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| Qui pourra
empêcher que le Chianti coule encore à flots demain
soir. Qui pourra empêcher les bouteilles de Spumante de
valser au son des lalala italiens ? C'est la grande
question, à quelques heures du départ de la course
masculine dont, forcément, les coureurs transalpins sont
les grandissimes favoris. Un statut qu'ils puisent de la
lecture des résultats des trois dernières années. 1995
: Lucio Fregona (Marco Toini, troisième); 1996 : Antonio
Molinari (Severiano Bernardini, deuxième); 1997 : Marco
de Gasperi (Davide Milesi, deuxième). Epoustouflant.
Quand on sait que le dernier nommé sera au départ
demain matin, on ne peut que craindre que le reste du
peloton lutte pour la deuxième place, convoitée
également par Lucio Fregona (toujours là !), Massimo
Galliano, Roberto Calandro et Davide Milesi. Dans la foulée d'un formidable triplé sur le marathon des championnats d'Europe de Budapest le mois dernier, les Italiens sont encore bien partis pour truster les médailles demain au sommet du Dimitile. Bénéficiant de conditions de préparation exceptionnelles, avec des stages à Sestrières (Italie) ou Boulder (Colorado), tous en altitude, les Italiens sont condamnés à réussir. Héritiers d'une longue tradition de courses de fond, demi-fond et grand-fond, les athlètes italiens possèdent, dans le nord de leur pays, tous les atouts nécessaires pour réussir. Organisateurs des derniers championnats d'Europe de la spécialité (à Sestrières), ils sont restés maîtres à domicile en empochant les victoires par équipes (hommes et femmes) pendant que les filles prenaient même les quatre premières places de leur course. "DU TRAVAIL, TOUJOURS DU TRAVAIL" Les Italiens possèdent-ils un secret pour afficher une si éclatante santé ? A cette question, les responsables répondent invariablement par "du travail, encore du travail et toujours du travail". C'est bien. Mais, parce que le sujet est trop sensible depuis cet été, il est obligatoire d'évoquer les moyens illicites qui permettent d'améliorer les performances. Rarement touchés de plein fouet par les affaires de dopage qui ont ébranlé le monde sportif ces dernières années, les athlètes italiens ont cependant toujours été, depuis le début des années 80, au centre de certaines rumeurs sur les transfusions sanguines. Vint ensuite, l'ère de l'EPO dans le monde sportif mais comme il est (à ce jour) impossible de prouver quoi que ce soit (si toutefois il y avait quelque chose à prouver), le maillot bleu-roi de la "squadra azzura" reste immaculé. Et puis, vainqueurs des trois dernières éditions de ces championnats du monde de courses en montagne, les Italiens ont été obligés (comme le sera le vainqueur de demain et quelques autres) de se soumettre à l'épreuve du contrôle antidopage. Dans ce contexte, quel peut-être le rôle des Français ? Privés de Thierry Icart, qui fut vice-champion du monde et qui a terminé dixième aux championnats d'Europe, les Tricolores risquent de souffrir de la comparaison. Ils pourront toutefois compter sur l'enthousiasme et la volonté de briller à domicile de Jean-Paul Payet. Même loin de sa meilleure forme (il a été stoppé deux mois par des tendinites), le Réunionnais a déjà annoncé sa tactique de course. "Je ne vais surtout pas partir trop vite. Le but sera de rester proche du groupe de tête et, si tout va bien, de mettre le paquet à partir du quatrième kilomètre. Si j'ai réussi à recoller à ce moment là et si tout va bien, je peux finir dans les dix." Bonne performance mais qui sera sans doute bien insuffisante pour empêcher la "casa italia" de résonner au son des chants à la gloire des Italiens. ___________________ GROS PLANPatrick Essob brouille les pistesLa course Open, ouverte à tous les athlètes ne faisant pas partie d'une équipe nationale, s'élancera à six heures demain matin. Pour les coureurs réunionnais, ce sera l'occasion d'effectuer une comparaison...
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Extrait du Journal de l'Ile de la Réunion