Cette fois-là j’ai eu peur.
Je pense que j’avais onze ou douze ans et j’étais seule à la maison avec mon frère Johan. Ma mère était chez ma tante et mon père était à Louvain parce qu’il suivait un cours de management.
C’était déjà l’hiver donc il faisait très froid et nous regardions la télé. Mon frère a choisi le film et bien sûr c’était un film d’épouvante. Comme je n’avais rien d’autre à faire, j’ai regardé ce film aussi.
Tout à coup le téléphone a sonné. J’ai décroché le téléphone. “Allô, Martens.” Rien. “Allô.” Encore rien. J’ai posé le téléphone. Mon frère m’a demandé: “Qui était-ce?” et j’ai répondu: “Je ne sais pas. Il n’y a personne au bout de la ligne.” Je suis retournée voir le film. C’était l' histoire d’une fille qui faisait du babysitting mais elle pensait qu’il y avait un voleur. Tout à coup la fille avait un mouvement de frayeur: le téléphone sonnait et elle n’osait pas répondre. Mais, à ce moment-là, le téléphone a sonné chez nous aussi. J’ai décroché le téléphone. De nouveau: rien. Puis un clic. “Mais enfin, ça n’est pas normal! ai-je dit.
“Quoi?”, a demandé mon frère.
“Personne n’a répondu et il y avait quelqu’un, je suis sûre; j’ai entendu un clic.
Mon frère a commencé à s’inquiéter. Soudain: “tic, tic.” “As-tu entendu cela?” j’ai demandé.
“Oui.”
“Qu’est-ce que c’est ça? Il y a quelqu’un?”
“Ssst!”
Tic, tic.
“Oh, merde.”, ai-je chuchoté.
“Je vais regarder.” a dit mon frère.
Mon coeur battait à se rompre.
Mon frère a ouvert lentement les rideaux et il a vu…mon père. Nous étions tellement fachés contre mon père. Pourquoi as-tu téléphoné deux fois.”, ai-je demandé.
“Téléphoné? Je n’ai pas téléphoné.” Donc les deux sonneries étaient accidentelles mais j’avais eu vraiment peur cette fois-là.
Anneleen Martens
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