EVANESCENCES La fleur de tes années, tristement s'est fanée, Tes amours de printemps en un long regret S'étiolent comme les roses précoces de l'été Qui à peine fleuries, hélas! sont si vite oubliées! Le parfum de ton corps qui enbaume les nuits Et qui s'ouvrent à la folie de tes caresses, Engouffre de ses mystères l'âme endolorie Qui entre tes seins oublie le silence qui blesse! De tes baisers de feu, de ta profonde volupté Tu fais croire à l'invincible jeunesse. Avec cette voix de sirène et ces yeux d'éternité Tu apaises les sens affolé de l'ultime ivresse! L'aube que tu étais, déjà n'est que souvenance Et ton doux sourire, tel un soleil couchant S'estompe dans un ciel aux tristes évanescences: Les eaux tarissent, le coeur s'arrête lentement! La vie qui s'épuise ne s'apaise que de nostalgies Que berce une brise assoiffante comme une femme. Le passé qui remue le ressac de nos vies Fait revivre en nous des chagrins qui brisent l'âme! Et pourtant, malgré le crépuscule qui s'annonce Sans lendemain, et le ciel qui sera mon linceul Je crois voir dans le soleil qui dans la mer s'enfonce Sourire tes lèvres qui me disent: Tu n'es pas seul! Claudio Wye