7 février 2002


Le retour

Après aussi longtemps, j'ai eu envie d'écrire à nouveau. Comme si je ne pouvais me passer réellement de l'écriture qu'un court moment. Et encore! J'ai toujours un petit carnet à mon chevet, prêt à recueillir mes débordements d'émotions.

Je n'ai pas envie d'expliquer pourquoi je n'ai pas écrit durant tout ce temps. Beaucoup de choses se sont passées, aucune n'expliquant réellement mon silence. Aussi naturellement que si je n'avais jamais cessé d'écrire, je reprends le clavier ce soir...

J'ai de la difficulté à m'expliquer ce que je ressens en ce moment. J'ai l'impression de vivre une vie qui n'est pas la mienne. Si vous saviez à quel point je m'ennuie. Je sais fort bien que j'ai tous les éléments pour être heureuse: je réussis très bien à l'école, je commence à avoir de nombreux contacts dans mon domaine alors l'avenir est prometteur, j'ai un copain qui m'aime et que j'aime, une famille qui m'est dévouée... Pourtant, j'ai vraiment l'impression qu'il me manque quelque chose.

J'ai des très beaux projets. Celui qui me tient le plus à coeur est d'acheter une maison avec mon amoureux. Mais rien ne bouge. Cela fait plus d'un an que l'on parle de déménager ensemble, que l'on dit vouloir vivre à deux, mais rien ne bouge. En y réfléchissant mieux, je sais qu'il n'est pas raisonnable d'acheter une maison tout de suite: nous n'avons pas les moyens. Enfin... nous n'avons pas les moyens qui vont avec mes désirs... Je voudrais un beau cottage de style anglais, en brique, avec un garage pour y garer la voiture... Je ne fais présentement pas assez d'argent pour pouvoir dire que ma contribution à cet achat compterait pour quelque chose lorsque viendrait le temps d'emprunter de l'argent à la banque. Et mon copain a beau avoir un bon salaire, il ne peut pas nous faire vivre tous les deux et payer la maison en plus.

Face à cette impasse, j'ai alors songé au condominium. C'est selon moi un beau compromis entre l'appartement et la maison: cela coûte moins cher qu'une maison seule, mais nous sommes quand même propriétaires. C'est donc un chez-nous bien à nous. Mais encore là, rien n'est facile... J'ai l'impression de me démener comme un diable dans l'eau bénite, mais je ne fais même pas assez de vague pour me faire remarquer. Mon amoureux, qui désire réellement s'établir avec moi, voudrait bien que tout cela (la propriété, les meubles, la décoration...) tombe du ciel, sans avoir à faire de démarche. Mais bon sang! Je n'ai pas la force de tout décider et de faire toutes les recherches... J'ai l'impression de vouloir beaucoup plus que lui, même si je sais que c'est faux. De sentir que tout repose sur mes épaules me démotive complètement. Je n'ai même pas commencé à faire des démarches - j'ai feuilleté des magasines, consulté des sites Internet, calculé... - que je suis déjà découragée. J'ai atrocement peur de ne pas voir le bout de ce projet. Et je suis triste. Triste de voir à quel point je suis faible, triste de savoir que mon projet n'avance pas...

J'ai cherché, depuis deux ou trois semaines, comment remédier à mon malaise... Je me suis acheté des vêtements, j'ai fait du bricolage, je me suis investie dans mes études, rien n'y fait. Pourtant, toutes ces activités me font énormément de bien habituellement. Mais cette fois, il faut croire que ça prendra autre chose. Je crois que j'ai besoin de quelque chose qui aurait un lien avec mon projet, ma maison. J'ai bien envie de m'offrir un beau service de vaisselle. Mais j'hésite, parce que si l'on déménage seulement l'an prochain, est-ce que je vais encore le trouver aussi beau? Vais-je déjà avoir envie de le changer avant de m'en servir?

Décidément, ça ne va pas du tout!

Le 4 février 2001 | Billets | Retour

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