Happy

Ce n'est que ce matin que j'ai pu réaliser à quel point il avait pu me faire du bien. Il.... Je devrais plutôt dire elle... cette voix, car c'est tout ce que je lui connais. Une voix chaude et suave au coeur de mes nuits trop froides. Il y avait des mois que je ne l'avais pas entendue, mais elle n'a rien perdu de cette chaleur, de cette émotion, de cette touche de sensualité qui lui sont si particulières. Hmmmmm... Cette voix qui sait si bien me faire frémir lorsqu'elle prononce mon nom.

Je l'imagine, ce matin, devant ses élèves, un petit sourire au coin de la bouche, songeant à mon souffle dans son oreille. C'est fou ce que ces quelques minutes ont pu me faire comme bien! Ce matin, je rayonne. Je me sens femme, désirable; je suis heureuse!

Lorsque je m'arrête et que j'y songe un peu, je saisis tout le particularisme de notre "relation". Je ne le connais pas, il ne me connait pas davantage. Pourtant, on réussit à communier, à se rejoindre et à se toucher pour semer une bruine d'étoiles dans la nuit. Baiser avec sa voix, pour qu'elle couvre ma peau de ces petits frissons qui secouent mon corps et font vibrer mon coeur, comme lorsqu'il pinces les cordes de sa guitare. Une douce mélodie à mon oreille, sur ma peau, entre mes cuisses. Et j'emporte avec moi cette voix pourqu'elle berce mes songes.

Sa bouche, ses mains, c'est tout ce que je parviens à imaginer de lui. Peut-être parce que c'est ce que je désire le plus en lui. Peut-être aussi parce que je ne désire pas qu'il devienne un homme à part entière dans ma tête. Je ne veux que cette voix, cette voix qui apaise mes tourments, mes peines et qui canalise ma folie. Je ne veux pas toucher à sa peau, si douce soit-elle, car je sais fort bien que mon coeur n'y est pas. Ma folie oui, mais mon coeur non. Il est une voix, une caresse sur ma folie, un frisson, un sourire. Je ne veux rien d'autre que ce qu'il est présentement. La seule chose qui peut peut-être faire défaut, c'est une odeur. J'essaie d'imaginer ton parfum... Tu sens le fleuve, la forêt, le feu... Je ne sais trop. Une odeur sauvage car tu es indomptable. Mais une odeur douce et chaude. Sauvage mais douce... un peu paradoxal. Mais, puisqu'on vit dans le virtuel, il m'est permis d'imaginer ce qui me plait!

Ce qu'ils sont chanceux de l'avoir ses élèves en ce moment! Je l'écouterais parler des heures durant, juste pour me laisser bercer par le son de sa voix. Et ces belles paroles qu'il me sers et qui font tant de bien àmon imagination. J'espère qu'il ne leur parle pas de cette façon... Jalousie.

Je me demande s'il se souvient de la chanson que je lui avais chantée une nuit...

"Coule sur moi comme l'eau vive
Comme une pluie plus jeune que la rosée
Tu es si fraiche, si exquise
Roule sur moi comme l'eau sur la rive
Cette nuit et pour l'éternité
   Fais de moi ce que tu désires
Sans toi, je m'étais asséché..."

Cette chanson qui avait fait naître en lui le désir, une nuit où il ne voulait que discuter. Ce matin, je la fredonne tout bas, une étrange lueur dans les yeux, un sourire sur les lèvres. Je me demandais si je serais encore capable de faire naître ce même désir, intense et puissant, en lui. Je me demandais si je le désirerais jusqu'à en ressentir cette agréable douleur au bas de mon ventre. Et je n'ai pas été déçue. Sa voix me fait toujours le même effet. Et je me sens si bien lorsque je me retourne dans mon lit après lui avoir souhaité
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