Les Visiteurs:

la comédie française irrésistible

1992, un film explose en France au box-office. Bilan : 14 millions de spectateurs iront voir ces drôles de Visiteurs venus du 11e siècle dans notre bon vieux 20e siècle. Le quatuor Christian Clavier, Jean Réno, Valérie Lemercier et Marie-Anne Chazel agit en virtuose du rire. On en redemande et on sera bientôt servi puisque le tournage des Visiteurs N°2 démarre très prochainement.


Quatre ans après sa sortie sur les écrans français, Miramax distribue enfin "Les Visiteurs" aux Etats-Unis. Pourquoi ce long délai ?

Jean Réno: Miramax avait tout d'abord décidé de sortir le film en version doublée. Mais finalement, ils ont abandonné le projet pourtant réalisé par Mel Brooks. Le temps s'écoulant, ils hésitaient aussi à sortir la version sous-titrée.

Vous êtes "chargé de promotion" du film aux Etats-Unis, est-ce dû au fait que le public américain connaisse votre nom ?

J. R.: Oui bien sur, grâce au film de Luc Besson, "Léon" ("The Professional"), et plus récemment "Mission Impossible" de Brian de Palma mais je pense surtout que Christian Clavier ne leur dit pas encore grand chose !!!

N'est-ce pas un exercice de mémoire de promouvoir "Les Visiteurs" après tant de temps et tant d'autres films ?

J. R.: Un véritable problème s'est posé lorsqu'il a fallu se remettre tout à coup dans l'ambiance du film et du tournage. Mais au fil des interviews, j'ai retrouvé avec plaisir mon personnage de Godefroy de Montmirail.


Vous avez tourné récemment avec deux grands réalisateurs américains, Brian De Palma et Lawrence Kasdan, comment vous ont-ils choisi ?

J. R.: En ce qui concerne "French Kiss" de Lawrence Kasdan, c'est grâce à Kevin Kline que j'ai obtenu mon rôle. On se connaissait bien car on avait eu le même professeur de théâtre à New York. Kevin m'a introduit auprès de Lawrence Kasdan et j'ai fait tout simplement l'affaire ! Quant à Brian de Palma, il avait vu le premier film de Luc Besson, "Le dernier combat", et il désirait que je fasse partie du casting très européen de "Mission Impossible".

Cela veut-il dire que vous allez continuer à tourner pour des réalisateurs américains ?

J. R.: Ce que je vais essayer de faire en tous les cas, c'est d'arrêter d'interpréter des rôles secondaires. Et depuis "Mission Impossible" les propositions commencent à arriver. S'il y a des choses intéressantes à faire aux Etats-Unis avec un peu plus de travail, pourquoi pas; c'est comme aller faire un tournoi de tennis à Hambourg ou à Tokyo!!!

Luc Besson et Jean Réno, c'est un duo indestructible ?

J. R.: Luc vient de réaliser "Le cinquième élément" avec Bruce Willis et pourtant je ne suis pas au générique... Mais on verra bien ce qui va se passer plus tard.

Vous n'avez jamais vraiment interprété une histoire d'amour, est-ce un choix personnel ?

J. R.: C'est tout simplement par manque de scénario. Je viens de tourner une histoire d'amour en Italie ("Roseannas Grave") réalisée par Paul Weiland ("City Slickers II") qui sortira aux Etats-Unis entre janvier et mars et plus tard en France.

Vous sentez-vous plus à l'aise dans les comédies ou dans les films d'action ?

J. R.: C'est à peu près la même chose bien que la comédie soit un exercice de style moins évident mais beaucoup plus sympa à faire; l'ambiance est plus relax et d'ailleurs je cherche une comédie car cela fait longtemps que je n'en ai plus tournée!!!

En tournant en France et aux Etats-Unis, si vous deviez importer une méthode de travail dans les deux pays, ce serait laquelle ?

J. R.: Les américains sont plus solitaires dans leur travail, le contact est moins chaleureux, les plateaux sont plus froids, plus professionnels. C'est peut-être le poids des dollars et la responsabilité qui créent cette solitude. L'acteur-actrice "Star" reste dans sa caravane, et n'en sort surtout pas pour aller déjeuner avec les techniciens et cette attitude finit par vous entraîner dans une sorte de paranoïa. Le cinéma américain a cet avantage de fournir aux comédiens un volume et une variété de personnages 5 fois supérieur au notre. On peut jouer dans la même année, "Danse avec les loups", "Dracula" et "Maman, j'ai raté l'avion"!!!

Pensez-vous que le public américain puisse réellement capter l'humour des "Visiteurs" ?

J. R.: J'ai très peur de cela mais comme ils disent très justement : "le film est très "visual".

Avez-vous vu la version sous-titrée ?

J. R.: Non, mais je sais que la Gaumont en France ne l'aime pas et Christian Clavier non plus.

Vous considérez-vous comme un acteur international, européen ou tout simplement français ?

J. R.: J'aime la France et je ne suis pas prêt de la quitter mais sur le plan professionnel je me sens européen. D'ailleurs depuis "Léon" et son succès en Angleterre j'ai reçu pas mal de propositions de la part des producteurs anglais.

Quel est votre prochain film ?

J. R.: Je termine un film aux côtés de Jeanne Moreau, Vanessa Paradis réalisé par René Manzor.

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