La Presse, Dimanche 4 octobre 1998
L'Abitibi privée d'informations régionales
Claude-V. Marsolais
Depuis le 15 septembre, la population de l'Abitibi-Témiscamingue est privée d'informations régionales puisque Radio-Nord, qui détient le monopole de l'information régionale avec trois stations de télévision et six stations radiophoniques, est paralysée par un conflit de travail.
Le syndicat des employés en communication en Abitibi-Témiscamingue (SECAT) regroupe 85 membres.
Le principal enjeu du conflit a trait à la volonté de la direction d'intégrer le poste de journaliste à celui de caméraman comme c'était le cas lors du lancement de TQS, et le poste d'animateur à celui de lecteur de nouvelles.
Les porte-parole du syndicat, Pierre Plouffe et Nicole Côté, y voient une menace réelle pour la qualité et la crédibilité de l'information. <<Déjà que nous ne sommes que 11 journalistes, dont trois surnuméraires, pour couvrir cet immense territoire, l'intégration des deux tâches ne nous permettra pas d'offrir à la population une information complète et fouillée>>, signaient-ils. De même, ils estiment que l'intégration des postes d'animateur et de lecteur de nouvelles va engendrer des conflits d'intérêts puisque les animateurs sont régulièrement appelés à produire des reportages publicitaires.
Le syndicat affirme que, depuis cinq ans, au moins 20 postes ont été supprimés dont sept quelques semainesavant le déclenchement du conflit.
Les autres revendications concernent la création d'une caisse de retraite pour les employés ainsi que la régularisation du statut des employés surnuméraires. Quant aux demandes salariales, le SECAT revendique pour 1998 une hausse de 1,5% plus l'augmentation de l'indice des prix à la consommation.