Le résumé
C'est l'histoire d'un amour extraordinaire entre un petit garçon arabe et une très vieille femme juive.
Momo (de son vrai nom Mohammed) et Madame Rosa habitent au sixième étage (sans ascenseur) d'un immeuble délabré de Belleville. Madame Rosa est une ex-prostituée qui a survécu à Auschwitz. A cinquante ans, elle quitte le métier et ouvre dans sa maison une pension pour des mômes de "putes".
Les années passent, Momo grandit et l'aide à les soigner. Mme Rosa a des problèmes de santé; elle devient sénile.
Un jour, Momo rencontre Nadine qui travaille dans une salle de doublage. Il aime l'idée de faire reculer le monde pour que Madame Rosa soit jeune et pour qu'il revoie sa mère.
Mme Rosa n'a plus d'enfants à garder et reste seule avec Momo. Un soir, son père très malade vient voir son fils avant de mourir, c'est ainsi que Momo apprend qu'il a quatorze ans. Mme Rosa lui a toujours fait croire qu'il en a dix parce qu'elle a peur de le perdre.
L'état de santé de Mme Rosa s'aggrave, le docteur Katz veut l'hospitaliser mais elle refuse; elle veut mourir dans son "trou juif" où elle se sent en sécurité.
Avec l'aide de Momo, elle descend dans son trou et y meurt. Il reste couché près d'elle jusqu'à ce que les voisins les découvrent. Ils confient alors Momo à Nadine.
Le cadre du roman
L'histoire se passe au début de la seconde moitié du vingtième siècle; la seconde guerre mondiale est terminée. Madame Rosa qui est juive a, comme beaucoup d'autres Juifs, été transportée à Auschwitz, mais elle a survécu aux tortures de la GESTAPO. Cependant elle reste traumatisée par tout ce qu'elle a vu et subi.
L'histoire se situe dans un quartier de Belleville où habitent des Juifs, des Arabes et des Noirs. En cette période, la France est une république qui se remet lentement des blessures de la seconde guerre mondiale. Les immigrés, attirés par l'économie florissante de la France, viennent travailler pour envoyer de l'argent à leur famille dans la patrie.
Romain Gary a vécu entre 1914 et 1980; il a utilisé ses propres expériences pour écrire ses romans. L'auteur a resté également fidèle à ses thèmes familiers: narguant les interdits sociaux (les faux papiers), bataillant pour les humbles, sa tendresse pour les laissés-pour-compte (immigrés juifs et arabes, prostituées, solitaires, enfants exploités ou abandonnés, vieillards,...).
Une appréciation
Ce livre est bien écrit dans une langue simplifiée puisque l'histoire est racontée par Momo. Le récit est très réaliste et nous fait connaître un monde qu'on ignorait: le monde des immigrés, des travestis, des putes et leurs enfants.
Dans ce livre, l'auteur nous parle des Arabes, des Juifs, des Noirs qui vivent dans un même immeuble, des locataires qui ne cherchent pas à se nuire, qui ne dénoncent jamais Madame Rosa au public. D'autre part, Momo n'a jamais eu une vie normale. Etant l'aîné, il soigne les autres enfants, vole pour avoir à manger,... Malgré tout il est heureux parce qu'il sait que Mme Rosa l'aime. Il ne va pas à l'école, mais Monsieur Hamil lui donne des leçons. Madame Rosa insiste qu'il ne "se défendra" jamais et qu'il mènera une propre vie. Même le docteur Katz dit qu'il faut accepter que les vieux meurent mais que lui (Momo) a encore "la vie devant soi"!
En un mot: (c'est) un livre qu'il faut avoir lu!
Ann De Block