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Cuba
: rapport sur l'agression du 21 octobre 1996
I. DESCRIPTION DES FAITS Le 21 Octobre 1996, à 10:08 heures, les membres de l'équipage du vol régulier CU-170 de Cubana de Aviacion (compagnie aérienne cubaine), à bord d'un avion Fokker-27, volant sur le parcours La Havane-Las Tunas, au moment de traverser le couloir aérien "Giron" à l'Ouest de Cuba, remarquèrent un avion mono-moteur volant du nord au sud, à environ 1000 pieds (300m) au-dessus d'eux, apparemment en train de répandre une substance inconnue - environ 7 fois - par intermittance. A ce moment précis, le Fokker de Cubana de Aviacion se trouvait à 25 ou 30 kilomètres de Varadero, dans la province de Matanzas, volant à une altitude de 9000 pieds à une vitesse de 400 km/heure. Selon les plans de vol, des données objectives de radar et les enregistrements des conversations radio entre les avions et la tour de contrôle au moment de l'incident, l'avion qui survolait le couloir "Giron" du nord au sud dans un trajectoire perpendiculaire à celui de Cubana de Aviacion était un avion d'épandage modèle S2R, immatriculé N3093M, auprès de l'Aviation Civile des Etats-Unis, au service du Département d'Etat de ce même pays, comme indiqué dans l'authorisation de vol déposé auprès de l'Institut de l'Aviation Civile de Cuba, et en accord avec l'Enregistrement Publique de l'Aviation Civile des Etats-Unis. L'avion sus-mentionné avait décollé de la base américaine Patrick des Etats-Unis, à Cocoa Beach dans l'état de Floride, en direction de Grand Cayman. Le pilote cubain a immédiatement prévenu le contrôle aérien sur la dispersion de substances inconnues, sous la forme d'une brume blanche ou grisée, par l'avion S2R. Le contrôle aérien cubain entra en communication avec l'avion américain et demanda si celui-ci rencontrait des problèmes techniques, ce à quoi le pilote répondit "Non". A la question de savoir quel type d'avion il pilotait, la réponse fût un mono-moteur AY-65. Cette conversation a été enregistrée. Le 18 décembre 1996, les premiers signes de la présence de Thrips palmi apparurent dans la province de Matanzas, sur des plantations de pommes de terre de la variété Diamond, semée 38 jours avant dans la ferme d'état Lénine, dans la ville de Jovellanos. Des échantillons ont été envoyés au Laboratoire Central de Quarantaine du Centre National de Controle des Epidémies. Le 26 décembre 1996, le Ministère Cubain des Affaires Etrangères présenta une note de protestation auprès du Centre des Intérêts des Etats-Unis à la Havane relative à l'incident qui s'était déroulé dans le couloir Giron, appelant les Etats-Unis à prendre des mesures appropriées afin d'apporter des éclaircissements. Le 12 février 1997, le Centre de Intérêts des Etats-Unis à la Havane remit au Ministère des Affaires Etrangères de Cuba une réponse affirmant que, le jour de l'incident, le pilote américain avec aperçu, au cours du vol, un avion commercial cubain volant en-dessous, et comme il n'était pas sûr d'avoir été vu, "selon les procédures de sécurité et de prudence, et dans l'intention d'établir un contact visuel certain, le pilote utilisa le "générateur de fumée" de son avion, dans le but de révéler sa présence", ajoutant que "la fumée se dispersa et aucune liquide ne fût larguée de l'avion". Le 14 Février 1997, le Laboratoire Central de Quarantaine confirma que l'insect découvert était le Thrips palmi karav, inconnu à Cuba jusqu'à ce jour. le Thrips palmi est originaire de l'Asie. Depuis 1985 il s'est répandu dans certaines zones des caraïbes, incluant Haïti, la République Dominicaine et la Jamaïque. C'est un "polyphagous phytophagan" qui infecte pratiquement toutes les cultures, herbes et plantes d'ornement. Il est connu pour être un vecteur de diffusion de virus tel que celui connu sous le nom de TSWU. C'est un insecte difficile à diagnostiquer, inconnu de la majorité des spécialistes cubains. Il s'auto-propage dans un champ et dans ceux environnants, se répandant principalement quand les graines, les fruits et matériaux organiques, inclus le terreau, sont déplacés. Il se répand aussi par voie aérienne, particulièrement les larves. Il résiste aux changements de température. Son cycle de reproduction se situe entre 15 et 21 jours, selon la plante qui l'héberge. En examinant les taux de concentration de la population de l'insecte, il est certain que la source initiale de la contamination est située sur la ferme d'état Lénine, mentionnée ci-dessus. Des contaminations de moindre amplitude ont été reperés près des villages de Maximo Gomez et Bolondron, tous deux dans la province de Matanzas, à quelques kilomètres de la source principale. Au cours des deux premières semaines de janvier 1997, des contaminations ont éclaté dans les villes au sud de la province de la Havane, qui jouxte Matanzas, touchant le maïs, les haricots, les concombres et d'autres cultures. Une fois l'insecte identifié, le gouvernement de Cuba adopta un programme de mesures urgentes pour le combattre, y compris le contrôle chimique, par l'achat de pesticides, qui, malgré leur prix élevé, n'ont pas donné de résultats probants. A la fin de mars 1997, le gouvernement de Cuba, en accord avec les règles internationales, informa le secrétaire général des Nations-Unies et le Centre pour le Désarmement sur la présence du Thrips palmi karav sur son territoire, et informa de cette découverte la FOA des Nations-Unies auquelle Cuba a sollicité une assistance technique et financière pour combattre le parasite. A présent, Thrips palmi s'est répandu sur la quasi-totalité des provinces de Matanzas et Havana, deux communes de la province de Cienfuegos, dans certaines communes de la province de Pinar del Rio et sur l'île de la Jeunesse. Sa présence n'a pas été détectée dans les provinces du centre et de l'est du pays. II. RESULTATS DE L'ENQUETE L'avion S2R, immatriculé N3093M, est employé par de Département d'Etat des Etats-Unis dans la lutte contre le trafic de drogue, pour détruire les récoltes. L'avion utilise deux systèmes d'arrosage : un comme aérosol pour diffuser des particules liquides et un autre pour larguer des particules solides. Un tel modèle équipé d'un générateur de fumée est inconnu. Les spécialistes désignés par la partie cubaine pour clarifier l'incident ont considéré comme hautement improbable une fuite volontaire ou non de carburant ou d'huile, ce qui est confirmé par la réponse faite par le pilote américain de l'avion lui-même au contrôleur aérien. L'argument avancé par les Etats-Unis dans sa réponse faisant état d'un larguage de fumée paraît, d'un point de vue technique, comme peu probable et en contradiction avec les propos tenus lors de la conversation en vol. De plus, cela ne fait pas partie des procédures en vigueur dans de telles circonstances. Le pilote du Fokker de Cubana de Aviacion affirme, sur les bases de sa propre observation directe et de son expérience passée comme pilote d'épandage, que l'élément libéré par l'avion des Etats-Unis n'était pas de la fumée mais une substance. En gardant à l'esprit le lieu où le substance inconnu a été largué, on peut établir que la zone courant le plus grand risque d'infection est une zone couvrant 15 à 20 km à l'ouest et 20 à 25 km à l'est du couloir aérien Giron, bien que l'ensemble du territoire de la province de Matanzas est considéré comme zone d'infection probable. Ces estimations recouvrent les zones effectivement infectées par la première et la seconde contamination. En tenant compte de la population de l'insecte au 18 décembre 1996, à l'endroit de la contamination principale, les spécialistes du Centre National de Contrôle des Nuisibles ont estimé que la naissance du fléau pouvait remonter à environ trois ou quatre générations. Au vue du cycle de reproduction de l'insecte, le début de la contamination pouvait être fixé avec précision aux environs du 21 octobre 1996, précisément la date de survol du lieu de l'avion S2R des Etats-Unis. En tenant compte de la répartition de l'insecte aux pays come Haïti, la République Dominicaine et la Jamaïque, c'est les régions Est de Cuba, le plus proche de ces pays, qui aurait dû être touchés en premier. Son apparition à plus de 600 km de là est donc curieuse et suspecte. A première vue, on pourrait considérer que l'altitude de vol de l'avion S2R n'était pas la plus appropriée pour une dissémination d'agents bactériologiques. Cependant, on peut trouver des informations concernant des expériences menées par des citoyens américains eux-mêmes au cours desquelles des agents similaires ont pû être largués à partir d'altitudes encore plus élevées. De plus, les capacités de résistance de l'insecte, notamment ses larves, rend possible sa survie à de telles altitudes. Parce qu'il s'agit d'un "polyphagous phytophagan" qui s'attaque et provoque des dommages sévères sur pratiquement toutes les cultures, et parce qu'il est résistant à un nombre considérable de pesticides, le Thrips palmi peut être considéré comme un agent biologique idéal qui peut infliger des pertes sévères sur les cultures alimentaires. Dans un document intitulé "Rapport de la sous-commission d'enquête sur les affirmations portant sur l'utilisation ou l'évasion d'agents qui constituent des armes bactériologiques ou toxiques", du 29 février 1996, préparé par la Fédération des Scientifiques Américains, le Thrips palmi est inlcus parmi les invertébrés qui pourraient tomber dans le champ de la Convention sur les Armes Bactériologiques. Dans ce cas précis, le comportement du fléau à Cuba indique une polyphagie plus grande que celle décrite dans la littérature scientifique. III. CONCLUSIONS L'analyse des faits et les résultats de l'enquêtes nous permettent d'établir un lien, avec une grande précision, entre l'apparition du Thrips palmi à Matanzas et le larguage, le 21 octobre 1996, d'un substance inconnu par un avion opérant pour le Départment d'Etat des Etats-Unis. Il y a de sérieuses évidences que Cuba ait été une fois de plus le cible d'une agression bactériologique. |