in Ottawa - Hull
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Bahbouh Lehsene,

 militant berb�riste, ancien d�tenu de 1976 t�moigne : �Nous avions accept� d'�tre les premi�res victimes pour la cause tamazight�

http://www.racines-izuran.com/index.php?action=article&numero=573

J'ai lu avec beaucoup d'int�r�ts, de satisfaction et bien s�r, avec beaucoup d'�motions l'entretien qu'a eu M. Azwaw avec M. Ould Slimane Salem dans Racines n� 15. J'avoue avoir des cheveux h�riss�s en revisitant, avec M. Ould Slimane Salem, ces ann�es de braises et de plomb 1970, un pass� fort mouvement�, assez glorieux, je dirai, en compagnie du Ma�tre, j'allais �crire du Proph�te Bessaoud Mohand Aarav, et l'ensemble de ce qui composait, en potentiel humain, l'Acad�mie berb�re (Agraw imazighen). Ma�tre Bessaoud Mohand Aarav, (je pr�f�re dire, le proph�te Bessaoud Muhend Aarav,) repr�sentait pour nous qui �tions ses cadets de quelques ann�es, l'unique et seul espoir auquel nous nous attachions, accrochions, pour ne pas �tre happ�s, engloutis, emport�s par cette id�ologie effroyable que f�t l'arabo-islamisme du dictateur, sans foi ni loi, Boumedi�ne et toute sa valetaille nationale charriant terreur et suspicion. Pour entrer dans le vif du sujet, je dirai que ce qu'avait r�v�l�, car c'est bien d'une r�v�lation qu'il s'agit l�, M. Ould Slimane Salem, est une r�alit� toute manifeste. Je suis heureux, tr�s satisfait de le lire noir sur blanc, car j'avoue l'avoir entendu � vive voix de la bouche de M. Aouchiche Mustapha, un juin de 1973. M. Aouchiche Mustapha et son compagnon que je pense s'appelle M. Mokrane, tous deux de Sidi Aiche, � qui m'avait pr�sent�, sous l'identit� de Lehsene Amazigh, dans le caf� de M. Oumessad Salah � Birkhadem (Alger), M. Boulaiche Salah. Nous avions parl� �tamazight�, de �l'Acad�mie berb�re� et de �M. Bessaoud Mohand Aarav� que bien d'�nergum�nes, particuli�rement ceux de l'Amicale des Alg�riens en Europe faisaient tout pour les d�stabiliser. M. Aouchiche Mustapha nous avait assur� que Me. Bessaoud Mohand Aarav est l'homme de paroles, sans d�fauts, et qui m�ritait bien d'�tre soutenu, au pays comme ailleurs contre ces d�tracteurs hostiles � la langue tamazight et � l'Acad�mie berb�re. C'est ce que nous n'avions pas cess� de faire jusqu'en janvier 1976 ! Quand M. Azwaw pose la question : �La d�cennie 70 a connu l'affaire dite des poseurs de bombes, les militants emprisonn�s � l'�poque, fr�quentaient � ils l'Acad�mie berb�re� ? Question � laquelle M. Ould Slimane Salem avait r�pondu en ne disant que la v�rit�, rien que la v�rit� ! Il n'avait rencontr�, au local de l'Acad�mie berb�re (5, Rue d'Uz�s � 75002 � Paris France) que M. Medjber Smail qui, il est vrai qu'en 1975, il se trouvait � Paris pour des soins. Les autres militants emprisonn�s �taient, quant � eux, en Alg�rie, soit � Alger, soit en Kabylie. M. Ould Slimane Slimane dit que M. Medjber Smail �tait � l'�poque jeune et na�f, ce qui �tait peut � �tre vrai. Seulement, pour nous qui �tions en Alg�rie, � Alger particuli�rement, et qui militons en toute sinc�rit�, conviction, et acharnement pour tamazight, � aucun moment nous n'avions dout� de son engagement corps et �me pour tamazight. Tous les militants que je connaissais engag�s dans la cause disaient de lui �Ne vivre que pour �tamazight� ! Car, je ne le connaissais pas personnellement. Aujourd'hui, trente ans apr�s, dire et �crire que : �Toute cette affaire �tait un complot pour �liminer des militants actifs qui �taient d�sign�s � l'avance�, rel�verait d'impressions hallucinantes, ce ne sont que des balivernes et all�gations mensong�res ! Ecrire, que : �Gr�ce � cette affaire, le pouvoir � l'�poque avait instaur� un climat de terreur et de suspicion dans le milieu berb�riste�, ce ne sont l� que d'abominables all�gations infond�es. Avec un peu de recule, de r�alisme, Messieurs Ould Slimane Salem et Azwaw se seraient rendu compte que depuis cette affaire, aucun militant, aucune militante n'avait �t� arr�t� pour ses activit�s berb�ristes, en Alg�rie comme par le pass�. En janvier 1976, le pouvoir en place avait saisi toute l'importance du travail accompli par l'Acad�mie berb�re, par le proph�te Bessaoud Mohand Aarav, il n'ignorait pas que c'�tait bien Ma�tre Bessaoud qui avait fait rallier Imazighen, Timazighin, (tous les Imazighen, toutes Timazighin) � la cause tamazight ! Des chanteurs imazighen, kabyles particuli�rement, Ma�tre Bessaoud s'�tait plaint du comportement n�gatif, n�faste des chanteurs Akli Yahiaten, Taleb Rabah et Saadaoui Salah. M. Azwaw �crit : �Depuis cette affaire (pose de bombes), la fr�quentation de l'Acad�mie berb�re a beaucoup chut� Je ne sais pas comment est ce que la situation de notre arrestation avait �t� v�cue � la rue d'Uz�s � Paris, mais une chose est s�re, nous n'avions pas �t� � l'origine de la fermeture de l'Acad�mie berb�re. La police fran�aise, ne s'�tait jamais int�ress� aux activit�s de l'Acad�mie berb�re avant que ne survienne cette affaire, en 1978, avec le sieur Oukaci. Dans les ann�es 60 et 70, les militants berb�ristes r�sidant en France et qui fr�quentaient ou pas l'Acad�mie berb�re avaient cette opportunit� de se d�clarer, haut et fort, d'�tre des imazighen, de travailler, � ciel ouvert tamazight, distribuer des tracts, des revues dans les rues de Paris, organiser des galas exclusivement en tamazight sans �tre indispos�s par la police fran�aise qui ne bronchait m�me pas. Pendant ce temps, nous les militants berb�ristes d'Alg�rie, nous nous trouvions souvent t�moins oculaires de rudoiements policiers et autres services de s�curit� dans les rues d'Alger tout comme dans de diff�rents locaux de diff�rentes administrations (mairies, postes, tribunaux) � l'�gard de nos fr�res et s�urs pour l'unique et simple raison qu'ils parlaient dans leur langue tamazight, cette langue que l'effroyable id�ologie arabo-islamique voulut effacer dans l'espace nord � africain. A l'�gard de cette insupportable situation qui s'�tait impos�e � nous, nous n'avions fait que refuser de rester indiff�rents tout en n'ignorant pas tous les risques et dangers que nous encourions. C'est que, Boumedi�ne et sa valetaille avaient le sentiment d'�tre �ternels, ils ne l�sinaient sur aucun moyen pour faire taire la voie ta maziptt ! Le silence complice des �intellectuels' nationaux, � l'exception de feu Kateb Yacine, leur offrit ce terreau afin de se d�velopper et �tre plus mena�ant chaque jour un peu plus. Une poign�e de berb�ristes de classe ouvri�re, except� M. Haroune Mohand qui �tait �tudiant � Alger, avait, lors d'une r�union, d'une assembl�e, � Alger � centre, d�cid� de passer � l'action en employant de gros moyens. Et, comme nous le r�p�tait feu Kateb Yacine, �On ne fait pas d'omelette sans casser les �ufs�, nous avions �t� les premiers � accepter d'�tre les premi�res victimes pour la cause tamazight, c'�tait un octobre de l'ann�e 1975 ! M. Medjber Smail se trouvant en France pour se soigner �tait pour nous, une occasion � saisir. M. Cheradi Hocine, et moi seuls connaissions son adresse. Sous l'impulsion de Haroune Mohand, et de bien d'autres militants, M. Cheradi Hocine ne cessait de tarabuster M. Medjber Smail � coups de missives et de t�l�grammes que lui ou M. Haroune lui �crivait. �Il ne faut pas que tu reviennes les mains vides, quitte � te prostituer� lui avait �crit M. Haroune Mohand. Quand, vers d�cembre 1975, M. Medjber Smail �crit pour M. Haroune Mohand et Cheradi Hocine pour dire �Nous avons assez chant�, maintenant, on va danser�, nous comprimes alors que M. Medjber Smail avait trouv� de ces gros moyens. C'est, pendant ce temps que Ma�tre Bessaoud Mohand Aarav m'�crit pour me dire d'arr�ter dans ses �lans M. Medjber Smail que je n'avais toujours pas vu, que je ne connaissais pas physiquement. Le 29 d�cembre 1975 vers 19 heures, M. Medjber Smail vint � mon poste de travail. Je r�pondais aux descriptions physiques que lui avait fait de moi M. Cheradi Hocine, il me dit : �C'est toi Lehsene, je suis Smail, Hocine a besoin de toi � 20 heures � Audin�, il ressortit aussi vite qu'il �tait entr�. Je rencontrais M. Cheradi Hocine au lieu et heure indiqu�s, il me remis le stencil �lectronique que j'avais tir� le lendemain, c'�tait un tract de revendication. Le 02 janvier 1976 � midi, M. Cheradi Hocine devait rencontrer deux de mes amis qui devaient aller � Oran d�poser une bombe, il les attendis jusqu'� 14 heures, ils ne vinrent pas, ils �taient dans un car de la SNTV qui tomba en panne au niveau de Boukhalfa, � la sortie de Tizi Ouzou. M. Cheradi Hocine �tait tout inquiet et nerveux. Et, c'�tait � ce moment m�me que M. Medjber Smail �tait de passage pour aller au cin�ma, se tapir, car, nous savions tous qu'il �tait recherch� par les services de s�curit� (police et autres) qui ne connaissaient pas son nom patronymique ni l'adresse de son domicile. M. Medjber Smail demanda alors de se rendre lui � m�me � Oran, d�poser la bombe et revenir. M. Cheradi Hocine ne refusa pas, il lui donna la bombe et le billet d'avion d'Ahcene. M. Medjber Smail sauta dans un taxi, direction a�roport Maison � blanche, Hocine alla chercher chez lui notre ami M. Kaci Lounas, et tous deux d�pos�rent la bombe � El Moudjahed. M. Medjber Smail fut arr�t� au tribunal militaire d'Oran vers 17 heures, � 19 heures, il �tait d�j� � Alger sous les tortures. Vers 18 heures, la bombe qu'avaient d�pos�e Hocine et Lounas explosa. A Constantine, c'�tait d�j� l'alerte rouge, M. Haroune Mohand avait d�pos� sa bombe vers 11 heures pendant que tout �tait d�sert. A Alger comme � Constantine, il n'y a eu aucun bless� ! Moins d'une semaine apr�s, nous avons tous �t� arr�t�s, except� M. Cheradi Hocine qui a �t� en fuite durant quinze jours. Apr�s un mois d'atroces, inhumaines, tortures, nous avons �t� transf�r�s dans de diff�rentes prisons militaires et de s�curit� de l'Etat (M�d�a, Boufarik, Blida). En attente de jugement. Jug�s en flagrant d�lit (mars, mai 1976), M. Medjber Smail fut le premier condamn� � mort pour la cause tamazight. Les autres ont �t� condamn�s � de lourdes peines allant de dix ans � perp�tuit�. Nous �tions plus ou moins convaincus que M. Medjber Smail n'allait pas �tre ex�cut� sachant, d'une part, le grand nombre de complices dans cette affaire, d'autre part, le pouvoir voulait �viter d'en faire de lui un martyre de cette cause qu'il sait maintenant n'est pas une mince ou banale affaire, mais une affaire de vie ou de mort. En janvier 1976, j'avais 29 ans r�volus.

Ouled-Fayet, le 20 janvier 2007
Mon incarc�ration :

�J'avais �t� arr�t� le 06 janvier 1976 � mon poste de travail � 21h 02. C��tait � la rue Claude D�bussy � Alger - centre, je ne saurai oublier cet instant o� de tous les coins surgissaient des hommes arm�s jusqu'aux dents en me criant : Les mains en l'air ! On me couvre la t�te et les yeux avec mon burnous, on me jeta dans une voiture, selon le ronflement du moteur, �a devait �tre une �R16'. Apr�s un mois de tortures du 06 janvier au 06 f�vrier 1976, je ne saurai dire o�, je fus transf�r� � la prison militaire de Boufarilk o� je fus jug� par le tribunal militaire le 25 mai 1976 et condamn� � 15 ann�es de r�clusion criminelle pour �atteinte � l'int�grit� de l'Etat�. Le 19 juin 1976, j'avais �t�, avec l'ensemble de mes co-inculp�s : Achab Tahar (condamn� � 15 ans), Metref Latamene (Ramdane) (condamn� � 12 ans), Cherifi Ahcene (condamn� � 10 ans), Hammiche Rachid (condamn� � 10 ans), Cheheb Amrane (condamn� � 10 ans), Chami Amrane (condamn� � 10 ans), Yennek Amar (condamn� � 10 ans), transf�r�(s) � la prison de Lamb�ze / Tazoult (Batna) d'o� je ne suis ressorti que le 06 novembre 1983, suite � de diff�rentes remises de peines que nous accordait le tribunal militaire de Blida depuis juillet 1979. Il est peut �tre utile de porter � votre connaissance que c'est � Lamb�ze que j'eus le (loisir) de rencontrer des imazighen de toutes les r�gions du nord africain pour travailler avec eux tamazight dans le sens acad�mique, c'est-�-dire, de l'unification de l'oral � partir de l'�crit.�
 
Lundi 26 F�vrier 2007
Bahbouh Lehsene, Militant berb�riste, Ancien d�tenu de 1976

 

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