SOUVIENS-TOI DE NOUS  (FRANCIS CABREL)
	Quelques fois au fond de ma mémoire
	Il mŽarrive de te revoir juste à mes côtés
	Derrière nous dix-huit ans à peine
	Et devant les immenses plaines de lŽéternité
	On avait lŽeau des cascades et des lits dŽherbe mouillés
	JŽecrivais des ballades pour te réchauffer
	Souviens-toi de nous, toi qui tŽes envolée...
	...dans ton palais doré
	Dis-moi sŽil se passe autant de choses
	Dans ton palais de marbre rose et ta plage privée
	Est-ce que tu entends le chant des cascades
	Autour de tes miroirs de jade pour tout faire macler
	Rappelle-toi les orages quand nos cheveux sŽenmêlaient
	Sous les grands arbres sauvages où lŽon sŽabritait...
	...Mais quelques fois au fond de ta Roylce noire
	Il mŽarrive de te revoir
	Ils sont tous à tes pieds
	Je sais quŽils se battent pour te plaire
	Mais tu les apperçois quŽau travers de tes verres fumés...
	...sinon tu vas tomber...
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JE LŽAIME À MOURIR  (FRANCIS CABREL)
	Moi je nŽétais rien mais voilà quŽaujourdŽhui
	Je suis le gardien du sommeil de ses nuits
	Je lŽaime à mourir
	Vous pouvez détruire tout ce quŽil vous plaira
	Elle nŽaura quŽà ouvrir lŽespace de ses bras
	Pour tout reconstruire...
	...Elle a gommé les chiffres des horloges du quartier
	Elle a fait de ma vie des cocottes en papier
	Des éclats de rires
	Elle a bati des ponts entre nous et le ciel
	Et nous les traversons à chaque fois quŽelle
	Ne veut pas dormir...
	...Elle a du faire toutes les guerres
	Pour être si forte aujourdŽhui...
	...De la vie, et de lŽamour aussi
	Elle vit de son mieux son rêve dŽopaline
	Elle danse au milieu des forêts quŽelle dessine...
	...Elle porte des rubans quŽelle laisse sŽenvoler
	Elle me chante souvent que jŽai tort dŽessayer
	De les retenir...
	...Pour monter dans sa grotte cachée sous les toits
	Je dois clouer des notes à mes sabots de bois...
	...Je dois juste mŽasseoir je ne dois pas parler
	Je ne dois rien vouloir je dois juste essayer
	De lui appartenir...
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LES PANTINS DE NAPHTALINE  (FRANCIS CABREL)
	La petite fille de mes dimanches
	Mettait toujours sa jupe plissée
	Elle marchait raide comme une planche
	Pour pas salir le vernis des souliers
	Si ces bouts brillaient au soleil
	Elle sentait les bigoudis de la veille
	Elle portait sa couronne dŽépines
	Pauvres pantins de naphtaline
	On me mettait des soquettes blanches
	On me faisait la raie sur le côté
	Dans mon beau pantalon du dimanche
	JŽallais faire semblant de prier
	JŽarrivais le premier à lŽéglise
	Pour ne pas que les autres médisent
	On mettait les enfants en vitrine...
	...JŽaurais toujours au fond de moi
	cette image jaunie, cette odeur dŽautrefois...
	...Mais aujourdŽhui jŽai quitté mon village
	Dans mon qartier à pas de clocher
	Et les gamins du quizième étage
	Emmènent leur copine au ciné
	Mais chaque fin de semaine
	Il y a des images qui reviennent
	Et chaque fois quŽun samedi se termine
	Je revois les...
	...Qui...Et qui...
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JE RÊVE  (FRANCIS CABREL)
	Le vent a fait sŽapprocher les nuages
	Il fait gris au-dessus des plages
	Et la mer a lŽair triste aussi
	Le ciel nŽest plus quŽun long tissu de brume
	Il va faire une nuit sans lune
	Et demain je nŽaurais pas dormi
	Peut-être je vais rencontrer une dame
	Quand jŽirai accrocher mon âme
	Sur les arêtes des rochers
	Mais le vent souffle si fort sur ces pierres
	CŽest plus la peine que jŽespère
	LŽamour ne peut pas sŽy poser
	Mais je rêve, je lance des mots vers le jour qui sŽachève,
	Je voulais quŽil reste, il nŽa pas entendu
	Plus loins sur les rocs que la mer assaille
	Cheveux et jupons en bataille
	Combien de femmes ont attendu
	Combien ont crevé leur coeur sur les vagues
	Pour celui qui avait lŽautre bague
	Et qui nŽest jamais revenu...
	...La mer est plus forte que mon courage
	Mais ce soir il y a des nuages
	Et je sais quŽil est triste aussi
	Quand ces mots seront devenus des braises
	Je monterais sur la falaise
	Jeter leur cendres dans la nuit...
	...Et je dedie ces mots aux amours qui sŽachèvent,
	Je voulais que tu restes...
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LES VOISINS  (FRANCIS CABREL)
	Ils vivaient dans de mondes lointains où ils étaient des voisins
	Chacun dŽeux sagement replié sur son bout de palier
	Il y a tellement de gens malhonnêtes
	quŽil faut bien quŽon sŽinquiète
	Ils rêvaient à peu près chaque nuit quŽils seraient des amis
	Ils sŽéchangeaient des mots sans chaleur dans le même ascenceur
	Ils couraient fermer à tout allure leur quarante serrures
	Puis il sŽendormaient dans les filés dŽun poste de télé
	En rêvant...
	...Ils avaient lu leur nom sur le dos dŽune boîte aux lettres
	Ils pensaient que cŽétait bien assez se connaître
	Pourtant ils se sentaient sourire et même ils sŽentendaient dormir
	Mais ils ne se sont jamais rencontrés ils ont déménagé...
	...Mais chacun son côté de cloison et chacun son feuilleton
	Ils fermaient les volets de leur coeur tous les soirs à dix heure...
	...puisquŽils se disaient:
	"CŽest pas la peine dŽaller leur parler puisquŽon a la télé..."
	"...de se chercher des mots puisquŽon a la radio..."
	"...de se donner du mal puisquŽon a le journal..."
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LES CHEMINS DE TRAVERSE  (FRANCIS CABREL)
	Moi je marchais les yeux par terre
	Toi tŽavais toujours le nez en lŽair
	Et cŽest comme ça quŽon sŽest connu
	On avait chacun sa guitare
	On nŽétait pas loin dŽune gare
	CŽest le hasard qui lŽa voulu
	Et tu mŽas dis quand leurs ailes sont mortes
	Les papillons vont où le vent les porte
	On a pris le premier chemin venu
	Et quand la nuit est tombée sur la voie ferrée
	On était bien loin de la ville
	On nŽentendait que des notes et le bruit de nos bottes
	Sous la pleine lune immobile
	On a traversé les semaines
	Comme de vrais fêtes foraines sans même penser au retour
	On sŽest perdu dans les nuages comme les oiseaux de passages
	A suivre les fils dŽun jour
	Et pour ne pas que des fous nous renverssent,
	On prenait les chemins de traverse
	Même sŽils ne sont jamais les plus courts...
	...la nuit tombait...
	...Et quelques fois je me souviens
	Ceux qui nous ont laché les chiens
	Et jeté des pierres au visage
	Ils nŽont rien empêché quand même
	Puisque le seul métier quŽon aime
	CŽest la bohème et le voyage...
	...la nuit va tomber...on sera...
	...On nŽentendra...
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UNE STAR À SA FAÇON  (FRANCIS CABREL)
	Elle vie tout doucement pour son homme et ses enfants
	Sans jamais trop sŽécarter des mots que Dieu lui a dictés
	CŽest quelquŽun dont on ne parle pas, je lŽaime pour ça
	CŽest une fleur sur lŽhorizon, une star à sa façon
	JŽai découvert le matin dans la chaleur de ses mains
	Et jŽai grandi bien au fond de son palais de coton...
	...CŽest la reine dans sa maison...
	...Elle mŽappelle et puis autour de moi
	CŽest le printemps à chaque fois
	Elle est si belle que je lui ai dit
	Les premiers mots de ma vie
	Surtout ne me demandez pas de vous la montrer du doigt
	Avec vos yeux dŽétranger vous nŽallez rien remarquer
	Mais ce quelquŽun dont on ne parle pas cŽest plus que tu ne crois
	CŽest le titre de ma chanson...
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CŽÉTAIT LŽHIVER  (FRANCIS CABREL)
	Elle disait: "JŽai déjà trop marché
	Mon coeur est déjà trop lourd de secrets...de peines..."
	..."Je ne continue plus
	Ce qui mŽattend, je lŽai déjà vécu
	CŽest plus la peine..."
	...que vivre était cruel
	Elle ne croyait plus au soleil
	Ni aux silences des églises
	Même mes sourires lui faisaient peur
	CŽétait lŽhiver dans le fond de son coeur...
	...Le vent nŽa jamais été plus froid
	La pluie plus violente que ce soir-là
	Le soir de ses vingt ans
	Le soir où elle a éteint le feu
	Derrière la façade de ses yeux
	Dans un éclair blanc
	Elle a surement rejoint le ciel
	Elle brille à côté du soleil
	Comme les nouvelles églises
	Mais si depuis ce soir-là je pleure
	CŽest quŽil fait froid dans le fond de mon coeur...
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MAIS LE MATIN  (FRANCIS CABREL)
	Elle est plus grande que la mer
	Mais elle tien au creux de mes doigts
	Elle est tellement de choses a la fois
	On ne joue pas au poker avec une fille comme ça
	CŽest toujours elle qui a les quatre rois
	Mais le matin
	Quand on se réveille elle et moi
	On a plein
	De rosée sur les draps...
	...Quand on sŽéveille tous les deux...
	...De cerne sous les yeux
	Elle met du rose sur ses lèvres
	Et des fleurs aux bouts de ses doigts
	Elle nŽa pas besoin de tricher pour ça
	Le ciel est clair quand elle se lève
	Et puis noir quand elle sŽen va
	Quand elle part avec mes rêves sous le bras...
	...Je sais quŽelle cache ses guitares
	Au fond dŽune armoire à poupées
	Avec le début de notre histoire
	Et les lambeaux de son passé
	Et dans chacune de ses empreintes
	Moi je pose les pieds
	Sans savoir où elle va mŽemmener
	Mais je nŽai pas grand chose à craindre de son corps de poupée
	On a tellement de choses à se partager...
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MONNAIES BLUES  (FRANCIS CABREL)
	Je marchais dans une rue louche elle elle avait les bras croisés
	Et puis une si grande bouche que je me suis laissé tenter
	Elle mŽa montré des tas de choses quŽon ne montre quŽà ses amis
	Sa bibliothèque en cuir rose et la soie de ses draps de lit
	JŽétais tout près de lŽépouser quand elle mŽa montré la porte
	Elle a pris toute ma monnaie,
	Elle a dit: "CŽest le seul moyen pour que je mŽen sorte"
	Je suis rentré chez moi de rage, jŽai allumé la télé
	Un vieillard encombrait lŽimage...très bien habillé
	Qui prononçait des mots bizarres...que personne ne connait
	JŽai dit: "CŽest pas trop son histoire et il ne sŽen sortira jamais"
	La speakerine est venue traduire avant que jŽéteigne mon poste
	-Il voudrait toute votre monnaie,
	Il a dit...
	...JŽai dit: "Mon Dieu cŽest pas facile,
	sŽils veulent tous de mon argent"
	Lorsque lŽévêque de la ville entra dans mon appartement
	Il avait ses habits de messe par dessus sa tenue de plage
	Il criait: "Mes quatre maîtresses viennent dŽêtre prises en otage
	Par pitié faites quelque chose
	pour pas quŽelles me reviennent mortes". Il...
	"...pour quŽelles sŽen sortent"
	Je me suis enfui dans un bar, jŽai pris mon alcool préféré
	JŽavais pas commencé de boire quand les docteurs sont entrés
	Ils criaient: "Vous avez lŽair pâle et la mort arrive si vite
	On a prévenu lŽhôpital, on va vous embarquer tout de suite"
	Pas moyen de leur échapper ils avaient une bonne escorte. Ils ont...
	...Ils ont dit: "...pour quŽon sŽen sorte"
	Lorsque je me suis réveillé, jŽai dit: "Faut que tout ça sŽarrête"
	JŽai mis partout trois tours de clé, jŽai fermé les double fenêtres
	JŽai calfeutré mon lavabo, jŽai débranché mon téléphone
	Et jŽai bien tiré les rideaux,
	jŽai dit: "Je veux plus voir personne"
	JŽai mis des gardes à chaques murs, des armoires contre les portes
	JŽai brûlé...
	...Puisque cŽétait...pour que je mŽen sorte. Et...
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