Au revoir et non adieu
Tristes souvenirs de ce juillet pourtant ensoleillé
Où dans un bruissement de feuilles, ailes toutes déployées
Tu t' es envolée tout doucement vers l' insondable Éternité
Nous disant tout simplement au revoir et non un éternel adieu.
Hélas, le Destin, monstre insatiable, friand de nos misères
T' a pourchassée sans pitié et se moquant de nos prières
Nous a ravagé l' âme d' une longue agonie pire que la mort
Et semé une tristesse inaltérable en notre esprit et notre corps.
Évanescence de cette vie que notre ennemi commun, le Temps
Impitoyablement et inexorablement voue au grand Néant.
Nous reverrons-nous un jour et pourrons-nous comme avant
Fôlatrer en toute innocence par les monts et par les champs?
Rappelle-toi, ô rappelle-toi, soeur tant aimée
Nos rêves communs, toutes nos illusions partagées.
Et maintenant que tu chemines vers ton étoile préférée
Dis-toi bien que malgré tout nous t'avons bien aimée.
Éternellement les fleurs que tu aimais si passionnément
Nous disent que la vraie Beauté et le vrai Bonheur existent
Et que pour les avoir il suffirait que nous redevenions enfants
Et bien que nous périssions nos rêves en notre esprit subsistent.
Souviens-toi, Thérésa, des matins et des soirées d'antan
Où courant dans les sous-bois et les ruelles de Quatre-Bornes
Et tissant des heures durant d' incessants rêves d'enfants
Nous nous promettions d'aller un beau jour gravir le Morne.
Aimons-nous toujours, chère soeur, au-delà de la Mort
Et oublions si tu le veux bien nos différends et nos travers
Car que valent nos petitesses et tous nos vains remords
Devant l' immense et mystérieuse étendue de l'Univers!
Claudio Wye
le 30 juillet 1997