C - Le roi et l’Église gauloise

Le roi possède un pouvoir en partie venu de Rome. L’héritage romain des rois francs a transité par l’Église gauloise. Celle-ci s’est imposée au côté des rois comme une force morale à prendre en compte dans le jeu politique. L’Église est un second pouvoir.

1) Les rapports entre l’État et l’Église.

Depuis que la religion chrétienne est devenue religion d’État en 380, suivant l’Édit de Thessalonique(133bis) , l’Église n’a pas pour autant renié son indépendance(134). Elle a gardé des biens propres qui lui ont permis d’affronter les invasions germaniques. Tel est le cas en Gaule. Le modèle romain de culture, de droit, et de hiérarchie adopté par l’Église s’est non seulement transmis, mais également préservé.

Lorsque Clovis prend le pouvoir en Gaule, l’institution épiscopale a traversé de nombreux troubles . Elle en est ressortie avec une autorité morale et politique(135) incontestable.

Les souverains francs ont subtilement influencé l’Église gauloise, par une ingérence dans les nominations aux postes du haut clergé.

Les rois francs s’immiscent dans la procédure d’élection des évêques, en influençant les notables votants, et en approuvant l’élu par une remise officielle de ses biens d’évêché. Cette méthode se fait sentir de la même façon pour la nomination de l’abbé à la tête d’un monastère.

Les grandes familles font construire des églises à l’instar de Clovis, fondateur à Paris de la basilique des Saints-Apôtres(136). Ces lieux servent d’ultimes demeures terrestres aux rois mérovingiens. Cette pratique est directement issue du droit commun franc. L’habitude de payer les fautes commise sous forme de réparation pécuniaire (le wergeld) pousse les rois et la famille royale a accomplir des actes pieux dans l’espoir d’un pardon de Dieu. La création d’églises est également motivée par l’importance que les Francs ont de vouloir reposer à l’abri de la vertu protectrice des saintes reliques qui font la gloire des églises.

Les rapports entre le roi et l’Église gauloise sont ponctués au long du siècle de Grégoire par les conciles.

Les conciles sont la marque la plus vive de l’activité et de l’autorité épiscopale. Par cette activité conciliaire, les évêques sont à même de légiférer en droit canon. Le droit canon établit les règles légales des activités ecclésiastiques en Gaule. Il se distingue donc des lois franques édictées par le roi, législateur suprême, et codifiées sous le règne de Clovis sous le nom de loi salique(137). Les conciles mérovingiens actualisent sans cesse le droit canon antérieur.

Les décisions prises par les évêques réunis pour légiférer vont dans plusieurs sens : fixer les règles, rappeler les devoirs du chrétien et formuler des interdictions. Les textes abordent quatre domaines principaux que sont : le statut des personnes ecclésiastiques, le patrimoine de l’Église, les problèmes du culte et de la liturgie et la réglementation de la vie sociale.

Les conciles sont réunis à l’initiative des princes. Clovis réunit en 511 le concile d’Orléans dont le but est d’apporter au roi des réponses à ses questions. Son œuvre de législation est importante, mais elle permet de définir les rapports qu’entretient le roi (l’État) et son Église. Le roi est au dessus de tout, il est fils de l’Église catholique comme édicté dans la lettre que lui adressent les prélats réunis : " À leur seigneur, fils de l'Église catholique, le très glorieux roi Clovis, tous les évêques auxquels vous avez donné l’ordre de venir en concile "(138).

Le roi est dit chrétien parmi tous les baptisés et fils par rapport aux prélats réunis en concile. Les taches sont partagées : le roi suggère des questions qui sont débattues et dont le résultat est présenté à l’approbation du prince. Il lui confère sa force exécutoire et son pouvoir d’authentification de la loi.

Les rapports sont donc tournés vers une entente et une collaboration dans les domaines de compétences de chaque partie.

Les problèmes que rencontre le roi vis-à-vis de l’Église sont d’ordres administratifs et budgétaires. Les rapports ne font que se dégrader à propos des biens concédés par le prince et repris(139). La confiscation est un droit royal(140). S’appuyant sur le code théodosien, qui donne les bases relatives au droit public, on peut considérer plusieurs éléments. Les lois impériales établissent une association fréquente entre biens des temples et biens publics. Les biens des églises ont reçu des privilèges propres dès le milieu du IVème siècle. De fortes pressions du clergé se manifestent alors pour obtenir de l’empereur le privilège d’échapper à certaines obligations fiscales du temps(141).

Les biens des églises provenant des terres publiques ou du domaine privé de l’empereur ( la res privata ), ils ont pu devenir l’objet de ce que l’on appelle les petitiones.

Le droit de pétition est celui de demander ou de réclamer à l’empereur un bien tombé dans le domaine public, et ce sur indication d’un delator. Ce dorit est exercé par des personnes de l’entourage du prince. La petitio peut être formulée par un clerc mais aussi par un laïc.

Ainsi, il faut voir que le terme d’invasio ne se réfère pas automatiquement à un acte répréhensible. C’est également par la procédure de petitio un droit et un acte par lequel le fisc du roi récupère un bien de manière légale(142).

L’Église veut empêcher les déprédations commises sur des terres dont elle est en charge. Durant le VIème siècle, les rois redistribuent les terres du budget de l’église vers d'autres postes importants, notamment pour les ressources de guerre. L’Église tente dans la mesure du possible de faire valoir son point de vue. Les conciles mérovingiens reprennent après 549, au concile d’Orléans V, le terme radical d’assassin des pauvres à la charge de l’Église ( necator pauperum ) et l’idée de la propriété éminente de Dieu sur les royaumes. Il désigne entre autre tout roi qui ose pervadere, contingere, contaminare, conficare res ecclesiae(143).

La suppression d’une partie des revenus d’un évêché peut avoir des conséquences graves. Il ne peut plus faire fonctionner ses outils de service social que sont la matricule(144) et le xénodochium.

Les conciles vont s’efforcer de combattre ce mal par et avec la seule arme à disposition : la peur de châtiment divin.

Les conciles insistent sur cette notion de punition de Dieu. Ainsi pour Paris 561, c. 1 et Tours 567, canon 26.

Le concile de Tours aborde le problème de manière voilée, mais la gradation des accusations fait sentir une menace qui s’accentue. Le concile de Paris de 573 affirme directement le rôle de meurtrier des pauvres du roi.

Un problème fiscal est celui posé par la concession des immunités ecclésiastiques. Les rois concèdent de manière traditionnelle des chartes d’immunités aux églises. La charte interdit aux fonctionnaires (judices) d’entrer sur les terres, mais dispense aussi d’une part des impôts dus : elle supprime ce que l’on appelle le droit commun de la fiscalité. Les rois vont outrepasser le respect dû et réaffecter ces terres à des fidèles.

- 133bis - Cet édit est l’œuvre de Théodose, empereur de 379 à 395.
- 134 - Sur l’Église durant cette période, P. PÉRIN, les francs, pp. 279-304. Aussi, J. GAUDEMET et B. BASDEVANT, Les conciles mérovingiens, t. I, VI-VII siècles, coll. Sources chrétiennes n° 353, éd. du Cerf, Paris, 1989.
- 135 - Voir p.  65.
- 136 - Appelée Sainte Geneviève.
- 137 - En référence p. 42-44.
- 138 - Voir M . ROUCHE, pp. 338 et 447 pour le texte intégral.
- 139 - M. ROUCHE, la notion d’invasion dans les conciles mérovingiens, Aux sources de la gestion publique, t. II, P.U.L., Lille, 1995, p. 126-134.
- 140 - E. MAGNOU-NORTIER, la confiscation, un droit royal, voir ci dessus.
- 141 - Les " munera ".
- 142 - E. MAGNOU-NORTIER, la confiscation des biens d’Église : un droit royal, pp. 149-169, notamment p. 153.
- 143 - J. HEUCLIN, dans Aux sources de la gestion publique, éd. E. Magnou-Nortier, t. II, Lille, 1995, 135-148.
- 144 - La matricule est apparue à Hippone sous l’épiscopat d’Augustin.

2) Le rôle de l’évêque

" Les pontifes sont appelés veilleurs parce qu’ils sont placés en un lieu élevé et comme au sommet de la citadelle, c’est-à-dire de l’Église " .Cet extrait de sermon attribué à Césaire d’Arles révèle le rôle et par delà le fardeau qui repose sur les évêques.

A partir de la deuxième moitié du VIème siècle, la désignation des évêques par le roi(145) est devenue une règle générale dans tous les royaumes de la Gaule : dans chacun d’eux, le roi est le chef de l’Église. L’étroite dépendance qui se noue entre le roi mérovingien et l’évêque eut plusieurs conséquences. Les clercs locaux qui accèdent à l’épiscopat se font de plus en plus rares. Le roi franc choisit ses évêques dans son milieu propre.

Il s’agit de personnes sans qualité religieuse. La fonction est attribuée pour gagner les faveurs d’un Grand, ou pour récompenser et rétribuer un fidèle. Les évêques viennent en grande majorité de vieilles familles de la haute aristocratie gallo-romaine. Des familles tendent à occuper les postes épiscopaux qui sont des lieux de pouvoir en devenir.

Saint Eufronius est élu à l’épiscopal tourangeau par le roi : " c’est une des premières familles et une grande famille. Que la volonté de Dieu et de Saint Martin soit faite ; que l’élection soit accomplie "(146).

L’appropriation par ces grandes familles n’a pas eu que des conséquences négatives : ces aristocrates ont enrichi leur siège épiscopal par la multiplicité de leur dons et legs. Elle a scellé la solidarité qui s’est naturellement développée entre l’aristocratie gallo-romaine et l’aristocratie franque. Les liens sociaux se sont doublés de liens économiques.

L’évêque (le sacerdos) est avant tout un fonctionnaire d’état depuis que le christianisme est religion officielle. L’évêque est le gestionnaire de sa cité(146bis). Il est également le garant des particularismes de l’Église : l’exemption fiscale sur les personnes, le droit d’asile venu du concile d’Orange de 441. L’Église et l’évêque disposent du droit de justice dans leur propre tribunal, le for, en vertu de son rôle d’arbitre entre les chrétiens. Ce droit existe depuis Constantin I et précise qu’une des parties en litige doit faire appel au for pour y être jugé, selon le rescrit ad ablavium. L’évêque dispose d’une juridiction disciplinaire, car l’Église doit réprimer les péchés publics.

L’influence des évêques que veut montrer Grégoire entre dans la mécanique épiscopale visant à faire de l’évêque le conseiller royal par excellence, traitant d’égal à égal.

Grégoire se veut garant de la tradition des grands évêques, dont il stylise le rôle au côté du roi : c’est un partenaire. Ainsi, il établit un parallèle entre Alaric et Volusianus, et Quintianus. Il existe le duo Gondobald et Avitus de Vienne, et surtout Clovis et Remi de Reims.

Conscient de ce rôle à l’influence loin d’être négligeable, les évêques utilisent leur pouvoir.

Ainsi, le prédécesseur de Grégoire sur la cathédra(147) tourangelle, Injuriosus, trouble le roi Clotaire I dans son projet d’imposition des églises.

Le roi renonce face au prélat : " si tu as voulu prendre les biens de Dieu, le Seigneur t’enlèvera vite ton royaume parce qu’il est inique que tandis que tu dois nourir les pauvres avec ton grenier, ce soient tes greniers qui se remplissent de leurs gerbes "(148).

Le roi Sigebert est mis en garde par le saint évêque Germain de Paris. " Si tu t’en vas et si tu renonces à tuer ton frère, tu reviendras vivant et victorieux, mais si tu as un autre dessein, tu mourras, car c’est ainsi qu'à parlé le Seigneur, par la bouche de Salomon : " quand tu prépareras une fosse pour ton frère, tu tomberas dedans "(149). Ce procédé permet de lutter contre l’iniquité et l’arbitraire royal. L’intégrité ecclésiastique doit être maintenue, qu’il s’agisse des biens ou du budget. Le roi Childebert envoie Florentien et Romulf à Tours pour faire payer l’impôt, la mort du comte stoppe ce projet. " Dieu jugera ceux qui l’ont produit (le rôle de l’impôt) pour dépouiller nos concitoyens après que s’est écoulé un si long espace de temps "(150).

Ainsi, avec le temps, le pouvoir épiscopal renforce son côté de traditionnel conseiller du prince mérovingien par une véritable puissance politique. Et ce en vertu des relations entretenues avec les groupes de pression, démontré cis-avant. Les évêques sont seuls à diriger leur communauté. Il vont avoir une influence prépondérante dans la vie de la cité et par là s’opposer de manière systématique au comte, véritable potentat local.

Lorsqu’il s'agit pour le roi d’envoyer une ambassade à un égal, la délégation est souvent conduite par un évêque. Ce phénomène s’explique par les liens de clans et de parentèle. " Egidius se rendit avec les principaux grands de Childebert en ambassade auprès dudit roi Chilpéric... "(151).

Un exemple négatif illustre la méchanceté, l’ambition et le désir de pouvoir dans ce milieu. Egidius de Reims. Il est accusé de s’être fourvoyé dans le complot visant à la chute de Childebert II. Dénoncé sous la torture par le connétable Sunnegysile, il est accusé avec le duc Rauching, Ursion et Berthefred. Le roi le fait juger par ses pairs dans la ville de Metz(151bis). Pressé par les témoignages accablants, Egidius passe aux aveux. "  Ne vous attardez pas à prononcer une sentence contre le coupable, car je sais que je suis passible de la mort pour crime de lèse-majesté[...] " . Egidius est banni de l’ordre ecclésiastique et emmené en exil à Strasbourg. Cet exemple illustre un cas d’évêque pris par ses ambitions et le jeu politique.

En 587, Grégoire lui-même est mandaté par Childebert II : " pendant cette même année, la treizième du roi Childebert, alors que nous nous étions rendus en hâte dans la ville de Metz pour le rencontrer, nous reçûmes l'ordre de nous rendre en légation auprès du roi Gontran "(152).

Dans une société où le politique n’est pas séparé du religieux, Grégoire voit le rôle que le roi peut jouer à la demande du pouvoir ecclésiastique pour assurer l’unité du royaume. Il faut s’imaginer sans peine le rôle de premier plan qu’obtient l’épiscopat, de par sa volonté de conseiller le roi, de par les tâches qui incombent à ces grands ecclésiastiques, mais surtout par leur main mise spirituelle.

- 145 - Voir p. 59.
- 146 - HF, IV, c. XV, p. 196.
- 146bis - Pour les fonctions de l’épiscopat, voir p.24.
- 147 - la cathédra est le siège réservé à l’évêque dans sa cathédrale.
- 148 - HF, IV, c. II, p. 181.
- 149 - HF, IV, c. LI, p. 239-40.
- 150 - HF, IX, c. XXX, p. 223-24.
- 151 - HF, VI, c. III, p. 10.
- 151bis - HF, X, c. XIX, pp. 295-99.
- 152 - HF, IX, c. XX, p. 206.

3) les courants d’influence dans l’Église

La royauté mérovingienne est une proie aux pressions que veut exercer l’église gauloise par l’intermédiaire des ses évêques et de leurs décisions.

L’Église gauloise présente plusieurs courants d'influences(152bis) , dont le plus vivace est celui qui tend à contester le pouvoir royal.

En Provence et en Burgondie, se développe un courant gélasien(153) qualifié de modéré. Ce phénomène utilise la cohabitation avec la doctrine arienne durant un siècle. Le monachisme s’est répandu très précocement sur ces terres du sud de la Gaule, avec un modèle en provenance du " désert égyptien " . Le monastère de Lérins est caractéristique de ce monachisme primitif, soucieux d’un détachement du monde séculier et de la tutelle épiscopale. Cette région est en contact avec Rome et reçoit les influences papales. Pour Mme Magnou- Nortier, ces conditions ont poussées à la mise en forme de ce courant de pensée qui respecte l’autorité royale et le droit séculier. Les canons conciliaires promulgués dans l’esprit provençal montrent un souci de réguler les pouvoirs de l’évêque sur son clergé. Le pouvoir royal s’est accommodé de cette tradition.

Il existe dans la Gaule devenue franque un courant résolument tourné vers une optique régalienne. Le concile d’Orléans de 511 réuni par le roi Clovis montre sa mainmise sur l’Église de son temps. De par le préambule qui le loue. Avec le concours de personnes qui lui sont acquises : un roi devenu chrétien est préférable à un roi païen. Clovis a imposé à ce clergé sa volonté et son droit de regard dans la nomination des personnes et sur la destination des biens alloués. Les évêques ont pu voir la figure de Constantin transparaître au travers de Clovis. Grégoire de Tours reprend cette vision à son avantage(154). Le courant adulateur est marqué par la figure de l’évêque Bertrand de Bordeaux. Ce personnage est un chef de file de ce courant de pensée avec l’évêque Ragnemod de Paris.

L’unité de vue démontré au concile de 511 se trouve fissurée bien vite. L’œuvre de Grégoire de Tours montre le personnage de saint Nizier se dressant contre le roi. Théodebert I est vu tel un mauvais prince vivant au milieu d’excommuniés. Les reproches de Nizier valent à celui-ci un exil(155). Les évêques sont décrits comme des adulateurs du roi.

La tradition contestataire, s’appuyant sur les doctrines gélasiennes et l’héritage martinien, est relayée en Gaule par l’évêché tourangeau. On peut aisément noter la relation privilégiée qui existe entre Saint-Martin de Tours et la royauté. Le mouvement consiste à renforcer la position tourangelle comme centre principal du sacré et de la religiosité du royaume.

L’Église veut empêcher la réattribution des terres dont elle est en charge. Durant le siècle, les rois redistribuent les terres du budget de l'église en fonction des partages vers les fidéles de guerre. L’Église tente dans la mesure du possible de faire valoir son point de vue avec la mise en place du terme radical de meurtrier des pauvres.

La doctrine contestataire tend à contrer de manière symbolique la toute puissance du roi qui au nom de ses pouvoirs et des lois fait ce que bon lui semble des biens du fisc. Une partie des évêques va s’opposer aux rois successifs pour prendre la défense de leur mission terrestre et donc de leurs patrimoine issu du fisc étatique. Les prélats élaborent un argument de prééminence du service de Dieu par rapport au service du prince.

En fait, les évêques aussi contestataire qu’ils soient en sont réduits à prophétiser contre le roi. Leur action spirituelle est seule capable de porter des fruits contre la puissance du roi mérovingien. Grégoire de Tours, à la suite des grands évêques qui l’ont précédés comme Injuriosus, s’est dressé contre le roi Chilpéric à l’occasion du procès de Prétextat(156).

Prétextat est accusé par Chilpéric d’avoir uni son fils Mérovée et sa tante Brunehaut, allant ainsi à l’encontre des conciles qui réprouvent ces pratiques. Le roi ne parvient pas à faire inculper l’évêque. Il charge ses évêques adulateurs de délivrer à Prétextat le conseil d’avouer des crimes qu’il n’a pas commis(156). Ainsi, le roi obtient sa vengeance grâce à l’intervention des grands ecclésiastiques qui lui sont dévoués.

- 152bis - Sur ces courants, le travail de Mme MAGNOU-NORTIER apporte un éclairage intéressant. Ce travail est à paraître.
- 153 - Gélase Ier, Saint († Rome, 21. XI, 496) pape (492/496) il poursuivit l'action de son prédécesseur Félix III en affirmant la primauté du siège de Pierre. Sa doctrine vise à mettre systématiquement en avant le pouvoir spirituel par rapport au pouvoir temporel.
- 154 - Ce parallèle entre les deux figures princières est repris en détail pp. 30-34.
- 155 - Vie des Pères, c. XVII.
- 156 - HF, V, c. XVIII, p. 270-281.

 

 

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