Triste illusion Triste illusion que nous offre cette vie Tel ce lac au nord miroitant l'Éternel Où par une nuit d'été unissant nos esprits Nous avons trempé nos désirs si cruels! Chaque instant est précieux, belle blonde! Même si nos reproches et nos regrets Nous ravagent l'âme que font frémir les ondes Que caresse une brise toute légère de chasteté! Souvent j'ai regardé au fond de tes yeux Pour y voir le rubis millénaire aux mille reflets Incandescents que se disputent même les dieux Avides de beauté, de luxure et de volupté! O être que l'amour pénètre d'une chaleur Lancinante empourprant tes lèvres affamées, Délivre mon âme des affres de la douleur Qui nuit et jour me pourchassent sans pitié! Mon esprit est un miroir où se reflètent En gerbes de glaïeuls mille étincelles Et mon corps est un jardin où se fêtent Les amours fugitives des êtres seuls et infidèles! Triste illusion que nous offre cette vie! Les années passent mais nos rêves demeurent Au-delà de l'espoir volatil qui s'enfuit Et des exhalaisons de fleurs qui se meurent! Claudio Wye août 1987