Aujourd'hui, c'est la f�te des p�res. Un dimanche comme les autres, somme toute. Nous avons offert un pr�sent � mon papa, ma maman lui cuisine un bon repas, mais rien de bien sp�cial: aucun ballon, aucune guirlande, m�me pas un souper au restaurant. Mon papa aime la simplicit�. Nous lui avons offert une rectifieuse � angle, un autre outil quelconque qui dormira dans le sous-sol... Mais il le voulait. Nous lui avons achet�. C'est �a un cadeau, quelque chose qu'on souhaite avoir, que l'on ne s'ach�terait probablement pas parce que c'est trop cher pour l'utilit� qu'il a ou tout simplement parce qu'on ne croit pas en avoir r�ellement besoin. Toujours est-il que mon papa �tait tr�s heureux de son nouveau joujou et pense bien s'en servir pour enlever la rouille du pare-choc de sa voiture.
Vous vous demandez peut-�tre ce qui est advenu de mon dilemne moral dont je vous parlais mardi soir... R�duit � n�ant. Je ne sais pas si je dois m'en r�jouir, mais toujours est-il que je suis fort soulag�e. En retournant chez lui mercredi soir, j'ai �vit� d'en reparler. Et il en a fait de m�me. Je crois qu'il avait per�u mon malaise la veille et qu'il a compris que je pr�f�rais �viter de r�pondre � son invitation. Quand m�me surprenant pour un "ti-cul*" (*traduction: adolescent)! J'ai encore eu une preuve de sa maturit� � celui-l�. Il m'�tonnera toujours.
D�cid�ment, je saute du coq � l'�ne aujourd'hui. Je n'arrive pas � relier toutes mes pens�es en un tout coh�rent. Des tas de petites id�es, �parpill�es, sans lien... Tant qu'� y �tre, pourquoi ne pas dire quelques mots de mon travail. Mon emploi d'�t� est tr�s exigeant, tant physiquement que mentalement. En effet, je travaille dans une usine de boisson gazeuse en tant que v�rificatrice. Je me prom�ne dans un garage, au travers des camions, pour v�rifier le chargement de ceux-ci, tant celui de d�part que celui qui reste dans le camion lorsqu'il revient � l'usine. J'�volue �galement dans l'usine m�me, o� je v�rifie le chargement d'autres camions... Je dis que c'est exigeant parce que je passe pratiquement toute la journ�e � marcher avec des chaussures � embouts en acier. Et ces chaussures sont lourdes. � la fin de la journ�e, je suis fort heureuse de retrouver une chaise ou une pile de caisses de cannettes pour m'y asseoir. Mais s'il n'y avait que la marche, ce serait un emploi fort agr�able. Mais je passe pr�s de la moiti� de la journ�e dans le garage o� il n'y a pas d'air climatis�, o� l'humidit� est consid�rable et o� la chaleur du moteur des camions fait grimper le mercure � des sommets inimaginables. Apr�s vingt petites minutes, mon chandail est normalement tremp�... Lorsque je dois ouvrir les panneaux lat�raux des camions, de grosses gouttes de sueur perlent sur mon visage tant un petit effort dans cette chaleur est p�nible. Sur le plan mental, je ne peux pas vraiment me permettre de ne pas �tre r�veill�e, �tant donn�e que je suis charg�e de trouver les erreurs qui ont pu se glisser dans le chargement. Il me faut donc �tre alerte, avoir des yeux partout et compter comme une calculatrice. Mais ce que je trouve le plus difficile dans tout ce boulot, outre la condition physique et l'attention qu'il sous-entend, c'est que je me dois d'�tre toujours de bonne humeur. Mon statut dans l'entreprise n'est pas assur� puisque je suis simplement �tudiante. Mon travail m'am�ne � d�pendre d'une foule de gens. Je dois collaborer avec plusieurs personnes. Je me dois donc d'�tre polie et souriante envers tous, �tant donn� que la qualit� de mon travail d�pend en grande partie de leur bon vouloir. J'imagine que vous savez � quel point c'est �puisant de feindre la bonne humeur et d'afficher un sourire � longueur de journ�e lorsqu'on aurait seulement envie de les envoyer pa�tre... Pas tous, rassurez-vous, mais il y en a quelques uns qui sont r�ellement d�sagr�ables avec les autres. Mais bon, malgr� tout ce que je peux en dire, je suis r�ellement contente d'avoir repris du service. L'argent commen�ait � se faire rare et les journ�es s'�tiraient de plus en plus, seule � la maison... J'avais m�me entrepris d'apprendre le tricot, ce n'est pas peu dire!
J'aurais bien envie de transformer cette page, ou d'en faire une nouvelle... J'ai envie d'une page avec laquelle j'�crirais � quelqu'un qui me r�pondrait. Une page � quatre mains, en quelque sorte. J'aimerais bien avoir un corespondant virtuel - j'aimerais bien que �a soit un homme - qui r�ponde � mes billets, qui me donne des conseils lorsque j'en ai besoin... Quelqu'un qui aime �crire autant que moi... Vous connaissez des candidats? Je serais vivement int�ress�e. �crivez-moi!
Le 13 juin 2000 | Le 4 juillet 2000 | Billets | Retour