Le temps qui passe

Le temps qui passe

est comme l'eau

qui parmi les roseaux

coule et chasse

nos tristes pensées

et le petit oiseau

qui sur une brindille

se pose l'instant d'une rêverie

pour quelques trilles

est si souvent cause

de nos pires folies.

Seuls les êtres esseulés

côtoient ces recoins

de solitude et de paix

où épris d'éternité

ils entendent au loin

des dieux les voix sacrées.

Le temps est un rêve

qui s'oublie au réveil;

mais pourtant il est sève

qui comme le soleil

remplit de lumière

notre présent et d'espoirs

les attentes aux soirs

où se font nos vaines prières.

Les jours indiciblement

deviennent nuits,

un grand néant

auquel tout se réduit.

L'homme se mesure à Dieu

en se voulant immortel

et pour rejoindre les cieux

il se fait grand et cruel.

Mais de toute cette vanité

Le Temps n'en a cure!

Il passe et nul ne peut l'arrêter:

que nos pensées soient pures

ou impures

nos corps sous peu

ne laisseront aucune trace

de nos jours heureux

ou malheureux

ni de nos belles audaces!

Alors, dites-moi

vous qui me lisez

l'âme en émoi

pourquoi ne pas s'aimer

à la folie

au lieu de s'éviter?

Pourquoi ne pas mettre de côté

nos petitesses et réticences

avant que le destin,

monstre invincible

ne surgisse du fond marin

et ne nous emporte vers l'Insondable?

Claudio Wye

le 8 août 1998

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