Guillaume Karrer
Loin de la France, près de son but
Par Serge Emond
CHICOUTIMI (SE) - Guillaume Karrer a choisi en très bas âge de prendre
les grands moyens pour arriver à son objectif ultime.
Son but ressemble à celui tous les jeunes qui épousent un jour le hockey sur glace. Son
cheminement est cependant bien différent.
Âgé de 17 ans, Karrer a quitté sa France natale il y a quatre ans. Il a laissé sa
famille et s'est installé au Québec pour une seule raison. Jouer au hockey.
Aujourd'hui, Guillaume Karrer s'apprête à entamer une première saison au sein de la
Ligue junior majeur du Québec. Il est sur le point de franchir une nouvelle étape.
«Je suis venu au Québec, il y a quatre ans, pour participer à un programme
Sports-Études, raconte le défenseur des Saguenéens de Chicoutimi. Le programme m'a
permis de me développer.
«J'ai ensuite joué dans les rangs mineurs AA au Collège Français. J'ai passé un an au
pee-wee, deux saisons au bantam et, l'année dernière, j'ai évolué dans la Ligue midget
AAA (avec les Riverains du Collège Charles-Lemoyne).
«Je suis venu au Québec parce que le calibre de jeu est plus fort ici. Lorsque j'étais
encore en France, nous avions d'abord fait des contacts du côté de la Suède. Je
n'étais pas en mesure de trouver une pension en Suède et nous avons immédiatement
regardé en direction du Canada. Deux jours plus tard, tout était arrangé. Auparavant,
j'avais effectué un séjour au Canada avec Stéphane Quintal. J'avais beaucoup aimé
l'expérience.
«Il est évident que ce n'est pas facile de quitter tes parents à 13 ans mais j'étais
prêt. C'était également une grosse décision à prendre pour mes parents. Ils m'ont
donné les outils pour atteindre mon but et je ne veux surtout pas les décevoir. Je suis
content de ce que j'ai fait depuis que je suis au Québec. Je pense que j'ai beaucoup
progressé.»
En quatre ans, Guillaume Karrer est devenu un hockeyeur québécois à part entière.
Même s'il est toujours possible de percevoir l'ombre d'un petit accent français, il
s'exprime aujourd'hui comme tous les jeunes qui partagent sa passion.
Les Saguenéens de Chicoutimi ont profité du repêchage spécial de la Ligue canadienne
pour les joueurs européens, au début de juillet, pour retenir les services de Karrer.
Un mois auparavant, ils avaient annoncé leurs couleurs en cédant Eric Van Acker au
Drakkar de Baie-Comeau en retour du premier choix de cette équipe au repêchage
européen.
Karrer se définit comme un défenseur au style offensif. Celui qui aime lancer l'attaque
a déjà gagné sa place avec les Saguenéens. Dans les dernières semaines, comme tous
les candidats qui font le saut du hockey midget à la LHJMQ, il a également eu l'occasion
de se familiariser avec son nouvel environnement.
«Le calibre du hockey junior est bien différent de celui du midget AAA, note le
hockeyeur originaire de Gennevilliers. La grande différence se situe au niveau de la
vitesse et de la rapidité d'exécution. Le jeu est très rapide. J'ai commencé à
m'adapter lors des matches hors-concours.
«Quand j'étais très jeune, mes parents m'ont offert la possibilité de pratiquer un
sport. Je ne connaissais pas vraiment le hockey. Je me suis rendu dans un aréna et j'ai
vu un match de niveau senior. Le hockey m'a immédiatement intéressé.»
Quelques années plus tard, Guillaume Karrer est toujours très loin de son pays
d'origine, mais un peu plus près de son objectif ultime.
LE QUOTIDIEN, le Vendredi 11 Septembre 1998