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Sujet: Considérations techniques sur l'agression bactériologique des USA contre Cuba
Cuba a émis un rapport avec des élements techniques qui soutiennent les accusations selon lesquelles un avion US, en survolant le territoire cubain, porte effectivement la responsabilité de l'apparation de l'épidémie de Thrips Palmi. Ce rapport a été publié par le journal Granma le 1er Juillet 1997. Voici ce rapport : CONSIDERATIONS TECHNIQUES SUR LES DECLARATIONS DU DEPARTEMENT D'ETAT DES ETATS-UNIS SUR LES ACTIONS MENEES PAR L'AVION AMERICAIN S2R LORS DE SON SURVOL DU TERRITOIRE NATIONAL CUBAIN LE 21 OCTOBRE 1996. Le 5 Mai de cette année, le secrétaire général des Nations-Unies a distribué comme document officiel de l'Assemblée Générale (A/52/128 daté du 29/4/1997) un rapport sur l'apparition à Cuba de l'épidémie de Thrips Palmi. Ce rapport fournit une description exhaustive des faits survenus lors du survol par un avion S2R, immatriculé N3093M auprès de l'Aviation Civile des Etats-Unis et appartenant au Département d'Etat, du couloir aérien "Giron", à l'intérieur du territoire cubain. Les résultats des recherches effectuées, comme l'indique en conclusion le rapport sus-mentionné, permettent d'affirmer avec un haut degré de probabilité, que l'apparition du Thrips Palmi est lié à l'épandage d'une substance inconnue au-dessus du territoire national par l'avion américain désigné ci-dessus. Le 6 mai, le Département d'Etat des Etats-Unis a fait des déclarations sur le rapport présenté par Cuba. Dans ces déclarations, en tentant de justifier l'épandage de substances au-dessus de Cuba, il fût exprimé que le pilote suivait des consignes de sécurité élémentaires et signalait sa présence en émettant une fumée et que tous les petits avions de ce type utilisés aux Etats-Unis possédent un méchanisme générant une fumée. Il a été déclaré aussi que durant les vols longs, le système d'épandage était inactivé parce que les réservoirs normalement déstinés à contenir le pesticide sont utilisés dans ce cas pour stocker du carburant en quantité suffisante. De tels arguments se révèlent incohérents et tendent à démontrer le contraire, eu égard aux éléments suivants : Sur l'utilisation d'un générateur de fumée dans les procédures de traffic aérien. - Les standards et la réglementation de l'Organisation Internationale de l'Aviation Civile (OIAC) ne font aucune référence à une quelconque utilisation de générateurs de fumée pour signaler la présence d'un avion volant et ceci n'est pas une pratique connue. - L'avion volait sous un plan de vol IFR (Instrumental Flight Rules - Règles de Vol sous instruments), par lequel le répérage et la séparation des avions est pris en charge par le Contrôle Aérien et non par les pilotes, contrairement à ce que la version américaine du générateur de fumée laisse entendre. - Il est absurde de croire qu'un pilote se sente à tel point mis en danger par l'approche d'un avion de Cubana de Aviacion (compagnie de transport public cubain - NDT) qu'il se soit senti dans l'obligaton de déclencher un soi-disant générateur de fumée sans jamais en faire état au contrôleur aérien qui le guidait, ce qui fait certainement partie des procédures à suivre. - Le fait que l'approche l'obligea à déclencher ce soi-disant générateur sans que cela soit rapporté par le capitaine de l'avion à son arrivée à l'aéroport de destination, ce qui fait aussi certainement partie des procédures, est significatif. - Le pilote n'a pas signalé non plus un quelconque problème en vol. Cuba détient les enregistrements radio entre l'avion et le contrôleur aérien. Sur l'utilisation du générateur de fumée - Un générateur de fumée n'apparaît pas comme équipement standard d'un avion S2R-T65 dans aucune des revues officielles consultées (Jane's All the World's Aircraft 1992-1993, Aviation Week & Space Technology du 16/3/92). - Les avions commerciaux, petits moyens et gros, tout comme les avions d'épandage construits et mis en service à travers le monde, ne sont pas équipés de générateurs de fumée et ceci n'est pas une recommandation de l'OIAC. - Le seul cas courant est l'installation de tels générateurs sur les avions d'acrobatie aérienne pour les vols de démonstration ou autres activités de cette nature. Sur l'utilisation des réservoirs pour transporter du combustible Il est connu que ce type d'avion, comme d'autres de même catégorie, utilisent le réservoir normalement déstiné à contenir de l'herbicide ou d'autres produits comme réservoir d'appoint de combustible pour les vols longs. Pour ce qui concerne le vol N3093M du 21 octobre 1996, il y a des éléments qui démontrent que ceci ne fût pas le cas. Ces éléments sont énoncés ci-dessous : - Le plan de vol soumis aux authorités cubaines indique qu'il s'agissait d'un vol "ferry", ce qui signifie, dans le jargon de l'aviation, que l'avion ne transporte pas de cargaison ou, ce qui revient au même, que les tanks d'herbicide sont vides, puisqu'il s'agit du seul endroit où cet avion peut transporter une cargaison. - Cet avion a des réservoirs de carburant d'une capacité de 863 litres, ce qui l'autorise à voler à peu près 6 heures 30 mn, couvrant une distance approximative de 1 300 km, selon le vent. Ce jour là, selon la météo, le vent soufflait dans une direction favorable. De son décollage jusqu'au moment où l'avion quitta le FIR de la Havane par le point de contrôle Atuvi, l'avion avait déjà volé 5h et 15mn, et il restait 15 mn pour atteindre sa destination de Grand Cayman. Cela fait un total de 5h et 30 mn pour un vol de 1 100 km (600 miles nautiques). Selon les données mentionnées ci-dessus, on peut estimer que l'avion pouvait voler comme prévu de Cocoa Beach jusqu'à Grand Cayman en utilisant ses réservoirs habituels sans avoir recours aux réservoirs d'appoint. - Même si on accepte l'idée que les réservoirs d'herbicide contenaient du combustible, il serait absurde de croire qu'ils étaient remplis. Ces réservoirs ont une capacité de 1 900 litres, un volume presque le double de celui des réservoirs de carburant de l'avion. Il n'était pas nécessaire de remplir ces réservoirs supplémentaires eu égard au poids supplémentaire et à la consommation supplémentaire que cela aurait engendrée. Et si, malgré toute la logique de ce raisonnement, il avait été décidé de remplir les réservoirs d'herbicide avec du combustible, il est fort peu probable qu'ils aient été remplis avec plus de 100 gallons. Techniquement, il est possible de remplir partiellement ces réservoirs avec du combustible et de les compléter avec un produit d'épandage, assurant ainsi leur rôle de réservoir d'appoint tout en offrant la possibilité d'effectuer un épandage. Les considérations que nous avons produites ci-dessus montrent la légèreté des déclarations du Département d'Etat. Tout ceci tend à démontrer que le gouvernement des Etats-Unis n'a pas d'autres éléments pour justifier l'épandage de substances inconnues au-dessus du territoire Cubain. Cuba renouvelle ses préoccupations quant à l'utilisation de ce vol autorisé d'un avion américain au-dessus du territoire cubain pour des activités qui vont à l'encontre et violent la Convention sur les Armes Bactériologiques de la convention de Chicago et ses annexes dans le but de causer des dommages à l'agriculture et à la population. Cuba dénonce une agression biologique de la part des Etats-Unis. |