Dans un marathon de 18 buts, Locas sort grand vainqueur

Par Michel Lavoie

 

Chicoutimi - Sylvain Locas n'aurait pu trouver un meilleur moyen de c�l�brer dignement son 18e anniversaire de naissance.

Il a profit� de la halte des �perviers de Sorel, hier soir, pour signer la plus haute production de buts de sa carri�re junior, soit sept, mais, malgr� tout, ce ne fut pas suffisant aux Saguen�ens pour savourer la victoire.

La troupe de Rodrigue Lemoyne s'est, en effet, sauv�e avec un pr�cieux point au classement, dans un r�sultat nul de 9-9, au grand d�sespoir des quelque 2,778 spectateurs mass�s dans l'enceinte du Centre V�zina.

Locas n'a mis que 8:05, en premi�re p�riode, pour compl�ter son tour du chapeau et, avant que la p�riode se termine, il avait log� une quatri�me fois la rondelle derri�re le gardien Claude Legris.  Locas a ensuite ajout� un but, en deuxi�me p�riode, et deux autres, en troisi�me.

Dans le vestiaire des siens, le h�ros de la soir�e ne savait cependant pas s'il devait se r�jouir de sa performance ou se montrer d�cu du r�sultat sans vainqueur.   "Ca entrait c'est effrayant!  Je suis content, mais je l'aurais �t� encore plus, si nous avions empoch� une victoire.  Heureusement, un match nul c'est mieux qu'une d�faite", a comment� celui qui venait d'atteindre le plateau des 100 buts, en moins de deux saisons, dans le premier circuit de hockey junior qu�b�cois.

Pourtant Locas ne s'attendait nullement � connaitre une soir�e aussi productive.   "C'est dr�le, je me demandais, lors de la p�riode de r�chauffement, si j'arriverais � en compter au moins un.  Je me sentais mou sur mes jambes et je n'�tais pas confiant.  Heureusement, j'ai marqu� d�s ma premi�re pr�sence et le bal a commenc�".

Le haut pointage et la performance de Locas donnent cependant une bonne image de ce qu'a pu �tre l'affrontement.  Un match truff� d'erreurs, o� la d�fensive a �t� envoy�e par dessus bord et en a pris pour son rhume.  Les �perviers ont d'ailleurs d�coch� 47 tirs au but, contre 34 de la part des Saguen�ens.

Locas, lui-m�me, n'a pu faire autrement que de reconna�tre que l'accent avait uniquement port� sur l'offensive.  "Je comprends que c'�tait trop ouvert.   Nous comptions et ils allaient nous remettre la politesse.  Nous avons laiss� notre gardien seul � lui-m�me, tout comme les �perviers".

Yvan Gingras a bien r�sum� le match.  "Ca arrive une fois, de temps en temps, d'oublier la d�fensive.  Quand on joue mal, comme ce fut le cas ce soir (hier) et qu'on ne perd pas, c'est ce qu'il faut retenir.  On a encore huit points d'avance sur Sorel et les deux �quipes viennent de gaspiller un match.  On ne s'est pas m�fi� et eux non plus.  C'�tait terrible, d�fensivement".

Pour dire vrai, on aurait cru un champ de bataille, au Viet-Nam, pi�tin� par une vaste offensive, une contre-offensive et vice versa, pendant 60 minutes.

Pour sa part, Rodrigue Lemoyne n'arrivait pas � comprendre comment ses hommes n'avaient pu contenir Locas.  "Tant et aussi longtemps que mes hommes ne plaqueront pas Locas, il ne sera pas possible de l'arr�ter et d'arr�ter les Saguen�ens.   Surtout, je les avais avertis que c'�tait le gars � surveiller", a dit Lemoyne, qui a bien rigol� lorsqu'on lui avait fait remarquer que c'�tait le genre de match � donner des ulc�res � un entra�neur.  "A ce compte-l�, ca fait longtemps que j'en aurais", a �t� sa r�plique � travers deux gorg�es de bi�re.

Pour revenir au match, les Saguen�ens ont pris l'initiative par 4-2, apr�s 20 minutes.  Les �perviers ont fait une remont�e, pour prendre le chemin du vestiaire avec une �galit� de 7-7, apr�s deux engagements.  Ils ont m�me pris l'avance par 8-7 au d�but du dernier tiers, mais Locas s'est vite charg� de replacer les choses.

Outre Locas, les buts des Saguen�ens sont all�s � Daniel Poulin et Andr� Boudreault.  Le capitaine Lucien Deblois a de nouveau �t� chef de file des �perviers avec une production de trois buts (tous en deuxi�me p�riode) et deux aides.   Alain Chaput a bien figur�, lui aussi, avec un double et autant d'aides.   Yvon Blais, Serge M�nard, Yves Fontaine et Gilles Parenteau sont les autres qui ont touch� juste la cible.

Les Saguen�ens ont conserv� une priorit� de huit points au troisi�me rang de leur division et les deux m�mes �quipes doivent en venir de nouveau aux prises, dimanche, � Sorel.

 

Journal de Qu�bec, 18 F�vrier 1976.


Sept buts dans un match nul banal

Un Sylvain Locas magnifique

Par Claude Lussier

 

Chicoutimi - A son dernier anniversaire de naissance, Jacqueline Kennedy-Onassis s'�tait offert un bateau de croisi�re.  Quant � Bobby Orr, il avait c�l�br� son dernier anniversaire en se payant une luxueuse r�sidence de $87,000.   Babe Ruth s'�tait m�me achet� une ile dans le Pacifique lorsqu'il f�ta son 30e.

Sylvain Locas, lui, a d�cid� de c�l�brer son 18e anniversaire de naissance en se tapant une performance de sept buts contre les �perviers de Sorel, hier soir.   Cadeau pour le moins original, direz-vous?  Soit, mais aussi incroyable que cela puisse para�tre, les Saguen�ens de Chicoutimi n'ont pas remport� la victoire, �tant dans l'obligation de se contenter d'un match nul de 9 � 9 devant les �perviers de Rodrigue Lemoyne.

Ces derniers ont profit� des largesses de l'unit� d�fensive des Saguen�ens pour s'en tirer avec un point pr�cieux au classement.

Mais revenons plut�t � Locas.  Lorsque le joueur de centre des Saguen�ens enregistra son septi�me filet du match pour donner l'avance 9-8 aux Saguen�ens, il s'agissait l� de son centi�me filet de sa jeune carri�re dans la Ligue junior majeure du Qu�bec.  Il eu droit � sa seconde ovation debout de la part des 2,778 spectateurs pr�sents au centre Georges V�zina.

"C'est sans contredit ma meilleure performance depuis mes d�buts dans le hockey.   Le mieux que j'avais fait avait �t� une performance de quatre buts avec les Alouettes de St-J�r�me", d'avouer le petit Sittler d'un soir.

Fort calme, il devait ajouter:  "Je me devais d'exploser.  Je n'avais r�colt� qu'une passe contre Laval et contre Montr�al.

Je n'avais rien fait qui vaille.  Ca fait vraiment du bien pour le moral et pour la fiche", poursuit-il.

Dans le vestiaire des Saguen�ens, l'atmosph�re �tait plus ou moins lourde.   Yvan Gingras tentait tant bien que mal de cacher sa d�ception, lui qui aurait tant aim� prendre la mesure de son ancien patron.

"Nous avons jou� un mauvais match.  Et quand tu joues une telle rencontre, et que tu parviens � t'en sortir avec un verdict nul, il y a de quoi se compter chanceux...

"Un match de la sorte ca n'arrive qu'une fois de temps � autre.  Je ne crois pas que le moral des gars sera � la baisse.  Je suis persuad� que nous reviendrons au plus fort de la lutte", de poursuivre le mentor des Saguen�ens.

Comme il fallait s'y attendre, les amateurs chicoutimiens, n'ont pas �t� tendres � l'endroit du cerb�re Jean B�lisle, en qui l'on percevait le bouc �missaire.  Il est vrai que le portiers des Saguen�ens n'a pas brill� de tous ses feux, mais il ne faut pas perdre de vue qu'il a �t� laiss� seul � lui-m�me en maintes occasions.  De plus, il a d� repousser un barrage de 47 lancers, alors que son vis-�-vis, Claude Legris devait recevoir 34 tirs.

Il serait trop facile de jeter la pierre � B�lisle.  Ce match nul c'est un peu la d�faite de la d�fensive qui a �t� plus que poreuse, voire inexistante.

La t�te entre les deux mains, le gardien des Saguen�ens refl�tait fid�lement les sympt�mes d'un type d�courag� et blas�.  La pression se fait toujours plus forte � supporter et les amateurs ne lui pardonnent aucune erreur.  "Ce dont j'aurais le plus besoin c'est de me reposer", devait-il balbutier � voix basse.

Quant � Daniel Poulain, il refl�tait fid�lement l'amertume de la d�fensive Saguen�enne, alors qu'il a pr�f�r� se r�fugier dans un bureau adjacent au vestiaire, une serviette autour de la t�te, ne voulant rien savoir de personne.

Dans l'ensemble, les gens et les joueurs �taient d�cus pour Sylvain Locas, qui avait pourtant travaill� d'arrache-pied pour conna�tre une soir�e inoubliable.

M�me s'ils n'ont pas �t� plus brillants � la d�fensive, les �perviers de Sorel sont parvenus de peine et de mis�re � �galer le compte avec moins de cinq minutes � faire dans le match, gr�ce � un filet de Gilles Parenteau.  Yvon Blais, Yves fontaine et Serge M�nard ont �galement compt� pour la troupe de Sieur Lemoyne.   Toutefois, c'est � nouveau le capitaine Lucien Deblois qui a men� ses co�quipiers � l'attaque avec un truc du chapeau, alors que Alain Chaput y allait d'un doubl�.

Daniel Poulain et Andr� Boudreault ont produit les deux autres filets des Saguen�ens.

 

Le Quotidien, 18 F�vrier 1976.


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