Vendredi 16 avril 1999

"Comment ça va ma belle Karine d'amour?" Il venait d'enlacer ses bras autour de mon cou et il me serrait contre lui. S'il avait su à quel point il me faisait du bien... Je n'ai pas eu besoin de lui parler pour qu'il comprenne que j'avais besoin d'affection. J'aurais voulu éclater en sanglots, pour expulser toute cette colère et cette tension que je refoule en moi. J'aurais voulu pleurer juste pour sentir ses bras, autour me moi, me serrer contre lui. Entendre sa voix me chuchoter tout bas: " Laisse toi aller ma belle Karine..." C'est ça, un vrai ami. Pour quelques secondes, je me suis sentie importante pour quelqu'un. J'aurais voulu tout lui dire avec mes larmes, pour enfin me sentir moins seule.

À force de flirter avec l'hypocrisie, je deviens âcre et malheureuse. Je devrais faire attention et mieux choisir les gens dont je m'entoure. C'est bien beau connaître plein de monde, mais s'ils ne passent dans ma vie que pour profiter de moi, je préfère m'isoler. C'est moins difficile à accepter. Je fais le ménage dans ma vie et je balaie au loin tous ces "parasites" qui vivent sur mon dos et qui ne m'apportent rien de bon.

J'ai décidé que je devais penser à moi avant de penser aux autres. Après tout, si je ne fais pas attention à moi, qui le fera? Certainement pas eux! Ils ne pensent qu'à leur petite personne! Des vrais Américains: Me, myself and I. Et Karine là-dedans? Tout le monde s'en fout... Enfin, tous ces soi-disant amis que à qui j'avais accordé ma confiance et à qui j'avais accordé une place dans mon coeur. Voilà comment on récompense les bonnes personnes... Quelle vie!

Le nombrilisme, voilà la meilleure stratégie à adopter pour ne pas souffrir. À bien les regarder, ils ont tous l'air heureux, et ils se fichent de faire souffrir les autres. Je devrais en faire autant, mais j'ai trop de coeur pour infliger ça aux gens que j'aime. Peut-être est-ce là mon problème... J'ai un coeur, moi.

Le 5 avril 1999 Le 6 mai 1999 Retour

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