C - La finalité du pouvoir royal selon Grégoire
| Grégoire appuie
sa démarche sur la Bible. Le livre sacré lui offre un large champ daction.
Grégoire peut placer des modélisations de figures royales dans ses propres écrits.
Grégoire cache derrière ces multiples figures une finalité, politique et religieuse ,
qui lui est bien propre.
1) Le programme politique de Grégoire. Grégoire de Tours est un grand évêque. Le poste quil occupe durant plus de 21 années, comme successeur de Martin, est celui dun grand administrateur public en premier lieu. La survivance de la circonscription traditionnelle de cité est le fait des épiscopats(51) . Lévêque est avant tout un fonctionnaire détat depuis que le christianisme est religion officielle( an 312). La fonction épiscopale impose la prise en charge des affaires de gestion courante de la cité délection dudit évêque. Il récupère les charges et les fonctions des anciens fonctionnaires impériaux. Les villes sont englobées dans des comtés, dirigées par un comte qui est lui devenu un agent itinérant en charge dun territoire. Concrètement, lévêque gère un budget . Ses revenus proviennent des terres détat quil reçoit au titre de sa fonction. Son budget se répartit comme suit : il entretient les bâtiments publics, les systèmes de protection de la cité ( la muraille, les incendies, et les épidémies). Il prend en charge la paye du clergé et de sa fonction. Il fait jouer la solidarité au travers des services sociaux, par lentretien des pauvres inscrits sur une liste ( la matricule) et des étrangers par la construction du xénodochium qui fait office dhospice et dhôpital. Lévêque propose une activité pastorale par la messe et les prières. En fait, lintérêt principal de lévêque est daugmenter, sinon limiter le recul de ses ressources en terres. A partir de la seconde moitié du VIème siècle, les rois mérovingiens vont rogner, au moment des partages, la part imputée aux églises et aux évêchés. Ce mouvement provient du besoin croissant de moyens pécuniaires pour mener à bien les guerres civiles. Le roi rétribue ses compagnons en leur cédant des terres sous la forme légale du bénéfice. LÉglise gauloise cherche alors les moyens de contrer cette logique. Grégoire est le dépositaire le plus efficace de cette contre-logique. LÉglise veut la paix et le rétablissement de lunité du royaume franc. La division est symbole de désunion. Un royaume unifié soustend l'idée de paix et de prospérité retrouvée. En favorisant le retour de lunion et de la paix civile, lévêque entend mettre fin à la politique damputation systématique de son budget de fonctionnement. Le retour à léquilibre permet dobtenir une stabilité dans les recettes et dans les dépenses. Lépiscopat peut ainsi revenir à une politique dentretien des pauvres et des nécessiteux, et du rachat des captifs. L'Église est la gérante du patrimoine des pauvres, pour l'éternité, dont les terres échappent à la prescription trentenaire(52). Suivant les dispositions du concile d'Orléans de 511, c.5., la gestion du budget des églises relève de la seule et unique compétence de l'évêque. Il est cependant garanti par létat au nom de la sainte religion . Clovis affirme à loccasion du concile son droit de regard sur le recrutement du clergé et sur la destination des ressources quil lui octroyait. On affirme linterdiction de toute aliénation de biens. A Paris et à Tours(53), on affirme la propriété éminente de Dieu sur les royaumes. L'idée du roi " assassin du peuple(54) "est une connotation morale qui intervient dès après 550. L'Église développe cette idée pour contrer la logique du système royal de réattribution des terres. Face aux droits et aux prétentions de la puissance du pouvoir temporel en place, l'Église utilise larme de la dissuasion, et ne cesse de marteler les avertissements. Les prélats élaborent un argument de prééminence du service de Dieu par rapport au service du prince. Dieu permet les victoires au bon prince, mais retire la vie aux auteurs de méfaits. La vengeance divine doit être vue dans son contexte. La société est chrétienne. La notion de vengeance de Dieu est présente dans la Bible. Grégoire sait également déchaîner la fureur du tout-puissant
lorsqu'il sent une menace. Childebert envoie à Tours un comte. " Tandis que ces
faits s'accomplissaient, le fils de cet Audin, qui avait produit le dit rôle(55) fut
saisi le soir même de la fièvre et il expira le troisième jour. [...] On nous envoya
une lettre officielle pour que la population de Tours ne soit pas imposée par égard pour
Saint Martin "(56). Tout ce mouvement vise à conserver l'intégralité et
l'intégrité des biens donnés aux églises, pour le secours des pauvres, l'entretien de
l'évêque et le rachat des captifs. Grégoire s'inscrit fidèlement dans une telle
démarche. - 51 - G. FOURNIER, Les Mérovingiens, coll. Que sais-je ?, n°1238, P.U.F., Paris, 1996. - 52 - Voir le concile de 541, tenu à Orléans, canon n° 18. - 53 - Le concile de Paris en 614, c. 10, 11 et 12 ; Le concile de Tours en 567, c. 25 et 26. - 54 - Le Necator Pauperum dans le texte. - 55 - Le rôle de limpôt est un livre de comptes fiscaux. - 56 - HF, IV, c. XXX, p. 224. 2) Grégoire et le livre dÉzéchiel : un modèle. La vision du prince de Grégoire de Tours est dictée par les impératifs politiques (cf. supra). Au niveau religieux, Grégoire utilise le livre dEzéchiel pour façonner un idéal de prince qui convienne à son projet. Ézéchiel est le fils du prêtre Buzi. On ne sait de lui que sa déportation à Babylone avec le roi Joiakîn en 597 av J C. Son nom signifie " que Dieu rende (lenfant) fort ". Le livre est un récit de ses expériences et une retranscription de ses discours prophétiques(57). Il annonce un avenir meilleur. Il se divise en plusieurs parties que Grégoire sest efforcé de restituer. Le prophète annonce sa mission et sa vision (1,1 à 3,21). Jérusalem est jugée pour son impiété ( 3,22-24,27) avec les nations (25-32). Le salut et la restauration du peuple (33-37) précède la vision du peuple vainqueur (28-29). Lapparition dun nouveau sanctuaire scelle le destin du peuple(40-48). Ce cheminement est celui quentrevoit Grégoire pour la société chrétienne franque, et donc pour son chef. Dans un premier temps, Grégoire juge laction du peuple et des rois depuis Clovis, puis il prétend à instaurer une restauration du salut venu de Dieu, principalement au travers de Gontran. Un roi est attendu. Il sagit de Clotaire II. La théologie de Grégoire sinspire du modèle dÉzéchiel. La reconnaissance de Dieu est importante. Les croyants ne reconnaissent pas Dieu uniquement dans son culte, mais aussi au travers des événements historiques. A partir de ce principe, Grégoire construit ses livres en y incluant souvent des références à lintervention divine. La présence active de Dieu sous-entend une prise en charge du peuple, au travers dune alliance de paix. Lidolâtrie est refusée, elle est montrée partout pour prouver quIsraël nétait plus le peuple élu de Dieu. Grégoire refuse lidolâtrie, mais se sert de ce thème pour lutter contre lhérésie arienne. Grégoire entend faire oeuvre de prosélytisme et d'orthodoxie religieuse. A de nombreuses reprises, il exprime sa foi nicéenne. " ...Je désire confesser ma foi pour que celui qui me lira ne doute pas que je suis catholique "(58). Il défend son orthodoxie nicéenne de belle manière, que ce soit lorsquil sagit de ramener le roi Chilpéric dans le bon chemin(59) ou de discuter avec des ambassades étrangères(60) et des juifs(61) pour leur montrer lerreur dans laquelle ils se sont plongés. Linjustice est liée à lidolâtrie. Les plus coupables sont les rois qui ont uniquement cherché à tirer profit du peuple. Le pouvoir a perverti ceux qui ont des responsabilités. La responsabilité du roi est individuelle. Le caractère nocif de la royauté est envisagé (22,25-29) . " ...dont les princes qui lhabitent sont comme un lion rugissant qui déchire sa proie. Ils ont dévoré les gens, pris les richesses et les bijoux, multiplié les veuves au milieu delle " . Plus loin dans le livre (45,8) " ainsi mes princes nopprimeront plus mon peuple... ". Dans lesprit dÉzéchiel, et par mimétisme dans celui de Grégoire, le salut ne peut venir que de la mort. La mort annonce un renouveau total. Le thème de la résurrection provoque un retour des vieilles valeurs que sont lalliance avec Dieu, la royauté davidique et la terre promise. Cest pour cette raison que Grégoire voit les figures royales de son temps comme de nouvelles incarnations de souverains mythiques. Israël est purifiée. Le royaume est purifié. LEsprit saint revient sur eux (le peuple élu). Grégoire fait sien le programme prôné par ces prophètes. Lévêque de Tours nattend pas moins que le rétablissement de la nation franque, une nation délus de Dieu. Les visées eschatologiques sont également destinées au roi. Lidéal est un État théocratique, une communauté " ardente " et fermée sur elle-même. Sans admettre létranger. Le prince est vu comme un nouveau roi David. Il est parfois appelé ainsi (34,23). Grégoire puise sa finalité du pouvoir royal dans ce destin eschatologique de la royauté vue par le prophète Ézéchiel : le prince est le symbole simple de lunité retrouvée du peuple. Lunité sociale se double dune unité politique. Le roi nest quun vecteur, un lien entre le peuple et Dieu. Le véritable roi est le Seigneur, source de toute vie et maître de tout le crée(62). Ézéchiel fait partie, en compagnie dIsaïe et de Samuel, des prophètes messianiques. Ils prônent le retour dIsraël, la fin des guerres et des injustices. Ils veulent enfin la reconnaissance universelle du Dieu unique. Grégoire sappuie, nous venons de le voir, sur le livre dÉzéchiel. Il nen utilise pas moins lautre uvre de référence de la période : la cité de Dieu de saint Augustin. Il apporte une théologie du peuple de Dieu. Il ny a de justice que par la rectification à légard du vrai bien, et quainsi, les rois doivent travailler à répandre le vrai culte de Dieu. Augustin condamne la conquête rapace qui ne prévaut que du droit du plus fort. La paix est le souverain bien auquel doit tendre lhomme. Pour expliquer la vision de la société mélangée reprise par Grégoire, Augustin voit une Église qui ne peut pas nêtre composée que de gens parfaits. Son caractère distinctif est luniversalité et lucuménité. Au demeurant, il inscrit sa démarche dans la doctrine gélasienne qui avait permis, déjà, à l'évêque Rémi d'envoyer une lettre au roi Clovis, véritable programme épiscopal de gouvernement. Le roi devait s'entourer de conseillers ecclésiastiques et mener une politique sociale et de justice, en libérant les captifs et en soulageant les pauvres et les orphelins. Le message de Grégoire ne fera quajouter à cela lidéal de paix, rompu par le partage du royaume du premier roi baptisé (511). Grégoire puise son idéal royal dans les sources qui sont lui le mieux
connues. Il fait du roi un serviteur du peuple et du Seigneur. Grégoire entend également
coopérer avec cette référence de la société qu'est le prince. La possibilité de
régler un éventuel conflit repose sur l'idée augustinienne du " bonus rex ",
le bon souverain reconnaissant que " sa puissance ne lui est donnée que par la
providence du Dieu suprême " qui s'évertue à aider l'église dans
l'accomplissement de l'oeuvre divine. La coopération est possible entre létat et
léglise, dans les domaines de compétence respective de chacun. - 57 - La Bible de Jérusalem : parmi les livres prophétiques, le livre dÉzéchiel, pp. 1289-1255. HF, X, c. I, p. 255. - 58 - HF, I, praef, p. 33. L hérésie arienne est en vigueur dans tous les pays européens. Développée par Arius dAlexandrie (280-336). Il sagit dun rejet de lincarnation car la chair (mauvaise) ne peut sallier avec Dieu (Bien infini). Il nie la divinité du Christ. - 59 - HF, V, c. XLIV, p. 310. - 60 - HF, V, c. XLIII, p. 306 ; et HF, VI, c. XL, p. 61. - 61 - HF, VI, c. V, p. 12. Le juif Priscus refuse de se laisser imposer les mains en signe de rédemption et de conversion. - 62 - On peut consulter louvrage du père Y.M.-J. CONGAR, Ecclésiologie du haut moyen-âge, Les éditions du Cerf, Paris, 1968. 3) Clovis : lapplication de la vision idéale du prince. Grégoire de Tours plaque sur lhistoire du roi Clovis (*466-481-511), quil nous raconte(63), limage du souverain parfait dont il veut voir le règne arriver pour le royaume franc. La figure royale utilisée pour "caractériser " Clovis est celle de Constantin le Grand(64). En 313, lempereur Constantin décide de publier un édit de libertés religieuses en accord avec son rival Licinius ( lédit de Milan). Constantin saffirme chrétien entre 320 et 328, et ce de plus en plus nettement. Les références au paganisme romain, la vieille religion des ancêtres, se font de moins en moins présentes sur la période. Constantin devenu seul empereur fonde une monarchie héréditaire dont lidéologie repose sur le monothéisme providentialiste que développe alors Eusèbe de Césarée. Constantin se fait empereur par la grâce de Dieu, par dépit de ne pouvoir se réclamer de filiation divine. Son mouvement de rapprochement vers le christianisme est marqué par deux événements : le concile de Nicée I réuni en 325 les personnages qui vont condamner lhérésie arienne(65) et rédiger le symbole de Nicée. Enfin en mai 337, Constantin se fait baptiser chrétien sur son lit de mort(66). Connaissant ce modèle du premier prince chrétien, Grégoire de Tours établit un parallèle entre les vies de Constantin I et de Clovis I. Clovis est le fils de Childéric , roi franc de 457 à 481. Exilé huit années en Thuringe, Childéric sunit à Basine. Celle-ci est la femme du roi thuringien de lépoque, dénommé Basin ( ou Bisin). De cette union naquit en 466 Clovis. Childéric est reconnu, de retour chez lui, comme gouverneur civil et militaire de la province romaine de Belgique seconde. La capitale en est Reims, mais Childéric exerce ses prérogatives depuis la ville de Tournai. Childéric meurt en 481. Il est enterré dans sa ville de Tournai à lextérieur des murs. Clovis est âgé de 15 ans lorsquil succède à son père. Son nom signifie en vieil haut allemand " célèbre à la guerre ". Grégoire décide dappliquer au règne de Clovis une datation en période de 5 ans. Il sagit dun artifice utilisé dans la Bible(67). Ce procédé est également présent dans les documents officiels romains, les quinquennalia qui ont pour but de rappeler chaque cinq ans les hauts faits dun grand personnage, ici pour les empereurs. Comme Constantin, Clovis est dabord enfoncé dans son erreur. " En ce temps beaucoup déglises furent pillées par larmée de Clovis, parce quil était encore enfoncé dans les erreurs du fanatisme "(68). A la suite de cette phrase, Grégoire place son récit du vase de Soissons(69). Clovis est un fonctionnaire romain. Il dispose de pouvoirs militaires et civils. Le titre de roi lui est attribué. Remi parle également de lui comme d" un homme insigne et magnifique ". Il sagit dune dignité romaine preuve de sa qualité de chef fédéré hérité de son père. Les peuples fédérés ont conclu un accord de défense avec Rome, en échange de terres en lisière du monde romain. Déjà, la naissance de Clovis est traitée de manière messianique, avec les mots de lévangile de Luc (1,31) relatif à la naissance du Christ(70). Clovis est assimilé bien vite à Constantin. Son mariage avec la fille dun roi burgonde, dénommé Chilpéric, est vu comme un événement décisif du parcours de Clovis. Clotilde est chrétienne, et cest elle aidée de conseillers éminents qui vont persuader le roi de se convertir. La conversion de Clovis(71) est un acte privé, résultat dun parcours intime durant 7 ans. La décision est personnelle, comme le fut celle de Constantin I. Elle intervient pour les deux personnages après un serment et une victoire. Clovis fait le serment de Tolbiac, lors de la bataille lopposant en 496, la quinzième année de son règne, aux Alamans. La défaite semble approcher. La démarche de Clovis est païenne : " Ô Jésus-Christ que Clotilde proclama le fils du Dieu vivant [...] si tu maccordes la victoire sur ces ennemis et si jexpérimente la vertu miraculeuse que le peuple voué à ton nom déclare avoir mise à lépreuve, je croirai en toi et je me ferais baptiser en ton nom "(72). les Alamans sont mis en fuite . Constantin fait un voeu semblable en 312 au cours de la bataille du pont Milvius. Il voit le chrisme chrétien . Les exemples montrent ensuite que le roi franc est protégé par Dieu. Clovis entame une période de catéchuménat, et se fait baptiser en fin 498 ou début 499. Avant la descente du roi et de sa garde, Grégoire nous parle : " il savance, nouveau Constantin, pour se guérir de la maladie dune vieille lèpre " . Remi est comparé à saint Sylvestre, pape contemporain de Constantin. Ainsi, la formule célèbre de Remi sexplique : " dépose tes colliers " (de roi païen) fait référence à la vie de saint Sylvestre, où la pape demande à Constantin de déposer son diadème. Lorsque le second fils de Clovis est malade, Dieu prouve sa puissance puisque " grâce aux prières de ma mère, il guérit sur l'ordre de Dieu "(73).Un des exemples les plus démonstratifs est sans nul conteste la célèbre formule employée pour caractériser les actes du roi Clovis. " Ainsi Dieu prosternait chaque jour ses ennemis sous sa main et agrandissait son royaume parce qu'il marchait d'un coeur droit devant lui et faisait ce qu'il plaisait aux yeux de Dieu "(74). Le livre second insiste sur le personnage de Clovis en temps que continuateur d'une église du Christ dans l'esprit de Grégoire. Les chapitres concernant les évêques de Clermont et de Tours sont placés de manière à suggérer cette continuité. Pour donner un poids symbolique à la conversion, Grégoire place dans cette lignée dévêques Eparchius. Le prélat trouve son église arverne emplie des forces du mal la nuit. Il voit " léglise pleine de démons et leur prince lui-même affublé à la mode dune femme, trônant sur sa chaire " . Le prince du mal peut symboliser la religion païenne et le mode de vie [la luxure] dont doit se débarrasser Clovis pour accéder à la vraie religion. Grégoire montre ensuite toute la réalité de ce premier prince franc chrétien . La cérémonie de Tours , suite à la bataille de Vouillé, est révélatrice. Clovis reçoit le codicille du consulat de lempereur Anastase. Il revêt la tunique de pourpre, la chlamyde et un diadème pour parcourir la cité, en lançant " avec une très grande générosité de lor et de largent(75) " . Clovis quitte Tours et établit sa capitale à Paris. Il apparaît ici comme un David quittant Hébron pour prendre Jérusalem pour capitale. La réunion du concile dOrléans de 511 est perçue comme étant une équivalence du concile de Nicée. Le roi, en fonction de son titre romain de prince, peut convoquer une assemblée conciliaire. Les canons définis à Orléans sont orientés vers la volonté de réguler les rapports entre lÉtat et lÉglise. La volonté de percevoir en Clovis un nouveau Constantin est nette chez
Grégoire de Tours. M . Rouche fait remarquer que cette volonté est motivée par le
désir de retour à une pureté disparue avec la chute de lempire et la propagation
de lhérésie arienne. Clovis est alors seul face aux rois ariens dEurope. Il
peut sagir dun combat renouvelé de David contre Goliath. - 64 - Constantin I, empereur romain (*270-306-337). Voir P. PETIT, Histoire générale de lEmpire romain, t.3 le Bas-Empire (284-395), Paris, 1978. - 65 - Arius nie la divinité du Christ. - 66 - Il est baptisé par Eusèbe de Nicomédie, un évêque arien !, faute davoir pu trouver un ecclésiastique de confession nicéenne. - 67 - voir le règne de Jéroboam, daté en 5 années. - 68 - HF, II, c. XXVII, pp. 114-115. - 69 - M. ROUCHE, Clovis, p. 205 et suivantes. Le testament de saint Rémi montre quil sagit dun vase provenant de Reims. - 70 - HF, II, c. XII, p. 102. - 71 - M. ROUCHE, pp. 253-285. - 72 - HF, II , c. XXX, p. 119. - 73 - HF, II, c. XXXI, p. 119. - 74 - HF, II, c. XL, p. 134. - 75 - HF, II, c. XXXVIII, p. 132-133. |