Je me demande encore à quoi tient ce rêve. Rien ne me montre qu'il s'intéresse un tant soit peu à moi. Pourtant, je persiste à le voir à mes côtés, frôlant ma peau de ses lèvres rosées. Oh ces lèvres que je voudrais sentir glisser dans mon cou, à la naissance de mes seins...
Pensez-vous qu'un simple attrait physique puisse dégénérer en obsession? Je me demande même parfois si je l'aime... Lorsque je plonge mes yeux dans les siens, je cherche en vain une quelconque flamme. Ne voit-il pas que je me consumme de désir, d'amour, de tendresse (appelez ce sentiment comme vous le voulez)? Ou au contraire, joue-t-il à l'autruche, préférant me laisser dans le néant et ainsi préserver intacte cette relation "d'amitié" qui nous unit?
Une pensée vient de traverser mon esprit. Je me trompe peut-être complètement. Je me dis toujours qu'il ne me donne aucun signe des sentiments qu'il éprouve envers moi. C'est peut-être là que j'ai tout faux. Il ne parle peut-être pas de la même façon que moi. Je suis quelqu'un qui m'exprime beaucoup, je touche les gens, leur parle, j'aime être touchée et j'aime qu'on me parle, qu'on m'accorde de l'attention. Lui, il est tout le contraire. Il ne parle pas beaucoup, il ne touche pas les gens et aime encore moins se faire toucher... Enfin, c'est ce qu'il semble vouloir laisser croire. C'est peut-être pour ceal que je n'arrive pas à le comprendre. Il ne parle pas la même langue que moi...
En me relisant, je me trouve ridicule. Je cherche désespérément une raison qui justifie le fait que je n'arrive pas à voir en lui le reflet de ma propre passion. Je cherche ce qui n'existe probablement pas, je m'invente une histoire et finit par y croire. Vous avez lu Le zèbre d'Alexandre Jardin? Je n'en ai pas terminé la lecture, mais je me sens un peu comme Camille qui entretient de faux espoirs à propos d'un correspondant anonyme qu'elle croit être un de ses élèves. Au moindre signe de sa part, au moindre regard, elle frémit. Elle sait que cette "relation" est fragile et que, l'Inconnu est peut-être son mari (et non ce jeune étudiant qui la fascine tant). Cette relation n'aurait plus d'intérêt. Alors elle s'enferme dans le rêve que les lettres de son admirateur inconnu lui procurent. Je me sens comme ça, avec lui. Je cherche dans tous ses petits gestes le signe de son potentiel amour pour moi et je rêve aux rares compliments qu'ils ose me faire. Mais je me sens un peu idiote.
Je ne sais trop si c'est comme ça our tout le monde, mais parfois, j'ai l'impression que la Terre tourne autour de moi. J'ai souvent de la misère à concevoir qu'elle tournerait quand même sans moi. Et, étant la personne au centre de mon univers, j'ai de la difficulté à croire que le monde ne puisse pas m'aimer. Je me sens immature de penser ainsi, mais je n'y peux rien. Alors le fait qu'il n'est peut-être pas amoureux de moi ne m'effleure pas souvent l'esprit. Mais pourtant, c'est fort probable, c'est presque certain même! Mais, comem Camille, je préfère croire en mon rêve plutôt que de regarder la réalité en face. Dans un sens, je préfère continuer à rêver plutôt que de regarder la réalité en face. D'un autre côté, je voudrais bien me voir libérée et pouvoir enfin lui dire tout ce que je ressens pour lui... Mais je n'ai pas le cran de le faire, je ne veux pas tout briser entre lui et moi.
Le 12 octobre 1999 Le 22 octobre 1999 Retour