Annexe I
 
 
 
 
 

Annexe II
 

 
 

Annexe III
 

 

Annexe IV
 

LETTRES D'ANOBLISSEMENT ACCORDÉES À JEANNE D'ARC ET À SA FAMILLE
 

 
    Ces lettres furent données à Mehun-sur-Yèvre, près de Bourges (Cher), par Charles VII (1403-1461), au mois de décembre 1429. Elles concernent aussi bien la Pucelle d'Orléans que sa famille, c'est-à-dire le père, la mère et les frères de Jeanne:
 
    Charles, par la grâce de Dieu roi de France, pour perpétuelle mémoire. À cette fin de glorifier les très abondantes et insignes faveurs dont le Très-Haut nous a comblé, et que, nous l'espérons, sa divine miséricorde daignera nous continuer, par le moyen et le concours éclatant de la Pucelle, notre chère et bien aimée Jeanne d'Arc, de Domrémy, au baillage de Chaumont ou dans son ressort, et pour célébrer à la fois les mérites de ladite Pucelle et les louanges divines, nous estimons convenable et opportun de l'élever, elle et toute sa parenté, aux honneurs et dignités de notre majesté royale, de sorte que, illustrée par la grâce divine, elle laisse à sa race un souvenir précieux de notre royale libéralité, et que la gloire de Dieu ainsi que la renommée de tant de bienfaits se perpétue et s'accroisse dans tous les siècles.
 
    C'est pourquoi nous faisons savoir à tous, présents et à venir, que, eu égard à ce que dessus, considérant en outre les agréables, nombreux et recommandables services que Jeanne la Pucelle a déjà rendus et rendra à l'avenir, nous l'espérons, à nous et à notre royaume, et pour autres certaines causes à ce nous mouvant, nous avons anobli ladite Pucelle, Jacques d'Arc dudit lieu de Domrémy et  Isabeau sa femme, ses père et mère, Jacquemin et Jean d'Arc et  Pierre Pierrelot ses frères, et toute sa parenté et lignage, et, en faveur et contemplation d'icelle Jeanne, toute leur postérité mâle et femelle, née et a naître, en légitime mariage, et par les présentes, de notre grâce spéciale, certaine science et puissance, les anoblissons et déclarons nobles; voulant que ladite Pucelle, lesdits Jacques, Isabeau, Jacquemin, Jean et Pierre, et toute la postérité et lignage de ladite Pucelle ainsi que les enfants d'eux, nés et à naître, soient par tous tenus et réputés nobles, dans leurs actes, en justice et hors justice, et qu'ils jouissent et usent paisiblement des privilèges, franchises, prérogatives et autres droits, dont sont  accoutumés de jouir, en notre royaume, les autres nobles, extraits de noble lignée, lesquels et leur dite postérité nous faisons participer à la condition des autres nobles de notre royaume, nés de noble race, nonobstant qu'ils n'aient, comme dit est, une origine noble, et qu'ils soient peut-être d'autre condition que de condition libre.
 
    Voulant aussi que les susnommés, ladite parenté et lignage de la Pucelle, et leur postérité mâle et femelle puissent quand et toutes fois qu'il leur plaira, obtenir et recevoir de tout chevalier les insignes de la chevalerie. Leur permettant en outre, à eux et à leur postérité tant masculine que féminine, née et à naître en légitime mariage, d'acquérir des personnes nobles et autres quelconques tous fiefs, arrrière-fiefs et bien nobles, lesquels, acquis ou a acquériri, ils pourront et leur sera permis avoir, tenir et posséder a toujours, sans qu'ils puissent être contraints, maintenant ni au temps à venir, à s'en dessaisir par faute de noblesse.
 
    Pour lequel anoblissement ils ne seront en aucune façon tenus ni forcés de payer aucune finance à nous ni à nos successeurs; de laquelle finance, en considération et regard de leurs ancêtres, nous avons de pleine grâce fait don et remise aux susnommés et à ladite parenté et lignage de la Pucelle, et par les présentes leur en faisons don et remise, nonobstant toutes ordonnances, statuts, édits, usages, révocations, coutumes, inhibitions et mandements, faits ou afaire, à ce contraires.
 
    Pour quoi, nous donnons en mandement par lesdites présentes a nos amés et féaux les gens de nos comptes, aux trésoriers généraux et commissaires ordonnés ou à ordonner sur le fait de nos finances, et au bailli dudit bailliage de Chaumont, et à nos autres justiciers ou leurs lieutenants présents et à venir, et à chacun d'eux, en tant qu'il lui appartiendra, qu'ils fassent et laissent ladite Jeanne la Pucelle, lesdits Jacques, Isabeau, Jacquemin, Jean et Pierre, toute la parenté et lignage de ladite Pucelle, et leur postérité susdite, née et à naître, comme dit est, en légitime mariage, jouir et user paisiblement de nos présente grâce, anoblissement et octroi, maintenant et au temps avenir, sans leur faire ni souffrir qu'il leur soit fait aucun trouble ni empêchement contre la teneur des présentes.
 
    Et pour que ce soit chose ferme et stable a toujours, nous avons fait apposer aux présentes notre sceau en l'absence de notre grand sceau, sauf en autres choses notre droit et le droit d'autrui en toutes.
 
    Donné à Meun-sur-Yèvre, au mois de décembre, l'an du Seigneur mil quatre cent vingt neuf et de notre règne le huitième.
 

Source:    « Jeanne d'Arc », par H. Wallon, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions et
               Belles-Lettres, Librairie Firmin Didot. et Cie, Paris, 1883, 4e édition, pages 418 a 420
               (d’après un document conservé aux Archives Nationales, K 63, n° 9).
               [http://www.arisitum.org/cdf/arc.htm].
 
 
 

Annexe V
 
LETTRE DE PHILIPPE DE BOURGOGNE AUX HABITANTS DE ST-QUENTIN
 

 
  « À nos très chiers et bien amez les gens d'église, bourgeois et habitants de Saint-Quentin en Vermandois:
 
    Très chiers et bien amez, sachans que vous désirez savoir de nos nouvelles, vous signifions que ce jourd'huy XXIIIe siècle de may, environ six heures après midi, les adversaires de Monseigneur le roy (Henri VI d'Angleterre) et les nostres, qui s'estoient mis ensemble en très grosse puissance en la ville de Compiègne, devant laquelle nous et les gens de nostre armée somme logez, sont sortis de la dicte ville à puissance sur le logis de nostre avangarde le plus prochain d'eulx; à laquelle sortie estait celle qu'ils appellent la Pucelle, avecques plusieurs de leurs principaux capitaines.

    À l'encontre desquels beau cousin messire Jehan de Luxembourg, qui estait présent, et autres de nos gens et aucuns des gens de qui estait présent, et autres de nos gens et aucuns des gens de Monseigneur le roy (Henri) qu'il avait envoié par devers nous pour passer oultre et aller à Paris, ont fait très grant et aspre résistence; et prestement en nostre personne y arrivasme; et trouvasme que les dits adversaires estaient déjà repoussés. Et par le plaisir de nostre benoist Créateur, la chose est ainsi avenue et nous a fait tele grâce que icelle appelée la Pucelle a esté prise; et avecques elle plusieurs capitaines, chevaliers, escuiers et autres ont été pris, noiez et tués, dont à ceste heure nous ne savons encore les noms, sans ce que aucuns de nos gens ne des gens de nom dit seigneur le roy Henri y aient été tués ou pris, ni qu'il y ait eu celui de vingt de nos gens blessés, par la grâce de Dieu.

    De laquelle prise ainsi que tenons certainement, seront grans nouvelles partout. Et sera connue l'erreur et folle créance de tout ceulx qui `s faiz d'icelle femme se sont rendus et favorables; et ceste chose nous escrivions, espérans que en aurez joye, confort et consolation et en rendrez graces et louanges à nostre dit Créateur, qui tout voit et coignoist. Que, par son bénit plaisir, il veuille conduire le surplus de noz entreprises au bien de nostre dit seigneur le roy Henri et au relievement de nos bons et loyaux subgez. Très chiers et bien amez, le Saint-Esprit vous ait en sa sainte garde.
 
    Escript à Coudun emprès Compiengne, le XXIIIe jour de may.»
 
 
 

Source :   TOUCHET, Xavier-Marie. La sainte de la patrie (tome II), Paris, éditions Dominique
                Martin Morin, 1993, p.77-78.
 
 
 
 

Annexe VI
 
LETTRE DE MARTIN BILLORI, VICE-INQUISITEUR DE FRANCE
À PHILIPPE LE BON, DUC DE BOURGOGNE
 

 
 « À très hault et très puissant prince Philippe, duc de Bourgoingne, comte de Flandre, d'Artois, de Bourgogne et de Namur; à tous autres à qui il appartiendra; frère Martin, maistre en théologie, vicaire de l'inquisiteur de la foy au royaume de France : salut en Jhesu Crist nostre vray sauveur. Comme tous les loyaulx princes chrestians et tous autres vrais catholiques sont tenus d'extirper toutes erreurs venans contre la foy, et les scandales qui s'ensuivent pour le simple peuple chrestien; sachez que présentement il est bruit et commune renommée que , par une certaine femme nommée Jehanne (que les adversaires de ce royaume appellent la Pucelle), et à l'occasion d'icelle ont esté, en plusieurs citez, bonnes villes et autres lieux de ce royaume, semez, dogmatisez, publiez et faits publier et dogmatiser diverses erreurs, dont s'en sont suiviz et s'ensuivent plusieurs grands scandales contre l'honneur divin et nostre sainte foy : à la perdicion des âmes de plusieurssimples chrestians. Or ces choses ne se peuvent, ni doivent dissimuler, ni passer sans bonne et convenable reparation. D'autre part il arrive que, à la mercy de Dieu! la dicte Jehanne est de présent en vostre puissance et subjeccion, ou celle de vos nobles et loyaulx vassaulx. Pour ces causes, nous supplions de bonne affection à vous, très puissantprince, et prions vos diz nobles vassaulx, que la dicte Jehanne par vousou iceulx nous soit envoiée sûrement ici et briefment; et avons espérance que ainsi le ferez comme vrais protecteurs de la foy et défendeurs de l'honneur de Dieu. Et afin que aucunement on ne fasse emmpeschement ou delay sur ce, Nous, usant des drois de nostre office et de l'autorité à nous commix par le saint-siège de Romme, requérons instamment et enjoignons en faveur de la foy catholique, et sur les peines de droit aux dessusdiz et à toutes autres personnes catholiques de quelque estat, condition, prééminence ou auctorité qu'ilz soient, que, le plustost et le plus sûrement, et le plus convenablement faire se pourra, chacun d'eulx, envoient et amènent prisonnière par devers nous, la dicte Jehanne, souspeçonnée véhémentement de plusieurs crimes sentens hérésie, pour ester pardevant nous; répondre et procéder comme raison devra; avec le bon conseil, faveur et aide des bons docteurs et maistres de l'Université de Paris, et autres notables conseillers estans ici. Donné à Paris, soubz nostre seel de l'office de la sainte inquisicion, l'an mill CCCCXXX, le XXVIe jour de may. Sic signata : Lefourbeur. Hébert [greffier de Billori].»
 

Source :   TOUCHET, Xavier-Marie. La sainte de la patrie (tome II), Paris, éditions Dominique
                Martin Morin, 1993, p.97-98.
 
 

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