La Presse 3 novembre 1998
Conflit à Radio-Nord la CSN propose une personne
ressource
CLAUDE.V. MARSOLAIS
Profitant de la présence d'une quarantaine de grévistes de Radio-Nord venus manifester sur l'esplanade de la Place Ville-Marie devant les bureaux de leur patron, Jean-Yves Gourd, le président de la CSN, Gérald Larose, a indiqué que sa centrale était prête à dépêcher une personne-res source afin de hâter un règlement à la table de négociations.
«Après sept semaines de grève qui prive toute la région de l'Abitibi- Témiscamingue d'informations régionales, Radio-Nord doit rétablir le contact avec ses employés », a dit M. Larose.
Cette offre de la CSN survient au moment même où le Service fédéral de médiation et de conciliation vient de faire savoir au négociateur de la partie patronale, Me Pierre Jolin, que le ministre MacAulay refusait d'investir un médiateur de pouvoirs extraordinaires lui permettant d'imposer un règlement aux parties comme le demandait la direction de Radio-Nord.
L'entreprise installée à RouynNoranda retransmet les signaux des trois principaux réseaux de télévision du Québec, Radio-Canada, TVA et TQS, et possède six stations de radio.
Le Syndicat des employés en communication de l'Abitibi-Témiscamingue ( SECAT ) jouit d'un fort appui de la population régionale, aussi bien de la Chambre de commerce que des municipalités et des évêques d'Amos et de Rouyn-Noranda. Les trois principaux partis politiques (PQ, PLQ et ADQ) ont décidé de ne faire aucune publicité à Radio-Nord pendant la campagne électorale.
Le président du SECAT, Jean-Marie Gilbert, a expliqué qu'une tentative de médiation par le ministère fédéral du Travail avait échoué il y a plus de deux semaines. «Le médiateur, Jacques Lessard, a décidé de ne pas faire de recommandations tellement l'écart est grand entre les parties. »
Les employés demandent des augmentations salariales de 1,5 % plus l'indice des prix à la consommation (IPC ) en 1998 et pour les deux prochaines années 0,5 % plus l'IPC. Ils exigent également la création d'un régime de retraite et la régularisation du statut des employés surnuméraires. « Si un règlement a achoppé jusqu'ici, c'est que l'employeur n'a pas cessé de gonfler ses demandes à chaque ronde de négociations », souligne M. Gilbert.
Le principal enjeu du conflit a trait à la volonté de la direction d'intégrer le poste de journaliste à celui de cameraman et le poste d'animateur à celui de lecteur de nouvelles. Le syndicat y voit une menace réelle à la qualité et à la crédibilité de l'information puisque Radio-Nord. ne compte que 11 journalistes pour couvrir tout le territoire. De même, la fusion des postes de lecteur de nouvelles et d'animateur risque d'engendrer des conflits d'intérêts, puisque les animateurs sont appelés régulièrement à faire de la publicité.